‹ De l'état nerveux aigu et chroniqueChapitre 8 sur 31 · SEXE · texte numérisé non relu

SEXE

ies parties génitales. Les membres et le tronc sont agités de mouvements convulsifs répétés. Constriction et spasme au pharynx, tellement intenses , que la malade ne peut prendre la moindre quantité de liquide. Quelque besoin qu^elle ressentît de boire, et quelques efforts qu’elle fît pour y parvenir, cela lui devint toujours impossible. Le lendemain elle est conduite à l’Hôtel-Dieu.

(( Les mouvements convulsifs continuaient avec la môme force, la suffocation et-l’anxiété étaient portés jusqu’au désespoir. Cette malheureuse fille conservait toute sa raison, elle portait les mainsà son cou comme pour en ôter le fatal collier. De môme que la veille, elle n^avait pu prendre aucun liquide ; elle priait instamment que l’on cessât de lui en présenter, tant était considérable la douleur qu’elle éprouvait au pharynx lorsqu’elle essayait d’avaler.

« La gêne de la respiration était inexprimable, et à tout moment il y avait menace de suffocation. Le pouls était serré, dur^ fréquent et toujours très-irrégulier. Les mouvements du cœur offraient les mômes caractères ; ils étaient forts, sensibles au tact et même â la vue. La peau était rouge et couverte de sueur. Cette infortunée expira à 4 heures du soir, au milieu d’une violente exacerbation et prononçant qu’elle était étranglée.

« Nécropsie. — Le pharynx , l’œsophage et l’estomac étaient à l’état normal, l’appareil respiratoire n’offrait aucune particularité remarquable, si ce n’est que le système à sang rouge était presque entièrement vide, tandis que le système à sang noir était rempli de ce liquide à demi coagulé. Les poumons sains et crépitants étaient gorgés de sang noir ; les organes des sécrétions furent trouvés à l’état normal , seulement un sang noir imprégnait tous les tissus et avait engorgé aussi les veines cérébrales et les sinus de la dure -mère. (Cette dernière circonstance est la seule rapportée parGeorget, tant il est difficile de se défaire de ses idées premières , môme en

22 DE l’ÉTAï nerveux OU NERVOSISME.

présence des faits.) Malgré les recherches les plus minutieuses, les observateurs ne trouvèrent aucune altération, soit de conformation extérieure , soit de structure dans l’axe cérébro-spinal. Il en fut de même de ses enveloppes, ainsi que des nerfs émanés de cette source. Le nerf trisplanchique, soumis aux mêmes investigations, n’offrit également rien d’insolite. Les organes reproducteurs étaient comme on les trouve dans l’état de virginité, excepté les ovaires, qui se trouvaient enveloppés d’une sorte de tunique albuginée, comme transparente en plusieurs points ; ils contenaient une foule de vésicules arrondies et remplies d’un fluide muqueux abondant. »

Dans ce fait remarquable, accompagné d’autopsie faite avec le plus grand soin, les phénomènes nerveux assez graves pour occasionner la mort n’ont laissé dans l’organisation aucune trace matérielle de leur présence.

La grossesse et la lactation prolongée amènent des effets semblables. Tous les accoucheurs, qui ont écrit sur les maladies des femmes enceintes, signalent les troubles nerveux multiples, graves des principaux appareils organiques, et dans quelques cas indiquent avec raison, comme une complication fâcheuse, l’état nerveux général fébrile ou apyrétique, associé aux différentes perturbations de l’encéphale et des voies digestives.

Obs. II. Nei'vosisme dans la grossesse. — Convulsions.

(( M. Levert cite le cas d’une femme qui, après avoir eu dans une première grossesse des étourdissements hystériques, eut tous les jours dans la seconde, au bout

CAUSES

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