‹ De l'état-major et des différentes armesChapitre 6 sur 24 · DISPOSITIONS TRANSITOIRES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS TRANSITOIRES

A partir de l'année 187... tous les capitaines et lieutenants de l'armée seront admis à concourir pour le service d'état-major. Tous les capitaines reconnus admissibles recevront le brevet d'officiers auxiliaires. — Parmi les lieutenants reconnus admissibles, les vingt-cinq premiers classés par ordre de mérite entreront à l'Ecole; les autres recevront le brevet d'officiers auxiliaires. Après une année passée à l'École, les premiers concourront avec les lieutenants sortis précédemment de l'École d'état-major; les cinquante premiers classés

passeront en deuxième division, et s'ils satisfont aux conditions d'examen de seconde année, ils entreront définitivement dans le corps avec le grade de capitaine.

Les anciens élèves d'état-major éliminés par le concours recevront le brevet d'officiers auxiliaires ; ils prendront dans les corps d'infanterie et de cavalerie la place des officiers admis à l'École, ou celles revenant au tour de la non-activité ; s'il y a un excédant, ils seront placés à la suite. L'augmentation des cadres dans les grades supérieurs se fera progressivement par une augmentation annuelle de 2 colonels, 2 lieutenants-colonels et 2 chefs d'escadrons jusqu'à la cinquième année. L'école supérieure ne sera organisée qu'en 187x + 2 (deux ans après la création de l'école du premier degré). A cette époque, seront admis à concourir les capitaines d'état-major de première classe et ceux des différentes armes pourvus du brevet d'officiers auxiliaires; à partir de ce moment, tous les emplois de chefs d'escadrons seront réservés au choix. Pendant ces deux années de transition , l'avancement continuera à appartenir aux anciens capitaines d'état-major, moitié à l'ancienneté , moitié au choix.

Le système que nous proposons semble devoir présenter les avantages suivants :

1° Il supprime les lieutenants d'état-major, qui en temps de paix sont de véritables non-valeurs, et ne peuvent même pas être utilisés le jour où l'on passe au pied de guerre, parce que la plupart de ces jeunes officiers ne possèdent encore ni l'instruction ni l'expérience nécessaires pour remplir convenablement les fonctions importantes qui incombent à tout officier d'état-major.

2° Il élargit le cadre de recrutement des officiers d'état-major, en y introduisant d'excellents éléments puisés tant dans les armes savantes du génie et de l'artillerie que dans les corps d'infanterie et de cavalerie, où souvent les sujets les plus distingués, inconnus et méconnus, s éternisent dans les bas grades.

3° Il doit stimuler le zèle et l'ardeur des officiers vraiment capables et animés d'une légitime ambition; il les oblige à s'adonner avec assiduité au travail, et ne leur permet pas de demeurer à poste fixe dans des emplois sans importance où ils ne peuvent rien apprendre et perdent souvent l'habitude du service actif, ce qui quelquefois ne les empêche pas d'avancer au détriment d'officiers

beaucoup plus méritants et plus capables , parce qu'ils parviennent à conquérir la bienveillance et môme l'affection des officiers généraux auprès desquels ils servent depuis longtemps, et qu'alors des considérations d'affection et de préférences personnelles l'emportent involontairement sur des considérations de justice et d'intérêt général.

4° Les épreuves successives par lesquelles doivent passer tous les officiers d'état-major pour arriver au grade d'officier supérieur ouvrent naturellement la voie aux sujets vraiment hors ligne , leur permettent d'arriver encore jeunes, c'est-àdire dans toute la plénitude de leurs facultés physiques et intellectuelles, aux emplois les plus importants des corps, et amèneront forcément l'élimination des grades supérieurs de tous les sujets incapables ou môme médiocres.

Pour faciliter le jeu de notre système, stimuler la concurrence , il y aurait nécessairement quelques mesures secondaires à prendre. Ainsi il faudrait recommander aux inspecteurs généraux de tenir grand compte^ dans leurs propositions au tour du choix, du titre d'officier auxiliaire d'étatmajor; poser en principe que toute vacance faite dans un régiment par suite du passage d'un lieu-

tenant dans le corps d'état-major appartiendrait aux sous-lieutenants et aux sous-officiers dudit régiment. — Enfin, il faudrait augmenter d'une manière notable la proportion des officiers supérieurs dans le corps d'état-major, et leur donner une plus large part dans le cadre des officiers généraux. — Les autres armes n'auraient pas à s'en plaindre, puisque toutes seraient appelées à ' fournir au corps d'état -major un plus grand nombre de sujets d'élite.

Aujourd'hui , l'effectif réglementaire du corps d'état-major comprend :

35 colonels,

35 lieutenants-colonels, 110 chefs d'escadrons, 300 capitaines , 100 lieutenants,

Total : 580

La possibilité de trouver de bons auxiliaires dans les corps de troupe permet de réduire ce nombre.

Le mérite hors ligne des sujets, l'importance de leur rôle, commandent d'augmenter la propor-

tion des officiers supérieurs. En conséquence, nous proposerions de fixer ainsi les cadres du corps d'état-major :

45 colonels,

45 lieutenants-colonels,

120 chefs d'escadrons,

280 capitaines.

Total : 490

La promotion sortant chaque année de l'école du premier degré étant de 20 à 25 capitaines, et le stage à faire dans les corps de troupe étant de quatre ans , il resterait environ 400 officiers disponibles pour le service spécial d'état-major en temps de paix , ce qui nous paraît très-suffisant.

En temps de guerre, le nombre des officiers

auxiliaires employés aux armées pourrait être

d'un tiers et ne dépasserait jamais 200 : soit un

total de 6 à 700 officiers pour le service d'étatmajor.

On pourrait encore améliorer la situation des capitaines d'état-major sans espoir d'arriver au grade supérieur, en leur assurant le titre et la

retraite de chef d'escadron après douze ou quinze

ans de grade , leur réserver certains emplois dans l'état-major des places et dans les conseils de guerre, voire môme dans quelques services civils, notamment dans les finances.

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