HÉROS
Il s'ensuit de l'insuffisance alimentaire, et parce que l'imperfection de la digestion réduit le laux de la malière assimilable, et parce que la fermentation putride
détruit une partie de celle-ci. L’acide chlorhydrique trop dilué n’est plus capable de s’opposer aux actes fermentalifs anormaux, d'où formation d’alcaloïdes organiques.
MM. Bouveret et Devic étudiant cetle toxicilé dans la dilatation de l'estomac ont bien reconnu, après des
- recherches cliniques et de nombreuses expériences sur
les animaux, au’elle n’est pas de nature microbienne, mais due au trouble du chimisme stomacal qui accompagne l'hypersécrétion du suc gastrique et à la formation d’une pepto-toxine produite dans l'estomac par le fait de ce trouble.
Ces questions, du reste, sont encore loin d’être élucidées; nous n'en voulons pour preuve que le désaccord qui existe entre les opinions de MM. Sée, Debove, Hayem, Constantin Paul, Mathieu, etc.
Cette perversion des actes chimiques de la digestion existant dans beaucoup d’affections du tube digestif, surtout dans les maladies chroniqnes (dyspepsies, diarrhées chroniques, cancer intestinal), on comprend, que les agents toxiques formés en plus ou moins grande quantité (acides gras volatils, alcaloïdes organiques, ou leucomaïnes ou toxines) agissent sur la muqueuse, sur les nerfs, et provoquent une action, soit directe sur les cellules sécrétantes, soit vaso-motrice.
Qu'on se rappelle les phénomènes sécrétoires qui suivent la section du grand sympäthique cervical! sur l'âne quinze heures après la section de ce nerf on voit appa-
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raitre à la face interuc de l'oreille de grosses goulles blanchâtres disposées en quinconce que M. Arloing a rapportées à une sécrélion des glandes sébacées.
Peut-être les poisons organiques produisent-ils une action analogue en paralysant le grand sympathique ? I est fréquent en tous cas d'observer chez les séborrhéiques de chaque côté du nez, dans la sphère du trijumeau, une coloration rouge plus ou moins éte:due, plus ou moins intense de la peau ; phénomène connu sous le nom de papillon du trijumeau.
. 29° — Cependant ces poisons, quels qu’ils soient, doivent être éliminés. Une partie évidemment est entraînée dans les voies du gros intestin avec les divers produits excrémeniitiels, mais on ne peut nier que le plus grand nombre est absorbé et agit sur les organes, notamment sur les centres nerveux, grâce à son passage dans le sang. Celuici est l’aboutissant de toutes les matières toxiques for-
mées et devient l'intermédiaire entre le lieu de leur pro-
duction et leurs différentes voies d'élimination, soit reins, soit surface pulmonaire, etc. Or, au nombre des émonctoires de l'organisme il faut compter aussi la peau. Comme les muqueuses, elle laisse passer les matières gazeuses, elle élimine de l’eau, des sels, de l'acide carbonique, des acides gras volatils. Dans beaucoup d’intoxications, dit M. Bouchard, chez des individus porteurs de cloaques, l'odeur de la peau ne rappelle-t-elle pas celle de leur suppuralion? Sous l’influence de certains troubles de la nutrition chez les hypocondriaques, les aliénés soumis à une alimeniation défeclueuse, la peau prend une odeur spéciale; de même, quand les acides
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gras sont éliminés plus abondamment; qui ne connait
J'odeur particulière aux lieux habités — des asiles, des
prisons, des casernes ?
Quand la nutrition est viciée. sous des influences . dépressives agissant” par l'intermédiaire du système nerveux, n’en sommes-nous pas avertis par l'odorat? |
Enfin une démonstration expérimentale du rôle que joue l’émonctoire cutané dans l'élimination des substances toxiques, n'est-elle pas donnée par Île vernissage de la peau des animaux ?
Si cette expérience a pour conséquence la mort de l'animal, celte mort ne doit-elle pas être attribuée à la rétention des substances toxiques que- la peau a pour charge d'éliminer, plutôt qu'à l'arrêt de la respiration cutanée ?
Ce rôle émonctoire de la peau pourra devenir plus grand par l’altération de l'état d'intégrité et du fonctionnement des autres PIeAuSe RENE du rein par exemple.
Beaucoup de gens n’ont de lésions Are quelle que soit la quantité des toxines formées dans leur milieu, que si les épurations et surtout celles faites par les reins sont insuffisantes.
L'épuration faite, les reins décongestionnés reprennent leur activité, les lésions cutanées disparaissent. Au contraire, si les reins restent définitivement mauvais, la guérison n'arrive et ne peut arriver jamais.
C'est bien un rôle épurateur que la peau semble jouer dans la séborrhée. | es
D'autre part, si on considère ce qui se passe pour l'é-.
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limination des divers poisons ou des différents produits
médicamenteux introduits dans le tube digestif, on ad-
mettra volontiers cette hypothèse, que les toxines formées
__ dans les cas pathologiques que nous avons étudiés, sont
plutôt absorbées, éliminées par la peau, et deviennent cause de lésions dermiques en irritant les glandes.
En tout cas, quel que soit le mode suivant lequel ils sont produits, dans la séborrhée dite huileuse-il y ades troubles particuliers du côté des técuments externes (V. p. 19), indices d'un travail spécial et traduisant le mauvais état de ces derniers. |
Ce sont des manifestations de phénomènes physicochimiques dont le mécanisme intime nous échappe, mais qui peuvent être rationnellement rapportées aux causes que nous mettons en avant.
En objection. — À cette théorie on nous demandera pourquoi tous les dilatés, pourquoi tous les individus
atteints d'affection gastro- or n'ont-ils pas de la
séborrhée ?
En réponse, on pourrait faire une question semblable : pourquoi les substances médicamenteuses, l’iode, l'alcool, le brome, elc, pourquoi les substances toxiques ingérées ne produisent-elles pas les mêmes effets chez tous?
Chaque sujet en effet traduit à sa manière, dit Besnier, son intolérance médicamenteuse ; c'est lui et non l'agent toxique qui détermine le plus souvent la forme des acci-
dents pathogénétiques. On peut observer d’une part la
même éruption cutanée pro luite chez le même malade
par des substances différentes ; et d'autre part des éruptions dissemblables déterminées chez des sujets diffé-
52h $ rents par un même agent thérapeutique. La saturation n’arrive pas pour chacun à une dose égale. Cela dépend de l’activité d'absorption et surtout de l'intégrité des organes émonctoires. ; |
. De plus, l'élimination dans # séborrhée, si élimination il ya, doit être caractérisée par des lois mystérieuses d’éleclivité. Certaines substances ne sortent que par une seule voie, d’autres par plusieurs tout en manifestant leur préférence pour l’une ou pour l’autre, le chlorate n’a-t-il pas celte préférence pour les glandes salivaires ? les baumes, les essences pour la surface pulmonaire ?
Cela même dépend des doses, et l’iodure par exemple porte ses effels, tantôt sur les muqueuses et la peau, taniôt sur les reins.
On devrait aussi retrouver dans les liquides du tube digestif les substances toxiques produites par les fermentations anormales ? Que des fermentations anormales existent dans les affections gastro-intestinales, le fait ne peut être mis en doute par l'apparition de phénomènes symptomatiques vraiment caractéristiques. On a fait des analyses du liquide gastrique, on a cherché à isoler les produits toxiques formés dans des cas d'affections gastrointestinales, mais ces recherches n’ont porté que sur l‘ensemble de toxicité des produits de la digestion et ont mené à cetle conclusion que des alcaloïdes multiples se développent au cours de ces fermentations.
Quant à déceler les toxines dans les ae de sécrétion, chimiquement les recherches sont trop difficiles, ce sera bientôt l’œuvre, es)érons-le, de l’histochi-
mie et-de la microchimie.
Do
En résumé, la Séborrhée pathologique à forme huileuse, est une affection d’origine interne.
Dans la classification des maladies de la peau élablie d’après l'examen physiologique approfondi de la nutrition, basée sur les études de bactériologie, de neurologie et de pathologie générale, sa place est bien indiquée. Elle ne. doit pas être placée comme elle l’a été pendant longtemps, dans les trophodermatoses résultant d'une exagération, mais dans celles dues à une perversion de la
nutrition. È
- L'étude de ses causes justifié une fois de plus ces paroles émises depuis longtemps : que beaucoup daffections cutanées ne son! que des problèmes d'alimentation. La vieille opinion d’Ambroise Paré sur l’eczéma n'était-elle pas déjà : « que ce mal devait être attribué au vice du sang, à l’altération humorale, à la rétention anormale, dans nos tissus, des résidus acrimoniques excrémentitiels de la nutrition, etc. » ?
Note. — Spécifier quelles sont les glandes sur lesquelles les toxines portent leur action dans l’hyperséborrhée, de manière à produire ces troubles de sécrétion, nous ne le pouvons pas encore. C’est poser la question de l’origine de la matière grasse normalement versée sur la peau et que nous avons déjà traitée longuement en parlant de la séborrhée RP Se
[y a vingt ans à peine, l'opinion générale des pathologistes était que cette sécrétion anormale résultait
- suractivité fonctionnelle des glandes sébacées. En raison des connaissances chimiques, histologiques et anatomo-pathologiques beaucoup moins étendues que cel-
Jacques : 8
les de notre époque, on croyait alors que les follicules
pilo-sébacés étaient hypertrophiés par suite d'un excès
d'activité et dilatés par un simple surcroît de sécrétion ; on n’élablissait pas non plus de différence de composition entre le sehum physiologique et le liquide huileux pathologique. RARE ae
Aujourd’hui, la question d'origine du. produit séborrhéique pathologique est des plus discutée par les dermatologistes. Les uns nous le savons admettent que ce sont les DATES sudoripares qui fabriquent la matière oléiforme. Pr À PRE 2
Telle est la manière de voir de M. Unna, de Hambourg. Au penser de ce dermatologiste, il doit en être ainsi, parce que chez les individus à peau huileuse, il est très fréquent detrouver par exemple des comédons, c’est-à-dire, de véritables obstruclions des glandes sébacées. Dans les mêmes cas, au contraire, l'examen des glandes sudorales, fait avec beaucoup de soin, montre qu'il se passe en
elles, certaines réactions indices d’un travail tout particu-
lier dont il est impossible de se rendre compte, mais qui. témoigne de la part très importante prise par ces glandes à l'élaboration de substances grasses. Il n’y a pas res rhée huileuse mais hyperidrose huileuse.
Ce qui le prouve : c’est l'identité de la graisse qui infiltre le derme, avec celle des glomérules enroulés, la modification subie par les glandes sudorales, leur hypertrophie, leur suractivité, la dilatation des pores de la sueur.
De son côté, M. Brocq semble attribuer le même rôle aux glandes sudoripares, parce que fréquemment il a trouvé chez des séborrhéiques de la kératose pilo-sébacée