‹ De l'éthoxycaféine dans le traitement de la migraineChapitre 9 sur 12 · ETUDE PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE PHYSIOLOGIQUE

L’étude complète de la caféine n’entrant point dans le plan que nous avons adopté pour ce travail, nous nous bornerons à résumer ici les propriétés physiologiques de ce corps pour les rapprocher par la suite des propriétés des corps nouveaux qui font l’objet de notre thèse.

Les auteurs qui se sont occupés de la caféine ont émis sur les propriétés physiologiques de cette substance les opinions les plus opposées. Deux faits ont surtout attiré leur attention : d’une part, des altérations des muscles, un état trouble de la fibre musculaire et une rigidité très marquée des muscles des animaux soumis à l’action de cette substance ; d’autre part, des troubles du système nerveux central.

Cette rigidité musculaire, constatée par tous les expérimentateurs, fut diversement interprétée par eux. Pour les uns, la caféine a une action tétanique évidente; les autres (Voit, Pratt, Johannsen) admettent que la raideur musculaire est en tout comparable à la rigidité cadavérique et indépendante du système nerveux, La plupart de ces auteurs avaient expérimenté sur des grenouilles.

Schmifideberg sembla devoir trancher la question en affirmant que ces divergences dans les résultats

venaient de ce que les effets varient suivant qu’on expérimente sur la grenouille verte (rana esculenta) ou sur la grenouille rousse (rana temporiara). La première présenterait surtout du tétanos réflexe, des crampes dépendant du système nerveux, tandis que avec la temporaria on n’obtiendrait guère que de la rigidité musculaire. Le D'’ Leblond, qui a repris ces expériences, s’exprime ainsi à ce sujet : «Nous ne sommes pas d’avis ainsi que Schmiedeberg l’a avancé, qu’il y ait une différence d’action de la caféine sur les muscles de la grenouille rousse et sur les muscles de la grenouille verte, car cette différence nous la retrouvons aussi bien chez les animaux d’une même espèce. » Gomme on le voit, la question reste pendante. 11 est certain que les animaux ont une manière propre de résister à l’action des médicaments, et ce mode de réaction varie non seulement avec les espèces, mais encore avec les individus. N’obser. vons-nous pas chaque jour dans la pratique médicale des sujets présentant pour certains médicaments soit une tolérance remarquable, soit une intolérance absolue et que rien n’explique. L’action de la caféine sur la fibre musculaire est bien démontrée p ar ce fait qu’on produit la rigidité par le lavage d’un muscle avec une solution de caféine ; l’état trouble de la fibre musculaire est des plus évidents sous le microscope. Mais l’augmentation de Texcitabilité réflexe, l’irradiation des réflexes sont des symptômes propres au système nerveux qui s’observent très iréquemmeiit.

La caféine tient aujourd’hui une place importante en thérapeutique. C’est un puissant tonique du cœur celui auquel le médecin s’adresse dans les cas graves aux dernières périodes des affections cardiaques alors qu’il n’obtient plus aucun effet de la digitale. Et cependant, là comme précédemment, les opinions des auteurs sont absolument discordantes. Nous ne reproduisons point ces opinions que l’on trouve partout, nous bornant à citer le passage suivant de l’excellente thèse de Leblond, qui nous paraît bien résumer le débat: « Les auteurs qui se sont occupés du café prétendent, les uns, qu’il accélère, les autres qu’il ralentit le cœur; ceux qui ne se sont occupés que de la caféine arrivent presque tous à cette conclusion quelle ralentit le cœur... Les infusions de thé et de café débarrassées de leur caféine agissent sur le cœur dans un sens inverse à la caféine qui elle, au contraire, tend à le régulariser et à le ralentir. »

Quant à l’action diurétique, il semble qu’il en soit de la caféine comme de la digitale ; cette action ne paraît bien marquée que dans les cas où il y a une gêne quelconque de la circulation, c’est-à-dire chez des sujets malades.

Nous terminons ce court aperçu en donnant ici les conclusions générales que le D Le blondmet à la fin de sa thèse :

A. dose physiologique :

1° La caféine est un excitant du système nerveuxet musculaire.

2“ Elle diminue la fréquence du pouls en augmentant l’énergie des battements cardiaques, et augmente la pression sanguine par constriction vasomotrice.

3° Elle fait tomber la température périphérique.

4® Elle n’influe en rien sur la formation ou l’excrétion de l’urée.

A dose toxique ;

1° Elle exagère le pouvoir excito-moteur de la moelle, paralyse les nerfs sensitifs périphériques et agit aussi sur le pneumogastrique dont elle diminue l’excitabilité.

2° Elle fait rapidement baisser la pression sanguine par paralysie des vaso-moteurs.

3® Le cœur, chez les animaux à sang froid, se ralentit de plus en plus et s’arrête en systole.

4® Elle a une action tétanisante sur les muscles.

Hydroxycaféine. — Avant d’entreprendre l’étude des dérivés de la caféine, Filehne étudia l’action de ce corps sur les grenouilles, U constata qu’une dose de 7 milligrammes en injection sous-cutanée produit, chez une grenouille verte de 20 à 25 grammes, une irritation réflexe extrême avec irradiation. L’injection de 12 milligrammes produit un tétanos continu qui ne se dissipe que quatre à six heures après l’opération.

11 put administrer des doses cinq fois plus fortes d’hydroxycaféine (de 10 à 100 milligrammes) sans observer aucun effet. Il fallut arriver à 20 centigr.

pour obtenir des effets analogues à ceux de la caféine, mais atténués.

Filehne fit alors, pour expliquer ces faits, les deux hypothèses suivantes: ou bien ta substance avait perdu son efficacité, sa façon de réagir chimiquement sur le protoplasma ; ou bien l’introduction du groupe hydroxyl avait fait le corps moins stable, plus décomposable, et par conséquent 1 organisme échappait mieux à son action toxique. Filehne s’arrêta à cette dernière hypothèse pour cette raison que,

contrairement à la première, elle est confirmée par des faits analogues dans d’autres expériences pharmacologiques ; de plus, le fait qu’on parvient à produire des effets toxiques en augmentant la dose confirme encore cette hypothèse.

La diéthoxy-hydroxy-caféine obtenue par l’introduction de deux groupes éthoxyl dans la formule de l’hydroxycaféine dorme lieu aux mêmes résultats. 100 milligrammes restent sans action sur la grenouille. Filehne n’a pas étudié les effets des doses plus élevées.

Les expériences que nous venons de citer montrent combien l’action de la caféine a été modifiée par l’introduction dans sa constitution anatomique du groupe hydroxyl ou de deux groupes d’éthoxyl combinés à l’hydroxyl. Nous n’insisterons pas davantage sur ces deux corps qui ne nous intéressent que comme corps de transition, et nous arrivons l’étude de l’éthoxycaféine dont les propriétés p y siologiques sont tout autres et permettent de

assigner une certaine valeur au point de vue pratique.

Ethoxycaféine. Pour résumer ce qui a trait aux deux corps précédents, nous dirons que leur degré d’activité est très inférieur à celui de la caféine, mais qu’en somme leurs propriétés sont identiques à celles de la subtance dont ils dérivent.

Il en est tout autrement pour l’éthoxycaféine. Sans doute on observe à la suite de l’absorption de ce produit des phénomènes qui attestent ses liens étroits de parenté avec la caféine; mais ces phénomènes sont maintenant au second plan, et dans les expériences de Filehne ce qui attire tout d’abord l’attention ce sont les propriétés narcotiques de l’éthoxycaféine. On retrouve, comme dans les expériences faites avec la caféine, l’augmentation de l’activité réflexe avec irradiation, la rigidité musculaire, l’un de ces phénomènes l’emportant sur l’autre suivant qu’on opère sur telle ou telle espèce de grenouille ; mais le premier effet observé, et, il faut bien le dire, le fait dominant dans toutes les expériences pratiquées avec l’éthoxycaféine, c’est la stupeur du système nerveux central, les effets narcotiques suivis bientôt de paralysie.

Nous avons reproduit les expériences faites par Filehne sur la grenouille et qu’il résume très brièvement dans son mémoire. ,

Chabot.

Expérience I.

Çjremmlk d.e taille r^pyenne^

2 h, 25. Inj^çcUpn dans resloniaç de iS milligrammes d’éthoxycaféine ensuspension dans de Teau.

2 h. 3S. L’animal a présenté une certaine stupeur ; il saute quand on le touche.

2 h. 40.. Mis sur le dos, l’animal ne cherche pas à se remettre sur ses pattes, mais il se retourne dès qu’on le touche.

2 h. 4&. Paresse dans les mouvements. Les yeux sont à demi fermés»

2 h. 48. L’animal reste sur le dos, même si on l’excite.

Pas de. mouvernents spontanés. Les mem-

hres postérieurs étendus reprennent immédiatement leur position natureile.

3 h. 05. Nouvelle injection de io milligrammes d’étoxy-

caféine.

3. h. 09. Stupeur plus marquée. L’animal reste sur le do| Les membres postérieurs reviennent assez vivement à leui position normale.

Inégalité pupillaire.

3 h. 13. L’animal se déplace quand on l’excite, mais sans vigueur. Il se laisse traîner sans réagir, puis reste sur place.

3 h. 45. Une patte étendue ne se fléchit que quelques instants plus tard..Ge fait ne se reproduit pas.

3 h. 20: Eüorts répétés de vomissement. L’animal rend des mucosités incolores et filapteg.

3 h. âd. Lesdeux patles postérieures restent étendues i^nimal étant sur le dos. II est insensible à de faibles excitations, il fléchit ses pattes si on les pince.

3 h. Mêmes phénomènes. Retard dans la sensibilité.

3 h. 30. È'animaî sedépîaee plus vivement si on Fexcite.

3 h. 34. Nouvelle îit|eetion de 2 centigrammes. L’animal passe ses pattes sur sa bouche. Stupeur très marquée.

3 h. Sf. Les pattes restent étendues ou bien elles se retirent faiblement ou assez long^temps après.

L’excitation d^une patte provoque des mouvements dans fa patte opposée. L^nrnial se traîne quand on l’excite.

3 h. 40. Il ne se trahie plus quand on le pince fortement.

Respiration faible, parésie des membres postérieurs.

3 h. 43. Parésie plus marquée, pupilles dilatées,, quelquea rares tentatives de mouvements. Pas de raideur musculaire.

3 h. 5'0. Nouvelle injection de 4 centigramme.

Respiration très faible; paralysie presque complète des membres postérieurs. Quelques mouvements de ta tête, du tronc et des membres supérieurs.

ExpÉRiENeE ir.

^ moyenne,

Ligature de Tartère iliaque droite. L’opération faite l’animal a conservé toute sa vigueur et toute sa vivacité.

3 h. 50. Injection dans l’estomac de 20 centigrammes d’éthoxycaféine dans de l’eau.

3 h. 51. Stupeur. Parésie très marquée du membre postérieur gauche. Mouvements dans l’autre membre postérieur. L’animal reste sur le dos.

3 h. 55. L’animal essaie de sauter avec la patte postérieure droite assez énergiquement ; l’autre patte reste inerte ; les yeux sont à demi-fermés.

3 h. 57. Stupeur très marquée. Respiration très faible.

4 h. Mouvement dans les deux pattes postérieures.

Tentative de saut.

4 h. 02. Rigidité très marquée des membres antérieurs.

4 h. 05. Tentative de saut avec les quatre membres.

4 h. 08. Mouvements. La patte gauche postérieure reste étendue, la droite est à demi fléchie, ses muscles se contractent mieux. Respiration insensible.

4 h. 10. L’animal reste insensible aux plus vives excitations.

4 h. 11. Petits mouvements, toujours plus marqués dans la patte droite, puis mouvements bien nets dans la gauche.

4 h. 12. Mêmes phénomènes, moins les mouvements de la patte postérieure gauche. Tous ces mouvements sont spontanés ; l’excitation la plus vive est impuissante à les produire.

4 h. 13. Petits mouvements dans les quatre membres, mais surtout dans les membres postérieurs.

4 h. 19. L’application d’un courant d’induction sur le membre postérieur droit amène une contraction des deux membres postérieurs.

4 h. 20. Les réophores promenés sur la colonne vertébrale déterminent des contractions dans la réprion lombaire. Pupille très dilatée.

4 h. 27. Mort apparente. Le réflexe cornéen indique seul que la vie n’est pas éteinte.

4 h. 35, L’animal est mort. Pas de rigidité des membres inférieurs.

Expérience III.

Esculenta de taille moyenne, très rigoureuse.

2 h, 45. Injection dans l’estomac de 0,05 centigrammes d’éthoxycaféine dans de l’eau. Ligature de l’artère iliaque droite.

2 h. 50. L’animal semble un peu engourdi ; il saute avec vigueur quand on le touche légèrement.

2 h. 53-55. Sauts spontanés.

2 h. 56. L’animal saute vigoureusement quand on l’excite, il ne saute pas quand on le touche, et saute quand on le pince.

2 h. 58. Les pattes postérieures étant étendues, l’animal

fléchit sa patte droite et laisse la gauche en place. Mouvements de la patte droite quand on étend la gauche ; même résultat après une forte excitation.

3 h. »». Mouvements spontanés dans les deux membres

antérieurs et la patte postérieure droite.

L’animal reste étendu sur le dos sans essayer de se. relever. Le pincement de la patte postérieure gauche produit le réflexe d’extension dans la droite; le pincement de la patte droite produit une raideur tétanique

de tdut le corps» Les mèmbres àntéfieüfë sont immobiles et rigides» La piqûre de la patte postérieure droite produit des contractions tétaniques dans ce membre ou dani les deux membres postérieurs et dans les muscles du tfônc» Les yeux sont presque fermés.

3 h. 07. L’animal est dans la résolution complète. Le pincement de la patte postérieure gauche produit des contractions musculaires dans la droite, Le pincement de la droite ne produit rien dans la gauche.

3 h. 09. Le pincement des membres postérieurs produit de petits mouvements des membres antérieurs ; les yeux sont complètement fermés^ la respiration est faible.

3 h. 42. Paralysie complète. La piqûre du dos provoque quelques contractions des muscles du tfonc»

Pas de contractions des membres postérieurs avec les excitations les plus vives.

3 h. 15. Raideur très marquée des membres antérieüri on n’en constate pas dans les postérieurs.

3 h. 17. Le pincement de la patte postérieure gauche provoque des convulsions dans la patte droite. Le pincement énergique de la droite ne produit rien dans la gauche»

3 hü 20. Mouvements spontanés dans le tronc et les membres, à l’exception du postérieur gauche. La piqûre ne provoque aucun mouvement.

L’œil droit est entr’ouvert.

3 h» 21» Mouvements dans les trois membres comme cidessus, contractions imperceptibles dans le

postérieur gauche. L’œil gauche commence à s’ouvrlr.

3 h. 26. Mouvementspontané dans un membre antérieur, li est sëhsiblé à là piqûre.

3h. 34. Faible mouvement spontané du tronc et des membres postérieurs.

3 h. 40. Le pincement de là patte pôst'èriéüre droite pro¬

voque dés cdhtrâctiohs dés müsèles thoraciques. Ces cohifactions sühl bien plus faibles si on pince la pàtie postérieure gauche.

Ë h. HE. Là piqûre des membres antéfieiifs provoque dès contractions énergiques des membres thoraciques ; la piqûre des menibrès postérieurs produit des contractions bien moindres. Les ^é’üx s’Ôuwëht, les pupilles sorit très diîatéës.

I. h. E Les müsciës de la cuisse gauche paraissent être plus durs que ceux dé là droite.

4 h. 21. Rigidité très inàfqüèe dû membre postérieur

gauche. Rién dans le niembre postérieur droit.

4 h. 26. La respiration est tôlàlëmeût arrête ; le thorax est oüvêrt '; les battements du coeur sont plus ieiits et plus faibles qü’à l’état normal.

4 h. 33. L’animal est insensiblë à toute ëxcitation ; le rédëxe corhéëh est aboli, lé ccéüf côhtihûë à battre. La rigidité du mèrhbre postérieur gauche est au plus haut degré.

%. h. 46 . La section du nerf crural du côté gauche h’â aucune influence sur la rigidité.

Expérience IV.

Esculenta de taille moyenne^ très rigoureuse.

3 h. 27. Iniection dans l’estomac de IS centigrammes d’éxthoxycaféine.

3 h. 30. L’animal reste immobile. Si on cherche à étendre ses pattes postérieures, il résiste et les fléchit aussitôt.

3 h. 33. L’animal reste sur le dos sans chercher à se r edresser. Les yeux se ferment.

3 h. 34. L’animal laisse ses pattes postérieures étendues et ne les fléchit qu’un instant après.

3 h. 35. L’animal, surpris par une excitation, essaie de sauter, mais reste sur place.

3 h. 36. Les yeux sont ouverts, la pupille dilatée. Petit saut sur place. L’animal reste sur le dos sans essayer de se redresser.

3 h. 38. Les membres antérieurs sont inertes et un peu rigides. Les membres postérieurs sont sensibles à la piqûre.

3 h. 39. L’animal cherche à s’échapper avec assez d’énergie ; quand on lui saisit une patte, il a l’air moins somnolent.

3 h. 40. Saut assez long. L’animal reste sur le dos, la respiration se suspend par instants. Pupille très dilatée.

3 h. 45. Quand on étend une patte postérieure, l’animal la laisse comme on Tamise, ou ne la retire que lentement ; si on Texcite, il semble se réveiller et retire vivement sa patte.

3 h. 46. L’animal saute assez vigoureusement si on l’excite. Petit mouvement spontané. Les membres antérieurs sont le siège de quelques mouvements lents et sans vigueur.

3 h. 49. Saut spontané, respiration normale.

3 h. 52. L’animal, mis sur le dos, reste immobile.

3 h. 53. Effort spontané pour se remettre sur ses pattes ;

l’animal y parvient après un autre effort.

3 h. 56. Saut spontané.

3 h. 59, Nouvelle injection de 15 centigrammes d’éthoxy-

caféine dans l’estomac. Plusieurs sauts spontanés.

4 h. 1. Stupeur; yeux à demi-fermés ; une patte posté¬

rieure étendue n’est fléchie que quelques instants après.

4 h. 3. L’animal reste sur le dos. Il fléchit spontanément un membre postérieur étendu un moment auparavant.

4 h. 5. Si on pique l’animal, il tente de se sauver. Contraction assez énergique et spontanée des membres postérieurs, mais l’animal ne peut sauter. Les yeux sont grands ouverts et la pupille très dilatée.

4 h. 7. La piqûre des pattes postérieures provoque le réflexe d’extension. Petits mouvements spontanés ; l’animal revient à sa position naturelle.

4 h 9. Il reste complètem.ent immobile et affaissé, les pattes postérieures étendues, puis il fléchit sa patte droite; la gauche reste étendue malgré les fortes excitations portées sur elle.

4 hv 11. Si dü excite les pattèé pbëtlfrëüCëë, ôn pfévdqüe dés cdiitMétions inüscülaiiéâ sans mouveliietit.

4 h. 12. Si bd piqUe léS deüx mérnBfês postérieurs, on eil pfbvbqül l’exterisidn ; rânidiâl ialése ses pàttéS 'éténdüës.

lii-. 18. li’âïiiniâl à un peu flécM sé, patte post'ériéüfB droite ; si bn la piqué, il la remet dans l’extension. La sensibilité est cbhsërfèe sûr tbüté la sürfaeë du Corps.

4 H. 16-. Le réflexe d’extehsioii èst trê's affaibli dans les membres postérieurs.

41; 17. La piqûre dé la cuisse né prôVoqlié pllisle rëflêxé d’eitëlisiôn qui sé produit si on pique la jambe. L’animal réSte toüjüürs immobile, les yeux së ieriüënt, la respiration est très faible.

4 h. 20. La piqûre de la jaiübë nê détermine plus le réîlëxe d’êxténsiOri. jPàralÿsie êblnplête dés inebibres inférieurs.

I b-i l5. Là fêspiràtibn Semblé béinplêtement arrêtée.

L’bUVêflürê du tlibrax montré que la circulation s’opère riôrniàîemënt; Lé cœur bat un peu plus lentëmënt que chez une greûbüilll saine. I

’ Expérience V.

Ëscuïenia de taille moyenne, très vigoureuse.

9 h. §B. Injection daUs l’estbmac de iB centigrammes de caféinè. Stupeur.

9 h. 37. Le pincement d’un membre postérieur produit

dès êQïiî^tiliiofis dàûs l’â'ùîfê aeSibÿÔ. 4ttitüdB éveillée ; fespiraliôn dimiaüéè.

9 hï B8i Moüveaients spontanés»

9 lis 40L’animal reste sur le dos. Rigidité des meai* bres antérieurs et postérieurs» Réflexes très marqués quand on teuclie les membres pos^^ térieurs, quand on imprime des secousses à la table.

9 h. 42. La piqûre des membres postérieurs détermine le fêflexe d’extension suivi dé ffiôüvêffients convulsifs. La rigidité est générale et très marquée. Attitude affaiSSiè-.

9 h. 48. Il ne se produit plus de réflexes. Paralysie et rigidité.

Houl résumons iéi én quelques mots les résultats des expériences dè Filehne sur les grenouilles i

à 30 milligrammes d’éthoxycaféine produisent chez une grenouille verte de 25 à 40 grammes de la stupeur qui apparaît dix à trente minutes après le début de i’expériencei L’animal reste sur le dos, ses réflexes sont diminués, la circulation reste indémnei les battements du cœur sont forts, les pupilles dilatées. Là stupeur augmente à mestlre que l’absorption sé fait. On observe âlors parfois une augmentation de l’activité réflexe avec irradiation, plus rarement Un tétanos réflexe toujours beaucoup moins marqué qu’avec une dose égale de caféinCi Puis rirradiation réflexe disparaît, les réflexes éüxmêmeS diminuent progressivement et éftfin une paralysie complète s’installe.

Avec la grenouille rousse on remarque d’abord la stupeur du système nerveux central qu’on ne produit pas avec la caféine, puis de la rigidité musculaire comme avec la caféine. On n’observe pas d’irradiation des réflexes ni de tétanos comme chez l’esculenta. Dans les deux cas, le cœur reste ultimum moriens.

La paralysie apparaît :

Au bout de 6 heures et plus avec éthoxycaféine 1 centigr.

— 1 heure 3 centigr.

— 8 minutes — 20 centigr.

On voit que nos expériences viennent confirmer ces conclusions de Filehne.

Les expériences 2 et 3 ont été faites après la ligature préalable de l’artère iliaque d’un côté. iNous ne saurions dire si nos résultats concordent avec ceux de Filehne, qui a condensé les siens dans une phrase dont le sens est resté impénétrable pour nous, malgré nos longues méditations. Nous exposerons donc simplement les conclusions que nous croyons pouvoir tirer de ces expériences.

Dans les expériences 2 et 3 comme dans les autres, nous notons l’influence narcotique de l’éthoxycaféine. L’animal auquel on a fait ingérer une certaine dose de ce médicament devient somnolent et plus ou moins indifférent aux excitations qu’on lui fait subir.' Cette substance paraît donc porter d’abord son action sur les centres nerveux. Si on lie l’artère afférente d’un membre, on constate que, de ce fait,

ce membre est soustrait pour un temps à l’action de l’éthoxycaféine. La contraction musculaire, la sensibilité sont presque normales dans ce membre alors quelles paraissent à peu près abolies dans l’autre. Finalement le membre dans lequel la circulation ne se fait plus se paralyse à son tour. Il faut donc admettre, selon nous, que l’éthoxycaféine agit d’abord sur les centres nerveux (somnolence, augmentation, diminution des réflexes); cette action devient de plus en plus sensible à mesure que le médicament est absorbé et détermine en dernier lieu la paralysie. Mais en même temps le poison se répand dans l’économie par les voies circulatoires et va en imprégner les divers éléments. 11 paraît probable que l’étboxycaféine va s’attaquer au système musculaire, modifier sa constitution histologique, amoindrir son élasticité et sa contractilité, et en fin de compte produire souvent-une rigidité plus ou moins complète.^ Cette rigidité apparaît toujours, dit Filehne, un peu avant ou après la mort.

Nous croyons expliquer ainsi les symptômes observés dans le cours des expériences 2 et 3. Le membre sain est plus rapidement frappé parce qu’il est atteint, d’une part, dans son innervation, et que, d’autre part, il a ses muscles irrigués par un sang chargé du produit toxique. L’autre membre subit dès le début le contre-coup des modifications dynamiques survenues dans le cerveau, et la moelle, légères d’abord, et qui s’accentuent au fur et à mesure de l’absorption du médicament. Mais ses

muscles gap^ent inlaetes leuF- élastieité et leur- eoatFaelilité et peuvent toujeurs ©béÎF à ner¬

veux.

Bans robservatîon 3 les muscles du membru sain sont envabis par- la rigidité, alors qu’%n n’en observe pas la plus légère trace dans le membre dont 1-artère a été liée. Notons en passant, que cette rigidité s’est produite ebez une grenouille verte avec 15 centigrammes d’étboxycaféine, alors que centigrammes* n’ont -pu produira de rigidité des membres posté?^ rieurs chez une grenouille rousse de même taille, ©bez cette dernière, au contraire, nous avons noté une diminution, puis une disparition complète des réflexes, tandis que Fesculenta avait ses réflexes notablement exagérés.

Filehne a recbercbé la réaction électrique des muscles des grenouilles soumises à ces expériences en excitant les trônes nerveux par des courants induits. H constata que les convulsions produites du côté où la ligature a été faite sont normales ; dans le membre sain, elles sont tentes, molles comme après rempoisonnement par la eaféine et exigent pour se produire Fempioi d^un courant d’une plus grande intensité.

On retrouve dans ces expérienees faites avec F'étbGxyeaféine beaucoup des caractères de la caféine * Toutefois la différence est notable et c’ost pour la mieax- faire ressortir que nous avons fait l’expérience 5 avec la caféine pour Fopposer à Fexpérience4 dans laquelle la même dose d’étboxycaféine a été

administrée à une grenouille verte de même taille que celle qui a servi à l’expérience 5. La lecture de ces deux expériences est plus démonstrativ^e que tous les commentaires que nous pourrions ajouter ; nous n’insisterons donc pas sur ce point.

« Quand on ajoute à la caféine le groupe éthoxvl, l’affinité de ça. corps pour le système nerveux central, devient plps grande, un peu plus faible po.ur- la substance musculaire. »

Il nous a paru intéressant de vérifier cette assertion de Filehne, et cestà cet effet que nous avons entrepris de faire les expériences suivantes. Nous avons rappelé au début de ce travail ffue le lavage d un muscle avec une solution de caféine en détermine rapidement la rigidité. Nous avons lavé les muscles de la cuisse de plusieurs grenouilles avec une faible quantité de solutions contenant de la caféine ou de réthoxynaféine ou du salicylate de soude. Nous avons expérimenté cette dernière substance peur écarter toute, cause d’erreur dans 1 interprétation dçs fuits. Tputea les solutions édaiçnt identiques et répondaient au type suivant

Salicylate de soude. 0,

CaféineQ ^

Eau distillée. ^ • v ^ d çent, eûtes..

Expérience VI.

Esculenta de petite taille. Lavage des muscles de la cuisse droite avec quatre gouttes de la solution de caféine.

Lanimal est étourdi, puis la raideur se montre au

bout de trois minutes environ. L’animal garde toute sa

vivacité, sa respiration est très active. Il se redresse rapidement quand on le met sur le dos.

Une autre expérience a donné les mêmes résultats.

Expérience VII.

Esculenta de petite taille très vigoureuse. Lavage des muscles de la cuisse droite avec 4 gouttes de la solution de caféine à 4 h. 34.

4 h. 35. Plusieurs mouvements spontanés.

4 h. 36. Attitude éveillée, respiration normale, raideur très marquée de la cuisse droite qu’on ne peut plus guère fléchir.

4 h. 37. Mouvements spontanés.

4 h. 39. Parésie du membre postérieur gauche.

4 h. 40. Respiration un peu diminuée.

4 h. 41. Mouvement spontané, la respiration est aussi active qu’à l’état normal. La rigidité envahit les muscles' de la jambè.

4 h. 42. Mouvement spontané, attitude éveillée, respiration normale.

4 h. 45. La rigidité s’installe dans les muscles de la cuisse gauche; elle est très marquée dans les membres antérieurs.

4 h. 55. L’animal est complètement raide. La respiration est très diminuée. L’animal est très sensible aux excitations.

Expérience VIII.

Temporaria de petite taille. Lavage des muscles de la cuisse droite avec 4 gouttes de la solution d'éihoxycaféine à 9 h. 6.

9 h. 7. Plusieurs sauts très vigoureux spontanés.

9 h. 9. L’animal reste un moment sur le dos, puis se relève.

9 h. 10. L’animal reste sur le dos plus longtemps, quelques mouvements spontanés des'membres postérieurs. Il se redresse spontanément. La respiration est diminuée.

9 h. 12. L’animal est sur le dos : tentatives impuissantes pour se redresser, puis il se redresse.

9 h. 14. L’animal reste sur le dos, malgré les excitations, quelques mouvements spontanés. Parésie da membre postérieur droiti L’animal ne saute plus, même quand on l’excite.

9 h. 17. Rigidité dans les muscles de la cuisse droite et dans les membres antérieurs. Les yeux se ferment, la respiration est très diminuée,

9 h. 20. L’animal est dans la résolution complète. Parésie delà patte postérieure gauche.

9 h. 26. La rigidité a augmenté dans le membre postérieur droit, elle est également bien nette dans le gauche.

9 h. 50. Même état. La rigidité est plus marquée dans la patte postérieure droite que dans la gauche.

Chabot. 3

Expérience IX.

Esculenta petite et très vigoureuse.

3 h. 7. Friction des muscles de la cuisse droite avec 4 gouttes de la solution à.'éthoxycaféine.

3 h. 8. Plusieurs sauts spontanés très vigoureux.

3 h. 14. L’animal continue à sauter fréquemment comme d’ordinaire. La respiration est norm^ale.

3 h. 13. Plusieurs tentatives de saut ; la patte droite semble moins vigoureuse et reste étendue.

3 h. 15, La patte droite est paralysée, mais n’est pas raide.

3 h. 16. Mouvements spontanés. L’animal est moins vif, son attitude est affaissée.

3 h, 17. Tentative de saut, Si on fléchit la patte postérieure droite l’animal l’étend quand il essaie de sauter, mais il la laisse étendue. Pas de raideur, la respiration est moins active.

3 h. 20. L’animal reste immobile. Si on l’excite, il fait une faible tentative pour s’échapper. Mouvement spontané. Pas de raideur. L’animal reste sur le dos; la respiration s’interrompt par moments.

3 h. 23. L’animal est complètement affaissé. La rigidité s’installe dans la cuisse droite.

3 h, 25. Saut à la suite de l’excitation vive de la patte postérieure gauche.

3 h. 27. Tentative spontanée de saut. La rigidité de la cuisse droite s’accentue. Mouvement spontané.

3 h. 30. Mouvements quand on excite l’animal. La rigi-

dité de la cuisse droite est de plus en plus marquée.

3 h. 31. Mouvement spontané. La respiration est très faible.

3 h. 34. La cuisse est fixée dans l’extension complète par la rigidité. L’animal reste affaissé, mais répond asseM vivement aux excitations.

3 h. 36. Mouvements spontanés. Le membre postérieur gauche est aussi flexible qu’à l’état normal.

3 h. 41. Affaissement complet. La rigidité a envahi les muscles de la jambe droite. Pas trace de rigidité dans l’autre membre postérieur.

3 h. 67. L’animal répond à peine aux excitations les plus

vives.

4 h. 8, Môme état. Paralysie complète du membre pos¬

térieur gauche.

Expérience X.

Esçulenta de petite taille, très vigoureuse.

3 h. 39. Friction des muscles de la cuisse droite avec quatre gouttes de la solution suivante :

Salicylate de soude. 0 gr. 26.

Eau distillée. 3“.

3 h. 40. Plusieurs sauts très vigoureux,.

3 h. 46. Mouvements spontanés, sauts incessants. Suractivité respiratoire très marquée. Respiration presque convulsive.

3 h. 46. Saut vigoureux. Attitude très éveillée. L’animal ne saute pas spontanément, mais la moindre excitation suffit à provoquer plusieurs sauts.

3 h. 50. L’animal, à la suite d’une excitation, s’échappe, il faut courir après lui dans le laboratoire. Il est impossible de le mettre sur le dos.

3 h. 54, L’animal, mis sur le dos, se relève vivement.

3 h. 55. Mouvements spontanés.

4 h. L’animal est moins vigoureux. Il ne saute pas

spontanément ; il faut, pour l’y décider, une excitation plus vive. Les sauts sont moins longs, mais la respiration garde les caractères précédents, l’attitude est aussi éveillée qu’avant l’expérience. Si on met l’animal sur le dos, il se redresse avec une grande vivacité.

4 h. 4. Saut spontané très vif.

4 h. 7. Mouvement spontané.

Nous n’avons remarqué, en somme, dans cette dernière expérience, qu’une certaine diminution de l’activité de l’animal avec suractivité respiratoire.

Les expériences 6, 7, 8 et 9 nous montrent que le lavage des muscles a été suivi de rigidité au bout de deux et trois minutes quand nous avons employé la caféine; au bout de onze minutes (temporaria) et seize minutes (esculenta) avec l’éthoxycaféine. Dans les deux expériences faites avec l’éthoxycaféine, les phénomènes musculaires s’accompagnent et sont précédés des symptômes généraux qui caractérisent l’action de cette substance. L’attitude éveillée des animaux soumis à l’action de la caféine contraste

de la façon la plus frappante avec l’afiaissement de ceux qui ont été traités par l’éthoxycaféine ; cliez ces derniers la rigidité musculaire est précédée par la paralysie.

Ces expériences ont de plus fixé nos idées sur un symptôme qui avait déjà attiré notre attention dans le cours de nos expérimentations antérieures; nous voulons parler des symptômes respiratoires. Filehne rapporte dàns son mémoire qu’il n’a noté aucune action sur la respiration avec des doses de 15 à 30 milligrammes d’éthpxycaféine. Il fait remarquer ensuite que la respiration s’arrête avant les mouve ments du cœur. Nos expériences nous ont montré qu’à doses plus élevées Téthoxycaféine diminue les mouvements respiratoires jusqu’à les rendre insensibles. et cela s’observa dès le début de l’expérience. Enfin, si on se reporte aux expériences 6, 7, 8 et 9, on admettra bien que la quantité de substance active absorbée a été très faible. Or nous voyons que dans les deux cas où nous avons employé la caféine, la respiration a été troublée à peine pendant une minute dans une expérience, tandis qu’avec l’éthoxycaféine la respiration s’affaiblit progressivement au bout d’un temps qui varie de trois à dix minutes. Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’une substance qui agit aussi énergiquement sur le système nerveux central modifie aussi la vitalité du centre respiratoire. , . . -

Les expériences 6, 7, 8 et 9 sont donc la confirmation de l’assertion de Filehne. De plus elles nous

permettent de mettre en lumière l’action très marquée de l’éthoxycaféine sur la respiration chez les grenouilles.

Expériences sur le Cobaye, faites par M. le D'Pineau.

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