‹ De l'étranglement dans les hernies abdominales et des affections qui peuvent le simulerChapitre 7 sur 24 · ENGOUEMENT SOUDE · texte numérisé non relu

ENGOUEMENT SOUDE

l’anneau inguinal et s’efforce de réduire l’intestin. Celui-ci, c’était le cæcum, plein de matières très dures, ne peut franchir l’ouverture. Un deuxième débridement devient nécessaire, et alors, après avoir malaxé la tumeur entre ses doigts pour écraser les matières contenues, le chirurgien finit, non sans peine, par effectuer la réduction (').

Obs. II. — Davon, chirurgien de l’hôpital militaire de Vannes, soulève une énorme eschare gangréneuse qui s’était formée sur une hernie inguinale étranglée. Parmi les débris sphacélés du sac et des aponévroses, il trouve « une grande » quantité d’aliments délayés, parmi lesquels un grand ver » strongle et un saucisson (sic) bien moulé de matières fécales » de trois pouces de long sur deux de circonférence (^). »

Obs. 111. — Taignon trouve, chez une femme atteinte de hernie crurale, une tumeur flasque et livide, dont Je sommet déjà ulcéré laisse passer des matières très fétides. Il agrandit l’ouverture et trouve un intestin pourri, rempli de matières fécales très dures. Quelques détails de l’observation semblent indiquer que cet intestin était un diverliculum intestinal (3).

Je rapporterai la quatrième observation avec quelques détails de plus.

Obs. IV. (M. M’Dowell.) — Homme, soixante-cinq ans, hernie scrotale gauche, volumineuse, datant de trente-cinq ans, non contenue, toujours réductible, ]\xs(\u"ai ces derniers jours.

(>) Bull, chirurg. du Midi, mai 1840. — Dans gIz. des hûp. 1840, p. 249 (feuilleton).

Journal de Sédillol, n97-8, t. III, p. 360.

(3) Journal de Vandermonde, 1760, t. XII, p. 381.

ENGOUEMENT DES HERNIES

Depuis quatre jours, gonflement et irréductibilité, constipalion. État actuel : Abdomen tendu, un peu sensible à la pression. Pouls plein, à 80. Langue humide et propre. La constipation continue. 11 y a quelques nausées, mais pas de vomissements .

Tentatives inutiles de réduction, faites par MM. Fea et O’Deirne. Emploi infructueux du tube imaginé par ce dernier, pour extraire les gaz du côlon. Le malade est porté à l’hôpital Richmond.

M. M’ Dowell pratique l’opération delà hernie. L’intestin contenu dans la tumeur est une anse du côlon. La surface de cet intestin est considérablement congestionnée en avant. îin arrière et sur les côtés on ne peut la voir, parce qu’elle est adhérente au sac, sa cavité est farcie [stuffed) d'excréments endurcis. L’intestin étant adhérent, on se décide à le laisser dans la plaie ; mais du moins on cherche à le vider, par la pression, des excréments qu’il renferme. Pour y parvenir, toutefois, il devient nécessaire de diviser l’anneau dans une étendue considérable.

Réunion de la plaie par la suture. Vives souffrances pendant la nuit. Le lendemain le scrotum est très douloureux. 11 n’y a ni nausées ni vomissements. Le troisième jour le malade a une évacuation alvine. 11 succombe le quatrième jour.

A l’autopsie on ne trouve pas d’inflammation dans le ventre, on ne regarde pas la hernie! On en conclut que le malade a succombé à une irritation constitutionnelle [sic)(f).

J^’existence d’un engouement par des matières fécales solides n’est pas contestable dans ces quatre cas.

(‘) 0’Beirne, On lhe Primarij Causes of Strangulation, etc. Dublin Journ. of Med. Sciences., Yo\. I4,p. 105, 1839, obserr. 3* du mémoire.

liNÜU UEMKM’ SOJ.IDE .

Voyons jusqu’à quel point les symptômes se sont accordés avec l’engouement décrit dans les livres.

Le malade de Bermoiid vomit le premier jour, puis î/ ne vomit plus. Néanmoins, sans que cette détermination soit justifiée par les détails de l’observation, on ouvre la hernie le quatrième jour. Outre l’intestin engoué, on trouve dans le sac une masse d’épiploon bosselée et rougeâtre. Ces symptômes et ces lésions se rapportent à une inflammation herniaire simple et même assez légère.

Le malade de Davon était alité depuis huit jours ; il n’avait éprouvé que des coliques, sans constipation., sans vomissements. Néanmoins l’inflammation locale avait été violente puisqu’elle avait envahi et spliacelé dans une grande étendue la peau, les muscles et les aponévroses.

Le malade de Taignon n’avait éprouvé que des phénomènes locaux. La perforation de l’intestin et fulcération de la peau s’étaient produites lentement sans accidents graves.

Enfin le malade de M. M’Dow’ell n’a pas vomi une seule fois. L’opération, que rien ne justifie, a montré que l’intestin était vivement enflammé en avant, adhérent dans le reste de son étendue, et notez que la hernie était réductible avant les accidents. Ces adhé- rences étaient donc récentes, et l’existence d’une pé— l'itonite herniaire ne saurait être révoquée en doute.

Dans les quatre cas, rinterventioii de l’inflammation est évidente. Dans tous, cette inflammation a eu

ENGOUEMENT UES HERNIES

pour point de départ un tampon de matières fécales arrêté dans une hernie. Mais, par une singulière coïncidence, dans tous les cas aussi l’inflammation est restée toute locale, elle n’a pas gagné le ventre ; trois malades ii’ont pas vomi ; l’autre n’a vomi que le premier jour.

C’est-à-dire que les phénomènes de l’engouement ont manqué. Dans l’engouement, tel que les auteurs l’ont décrit, les accidents principaux se passent dans l’abdomen, au-dessus de la hernie. La hernie ellemême se gonfle, mais elle ne s’enflamme que tardivement, et la peau qui la couvre garde longtemps son intégrité. Ici, au contraire, rien dans le ventre, tout dans la tumeur. L’inflammation herniaire se propage très souvent au péritoine abdominal. Eh bien, par une singulière coïncidence, l’inflammation ici est restée locale comme sa cause, et grâce à la simplicité de sa marche, elle n’a provoqué aucun des syni])tômes qu’on attribue à F engouement.

Le cinquième fait est beaucoup plus embarrassant. Il appartient à M. Goyrand, d’Aix (^).

Obs. V. — Enfant âgé de six mois. Il présente une grosse hernie inguinale gauche, devenue irréductible depuis huit jours. Depuis lors, suppression des selles, vomissements fréquents, abdomen tendu, traits altérés ; l’enfant repousse le sein. (*)

(*) Goyrand, dans Presse médicale 1837, p. 180. Sur les hernies des enfants.

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