TRAITEMENT. — APPRÉCIATION
nous donner, nous sommes donc oljligé de raisonner un peu, de nous rappeler la nature et la gravité des lésions que Fétranglement détermine sur l'intestin, et aussi l'imminence de la péritonite ; alors, rapprochant ces éléments d'un fait sur lequel tout le monde est d'accord, à savoir, que l'opération est infiniment plus grave lorsque la péritonite est déclarée, nous serons conduit à penser qu'il vaut mieux se hâter d'opérer.
Yoici donc la conduite que je conseillerai de suivre. Si l'étranglement remonte à deux ou trois jours, si des tentatives de taxis ont déjà eu heu à diverses reprises, si l'inflammation est vive, la peau rouge, si le ventre est déjà douloureux, si, en un mot, il est probable que lesjésions sont déjà très avancées, le taxis doit être absolument rejeté et l'opération entreprise immédiatement.
Si rétranglement est moins ancien, si la tumeur est peu enflammée, si elle n'a pas été fatiguée par des tentatives de taxis, le chirurgien, après avoir chloroformisé le malade, doit chercher à réduire la hernie par des pressions méthodiques et modérées. Car je rejette absolument le taxis forcé. Si cela échoue, on peut tirer du sang par la veine ou par des sangsues, pourvu que l'état général ne s'y oppose pas ; puis on plonge le malade dans un grand bain pendant au moins une heure. On administre, si l'on veut, un lavement de tabac. Après quoi on cherche encore à réduire, et si cela ne réussit pas, on doit se décider promptement à l'opération.
2^ Quelle méthode opératoire faut-il choisir? — Les connaissances que nous possédons sur le siège le plus habituel des étranglements, l'incertitude où nous sommes sur l'état des parties étranglées, la nécessité qu'il y a pourtant de bien connaître cet état, pour ne pas réduire dans le ventre un intestin menacé d'une perforation prochaine, tous ces motifs nous portent à donner la préférence à la méthode par ouverture du sac. S'il s'agissait toutefois d'une hernie crurale, cas où le collet du sac n'est pas l'agent ordinaire de la constriction, si les accidents étaient peu anciens, si tout permettait de croire que l'intestin n'est pas gravement altéré, on pourrait chercher d'abord à débrider le fascia cribriformis sans ouvrir le sac; (ce cjui est du reste bien difficile) ; on exercerait sur la tumeur une molle pression et l'on chercherait ainsi à la réduire sans intéresser l'enveloppe péritonéale. Mais on n'insisterait pas fortement sur ce taxis exercé dans le fond de la plaie, et pour peu qu'on trouvât de résistance, il vaudrait mieux fendre le sac que de s'exposer à contondre l'intestin.
Lorsque r intestin est à nu, on rexamine soigneusement. J'ai parlé ailleurs des caractères qui ont ('té iii(liqu(''S conuiie annonçant la gangrène. Je n"y reviendrai pas. Je ne ferai non plus que rappeler le préc(5pte d'allircM' rinlestiii à Tcxh-rieur après le dr'bridrujrnl, pour cxaiiiiiici' rdai de ses hiiiiijur's au niv(,'au du point sur Inpiel a [nn'U\ la cuuslriclion. Si rnileslni «'sl trouv»'; sain, on le i<'(luil avec précaulion