‹ De l'étranglement dans les hernies abdominales et des affections qui peuvent le simulerChapitre 14 sur 24 · V. — Marche, complications, pronostic · texte numérisé non relu

V. — Marche, complications, pronostic

La marche de l’inflammation herniaire est très variable; mais ou peut dire, d’une manière générale, qu’elle est beaucoup moins rapide ([ue celle de l’étranglement.

Lorsqu’on parvient à réduire la tumeur le premier jour, les accidents disparaissent, et le malade se trouve en quelques heures complètement guéri. Le deuxième, ou môme le troisième jour, si l’inflamma-

(‘) Goursaud, Mém, île VAcad. de chiv., t. IV, p. 230 et 231, obs. 1 et 3, in-4.

MARCIir., COMPLICATIONS, PRONOSTIC.

lion n’est pas considérable, et si la réduction est obtenue, il arrive en général que la guérison est rapide encore. Les vomissements disparaissent, le cours des matières se rétablit. Comment expliquer cette résolution très rapide de l’inflammation, obtenue par le taxis? M. Malgaigne a posé cette question sans la résoudre, en se bornant à constater le fait (‘). I me semble, toutefois, que la physiologie rend jusqu’à un certain point compte de ce phénomène. Quelque larges que soient et l’anneau et l’ouverture du sac, quelque incapables qu’ils soient de produire un étranglement véritable, il est manifeste qu’à leur niveau la hernie est moins à l’aise que dans le reste de son étendue. Il faut une striction considérable pour produire un étranglement ; mais il suffît de la plus légère pression pour gêner la circulation veineuse. Or l’inflammation fait gonfler la hernie, et le gonflement fait qu’elle est plus gênée au niveau de l’anneau, que le sang revient bien moins librement, et que la congestion inflammatoire est ainsi entretenue.

Peut-être y a-t-il autre chose encore ; peut-être la pression régulière et uniforme à laquelle sont soumises, dans l’abdomen, les anses intestinales, est-elle propre à favoriser la libre circulation du sang dans les parois de l’intestin. Dans l’une ou l’autre hypothèse, la réduction pourrait faire disparaître l’afflux sanguin et rendre la résolution rapide.

(‘) Arch. (jènér., 184-1, t. XII, p. 298, 3' série.

INFLAMMATION DES HERNIES

Quoi qu’il eu soit, co bienfait de la réduction n’existe plus dès que rinflamination est plus considérable, dès qu’elle n’est plus susccptilile de se résoudre promptement. Indépendamment de la difficulté que le taxis rencontre alors, et du danger qu’il y aurait à roisser les parties enflammées, il y a un autre danger à craindre, celui précisément qu’on voudrait éviter : ce danger, c’est la péritonite. Le contact d’un intestin fortement enflammé va répandre dans tout l’abdomen le germe d’une inflammation qu’il sera difficile de combattre. Tant que le foyer inflammatoire était dans la hernie, on pouvait s’adresser directement à la tumeur qui était le siège principal de la maladie. Mais dès que la réduction est opérée, il n’en est plus de même. Plus d’une fois les chirurgiens ont eu à se repentir d’avoir ainsi réduit des hernies pendant la période aiguë de l’inflammation. Le fait suivant en offre un triste exemple. Il appartient à M. UjTterhoeven (').

Obs. XIV. — Homme, trente-huit ans. Hernie scrotale énorme, datant de quatre ans, enflammée depuis plusieurs jours. La tumeur est dure, très douloureuse, recouverte d’une peau enflammée. Ventre douloureux, constipation. Fièvre.

On diagnostique un engouement. Le lendemain on réduit la tumeur. Le troisième jour, la douleur abdominale s’accroît. Le quatrième jour, vomissements. La péritonite est évidente. Mort le sixième jour.

P) lievue médico-chir., 4 848, t. IV, p. 174.

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