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On note encore comme symplôme précoce l'inappétence, qui est tantôt élective pour la viande et les graisses, tantôt absolue, quelquefois absente, cependant dès les premières bouchées, le dégoût apparait. Elle s'accompagne souvent de vomissements « représentant une révolte réflexe contre toute alimentation dans un organisme dont les humeurs sont surchargées d'azote » (Widal) et parfois de stomatites ulcéreuses ou de diarrhée et même de selles sanglantes.
Mais dans nos observations nous constatons que souvent la rétinite est le premier et encore le seul symptôme qui décide le malade à consulter.
Le prurit est toujours plus ou moins marqué, mais n'attire en général pas l'attention du malade.
Une anémie accusée est très fréquente, elle frappe souvent à première vue. Rarement la peau est jaunâtre, rappelant celle de certains cancéreux, presque toujours elle a un aspect blanc cireux typique. Le corps tout entier, et notamment les conjonctives, la langue, la face interne des joues, sont pâles ; les ongles sont“d’un blanc nacré.
Mais le pouls plein, hypertendu et cette opposi- : tion frappante entre la pâleur du malade et la vigueur de l'impulsion de l'artère radiale oriente d'emblée le diagnostic vers l’azotémie et la Néphrite.
Le grand problème se pose à nouveau, problème dont la grande, la principale inconnue est l’étiologie. La syphilis provoque souvent des Néphrites, et certains auteurs, comme Feuillié, qui fait entrer dans les néphroses même les Néphrites observées dans les fièvres éruptives et les maladies infectieuses, penseraient à la possibilité d’une syphilis et sur'out
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d'une syphilis héréditaire, et cependant en médecine vétérinaire, notamment chez les chiens on trouve souvent des cas analogues de Néphrite.
On ne peut invoquer la syphilis dans nos cas. Ni l’anamnèse, ni les constatations cliniques, ni les réactions sérologiques n'ont permis d’étayer, si peu que ce soit, l'hypothèse pathogénique d’une infection spécifique. Il est vraiment difficile par le Wassermann d'écarter l'idée d’une syphilis héréditaire, néanmoins celle-ci dans aucun des cas ne peut être mise en question pour une raison plausible.
Si dans beaucoup de cas, il y a multiplicité des causes possibles, dans ceux-ci en revanche l'enquête étiologique reste négative, on ne retrouve rien. Nous constatons la lésion comme un fait accompli, ces cas ont été appelés le caput mortuum de la pathologie rénale.
Ce qui est frappant chez nos malades, c'est que sur les 7 cas analogues que nous rapportons nous avons affaire à six hommes pour une femme et que tous ces malades ont uné quarantaine d'années. Nous avons recherché des cas semblables dans la littérature et nous pouvons dire que tous ont trait à des malades dont l’âge varie de 35 à 50 ans. Dans une première statistique nous n'avons relevé que 9 cas et les 9 sont du sexe masculin. Dans une autre, de Jessen de Bâle portant sur 50 ans, nous constatons qu'alors que pour les Néphrites aiguës les deux sexes sont atteints dans les mêmes proportions et surtout dans le jeune âge ; pour les Néphrites subaiïguës et chroniques, la proportion pour les hommes atteint 6o %, mais comme c'est à Bâle on n’en peut rien déduire puisque les hommes atteignent cette
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P'ÉRON TI re
proportion en tant qu'habitants. Si on divise les an-
nées de 1875 à 1924 en périodes de 10 ans, excepté.
dans la première, le nombre d'hommes atteints est:
toujours plus élevé, atteignant une fois le double.
En Prusse, en Bavière, mêmes proportions, même un peu plus élevées en faveur du sexe masculin.
A Oslo, où depuis 1917 l’eau-de-vie est défendue et
le vin et la bière autorisés que lorsqu'ils ne con-:
liennent pas plus de 12 % d’alcool, les proportions.
s'élèvent encore. Dans l'Amérique du Nord la prohibition ne changea rien aux proportions existantes e., toutes proportions gardées, les cas mortels sont plus nombreux qu'en Europe. L'alcool ne semble donc pas devoir jouer un rôle dans l’étiologie..
À Ja clinique du Prof. Eppstein de Gôttingen. sur 626 cas de Néphrites de toutes sortes, on a relevé
435 hommes et r71 femmes, c'est-à-dire 71,8 % d'hommes et 28,2 %. seulement de femmes. Exacte-
ment de 18977 à 1893 il y a eu 464 cas : 330 H + 134 F:
et de 1897 à 1900, 162 cas soit 155 H + 35 F. Dans ces 626 cas la scarlatiné rentrait pour 3,6 %, la diphtérie pour 4,6 %, la typhoïde pour 6,3 %, la pneumonie pour 5,9 %, le rhumatisme pour 3,1 %, les traumatismes pour 2,6 %, les maladies chroniques des poumons pour 9,4 % et du cœur pour 5,o % ; il restait 27,8 % d’origine indéterminée. L'idée d’une maladie virulente nous a fait rechercher si on ne pouvait trouver des cas semblables à nos observations, qui auraient des rapports entre eux, si par exemple il n'aurait pas été rapporté des sortes
d'épidémies de Néphrite, nous voulons dire des:
Néphrites qui auraient eu lieu soit dans un même endroit, soit dans un même moment. Mais
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nous devons avouer que nous n avons. rien LouyÉ d’analogue. Nous avons pensé à des cas, qui auraient pû être signalés chez des A d' unt même atelier ou d’une façon plus générale ayant le même métier ; dans ce genre, nous n° avons pas cu Lu. de ee
Est- -ce que la littérature dans les cas ous — pourrait nous donner des présomplions ! L D' un premier examen, il apparaît que l'hérédité, comme facteur étiologique de Néphrite, n'a, avec peu,
as exceptions, ni intéressé, ni frappé les cliniciens.
Eichhorst cite une famille où la grand-mère est ee de sclérose rénale, la mère de même, où les
- deux fils sont morts urémiques et les deux filles souf-
frent de néphrites. Saundby cite un homme sou. frant de Néphrite et dont le père et les deux oncles, du côté paternel en sont morts. D'autres auteurs nt
pu suivre des familles pendant 3 générations successives et il apparaît seulement que les hommes
sont plus sévèrement atteints que les femmes? ainsi
dans les faits rapportés par Kidd, Meigs, Dickinson, Armozan, Baudet, Herrick, Hohn, Pel et surtout
dans une étude familiale rapportée par Eason, Malcolm Smith et Buchanam, intéressante car les hommes ont l’âge de la quarantaine. |
- Strumpell pense qu'il s’agit de faiblesse conslitu-, tionnelle du tissu rénal. Le Prof. Pel d'Amsterdan: dit qu’il est hérité seulement des dispositions pour affections rénales. Von Noorden et Herrick trouvent que cette hérédité pour affections rénales se voit dans des familles où une artériosclérose antérieure est héréditaire et se manifeste dans le troisième décé-
naire de la vie.
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Evidemment nous constatons que, dans ces failles, le rein si singulièrement prédisposé apparaît comme un véritable « locus minoris resistentite », mais nous ne pouvons conclure en faveur de notre travail.
Par contre, en parcourant la littérature tant française qu'étrangère et notamment la littérature anglaise, nous avons trouvé des choses très intéressantes sur les Néphrites de guerre ou Néphrites des tranchées des auteurs anglais. Si les expériences de Mackenzie Wallis ont été faites avec toute l’asepsie et les précautions désirées, il s'agirait réellement d'un virus filtrant ; nous allons rapporter ses expériences sur les singes tout à l'heure.
Ces Néphrites avaient déjà été signalées pendant la guerre de Sécession et pendant celle de 1870-1877. Dès les premiers mois de 1915, les médecins anglais ont attiré Fattention sur leur fréquence chez les soldats britanniques des Flandres, puis on les vit dans toutes les armées.
L'albuminurie était intense el prolongée, il v avait des evlindres urinaires, on notait toujours une élévalion très marquée du taux de l'urée sanguine. Il faut en rapprocher les hépatonéphrites à allure grave où analtomiquement on ne trouvait pas de lésions hépaliques, mais des Iésions rénales très marquées. Les médecins anglais l'ont reproduite en séries chez des volontaires par injection intraveineuse de sang total ou de globules rouges d'infectés, le sérum seul étant inoffensif.
D'après les statistiques on ne peut être renseigné sur la gravité des cas, car les Allemands par exemple auraient eu un pourcentage de guérison bien plus
élevé que les alliés ; les chiffres d'un auteur à ceux d'un autre sont par trop différents ; d'ailleurs quand la maladie commençait, on ne pouvait dire si elle resterait aiguë ou passerait à l’état subaigu. Mackenzie Wallis dit simplement que les reins avaient l'aspect typique de la Néphrite aiguë ou de la Néphrite subaiguë. Le Prof. À. Dietrich, de Berlin, dit que:la plupart des reins qu'il put examiner étaient caractéristiques de la Néphrite subaiguë avec des lésions anatomiques avancées. Sladek, de Vienne pense de même. Péhu, Daguet et Martin citent un cas où à lautopsie ils trouvèrent des lésions de Néphrite diffuse subaiguë. Prosper Merklen et Desclaux en 1919 trouvaient chez 57 % de militaires, mis en réforme temporaire depuis un an, la persistance de symptômes évidents de Néphrite. |
Ces Néphrites faisaient leur apparition aussi bien parmi les troupes en ligne dans les tranchées que dans les cantonnements de repos et la zone des
étapes. Le Prof. Hirsch, de Gôttingen, trouve que d'une façon absolue il y avait plus de cas dans l'Est -
qu'à l'Ouest.
Ce furent surtout les soldats de l'infanterie et du ‘génie, qui furent atteints, elles furent exceptionnelles chez les officiers, médecins et infirmiers. Il est à remarquer que les troupes hindoues furent à peu près complètement épargnées. Harmsen, de Berlin trouve que furent particulièrement intéressces les « Armierungsiruppen » c'est-à-dire Les auxiliaires, auxiliaires qui faisaient souvent un travail de manœuvres, et les hommes de plus de 35 ans, el il donne 55 % de cas subaigus. Un Anglais, Abercombrie trouve que les hommes les plus exposés
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étaient ceux d'une quarantaine d'années. De même le Prof. Hirsch n'a vu que des malades de 35 à 40 ans. Les cas cités par le Prof. Dietrich se rapportant à des hommes du « Landsturm » sont des cas aussi de cet âge.
On a invoqué des causes multiples : froid, humidité, malpropreté des téguments et maladies parasitaires de la peau, alimentation carnée excessive, intoxication par le plomb des boites de conserves, usage de l’eau javellisée, avitaminose, vaccination antityphoïdique.
Ameuille ne voit qu'un facteur évident, c'est l'infection. Parfois le point de départ sembla net angine, adénoïdite rhinopharyngée- (Castaigne) ; quelquefois il y eut d’abord une crise d’entérite aiguë fébrile, on pensa à des bacilles du groupe eolityphique ; à cause des pyodermites on pensa aux poux. Le plus souvent ce fut le tableau d’une Néphrite a frigore, d'emblée.
Parfois il y eut intervention de spirochétose ictérohémorragique ; Salomon et Neveu sur 4o malades, dont 25 avaient des Néphrites aiguës où subaiguës, œdémateuses ou azolémiques ont trouvé dans 17 cas des spirochètes très différents de celui d'Inada et du Spirochetes refringens.
Teissier pense à une fragilité anormale du rein par les fatigues, le froid, les vices d'alimentation et les prédispositions morbides héréditaires ou acquises, préexistantes à la guerre.
Le Prof. Dietrich n’a jamais trouvé d’antécédents, rien dans les voies respiratoires supérieures ou les amygdales.
Brosch de Vienne croit qu'il les faut lier à l'absence
———— paru 1) le
Les RENE . . : Ne
de vitamines, mais sans oublier une empreinte spé- ciale à la guerre. LE
Lippmann, de Munich, n'a jamais trouvé de cor-
| des expériences précises rejette l'hypothèse d’une in- toxication minérale quelconque.
Sladek, Goldscheider, Wagner-Laibach pensent à une infection avecsou sans refroidissement. . Pick, de Munich, ne les a jamais trouvées comme suite de la vaccination. | = Le professeur Hirsch pense que dans la guerre de $ mouvement les causes prédisposantes sont la nour- riture insuffisante et le fait d’être refroidi et mouillé d'une façon répétée et qu'au cantonnement ou dans les tranchées il faut incriminer l'humidité, la nouree riture {trop uniforme et le fait de dormir dans des abris souterrains. > Ce n'est pas sans raison que-des cliniciens tels que = - Bright, Rayer, Lancereaux avaient envisagé le froid comme facteur important, sans doute ils en avaient exagéré la fréquence et avec le professeur Lemierre nous pensons qu'il ne faut le retenir plus comme cause directe, mais seulement comme cause OCCasionnelle. Cependant Pick insiste, en faisant remarquer que la très grande majorité de ces Néphrites commençaient pendant les mois d'été.
La méthode expérimentale prouva à Mackenzie Wallis, qui fit de nombreuses expériences à l'hôpital Saint-Bartholomé en 1915 et 1916, différents points
intéressants.
Les altérations chimiques dans l'urine montraient qu'on était en présence d’une véritable Néphrite.