CHAPITRE V
Applications Cliniques
mie
À. — LE Cl SANGUIN DANS LES DIFFERENTS
TYPES DE NEPHRITES
1° Néphrite albumineuse simple, — Il s’agit de sujets qui présentent, comme symptôme unique, de l’albuminurie, et chez lesquels on constate ni œdème, ni troubles cardio-vaseulaires, ni symptômes cliniques pathologiques. Ces malades sont albuminuriques et ne sont que cela. Il nous est impossible de dire quel est l’état du chlore chez de tels sujets, parce que nous r’avons pas d'observations personnelles. |
2° La néphrite hydropigène. — Dans les néphrites hydropigènes aiguës ou chroniques, les résultats obtenus entrent dans le cadre des rétentions chlorées avec hypoclorémie. D'une façon générale, on cons- {ate une diminution absolue du chlore plasmatique, contrastant avec une augmentation absolue du chlore globulaire, en même temps, le chlore globulaire est augmenté par rapport au chlore plasmatique, ce qu! se traduit par l’abaissement du rapport érythroplasmatique.
Voici deux observations de néphrite hydropigène pure : Chronique,
ENGISES
Ors. 15. -— Néphrite hydropigène pure, sans hypertension. Actuellement, albuminurie, mais pas d’oœdèmes évidents (Obs. 76 de notre registre).
sang total ...... 2.818 CL. DIASMATEAS CASE 3,319
NÉDALTE TR TEE 2,349 RADPOFE ES SERRE re 1,40 Créé: 6.514 ACER ENTRE 0,20
O8Bs. 16. — Néphrite hydropigène pure sans hypertension. Actuellement, albuminurie, légers œdèmes, un peu de pâleur (Obs. 77.de notre registre).
Sang, total 7.5 3,124 CI. PlASMA AT Se PE 3,656
hématie rave 2,458 RADDOTE ea PER 1,48 Urée SR ARTE RARE 0,12 Rs A PR RENE 68,1
(On voit que, dans cette dernière observation, le C1 plasmatique est normal.)
Il faut savoir cependant qu’il est des cas exceptionnels où il y a, non seulement hyperchlorie globulaire, mais encore hyperchlorémie plasmatique. Nous avons malheureusement perdu l'observation d’une néphrite aiguë hydropigène et non azotémique par amygdalite aiguë, et dont le CI plasmatique était de DAOT 0.
3° La néphrile azotémique. — Le fait nouveau, dont nous devons la connaissance à Blum, et qui vient détruire les pathogénies proposées par Widal, est l'existence probablement constante d’une rétention chlorée au cours de la néphrite azotémique sans cdème. À l'heure actuelle, il est impossible de nier
Va
qu'il existe, dans toute néphrite azotémique dépourvue d’œdème, même latent, une rétention chlorée importante, et qu'on n’avait laissé échapper jusqu'ici que parce qu'on admettait, à tort, que toute rétention chlorurée doit se traduire par des œdèmes. Blum a publié une série d'observations" absolument convaincantes, ne serait-ce, par exemple, que dans la thèse, essentielle à ce point de vue, de Van Caulaert. Thiers a eu l’occasion d’en donner des exemples typiques, tels que ceux-ci : +
Ogs. 17 (Obs. &, Thèse Thiers). — Néphrite chronique hypertensive 16,5/90, avec gros cœur et péricardite, état hémorragique (épistaxis ; petites taches purpuriques) secousses myocloniques, absence absolue d’œdème et urée sanguine de 5 gr. 88.
Chez cette malade, des dosages viscéraux ont montré une rétention chlorée particulièrement importante
14 gr. de CI 0/00 de matières sèche et 841 gr. d’eau dans la substance grise.
4 gr. 19 de CI 0/00 de matière sèche et 770 gr. d’eau dans le biceps.
OBs. 18 (Obs. 10, Thèse Thiers). — Néphrite chronique non hypertensive (T. A. variant entre 15/9 et 13/9) sans aucun œdème avec une azotémie persistante et constante, oscillant entre 3 gr. 60 et 2 gr. 70, parfaitement tolérée pendant cinq mois. La malade est morte avec une péricardite brightique au cours d’un œdème pulmonaire accompagné de convulsions.
Le jour de la mort, le sérum contenait 4 gr. 91 d’urée et 4 gr. 081 de chlore. Nous avons trouvé une rétention chlorée cérébrale typique :
11 gr. de CI 0/00 de matière sèche et 799 gr. d’eau ans la substance grise.
7 gr. de Cl 0/00 de matière sèche et 709 gr. d’eau dans le centre ovale,
rod —
Ogs. 19. — Hépatonéphrite pneumonique compliqué? d’acétonémie avec azotémie et rétention chlorée, sans œdème ni hypertension (Savy et Thiers, Lyon Médical,
Dans le plasma, le jour de la mort, 6 gr. 16 d’urée et 2 gr. 769 de chlore. La R. A. était auparavant de 19. 11 gr. 9 de C1 0/00 de matière sèche, et 249 gr. d’eau
dans la substance grise. e
Nous pensons que de telles observations sont particulièrement convaincantes et vérifient, sans contestation possible, la notion nouvelle d’une rétention chlorée dans les néphrites dites azotémiques pures.
Quel sera donc l’état du chlore sanguin ? Nous vou- €rions pouvoir répondre par une donnée simple ; il n’en est malheureusement rien.
— tantôt, on constatera une rétention hyperchlorémique absolument typique : tel était le cas de l’Observation XVIII ;
— tantôt, on constatera une rétention avec hypochlorémie plasmatique et hyperchlorie ‘globulaire : tel était le cas probablement dans notre observation d’ictère grave (Obs. XIX) ;
— tantôt, on trouvera le syndrome « par manque de sel » de Blum, c’est-à-dire que :
ou bien on aura une chloropénie totale coexistant avec une réserve alcaline haute : ce qui correspond aux Cas publiés jusqu'ici
ou bien cette chloropénie coexistera avec une réserve alcaline normale ou abaïssée.
4 La néphrite hypertensive. — A notre avis, et au seul nom de la clinique, on porte trop souvent ce diagnostic : il suffit qu'un hypertendu présente, à un
CAES NS 0e
moment donné, de l'albuminurie, fût-elle passagère, ou une constante d’Ambard élevée, ou une épreuve à la phénolsulfone phtaleine mauvaise, pour qu'aussitôt on affirme l'hypertension par néphrite. En réalité, ces différentes constatations permettent simplement de dire que, chez ces malades, le fonctionnement ‘rénal n’est pas parfait, pour lequel nous avons des. moyens d'étude particulièrement sensibles. Elles n autorisent pas, croyons-nous, à affirmer |’ origine rénale de l’hy: pertension et on se laisse entraîner par la fréquence de lhypertension dans le mal de Bright.
Pour établir l’origine rénale de l'hypertension, nous croyons nécessaire d'exiger une albuminurie permanente, constatée alors même qu’il n’y a pas de défaiilance cardio-vasculaire, et la présence dans le sédiment urinaire de la seule signature véritable de la néphrite, c’est-à-dire le cylindre associé ou non à des leucocytes. :
Nous ne pouvons malheureusement apporter aucune observation de tels malades, les hasards de la clinique ne nous ayant pas permis d’en rencontrer.
Par contre, Thiers a pu observer des sujets se comportant cliniquement comme des néphrites hypertensives pures, et qui avaient été hospitalisés pour des accidents cérébraux graves.
Voici ses trois Observations :
OBs. 12. — Crises convulsives avec hémiparésie transitoire chez un sujet probablement spécifique (B. W. légèrement positif) avec lithiase rénale ancienne, atteint de néphrite chronique hypertensive (20/12) présentant pn œdème si discret qu ‘il fallait appuyer un sou sur la
ER
CARS PRE PSEE OCE Ne | = ha malléole pour le mettre en évidence (Obs. », Thèse de
Thiers).
Urée du sang : 0,68, CI plasmatique : 4068" Cldu2£: