ED LE
noncer : « Bonjour Monsieur », « La lune est belle », puis il retomba dans sa stupeur, agissant comme un quasi-muet qui ne pourrait articuler qu'un son et qui tâcherait de se faire comprendre au moyen de variétés d'intonation. La veille de sa mort cependant, en contemplant la nature et le soleil qui l’éclairait, ses veux s'ouvrirent démesurement et sa main levée vers le ciel, il put prononcer ces mots: « Beau, Dieu ». Puis il retomba dans sa somnolence accoutumée et le lendemain il n'était plus.
Quel est donc le diagnostic de cette maladie que les médecins qui traitèrent le poète ne sont point, semble-t-il, parvenus à définir ?
On a parlé de tabès, mais on n’en relève aucun signe; de méningite, mais les vomissements sont facilement explicables par des troubles gastriques ou hépatiques causés par l'intempérance de Baudelaire ou par son opiomanie. On a parlé de paralysie générale, de ramollissement cérébral. |
Tout d’abord, Baudelaire eut-il la syphilis ? Mr Buisson écrit dans ses notes : « Chaste, il l’eut été sans le voyage d'outre-mer, la femme juive, la femme javanaise et le dérèglement d'une vie jetée par un accident capital et douloureux ». Deux lettres de Baudelaire à son éditeur, nous apprennent ceci : « Prenez garde à votre... j'ai eu des accidents variés plusieurs années après mon apparente guérison. Puisque vous ferez votre prison à l'hôpital, vous devriez en profiter pour vous soigner » et le 16 février 1860 : « La... vous ne sauriez Croire à quel point vous vous faites illusion. C’est presque de la fatuité. La... est faite pour tout le monde et vous n'en êtes pas indépendant. Vous m'avez parlé d'aphtes, de constriction douloureuse à la gorge, au point de ne pas manger sans douleur, de lassitudes étonnantes, de manque d’appétit; oui ou non, est-ce tout cela des symptômes connus ? Si vous n'avez pas eu des faiblesses, des manques de souplesse dans les jarrets et dans les coudes, avec des tumeurs même, dans les attaches