‹ De l'état séborrhéique de la peauChapitre 9 sur 23 · ETUDE ÉTIOLOGIQUE ET PATHOGÉNIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE ÉTIOLOGIQUE ET PATHOGÉNIQUE

A. — ÉTioLoGiE.

ie nature intime de la Ai Dacion même qui: l'élabore, sont encore entourés - de grandes obscurités. Quand la sécrétion grasse normale de la peau, sera

bien tranchée, quand il sera possible de connaître dans quelle quantité le liquide séborrhéique peut être. physiologiquement produit et que sa composition chimique sera

définie, l'étude de l’étiologie de la séborrhée pathologique deviendra facile. De la comparaison alors rendue possi-

ble par les progrès de la chimie, entre les deux produits

sécrétés, l’un normal l'autre anormal, sortiront des déductions logiques que les expériences et les données CHpie

ques viendront bientôt confirmer.

Jusqu'ici nous ne pouvons constater entre Fe doux sécrétions que les relations concernant soit leurs sièges

d'élection, soit l’âge des sujets qu’elles affectent, relations que nous avons précédemment signalées.

M. Balzer a fait l’étude microscopique du produit oléiforme pathologique, il y a trouvé surtout des cellules épi-

RES | ee théliales en élat d’altération plus ou moins avancée, fort peu de graisse, mais des acides gras favorables aux fer- - mentations. On ya distingué aussi des chlorures et de * Piode, consécutivement à des ingestions salines et iodiques, un grand nombre de microbes, et enfin d’inoffen- -sifs demodex, d'autant que les produits hypersécrétés sont plus récents et moins altérés. |

+ Recueilli sur une plaqué de verre, ce liquide ayant par-

fois une odeur butyrique très prononcée quand il a déjà

“subi une sorte de fermentation ou de rancissement, se dessèche complètement et apparaît au microscope s sous la.

forme. de minces lamelles.

Ces connaissances acquises jusqu’à ce jour sur la nature, sur les propriétés de la substance oléaginiforme . anormale, n'apportent aucun éclaircissement au problème de l'étiologie, elles nous témoignent seulement de la mê- me origine glandulaire du pue dans les deux séborrhées. | | Toutefois, si laissant de côté et la question d'origine du liquide et ses caractères, nous étudions les conditions générales dans lesquelles se développe l'état séborrhéique pathologique, nous pouvons recueillir de précieuses indi- cations sur les causes probables qui viennent altérer le fonctionnement de l'appareil sébifère.

$ 1er, — Etiologie générale.

- La sécrétion séborrhéique anormale est une affection fréquente, même chez des sujets qui ont toutes les apparences d'une bonne santé. | LA

Jacques 4

Nombre de personnes en sont alleintes sans pour cela -

prendre consultation auprès des médecins. Ordinairement ce n’est que dans les cas où la maladie déjà intense, établie depuis longtemps, s'est compliquée de lésions comme l’acné, ou de toute autre dermatose née des mêmes troubles de sécrétion, que ces personnes se décident à venir demander un traitement.

De là, on comprend la difficulté pour le dermatologiste de pouvoir observer, nous ne dirons pas des séborrhées commençantes, mais des *éborrhées exemples: de toute association pathologique. Re

Et puis, il faut bien l’avouer, on a attaché jusqu'à ce jour si peu d'importance à celte affection, ou plulôt elle a élé si méconnue, que les médecins pour ainsi dire, n’en ont point fourni d'observations.

À part quelques trailés théoriques des maladies de la peau, à port quelques ouvrages spéciaux, si on consulte

les feuilles, les gazettes et les bulletins médicaux où se.

rendra compte de la pénurie des publications sur l’état séborrhéique morbide, dont le praticien RARE cépeñdant observer des cas chaque jour. A

On prétend, qu'elle est plus commune en été qe pendant les autres saisons, que le nombre des sujets qu’elle aflecte est plus grand en Amérique qu'en Europe (Ans-

pitz), mais nous pensons que toute influence dépendant

de l'état atmosphérique, des variations de température, des saisons, des climats, des races, des localités, : doit être écartée, en tant que cause première. Tout au plus, ces diverses circonstances ont-elles une action secondaire sur le degré de la maladie une fois constituée ; car,

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d'uné part, on ne voit pas bien par quel processus elles

pourraient modifier la fonction sébogène. D’autre part, comment faudrait-il expliquer les rapports de cause à effet, la séborrhée, comme le prouvent les observations, se continuant alors que n'existent plus certaines de ces influences constatées au moment du début de l'affec- - tion?

D’ ailleurs, pour les mêmes raisons, et surtout d’après les localisations spéciales de la séborrhée, d'après sa’ marche, sa longue durée, il est clairement indiqué qu'il . faut rejeter foule cause morbigène d'origine externe.

Nous ne pouvons non plus nous arrêter sur l’action des influences morales qu'il est impossible de faire rentrer dans Île cadre étiologique qe nous voulons conslituer.

L'appareil glandulaire sébifère dE généralement son complet développement qu’à la puberté; c’est à la

même époque par conséquent que se manifeste tout par-. ticulièrement son action sécrétante. De même les fonc-

tions de l'organisme étant surtout actives chez l'adulté et dans l’âge mûr, ces considérations expliquent bien, pourquoi l'ayperséborrhée apparaît surtout à ces dges, sans” qu'il soit nécessaire de chercher là quelque rapport direct

d’ étiologie.

Au point de vue de l'hérédité, de la transmission de la maladie dans les familles, les observations ne donnent sou-. vent que des résultats négatifs, et c’est fait peu rare, de ne trouver aucuns troubles de sécrétion semblables du côté de la peau chez les parents, ascendants ou collatéraux des

perfonres séborrhéiques. Lorsqu'ils existent, on peul dire :

que c’est la faiblesse native de l'estomac, la défectuosité des digestions et de l'alimentation, qui sont communes.

aux pères et aux enfants. | site La séborrhée est venue en ces cas, comme conséquence forcée du mauvais régime, sans être héréditaire.

La séLorrhée n’est pas non plus spéciale à un sexe; elle se montre aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Peut-être est-elle plus fréquente chez celles-ci 1e nous verrons tout à l'heure ie pourquoi, quand nous expo-

serons les causes probables.

Les malades séborrhéiqües sont des Fe ic tous les

états diathésiques, goutteux, rhumatisants, syphilitiques,

etc. ; ils se rencontrent dans toules les professions, dans toutes les classes de la société ; mais il serait intéressant de savoir par la stalistique, si leur nombre n’est pas.

plus élevé dans la classe riche où les affections stomacales prédominent, que dans la classe pauvre? Ajoutons en

passant, que dans cetle dernière, la lésion se manifeste souvent par des signes plus marqués sur la peau, ce. qu'il faut probablement expliquer, par l'état défectueux, des téguments chez des personnes qui négligent les soins

de propreté, de toilelte.

L'organisation spéciale de la peau, son épaisseur ou. sa finesse, sa coloration, les particularités individuelles

comme :. teint clair ou brun, cheveux blonds ou noirs, ne peuvent être citées comme déterminant directement la séborrhée anormale. .

Toutes ces circonstances, toutes ces causes et Fe

d’autres encore évoquées par les auteurs, nous le répétons, peuvent avoir une influence sur la séborrhée déjà

| | — 33 — déclarée, pure influence secondaire, en quelque sorte modificatrice, mais elles ne peuvent en être le point de départ. Que la lésion soit fréquente chez des individus soumis à telles ou telles de ces conditions générales ou par- : ticulières que nous venons de passer en revue, nous ne le nions pas, loin de là! Il ne faut voir là qu'un simple effet

de coïncidence. Car, à l'encontre de ces faits observés,

combien d' autres observations aussi nombreuses nous dévoileront la même maladie naissant chez des individus : placés dans des conditions tout opposées! De plus, une de ces conditions prélendue causale existe au moment où la séborrhée est constatée, et maintes fois a ‘disparu alors que l'affection ne fait qu’augmenter |

En somme, l'existence de toutes ces circonstances n’est pas assez constante dans les cas de séborrhée pathologi-

que, pour que nous les regardions comme causes de

cell e-ci.

$ 2. — Séborrhée symplomalique de troubles digestifs.

Guibout, dans son Traité des maladies de la peau, déclare: « pour qu’une affection cutanée puisse êlre dénommée symptomatique, il faut que cette affection présente des caractères constants, les mêmes et ne convenant qu’à cet état. »

Or, il est curieux de constater cliniquement, que toutes

- les personnes affectées de séborrhée pathologique se pré-

sentent telles à l'observation :

Ce sont des personnes le plus souvent nées de parents

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à peau fine et blanche, à sueurs faciles et abondantes,

obèses, gouttenx, graveleux, etc., qui depuis plusieurs

années déjà, avant le début de la maladie, avaient tous

les signes manifestes des troubles fonctionnels de lPappa- .

rcil gastro-intestinal ou de ses annexes. :

Ce sont des sujets, tantôt à tempérament arthritique (ce type incontestable du mauvais état constitutionnel par ralentissement de nutrition); tantôt à constitution faible, molle, débilitée ; des anémiques, des chlorotiques ; des va-

létudinaires relevant de maladies dans lesquelles les fonc-

tions de nutrition ont été profondément compromises (fèvre typhoïde par exemple). Voilà. pour l'influence géné-

rale. Quant à l'influence locale, rappelons que Lailler a,

fait remarquer da présence de la séborrhée à la suite de

la variole. Le fait nous semble en rapport avec les gra- . ves désordres causés à la peau par l'éruption variolique .

et les complications dermiques.

Beaucoup de sujets vivent dans de mauvaises on tions d’hygiène et sont soumis à une alimentation défectueuse. :

Qu'on les examine attentivement ces malades, et l’on reconnaîtra chez eux les symptômes de cette anémie que M. le professeur C. Bouchard, dans ses magistrales Leçons sur les maladies de l'estomac, a montré être la consé-

quence des insuffisances stomacales (teint pâle, crampes

et cuissons dans l'estomac après les repas, froid aux pieds,

froid aux mains, céphalalgie, migraines, constipation ue cipalement.…)

Le plus souveit, ce sont des individus qui ont de la congestion de la face, surtout au moment de la digestion ;

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: de la dyspnée consécutive à l'ingéstion des aliments: du

ballonnement du ventre, de la somnolence après les repas. Leurs nuits sont mauvaises, leur sommeil est Jourd ou agilé ; ils accusent de la fatigue à leur réveil. Ils ont des troubles nerveux nombreux et variés, souvent du vertige,

‘des troubles de la sensibilité générale, des névralgies : ; des

idées Lristés, de l'abattement physique et moral; des altéralions de la circulation centrale ou périphérique (palpilatious où même douleurs en plein cœur, arythmie, etc.); en un mot, tous ces symptômes réflexes ou autres qui caraclérisent la dyspepsie où catarrhe chronique de l’estomac, qui sont enfin la fâcheuse conséquence de la dilata- Lou ou de l’étal défectueux de cet organe.

-Maintes fois aussi, alliés à ces phénomènes patholoyi ques, l'observation en montrera d’autres qui ne sont que le reflet évident des mauvaises conditions, d’une pertur-

bation fonctionnelle de l'intestin ou des annexes de l'ap-

pareil digestif.

Souvent on se trouvera en présence de sujets alcooliques chez lesquels le foie a subi une dégénérescence graisseuse. « C’est là un fait sur lequel je voudrais altirer plus particulièrement l'attention, que chez les buveurs d'ulcool et par conséquent chez les individus atteints de dégénérescence graisseuse du foie, la sécrétion est spécial ment molle et huileuse, que la sensation de la peau est particulièrement grasse et lisse au lorcher, que les orifices des glandes ne sont jamais oblitérées par des masses

de sebum (1) ».

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