ET INDUSTRIEL
Les langues aident à lu conquête de domaines coloniaux, à la création, de débouchés commerciaux. Elles facilitent l'échange des produits. Les langues les plus parlées feront la conquête du monde. La communauté de langues est un argument d'annexion. Conclusion.
Retournons à des sphères pacifiques.
Le commerce et l'industrie représentent, à coup sûr, deux brancKes de l'activité liumaine oii la pratique des langues étrangères joue un des rôles les plus importants.
La fièvre de la production à outrance s'est emparée successivement de tous nos voisins, devenus bientôt nos rivaux.
Partout s'élèvent des usines et des fabriques ; partout on creuse le sol; les ckeminées aux noirs panaches de fumée trouent le ciel bleu, le retentissement du pic et l'éclatement des mines troublent le calme de la nature.
Tout s'agite, tout travaille, tout produit, tout spécule.
Les objets fabriqués dépassent, la plupart du temps, les besoins de 'la consommation locale, les matières premières indigènes ne suffisent plus.
Aussi vivons-nous dans la période de l'échange multiplié à l'infini.
Les plus habiles clierclient à placer leurs produits dans le p'ius grand nombre de pays anciens et nouveaux.
Il faut que des millions de bouches tirent de ce trafic leur subsistance et, avec elle, le maximum de confortable possible, puisqu'on ces temps modernes on ne sait plus se contenter de peu.
C'est l'âpre lutte, sans merci et sans trêve î
Les explorateurs, avant-garde du grand mouvement d'expansion, parcourent en tous sens les pays encore inconnus, les missionnaires les suivent.
Des écoles se fondent, dans lesquelles on enseigne la langue des premiers arrivants. Ce sera, aussi le premier jalon d'une conquête définitive, faite en vue d'assurer des débouchés futurs, réservés aux seuls usurpateurs du sol annexé.
L'Angleterre a ainsi occupé près de la moitié de notre gilobe; son trafic commercial égale celui de presque toutes les autres puissances réunies.
Les Etats-Unis sont devenus un état militaire et colonial pour pouvoir satisfaire à un appétit qui, s'il s'est manifesté tard, n'en est que plus vorace. Cette transformation inattendue ne s'est pas faite sans provoquer l'ébahissement du vieux monde, surpris de voir le Yankee abandonner avec tant de facilité le comptoir où il était si à l'aise, pour le teTrain de manœuvre, vide jusque-là, et discuter sérieusement canon, tactique, service en. campagne, lui qui n'était ferré que sur la hausse des cotons ou les lois prohibitives des viandes salées !
L'Italie fait tout ce qu'elle peut dans la même voie, quoique peu heureuse jusqu'ici dans ses tentatives.
La Hollande, la Belgique, la Suisse produisent beaucoup et écoulent un peu partout leur marchandises.
La llussie, très en retard, protège de ison mieux îla fabrication nationale et compte drainer, au moyen de
sa gigantesque voie iranscaspienne et transmandcliourieime, une grande partie (lu commeree d'Extrême- Orieni.
L'Allemagne rivalise de zèle avec nous pour prendre sa bonne place au soleil et ses tentatives sont couronnées d'un plein succès.
Demère le paravent d'une politique pleine d'adresse et d'esprit de suite, elle guette tla prochaine mainmise sui' la grande route des Indes par teiTe, par Salonique, l'Asie Mineure, Bagdad et le golfe Persique.
Il faut avoir suivi de près les récents événements de Chine pour constater combien les puissances se jalousent, comme elles se surveillent étroitement, de peur de voir l'une d'entre elles devenir prépondérante au détriment des autres !
L'histoire du rapide développement de nos plus proches voisins, ceux d'Outre-Rhin, nous intéresse trop poiu' que nous ne nous étendions pas un peu plus sur cette partie spéciale de notre sujet.
L'Allemagne possède une industrie florissante qui ne le cède en rien à aucune de ses rivales, auxquelles elle fait partout une concurrence acharnée.
Elle s'est dotée d'un outillage de fabrication des plus perfectionnés et des plus complets. Ses produits, qui,, pendant longtemps, ne purent lutter que grâce à la modicité des prix, sont arrivés aujourd'hui, par la bonne qualité d'exécution et l'ingéniosité des créations, à pouvoir soutenir la comparaison avec ceux des nations les plus avancées : ses récents succès à notre Exposition universelle en sont une preuve irréfutable.
De là, résulte une extension énorme du chiffre annuel des exportations (1).
(1) L'exportation allemande est passé© de deux milliards et demi en 1872 à cinq milliards en 1899; l'importation a crû dans les me-
Qui produit beaucoup achète beaucoup, et l'importation a augmenté en proportion.
Xos deux pays étant en quelque sorte porte à porte, la quantité d'échanges mutuels s'est accrue énormément, chacun d'eux envoyant de plus en plus ses produits à l'autre.
Les relations deviennent d'autant plus suivies, ce qui fait que la connaissance de la langue de nos voisins nous sera du plus grand secours dans toutes les transactions.
Quelles difficultés ne s'aplanissent pas à vue d'œil lorsqu'on se comprend clairement? Quels malentendus ne se dissipent pas, quelles contestations ne se règlent pas à l'amiable?
En France, on paraît parfaitement saisir le côté pratique de la question, si bien que le nombre de jeuneis gens envoyés annuellement en Allemagne pour s'y perfectionner dans la langue du pays s'est prodigieusement accru depuis une dizaine d'années. On n'a qu'à effectuer le parcours de Fribourg à Bonn, en passant par Heidelberg et Mayence pour pouvoir s'en convaincre.
Ce vaste exode se fait, dit-on, en grande partie au détriment de l'Angleterre, dont la langue, en tant qu'organe commercial par excellence, subit une rude concurrence à l'heure qu'il est.
Aujourd'hui, bien des chambres de commerce françaises, beaucoup de nos écoles d'études commerciales, envoient leurs boursiers et leurs meilleurs élèves se perfectionner chez nos voisins d'Outre-Rhin, de préférence
mes proportions : de quatre milliards en 1872, elle a été portée à six milliards et demi en 1899.
Le tonnage de la flotte marchande des Allemands, la deuxième du monde, est actuellement de 1.594.596 tonnes !
à llambourp:, ce gigaiilcsq\io marclié européen qui tient en échec Liverpool et menace Londres.
Nous venons de dire à l'instant que la langue anglaise avait une dangereuse rivale, capable de lui enlever un jour la première place comme organe de transactions commerciales.
L'allemand, en effet, se parle sur un grand nombre de points, et cela est aisé à concevoir si l'on suit les progrès retentiss'ants que fait son ti'afic sur tous les marchés du monde.
En Europe, la Ivussie est un terrain d'action où les Allemands ont les plus grandes chances de continuer pas mail de temps encore à rester l'élément étranger prédominant.
La Turquie paraît appelée à graviter de plus en plus dans l'orbite politico-commerciale du Reich.
L'Autriche allemande n'a jamais cessé de considérer comme de véritables frères ceux qui pourtant, adversaires de la veille, lui ont infligé une formidable défaite. Koniggrâtz ou Sadowa ne paraissent pas avoir laissé de bien cuisants souvenirs.
Les pays latins eux-mêmes, l'Espagne et l'Italie, parcourus en tous sens par d'actifs agents, offrent d'excellents débouchés aux Allemands (2).
L'action de ceux-ci s'exerce d'une façon prépondérante en Asie Mineure, où les voies ferrées sont entre leurs mains, et au Levant, où notre astre est à son déclin. Le récent voyage, en Palestine, de Guillaume II, a eu surtout pour but d'asseoir sur des bases solides l'influence de ses sujets.
La langue allemande devient de plus en plus dans ces
(2) Sans compter que Paris et d'autres grandes villes françaises sont le siège de nombreuses maisons de commerce ou de commission allemandes. Certains quartiers de notre capitale regorgent de Tudesques.
contrées roigane obligé de toute transaction, fait que nous voyons, chose très curieuse, se reproduire en plein cœur de possessions anglaises. Sur certains grands marelles des Indes, ce^lui des indigos, à Calcutta, par exemple, nombre d'afîaires se traitent dans la langue de Wertlier.
En Chine, les Germains ont su, en amorçant dès maintenant leur part d'héritage, s'arranger pour ne pas être évincés le jour du grand partage final, qui promet si bien de mettre l'Europe à feu et à sang.
Au Nouveau Monde, ils jouent un rôle considérable.
Leur langue est parlée par plusieurs millions d'habitants des Etats-Unis, immigrés ou nés là-bas. Des centaines de journa'Ux paraissent en allemand de l'autre côté de l'Atlantique.
En Amérique du Sud, nos voisins de l'Est ont accaparé des marchés commerciaux où leurs produits étaient, jadis, à peu près inconnus, notamment dans la Eépublique Argentine, ainsi qu'au Chili, au Brésil, au Venezuela et en Uruguay.
En Afrique et en Océanie, leurs colonies voisinent avec les nôtres ; au Maroc, ils sont influents ; en Tunisie, ils sont nombreux ; partout, de quelque côté que nous puissions nous retourner, nous avons les pluc^ fréquentes occasions de prendre contact avec eux.
Nous n'avons, du reste, rien négligé pour faire naître celles-ci. Notre réseau téléphonique vient d'être doté d'importantes ramifications avec l'Allemagne, pays jusqu'à ces derniers temps moins favorisé, sous ce rapport, que l'Angleterre, la Suisse, la Belgique, et, plus récemment, l'Italie.
Ce commencement de réseau deviendra bien vite une toile d'araignée des plus fournies.
Sur mer, nous avons permis aux très importantes lif,nes transatlantiques allemandes de faire des escales
régulières en Franco (3). Aujourd'hui, les bateaux de la Compagnie liambourgooise-américainc s'arrêtent à Cherbourg; demain, Brest fournira une autre station; aprèsdemain, Bordeaux sera un port d'atlaclie allemand.
Dans la Méditerranée, Alger est un des points choisis — à la grande fureur des Italiens qui craignent de voir Naples abandonnée.
Ces séries de faits, qui s'ajoutent ainsi les uns aux autres, signes de temps nouveaux, contribuent puissamment à souligner toute l'importance de la théorie posant en principe absolu la nécessité grandissante de l'échange des idiomes.
Kous ne sommes pas in actifs de notre côté en ce qui concerne la propagation du français à l'étranger.
De puissantes sociétés, telles que l'Alliance française, soutenues par notre gouvernement et notre diplomatie, font des efforts continus dans ce but. Témoin nos nombreuses écoles en Palestine, qui font de notre langage l'idiome officiel de la rive orientale du bassin méditerranéen, en Egj'pte, où elles représentent notre meilleur effort en vue de rassembler les lambeaux épars de notre prestige perdu, en Tunisie, d'où il faut chasser définitivement la prédominance de l'italien.
A l'étranger, bien des établissements d'instruction sont soutenus, en majeure partie, avec des fonds français ; en un mot, l'élan est donné, l'effort est vigoureux et soutenu, et notre posture dans la mêlée est loin d'être mauvaise. A nous de savoir conserver notre rang (4).
(3) Ce n'e«st malheureusement pas un avantage pour nos propres compagnies de navigation.
(4) La commission de l'enseignement, présidée par M. Ribot, vient d'étudier une proposition tendant à la création d'écoles françaises, dites d'Occident, en Amérique du Sud, et destinées à faire pendant aux écoles françaises d'Orient. Très favorable à cette idée, il est probable que cette commission finira par obtenir les fonds nécessaires pour tenter ce bel essai.
Etude des Langues. 10
Les langues constituent le lien le plus capable d'attacher solidement un pays à un autre.
Nous n'en voulions pour preuve que l'exemple de l'Espagne, si puissante naguère, dont les conquistadores, à la suite de Christophe-Colomb, se ruèrent, telle une meute lâchée, sur le Nouveau Monde, assurant à la métropole la possession d'immenses contrées aux colossales richesses.
Les unes après les autres, ces belles colonies furent perdues : les républiques sud-américaines se détachèrent de la mère patrie comme un fruit mûr qui tombe dû l'arbre ; les Anglo-Saxons du Nord, viennent de s'emparer des derniers débris d'une splendeur disparue. N'importe ! des millions d'hommes, de langue espagnole, ont conservé, en dépit de toutes les barrières, des relations suivies avec leurs anciens compatriotes. Mexique, Colombie, Pérou, Chili, Argentine, libres depuis longtemps, ont gardé des affinités avec l'Espagne. Le lien qui les attachait à cette puissance n'est pas complètement rompu, une fibre est restée intacte.
Le Portugal, cet autre pays latin, n'est plus, depuis longtemps, en possession du Brésil, domaine aux énormes dimensions et d'un avenir si certain, mais sa langue y a subsisté et ses nationaux y seront toujours les bienvenus, parce que compris.
Et nous mêmes, ne reconnaissons-nous pa-s des descendants de nos arrière-grands-pères dans ces fermiers du Canada qui parlent toujours notre langue, en dépit de cent cinquante ans de domination britannique ?
Ce ne sont peut-être plus des Français, mais, à coup sûr, ce ne sont pas encore des Anglais (5).
Et ces vaillants paysans de l'Acadie, persécutés cruel-
(5) Ils représentent le tiers de la population totale et réclament l'autonomie de leur pays avec énergie.
lement pendant cinquante ans, en plein xix* siècle, par (le cruels oppresseurs, ce sont les dignes rejetons de nos colons venus du Poitou ou de> la Saintonge (0).
A Haïti, aux Antilles anglaises, à Maurice, ailleurs aussi, nous retrouvons à chaciue pas notre idiome mat'^'Tuel resté vivace, en dépit de tout. Ces vestiges de nos splendeurs passées, de nos beaux domaines d'outre-mer, jetés par-dessus bord avec la légèreté que l'on sait, facilitent encore singulièrement les relations de toute nature avec nos anciens sujets que la désastreuse politique du xviii® siècle et du commencement du siècle suivant n'a pas su conserver à la métropdle
La langue est le lien historique qui rattache un pays à un autre.
C'est le grand argument invoqué par l'Allemagne et f.ur lequel elle s'est constamment appuyée pour affirmer son droit de conserver l'Alsace et une notable partie do la Lorraine, lesquelles, d'après cette façon de voir, n'ont fait que retourner dans le giron de l'antique empire germanique.
Par le langage, se fera lentement la conquête du monde; les grands courants slaves, latins, germaniques se disputent, d'ores et déjà, les parties du globe rendues à la civilisation (7),
Ils font tache d'huile, ils s'infiltrent peu à peu au loin par l'immigration, par la domination, par des relations de toutes sortes, ou se font accepter par leur grande simplicité ou leur clarté.
Ainsi de l'anglais, si concis, si dénué de règles, qui est doué d'une force d'extension considérable.
(6) Il y a environ 150.000 Français en Acadie, où notre langue fait des progrès constants et considérables. (Lire le curieux compte rendu de du Bosq de Beaumont, envoyé récemment au Xouveau- Brunswick par l'Alliance française. (Tenir du Monde.)
(7) Voir les cartes n^^ VII, VIII, IX.
Parlé il y a 300 ans par 8 mïllions d'habitants, il est,, à l'iieure qu'il est, dans la bouclie de plus de 125 millions d'humains. Le russe, est connu de 100 millions^ Tallemand de 70 le français de 50 millions d'hommes (8).
Tout en cherchant à imposer notre langue à d'autres, n'allons pas oublier que ce n'est pas seulement dans le but d'échanger nos produits avec lui que nous devons nous assimiler l'idiome du voisin, mais que c'est aussi pour apprendre à connaître ce dernier, soit pour l'estim€r et l'aimer, soit pour s'en défier et se prémunir contre une attaque future de sa part.
Le téléphone, le télégraphe, le chemin de fer ont supprimé les distances, mais les barrières fictives que sont les diversité de langues subsistent. Elles créent des malentendus, elles engendrent des guerres injustes, elles sont la source de mille maux !
Tout ce que nous voyons, tout ce que nous savons, plaide en faveur de la cause que nous soutenons !
L'homme moderne, l'homme véritablement de son vingtième siècle, devra., pour être armé pour le combat, connaître le parler de ses voisins, sous peine d'être étouffé par eux, ses rivaux toujours !
La bataille pour l'existence est partout : entre les Etats, entre les Sociétés, entre les individus.
Quel puissant moyen d'action ne se donnera pas celui, qui par Tacquisition d'une langue, aura inteTligemment élargi le domaine de ses connaissances !
Il se sera doté à la foi d'une arme et d'un outil !
D'un outil, pour pouvoir travailler à la prospérité
(8) L'espagnol avec 45 millions, le portugais avec 22 millioiLs, paraissent destinées à un bel avenir, à cause des colonies qu'ils ont su créer. L'Italie, avec ses 32 millions d'habitants, reste stationnaire. Ses colonies en Erythrée et en Somalie ne suffiront pas à l'expansion de la langue.
générale et individuelle, en étendant ses relations, en apprenant à connaître la valeur dos autres par soi-même, et non pas par des récits fantaisistes on mene-ongers ; en se préparant à lutter avec succès dans le champ clos do la concurrence, dans toutes les brandies de l'activité humaine, al-t et industrie, littérature et commerce, sciences de la paix et de la guerre !
D'une arme, pour savoir estimer, aussi exactement que possible, la force et le degré de préparation ou de résistance de l'allié présent et de l'adversaire futur !
Eelisons, une à une, toutes les pages de notre histoire, si intimement liée à celle du monde, et nous y verrons écrit, en lettres de feu, que c'est le langage qui est la base de toute conquête, la clef de toute domination, le prétexte de toute revendication I
Persuadons-nous bien toutes ces vérités ; n'assistons pas in'actifs à la grande lutte des peuples, pacifique aujuord'hui, sanglante demain peut-être (9).
Malheur à ceux qui marquent le pas î !
Ne pas avancer c'est reculer, reculer s'est s'exposer, <ie gaîté de cœur, à la défaite, à la chute finale.
Il faut être de son temps, marcher avec le progrès, O'i se résigner à être devancé, amoindri, meurtri, anéanti !
Nous vivons à une époque positive !
Le fort écrase le faible; il ne connaît qu'une seule ■chose : le besoin de vi\'re et de s'étendre !
C'est le retour, en pleine civilisation, au principe de la brute primitive que nous avons été, et qui sommeille toujours en nous.
(9) Dans son discours inaugural comme recteur de l'université de Glascow (novembre 1900), lord Roseberry met en garde ses compatriotes contre la tendance à sacrifier les langues vivantes aux langues mortes : a Une éducation moderne est indispensable, dit-il; notre ignorance nationale des langues étrangères est devenue pour nous presque un désastre commercial... ».
€ Je suis fort, je suis grand, je suis puissant, donc j'ai plus de besoins que toi qui es petit, qui es faible et muni de moindres moyens de défense î »
Voilà la tkéorie bismarckienne dans toute sa splendeur!
Elle sera appliquée toutes les fois que des "représailles ne seront pas à craindre, toutes les fois qu'aucune intervention de tiers ne sera à redouter.
Armons-nous donc, en nous instruisant, apprenons le& langues des autres, plaçons dans nos mains un instrument intelligent et puissant, nous nous préparerons ainsi le plus sûrement à défendre un jour utilement nos droits et nos libertés contre la rapacité et la cupidité générales.
Ne nous arrêtons jamais dans 'la voie du progrès, ne nous laissoujs distancer par personne, marchons droit au but, sans hésiter !
En avant, pour tout ce qui est beau et juste !
En avant, par tout ce qui est utile et fort !
En avant, toujours en avant, sans faiblir, le salut est à ce prix ! !