‹ De l'étude de la température dans le diagnostic précoce de la tuberculose ganglio-pulmonaire de l'enfantChapitre 5 sur 21 · MORE · texte numérisé non relu

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saine, réagit autrement et d’une façon plus complexe que l’homme, en cela que la moindre modification du côté du bassin, l’approche des règles par exemple, élève la température de repos, le matin à 370, l’après-midi à 370,8.

Température de mouvement. — Que la température soit considérée chez les individus sains ou chez les tuberculeux apyrétiques après exercice corporel, il est bien entendu que, par température de mouvement, on entend la température prise pendant ou immédiatement après le mouvement, car, en un instant, le temps de s’asseoir confortablement ou de se coucher, la température, surtout la température rectale, baisse, fet le résultat est erroné, d’autant plus que le thermomètre est plus sensible et qu’on a plus tardé à s’en servir.

19 Température de mouvement chez les individus sains. — Les différences, suivant les auteurs, sont considérables :

Dès les premiers temps de la thermométrie médicale, LIEBERMEISTER, WUNDERLICH et JÜRGENSEN ont montré que, par un travail musculaire actif, l’homme sain obtient des ascensions thermiques très nettes : une fois 370,8 après avoir scié du bois, une autre fois 380,6 et même 390,8 chez un coureur.

Évidemment, ces auteurs ne recherchaient pas, comme maintenant, la tuberculose pulmonaire dès son début, aussi est-il utile de recourir à des observations plus récentes ; or celles-ci ne diffèrent pas des anciennes. PEMBREY, en 1898, note de hautes températures après exercice musculaire. SAUGMANN, en 1904, trouve des températures rectales de 380,6 chez des hommes de sport après exercice pas excessif du tout,et HizLer des températures de 390,1, 399,2 et jusqu’à 409,2 chez des soldats exécutant des marches à la chaleur avec de gros vêtements de drap.

D’autres auteurs modernes avaient déjà signalé 380,8 après une dure promenade et 390,1 après une ascension. Pour mémoire, nous rappelons que Ch. RICHET à mesuré des écarts de 19,5 à 29 chez des chiens qui s’étaient débattus sur la table d'opération et de 10,7 chez des pigeons après un long vol.

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Plus récemment encore, MarTin FLacx (de Londres), chez des jeunes gens très sains, adonnés au sport, a noté, dix minutes à une demi-heure après la course, des températures de 389,2 à 389,3 pour des courses de 200 à 500 mètres par temps frais; des températures de 380,8 à 390,2 pour des courses de 800 à 1 000 mètres, et 399,7 à 390,8 pour des courses de 4 à 5 kilomètres. Il signale même un individu qui atteignit 419 après la course, 38° quatre heures après et avait encore 370,6 le lendemain, sans avoir ressenti de malaise à aucun moment.

À chaque sujet, après l’épreuve, il prend la température actuelle, prélève un échantillon de l’air pulmonaire par la méthode d’Haldane (Proceedings of the physiological Society, 20 juillet 1907), ausculte le cœur et le poumon et ne constate jamais ni dyspnée ni fièvre. Il conclut en montrant que homme sain atteint normalement des températures très élevées, plus élevées que les physiologistes eux-mêmes ne le disent, et que la durée de l’ascension thermique après exercice lui paraît être fonction de la plus ou moins bonne vaso-dilatation et de la plus ou moins grande abondance de la transpiration. D’autres facteurs que le travail physique, ajoute-tl, interviennent pour faire monter la température, à savoir l’âge, le sexe, la race, l'alimentation.

Kurira (Japon) et JæGEr montrent l'influence de la température extérieure sur la température du corps : le premier, en notant dès la première demi-heure de leur travail des températures de 380,1 à 399,1 chez les chauffeurs des navires, températures ne revenant à la normale que deux heures après cessation du travail ;le second, en trouvant de 380 à 389,4 chez des boulangers travaillant dans un espace surchauffé.

GLEY a indiqué que le travail intellectuel peut faire monter la température centrale de 5 dixièmes.

20 Température du mouvement chez les tuberculeux apyrétiques (1). — En 1899, paraissait, dans la Revue de médecine, une communication au Congrès de médecine de Lille de

(1) Voir courbes d’après JÜRGENSEN.

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MM. DAREMBERG et CHuquer (de Cannes) intitulée’: «L’influence inverse de la fatigue et du repos sur/latempérature des tuberculeux ; importance de l'instabilité thermique comme élément de diagnostic précoce et de}pronostic dans la phtisie pulmonaire.

La même année, on pouvait lire, dans le*WMünchen. med.

Courbes d’après JürGENsEN montrant combien la température de mouvement est différente suivant les individus même tuberculeux.

Wochenschrift, un article de PENzoLnT et BIRGELEN sur l’action des mouvements corporels sur la température des gens bien portants et des malades, particulièrement des tuberculeux.

Ces études parallèles se complètent et se contrôlent dans une certaine mesure; aussi allons-nous essayer de les exposer brièvement ici.

Dans la Revue de médecine de 1899 et à nouveau dans son livre sur la tuberculose pulmonaire paru en 1905, Da-

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REMBERG S’exprime ainsi : « De même que les injections de tuberculine, de sérum physiologique (HuriNeL), de liquides organiques divers provoquent des réactions thermiques notables, de même la fatigue musculaire en amène de suffisamment nettes pour être utilisées dans le diagnostic précoce de la tuberculose.

« Lorsque l’amaigrissement, la dépression physique ne sont accompagnés ni par la toux, ni par les signes d’auscultation, le diagnostic est en suspens, et c’est le cas d’utiliser l'étude de l'instabilité de la température du corps et la fièvre provoquée.

«Tout d’abord, on doitse rendre compte que tel tuberculeux considéré comme apyrétique l’est bien : pour cela, il faut prendre sa température au réveil et entre quatre et cinq heures de l’après-midi ; il est bien apyrétique si l’écart entre ces deux températures, quelque basse que soit celle du matin, ne dépasse pas 7 à 8 dixièmes.

« Or, chez les tuberculeux au début, non seulement l’écart dépasse plus ou moins 7 à 8 dixièmes, mais encore leur température est très mobile : faites étendre, pendant dix à quinze minutes, dans la position horizontale, le patient qui vient d’avoir 370,7 à cinq heures par exemple, et vous verrez qu'il n’a plus que 370,2 ou 379,3. Pour mieux se rendre compte de cette instabilité thermique, il faut étudier l’influence du mouvement ; pour cela, on prescrit au sujet de marcher tous les jours entre trois heures et quatre heures, de prendre sa température buccale (?) ou rectale immédiatement en rentrant, de la reprendre une heure après lorsqu'il se sera reposé, étendu sur une chaise longue, et de répéter cette expérience pendant dix jours de suite.

« SI chaque jour, Pécart entre la température de la marche et du repos atteint 4 à 5 dixièmes, si, d'autre part, la température de quatre heures est plus forte les jours où il a marché que les jours où il s’est reposé, lé malade est tuberculeux. Cet écart est alors en moyenne de 8 à 15 dixièmes, et le tuberculeux ne doit plus se promener quand cet écart est de plus de 3 dixièmes, ou lorsque, simple-

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