‹ De l'état-major et des différentes armesChapitre 18 sur 24 · LETTRE DU COLONEL DUVAL · texte numérisé non relu

LETTRE DU COLONEL DUVAL

RELATIVE AU RAPPORT DE M. LE CAPITAINE VARAIGNE SUR LE RÔLE DES PLACES FORTES

A if. le général de division Ducrot, commandant la 6 6 division militaire.

Metz, le 18 mai 1868.

Mon Général,

Je sais combien les études relatives à la défense du territoire ont d'intérêt pour vous, et je n'ai point oublié l'honneur que vous m'avez fait, il y a deux ans, en me permettant de vous exposer quelques idées sur cette question toujours si grave. Depuis , elle l'est devenue plus encore peut-être ; et si elle n'est pas de celles qui remplissent les colonnes des journaux et passionnent pour le moment l'opinion publique , elle n'en doit pas moins préoccuper ceux qui peuvent se rendre compte des embarras où nous pouvons tomber d un jour à Vautre, et chez lesquels le sentiment patriotique est celui qui parle le plus haut.

Seulement , on est loin d'être d'accord sur les vrais principes de la guerre défensive ; et alors j'ai pensé que des recherches historiques sur le rôle de nos places fortes pendant les guerres de la Révolution et du premier Empire seraient de nature à apporter quelque lumière dans le débat Les événements se suivent et ne se ressemblent pas , ceci est incontestable; mais ce qui est vrai aussi, c'est que c'est dans l'étude du passé faite avec discernement et discutée avec intelligence, eu égard aux circonstancesnouvellementproduites, qu'on trouve encore les meilleurs enseignements.

Cette conviction m'a conduit à comprendre la question dont il s'agit dans celles qu'il est de règle de faire étudier, pendant l'hiver, par les officiers des régiments du génie, et le sort l'a donnée à traiter à M. le capitaine Varaigne , homme de mérite, avec lequel je m'en suis longuement entretenu.

Je prends la liberté, mon Général, de vous adresser son œuvre. Vos occupations ne vous permettront probablement pas de la lire en entier; vous ne trouveriez d'ailleurs dans le courant de ce mémoire que le récit sommaire d'événements bien connus. Mais j'appellerai du moins votre

attention sur le résumé qui termine chaque chapitre, ainsi que sur la conclusion : là, l'auteur a pu mettre du sien et formuler des appréciations que je partage pour mon compte.

Je réclamerai aussi un peu d'indulgence pour son léger manque de parlementarisme à l'égard de ceux qui ne font pas comme moi : cela tient à sa jeunesse d'abord, et aussi, je dois l'avouer, aux allures particulières à notre arme. Il ne faut pas perdre de vue que ce travail, dont la minute vient d'être expédiée au ministère, pour aller de là au comité des fortifications, ne devait, dans la pensée du capitaine Varaigne, être examiné que par des chefs avec lesquels la discussion n'est pas tenue de rester hiérarchique avant tout.

Permettez-moi enfin, mon Général, de saisir cette occasion pour me rappeler à votre bienveillant souvenir et vous renouveler l'expression des sentiments de très-respectueux dévouement avec lesquels je suis ,

Mon Général, Votre très-humble et très-obéissant serviteur , Le colonel du 2 e régiment du génie, J. Duval.

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