C. — Comment prélever le sang
Nous ne saurions trop insister sur toute une série de précautions à prendre pour effectuer correctement la prise de sang, si l’on désire obtenir des dosages des résultats rigoureusement exacts.
Le sujet étant à jeun, on devra faire l’asepsie}du bras à l’éther. Le sang sera pris, non pas avec une seringue, mais avec une aiguille qui, au préalable, aura été lavée trois ou quatre fois avec de l’eau distillée. Les mêmes précautions seront prises avec le tube qui devra contenir le sang ; aiguille et tube, devront être ensuite soigneusement séchés à chaud.
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Ensuite, le dosage devra porter sur le plasma, et non sur le sérum. On devra donc rendre le sang incoa- £gulable, non pas avec de l’oxalate, par exemple, mais, par un Corps qui n’en altère pas l’équilibre minéral, comme l’hirudine ou, à défaut, le citrate de soude. Le sang recueilli devra être centrifugé dans les deux minutes qui suivent son prélèvement : le sang. rendu incoagulable et abandonné à lui-même, des échanges minéraux se produisent entre le plasma et les hématies sous l’influence de la « mort » du sang extravasé et de sa déperdition en bicarbonate. Laudat a préconisé l'emploi d’une goutte d’alcool octylique, pour éviter la mousse quand on agite le sang pour le mélanger avec la substance coagulable. Cette précaution, à notre avis, est nuisible par ce fait que tout agent qui modifie la tension superficielle du liquide à examiner, aonne sûrement des causes d’erreur en modifiant la perméabilité globulaire. |
Pour éviter toute erreur dans la détermination du volume globulaire, Thiers conseille la technique suivante qui lui a donné des résultats excellents. On re- -cueille le sang dans un tube à essai au fond duquel on a placé la quantité nécessaire de citrate de soude : à peine le sang est-il prélevé, qu'on prend 1 cn de sang total que l’on fait passer dans un Erlenmeyer. On bouche alors le tube avec un bouchon de caoutchouc ; on agite pour rendre le sang incoagulable : cette agitation n'a pas besoin d’être tres violente et on peut parfaitement éviter la formation de mousse. On centrifuge alors directement le sang dans le tube même où il a été prélevé ; il faut toujours utiliser la même
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centrifugeuse et faire tourner le sang pendant un temps constant (avec sa centrifugeuse il faut 20 minutes). On apprécie le volume globulaire et on pré-lève 1 cm’ de plasma. On pratique aussitôt son dosage: et si le chiffre de Cl globulaire paraît aberrant, on fait un dosage directement sur deux cm’ d’hématies (au lieu de 1 cm’, ce qui diminue l'erreur due aux dif-ficultés de pipetlage des hématies).
Il s’agit de déterminer maintenant la nature de cette rétention chlorée. S'agit-il d’une rétention avec œdème, ou si l’on veut, d’une rétention accompagnée d'hydrémie, ou bien s'agit-il d’une rétention « sèche » où le sang est concentré ? On ne peut, pour cela, se baser uniquement sur l’examen clinique ; on devra faire un dosage de l’eau dans le sang (dans le plasma ou dans le sérum) en se rappelant que le chiffre normal est de 920 gr. pour cent d'eau. Vaucher (Thèse, Paris, 1917) a préconisé l'emploi de la méthode réfractométrique : elle ne fournit que des approxima-
tions grossières et erronées.