‹ De l'étude et de la bibliographie du droit ecclésiastiqueChapitre 4 sur 35 · JÉSUS-CURIST EST ROI; L’ÉGLISE EST SON ROYAUME · texte numérisé non relu

JÉSUS-CURIST EST ROI; L’ÉGLISE EST SON ROYAUME

La plénitude du pouvoir royal de J. C repose sur l’épiscopat fondé lui-même sur la Primauté. Le Christ a choisi ses apôtres pour leur conférer sa souveraineté sur le genre humain; or, ceux que Dieu choisit pour remplir une mission on pour accomplir une œuvre, il les arme de tous les moyens nécessaires à l’exécution de ce mandat providentiel. Il fallait donc que les apôtres fussent mis en possession de tous les droits et de tous les pouvoirs qui forment généralement l’apanage de la puissance souveraine; et, bien que la puissance ecclésiastique ne soit pas une souveraineté temporelle mais un pouvoir purement spirituel, elle ne pouvait pas être dépouillée des armes matérielles indispensables à l’efficacité de son action sur le monde extérieur, sur l’Humanité. Conséquemment, à l'Église et aux dépositaires de la puissance spirituelle appartient U* droit de haute direction sur tout le royaume du Christ et tous les moyens qui peuvent leur rendre cette direction possible et facile* ils sont autorisés à les employer. Le premier devoir de l’Église, c’est l’éducation morale et religieuse du peuple chrétien : pour accomplir ce devoir, un droit lui est conféré, celui de faire des lois et de réaliser le règne de Dieu sur la terre, par l’établissement d’un ordre légal émané de sa propre autorité. Elle a encore pour mission d'universaliser le règne de la justice parmi les hommes, conformément à l a loi divine etàlasienne. La partie matérielle du cultedivin, la subsis" tance des clercs exigent autre chose que des richesses spirituelles; l’Égliseadonc ledroit d’acquérir des biens temporelset de les admin !S ' trer. L’ensemble de tous ces droits se résume dans unmot,JURisDl c " tio. C’est revêtu decette plénitude de puissance et avec la mission de conquérir l’univers, de le soumettre au règne du Christ et de l'3f maintenir constamment, que l’épiscopat est entré sur la scène du monde et a pris sa place dans l’histoire de l’humanité ; avec lui corn-

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mence une ère nouvelle, lere divine du royaume du Christ. Deux principes nettement formulés se rencontrent dans les lois fondamentales émanées directement de J.-C. comme la base de la constitution de son royaume terrestre : 1° La répartition organique du corps sacerdotal et de l’ensemble de ceux qui, admis dans ce corps, sont appelés à la souveraineté; — 2° L’unité monarchique planant «u dessus de tous les ordres ecclésiastiques pour l’exercice de cette souveraineté. Aucun évêque, excepté Pierre et son successeur, n’a, en vertu de son titre épiscopal, autorité sur aucun autre évêque; cette autorité, il ne peut la recevoir que de celui qui est le chef suprême de tout le corps épiscopal.

Avant d’exposer l’ordre de la hiérarchie ecclésiastique, recherchons quelles sont les institutions antiques qui ont pu influer sur 1 organisation de la division matérielle de la hiérarchie. Les apôlr es marchant à la conquête du monde pour en faire le domaine de l’Église, rencontrèrent devant eux deux éléments principaux, le judaïsme et le paganisme. Us crurent devoir tenir compte de l’ordre de choses existant. L’organisation des sanhédrins et surtout l’autor *téqueces tribunaux exerçaient sur les juifs qui résidaient hors des grandes cités aidaient puissamment au but de l’Église. La parole victorieuse du salut avait-elle réussi à fonder une église chrétienne dans le sein de l’Église juive, par la même un centre d’unité chrétienne se trouvait établi à la place d’un centre d’unité mosaïque. Ainsi l’union de toutes les provinces romaines avec les métropoles, la prépondérance de ces dernières sur les contrées circonvoisines ont du aussi exercer une influence puissante sur l’organisation ecclésiastique, mais, tout en tenant compte des influences juives et romaines il ne faut point être exclusif. Les apôtres ont pris où ils ont voulu les matériaux nécessaires à la construction de la salle des noces <le l’Agneau.

Considéré au point de vue de son épanouissement hiérarchique, °<’dre de l’épiscopat, pour parler comme Isidore de Séville est 7 u adruple. Il présente quatre degrés ascendants où ceux de ses memhres qui y sont élevés par le dépositaire de la Primauté, se trouvent P'us rapprochés de ce point culminant de toute puissance ecclésiasl, 9ue; les patriarches, les primais, les archevêques, les évêques.

^thurches Dès la plus haute antiquité, les papesontreconcs évêques d Alexandrie et d Antioche comme successeurs de

DU DROIT ECCLÉSIASTIQUE Pierre conjointement avec le pontife romain. Plus tard, quand le soleil delà puissance impériale se leva sur Byzance, l’évêque de cette ville sollicita le titre de patriarche, et malheureusement l’obtint. Le pape conféra aussi cette dignité à l’évêque de Jérusalem qui fut proclamé par lecoucilede Chalcédoine, patriarche des trois provinces de Palestine. Innocent III, dans le quatrième concile de Latran, régla l’ordre des patriarches, et dans les quatre églises patriarcales groupées autour de l’Église romaine, il voyait l’image des quatre évangélistes debout autour du Christ. Les autres patriarchats érigés après la dissolution de l’église orientale sont de pures appellations d'honneur.

primats. — Les primats appelés exarques dans l’église orientale, apparaissent de bonne heure dans l’histoire; tels sont les évêques d’Éphèse, de Césarée, d’Héraciée, auxquelles étaient subordonnés les trois grands diocèses de l’Asie mineure, du Pont, de la Thrace, composés chacun de plusieurs provinces. Us occupaient le premier rang dans l’Église après les (rois patriarches. Ensuite vient l’évêque de Thessalonique auquel les papes avaient donné le vicariat apostolique pour toutes les contrées orientales de l’Illyrie. En occident, les origines de la Primatie sont plus récentes ; le titre de primat n’était ordinairement qu’un litre honorifique donné et retiré par la volonté du Pape. Et l’histoire de la Primatie a toujours été un sujet de deuil pour l’Eglise.

archevêques.— Remarquons d’abord que les deux expressions de métropolitain et d’archevêque n’ont pas entièrement le mê®e sens; car si tous les métropolitains sont archevêques, tous l eS archevêques ne sont pas métropolitains ; ceux qui, par exception* n’ont pas de suffragants ne peuvent pas être qualifiés de ce titre- b* puissance métropolitaine, quelle que soit la forme qu’elle revête* n’est jamais qu’une émanation de la Primauté papale ; en conséquence, lorsque le Pape restreint les droits des archevêques, ou s’attribue à lui-même l’exercice de quelques uns de ces droits, il n0 fait qu’user d’un pouvoir émanentde la puissance divine. Les arche* vèques sont d’institution ecclésiastique ; non divinœ institutions sed humanœ constitutionis, dit Innocent III. Le Pape pourrait sup' primer tous les patriarches, tous les primats, tous les archevêque 8 et conduire lui-même le troupeau de J.-C. de concert avec l’épiscopat divinement institué pour gouverner l’Eglise chré‘ tienne.

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Évêques. — Les évêques ont été établis par J.-C lui-même pour régir l’Église de D\eu,posuit episcopos regere ecclesiam Dei\ en union avec le Pape et sous l’autorité de celui à qui il a été dit de paître les brebis aussi bien que les agneaux.

L’ordre de la prêtrise et du diaconat considéré au point de vue de la juridiction se partage en prélats, archiprôtres, archidiacre, official, curé.

Il n’existe qu’une seule et même hiérarchie, etce serait en fausser complètement l’idée que de se la représenter comme une échelle dont le premier degré serait occupé sur un point par le Pape et sur u n autre par les évêques et les prêtres. C’est une colonne composée de trois parties ; l’épiscopat, la prêtrise et le diaconat, ayant pour base et pierre angulaire la Primauté. Cette hiérarchie une et triple se produit et se perpétue parla vertu divine de l’ordination sacramentelle dont l’Église a reçu le dépôt sacré et d’où émane la puissance sacerdotale, gouvernementale et doctrinale. Ainsi, tout pouvoir juridictionnel dans le royaume du Christ sur la terre procède au Point de vue de la capacité de l’exercer, de l’ordination sacramentelle et cette capacité est inhérente aux trois ordres hiérarchiques; uiais au point de vue de l’exercice de ce pouvoir dans un cercle détermine, elle est subordonnée à la libre disposition de celui qui a la juridiction suprême dans l’Église. Les scolastiques partant de eeprincipe que Vordo se rapportait au corps réel de J.-C., etla ju~ rûdicfioàsoncorpsmystiquefaisaientde cette distinction le principe fondamental de tout leur système de droit ecclésiastique et en déduisaient deux prétendues hiérarchies complètement distinctes et différentes, laissant^ d’ailleurs entièrement à l’écart le troisième grand pouvoir de l’Église, l’enseignement. Sans entrer à ce sujet dans de longues discussions, observons que le signe différentiel que les scolastiques croient trouver entre le corps réel et le corps mys tique de J.-G., est entièrement dénué d’exactitude et de caractère. On ne peut pas établir de ligne de démarcation entre les fonctions sacramentelles et les fonctions juridictionnelles en partant de cette base. C’est ce qui se montre dans tout son éclat dans le sacrement de Pénitence, qui se réfère essentiellement au corps mystique, puisque les membres sont purifiés par sa vertu, et il n’a aucune relation ^ême indirecte avec le corps réel.

La hiérarchie instituée dans le royaume de Dieu,est subordonnée a «ns son ensemble, à la Primauté; mais cette subordination absolue

de tout le corps sacerdotal au chef de l’Église, elle existe également entre les divers dépositaires de l’autorité, des prérogatives et des dignités ecclésiastiques, de telle sorte que chaque ordre inférieur en dignité se trouve placé sous la dépendance de l’ordre qui lui est immédiatement supérieur. La subordination est de l’essence môme de la constitution organique de l’Église. La préséance observée dans les divers ordres de la hiérarchie ecclésiastique n’est pas le résultat de circonstances fortuites, elle est l’œuvre de principes arrêtés, invariables, émanéseux-mêmes des principes constitutifs de l’Église : la hiérarchie et la primauté.

La prééminence canonique a pour devoir corrélatif l’obéissance et le respect [obedientia et reverentia).

Les prêtres doivent respect et obéissance à leur évêque; les évêques doivent respect et obéissance au Pape ; bien plus, suivant le serment de leur ordination, ils doivent, tous les trois ans, visiter le tombeau des SS. apôtres, et rendre compte au Pape de l’état de leur diocèse.

L’action combinée de la Primauté et de hiérarchie forme ce que l’histoire appelle Concile, que le droit canonique définit strictement: Une assemblée d’évêques, réunis sous l’autorité du Pape. L’Église a, de tout temps, considéré les conciles comme une institution éminemment utile et salutaire; mais il ne faut pas en conclure qu’ils sont d’une indispensable et absolue nécessité.

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