‹ De l'évangélisme au catholicisme par la route des IndesChapitre 17 sur 23 · III. REJET DE L'ASCÉTISME · texte numérisé non relu

III. REJET DE L'ASCÉTISME

Si je cessais de considérer tous ces manques, je constatais à l'évidence que la vie religieuse de ces gens et leur esprit religieux étaient plus hauts et plus pleins que les nôtres ; tant la dévotion que la vie ascétique étaient chez eux plus développées que

chez nous. La religion dominait leur vie de chaque jour et en pénétrait tout le détail. Ils avaient leurs ablutions et lustrations, leurs temples et leurs autels, leurs offrandes et sacrifices, leurs fêtes et leurs jeûnes, leurs mantras et leurs mandalis, leurs cortèges et leurs pèlerinages, leur musique sacrée et leurs danses, et mille autres choses, toutes conçues avec une ingéniosité raffinée, pour stimuler le sentiment religieux du peuple, baignant de religion tous les détails de leur existence, imposant à chacun quelque chose à faire pour la religion, la couvrant de l'extérieur contre tout risque et tout découragement. Chez nos protestants indigènes, au contraire, régnait l'incolore, négative et factice existence dont j'ai parlé. Dans notre anglicanisme, en effet, nous possédions si peu de chose qui pût être proposé aux masses pour exprimer leur vie religieuse; si peu de chose pour la nourrir si , par la grâce de Dieu, elle s'éveillait! Là où l'étincelle vitale avait jailli, le feu bientôt ne faisait que couver pour vite s'éteindre, faute d'aliment. Nous n'avions ni autel, ni sacrifice, ni crucifix, ni prêtre, ni chapelet, ni angélus, ni reliques, ni pèlerinage, ni méditation, ni vie ascétique, ni célibat, ni virginité, et, finalement, je voyais que, si nous avions réussi à substituerai toutecette vie qui m'entourait, la misère de nos chrétientés indigènes, la chaleur et la coloration de la \ ie

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