‹ De l'étranglement dans les hernies abdominales et des affections qui peuvent le simulerChapitre 10 sur 24 · HISTORIQUE. AÉTIUS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. AÉTIUS

la réduire et la inaintenir ensuite par un bandage ; et Aétiiis ajoute : At si parles scroto vicinæ veliemenlibiis doloribus una cum inflammalione vexentur , tormina idem ac flalus adsinl , tamdiu differenda est reductio donec quieverint. Pendant ce temps on emploiera les onctions et les scarifications pour empêcher la gangrène (*).

Pas un mot de l’accumulation des matières fécales. Le taxis, qui est le remède souverain de l’engouement, ne doit pas même être tenté. Tout est rapporté à l’inflammation. Le traitement est purement antiphlogistique; enfin, la terminaison que l’on doit redouter, c’est la gangrène, une terminaison de l’inflammation. Il est bon de noter que la gangrène se trouve ici indiquée pour la première fois.

Cette description d’Aétius fut oubliée, et désormais riiistoire de l’inflammation des hernies se confondit avec celle de l’engouement. A la fin du xvif siècle, l’inflammation subit la même destinée que l’engouement, et fut assez généralement négligée ; mais cela ne pouvait durer longtemps , car il est impossible de méconnaître l’intervention des phénomènes inflammatoires dans les accidents des hernies.

On a déjà vu que la première moitié du xviid siècle fut une époque d’oscillation. L’inflammation réintégrée dans les descriptions s’y présenta sous des aspects différents, ici comme cause, là comme effet.

(‘) Aetius, tertr, 4, serm. 2, cap. 24, édition H. Estienne, in-folio. Paris, 1567, col. 694, A.

INFLAMMATION DES HERNIES

En Angleterre et en Allemtigne, on ad mettait des inflammations primitives, pouvant conduire à l’étranglement. Cette opinion se trouve dans la thèse tl(^ Mauchard (') et dans l’ouvrage de Sharp (®). «.Jus- » qu’ici, dit ce dernier auteur, j’ai considéré la » rupture comme mobile (^) ; mais il arrive fréquem- » ment que l’intestin, après avoir passé les anneaux » des muscles, s’enflamme. Cette inflammation, gro.s- » sissant la tumeur, empêche la rentrée de l’intes- » tin, lequel, à chaque moment, devenant de plus » en plus étranglé, tend à grands pas à la mortifica- » tion. » 11 est manifeste que Sharp confond ici plusieurs éléments dans sa description; mais il est manifeste aussi que l’inflammation joue à ses yeux le premier rôle, et en date et en importance.

En France, on adopta une idée inverse : l’inflammation fut donnée comme l’effet plus ou moins immédiat de l’étranglement. On trouve les premières traces de ce nouveau point de vue dans un ouvrage important publié en anglais dans la deuxième moitié du xvif siècle (''*). Entre autres causes de l’irréductibilité

(*) Dav. Mauchard, Disserl.inaug. de heniia incarcéra ta. Tubinge, 1722, in-4.

(2) Sharp, Tr. des opérât, de chiritrg. Paris, 1741, in-12; trad. franç., par Jault, p. 100. (Lai" édition anglaise est de 1737.)

(®) Le traducteur a rendu cette phrase très obscure. Le sens du texte anglais est le suivant: Jusqu’ici j’ai parlé de la hernie réductible.

(^) Wiseman , Eight Chirurgical Trealiscs , édit. VI'**. Lond., 1734, in-8, vol. l,p. 241 . (La 1" édit, de cet ouvrage est de 1 676.)

(JOURSAüD.

IIISTOUIOÜK. —

et (les am'dcnts, Wiseuiaii iiuliqiio rinflaniniatioii produite pal* rétraiiglement : The intestine inflamed bjj lhe constriction of the production ('). Mais Wisemaii ne considérait cela ([iie comme un cas pai'ticulier. Ce fut Garangeot qui généralisa cette doctrine. Pour lui l’intlammation était due ;i la constriction circulaire exercée par ranneau sur l’intestin, constriction qui gênait le retour du sang (^). Enfin, Goursaud adopta cette idée et la rendit classique. Je signalerai ici une erreur de mots qui jette une certaine obscurité sur le mémoire de Goursaud. Cet auteur parle de V étranglement par inflammaiion, et si on lit la description qn’il en donne, on voit (ju’il s’agit au contraire d’une inflammation par étranglement ; ce (pii n’est pas du tout la même chose {^) .

11 faut venir jusqu’aux temps les plus modernes pour trouver de nouveaux documents sur ce sujet. Jusqu’ici, tout le monde, à l’exception d’Aétius, avait (îoiisidéré l’inflammation comme intimement liée à rengouement ou à l’étranglement. Pott avait, il est vrai, fait quelques restrictions pour les épiplocèles ; mais, en 1841, M. Malgaigne présenta la question sous un nouveau jour.

(') Le mol produciion , ou encore processus , désigne la traîne fibreuse du cordon , émanée du fascia IransversaUs, qu’on décrivait à celte époque comme le feuillet extérieur du péritoine pariétal.

(2) Garengeot, Traité des opérations, 2' édit. Paris 1738 in-12 t. I, p. 249. ’

('b Goursaud, De la différence des causes de l' élranqkmenl dans les hernies. [Mém. de l’Acad. de rhinir., 1768, in-4, t. IV, p. 244 )

INFLAMMATION DES HERNIES

Suivant M. Malgaigne, les accidents décrits jusqu’à ce jour sous le nom d’étranglement par engouement ou sous le nom d’engouement simple, ne sont que des inflamm.ations limitées au sac herniaire ou propagées au contenu de la hernie. Tous les accidents qui se produisent dans les hernies anciennes et volumineuses, et tous ceux qui se manifestent dans les hernies qui n’ont jamais été maintenues par un bandage; tous ceux enfin qui ont leur point de départ dans les épiplocèles , sont dus exclusivement à l’inflammation. C’est-à-dire que la plupart des affections décrites sous le nom à' étranglement ne sont en réalité que des pseudo-étranglements. A l’appui de sa doctrine, Fauteur invoque des faits irrécusables. Il cite des cas, — le nombre en est grand dans la science, et le mémoire de Goursaud en particulier eu renferme plusieurs de très concluants , — il cite des cas , où une hernie a présenté pendant plusieurs jours les phénomènes attribués à l’étranglement ; après quoi , l’inflammation s’étant apaisée, la réduction s’est effectuée sans difficulté. Il en cite d’autres, plus démonstratifs encore, où on a été conduit à pratiquer une opération de débridement, et où on a pu s’assurer, après l’ouverture du sac, que les anneaux étaient parfaitement libres et ne produisaient aucun étranglement. Pour ce qui concerne les prétendus étranglements de l’épiploon, il montre la contradiction qui existe entre la doctrine des chirurgiens et la conduite suivie par beaucoup d’entre eux, qui appliquent sur le pédicule de la her-

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