‹ De l'étranglement dans les hernies abdominalesChapitre 8 sur 23 · CORPS ÉTRANGERS DANS LES HERNIES · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DANS LES HERNIES

prête pas aussi facilement qu'ailleurs à cette dilatation, qui est nécessaire pour favoriser le passage d'un corps volumineux. Mais je m'aperçois que, sans le vouloir, je fais de la théorie. Je préfère passer tout de suite à l'exposition des faits.

J'ai trouvé un grand nombre d'observations prouvant que des corps étrangers plus ou moins pointus peuvent s'arrêter dans les hernies et y provoquer des accidents. Parfois la pointe s'engage dans l'épaisseur des tuniques intestinales, détermine une adhésion péritonéale, et parvient jusque sous la peau sans troubler notablement les fonctions digestives. Puis un abcès se forme et le corps étranger s'échappe à l'extérieur. C'est à peu près ainsi que les choses se passèrent dans un cas de Carbonneau (^), et dans d'autres cas plus curieux encore, rapportés par Amyand ('-) et par Astley Cooper (^). Dans tous ces cas les fécès ont continué sans interruption à franchir la hernie. 11 est clair, par conséquent, que la présence d'un corps pointu, comme une épingle ou une patte d'oiseau, n'est pas de nature à interrompre la circulation des matières fécales.

Et cependant il existe dans la science un assez bon

(*) Carbonneau, dans Nouvelles de la république des lettres, Amsterdam, 1686, p. 1257.

(-) Planque, Biblioth. choisie de médecine, t. V, p. 426. Paris 4 759, in-4.

(3) A. Cooper, 0£'uu. c/i?r «réf., trad. Chassaignac. Paris, 1837, in.8,p. 232, obs. 191.

nombre (robservations, dans lesquelles les corps étrangers retenus dans les hernies ont déterminé des accidents graves ou même mortels, semblables à ceux qu'on attriinie à Tétranglement. Témoin ce rôtisseur dont parle J.-L. Petit, et dont riiistoireest rapportée par Hévin avec (pielques détails de plus. Cet homme, atteint d'une hernie réductible, éprouvait les phénomènes les plus graves ; douleurs très vives, vomissements très violents. Son état était si tacheux que J.-L. Petit ne consentit qu'à grand'peine à prati- (pier une opération. Ayant ouvert le sac herniaire, le chirurgien trouva l'intestin perforé par « un pied » d'alouette tout entier que le malade avait avalé par » gloutonnerie (*). » Une autre fois, J.-L. Petit, opérant une hernie extrêmement volumineuse (plus d'un pied de circonférence), ancienne et depuis longtemps, irréductible, trouva l'intestin percé par une pointe d'épingle, et le sac rempli de matières fécales. La' malade éprouvait depuis plusieurs jours des symptômes d'étranglement (la doul(nu', dil .l.-L. j^etit. et tdus les accidiMits) (-).

Boismortier opère, dans des conditions analogues, uiH,' exomphale; il v li'ouve un <''pi de blé dont la pniiitc avait perfon'' riiitestiii (^). W'iiicler ouvnî hî

('] .I.-L, Petit, .]f(il(idies chirurgicales, articio Iwrnirs. Dans ses (ftuvres coniplèles, éd. Piizné. I.iino'res, 1838, in-8. p. 623. — Kl llévin, }fcni. sur lot corps r^lnnKjers de V œsophage [Mém. Acnd, de chirurgie^ 1743, l. I, p. 002, iii-4.

(2^ J.-L. l'oliL. loc cil., p. 025.

(••) Hrvin. }f'''m. icnd. dr. chirurg., I. I, [>. 002.

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