CHAPITRE Il
Technique
À. — Comment faire le dosage ?
Dans le dosage du chlore dans les liquides organiques, on est gêné par la présence des matières organiques, qui, toutes, précipitent par le nitrate d’argent acide.
Dans les premières techniques employées on détruisait les substances organiques par l’incinération sèche. Actuellement, cette méthode doit être completement abandonnée. parce que, on s’est aperçu que, quelles que fussent les précautions prises, et si invraisemblable que soit le fait à priori, on a toujours des pertes d’ions chlore par volatilisation.
Les seules méthodes, actuellement applicables, sont celles qui ont recours à l'incinération humide. D'autre part, et c’est là une autre notion essentielle, cette incinération doit se faire en présence d’un excès de l'ion argent qui précipitera l'ion chlore, de telle sorte que, au fur et à mesure de leur libération, les ions chlore s'unissent aux ions Ag, en excès.
L'expérience a montré, en effet, que si l'on pratique cette incinération humide, en l'absence d'ions Ag, les ions chlore libérés s’évaporent dans les pro-
portions extrêmement variables, qu’elles que soient
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les précautions prises. Ainsi, ce qui caractérise les méthodes actuelles de dosage, ce sont : 1° l’incinération par voie humide ; 2° l'incinération en présence d'ions Ag introduits, sous forme de nitrate d'argent.
On utilise deux méthodes :
1° Une méthode pondérale (Cf, Thèse de Broun) inspirée de la méthode de Carius, et où l’on pèse le précipité de nitrate d’argent formé. A notre avis, cette méthode doit toujours être utilisée lorsqu'il s’agit de doser le chlore dans les tissus, car, dans ce cas, elle est plus précise que la méthode de Charpentier-Volhard. Mais, lorsqu'il s’agit de dosages du Chlore sanguin, qui, souvent, doivent être effectués en série, il convient d'employer la méthode suivante :
2° Méthode volumétrique de Charpentier Volhard modifiée par Laudat. Nous insistons sur ce fait que lorsque, du moins, il s’agit de dosages portant sur les liquides organiques, cette méthode remarquablement facile est d’une précision au moins égale à celle de la méthode pondérale, Les erreurs sont inférieures à
Gas
Ar
Nous ne décrirons pas ici cette technique qui est classique ; elle permet de faire avec une approximation de 3 %, un dosage de CI, en partant de 1 cm’ de sang total ou de plasma, à condition d'utiliser des solutions N/50.
Cependant nous croyons utile d’insister sur certaines modifications de détails, que Thiers a apportées dans son article du Bulletin de la Société de Chimie Biologique (Juin 1929, xr, 693) |
1° On ne peut considérer comme fixe la quantité
rite
de MnOK à utiliser : elle varie beaucoup, suivant la richesse en albumines eu en graisses des liquides à détruire, et presque toujours l’auteur a trouvé que les quantités préconisées par Laudat étaient insuffisantes.
2° I est préférable de pratiquer le titrage en retour sur une liqueur refroidie et surtout n’émettant plus de vapeurs nitreuses. | |
B. — Comment doser le chlore globulaire ?
Deux méthodes ont été préconisées : leurs avantages et leurs inconvénients se balañcent en pratique:
1° La méthode directe
On fait porter le dosage sur une quantité connue d'hématies. La difficulté consiste essentiellement à débarrasser complètement les hématies de toute trace de plasma et en mesurer un petit volume avec une grande rigueur. D'autre part, leur richesse en hémoglobine fait que le fer colore en jaune la liqueur où va se faire la titration : d’où une autre difficulté quand on voudra apprécier le virage.
2° La méthode indirecte :
Elle consiste à faire la dosage du chlore du sang total et celui du plasma : le chlore globulaire s’obtient par un simple calcul quand on a mesuré le volume des hématies. Le prélèvement doit se faire dans. les trente secondes qui suivent la prise de sang : si le sang a commencé à sédimenter, il devient impossible, même après une agitation prolongée assez longtemps, d'obtenir à nouveau un mélange homogène
(Ambard). Cette sédimentation s’amorce dès son Dres lèvement et elle se fait très rapidement dans les azotémies graves.
Divers auteurs, tout particulièrement Laudat, ont trouvé que la méthode indirecte donne de mauvais résultats lorsque le volume globulaire est bas. Laudat, après avoir rendu le sang incoagulable, prélève 1 cm de sang total et centrifuge le reste. Thiers, au contraire, prélève 1 em’ de sang total avant de rendre le sang incoagulable ; méthode qui a l’avantage de faciliter le prélèvement du sang total avant qu’il ait commencé à sédimenter. De plus, cette dernière méthode permet d'obtenir des résultats très satisfaisants quand on veut évaluer le chlore globulaire avec un volume d’hématies bas : Laudat, au contraire, préconise la seule méthode directe pour avoir de bons ré-
sultats.