‹ De l'Éventration chez le ChevalChapitre 15 sur 21 · E. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

E. — TRAITEMENT

D'accord avec ce que nous venons de dire sur I& gravité des éventrations lorsque l'intestin est lésé, nous ne parlerons que du traitement des cas où cette complication n'existe pas.

L'intervention sera un peu différente suivant que l'organe hernié se trouve être l’épiploon ou l'intestin.

Lorsqu'il s’agit du premier, plutôt que d'entreprendre un nettoyage et une désinfection qui, à cause de la conformation de l'organe, risqueraient fort d’être imparfaits, il est préférable, d’exciser le lambeau apparent. Cette façon de faire est d’ailleurs

adoptée par tous les praticiens, et elle est classique

depuis la discussion qui eut lieu, sur ce sujet en 1848, à la Société Centrale de Médecine Vétérinaire. Aussi,

en pareil cas, après s'être assuré qu'aucune anse

intestinale ne se dissimule dans la masse épiploïque;

après avoir fait la toilette de toute la région de la

plaie, l'organe est attiré au dehors de façon à découvrir une petite zone de tissu resté sain. La résection

sera faite à ce niveau, soit aux ciseaux, soit à l’aide d'un écraseur quand une hémorragie paraît à craindre. Ceci étant fait, le moignon est rentré dans l'abdomen, la plaie est régularisée s’il y a lieu, puis désinfectée, et enfin suturée. Comme dans l'éventration avec prolapsus de l’épiploon, la plaie de la paroi abdominale est généralement de faible étendue, on peut se contenter de faire quelques points de suture à la soie, en passant les fils dans la peau et la couche musculaire. Enfin, lorsque la région le permet on applique un pansement antiseptique. Cette opération, lorsque le traumatisme est peu important et le sujet très calme, peut être réalisée sur l’animal debout, immobilisé au moyen d’un tord-nez et un pied antérieur levé. Dans le cas contraire, il faut l’entraver comme nous allons l'expliquer à propos de l’éventration avec prolapsus de l'intestin.

Lorsqu'une anse du tube digestif s'échappe par. une plaie de la paroi abdominale, il n'y a généralement, au début, aucune lésion viscérale. Il faut donc, dès l’'abord, prendre toutes précautions utiles pour éviter cette redoutable complication. À cet effet le cheval sera immobilisé autant que faire se peut et toute la masse herniée sera maintenue et protégée par un drap très propre qu'on aura trempé dans une solution antiseptique faible ou, à défaut dans de l’eau bouillie simple. Ce drap est lié à demeure autour du corps. Ensuite l'animal sera entravé et couché sur un lit de paille de façon à éviter tout choc au moment

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de la chute. Lorsque le sujet est bien immobilisé (1) le drap est enlevé avec précaution, puis on fait la toilette de toute la masse herniée et de toute la région voisine de la plaie pariétale. Les corps étrangers, s’il y en a, sont enlevés, et l’on fait un copieux lavage avec de l’eau bouillie salée ou faiblement antiseptique.

Quand la désinfection est terminée, il faut procéder à la réduction de l’anse intestinale. Pour y arriver on utilise le taxis direct et cette manœuvre est généralement suffisante et relativement peu laboriéuse quand l'accident est récent ou que la plaie pariétale est assez vaste; dans ce cas la difficulté ne peut provenir que des efforts expulsifs du patient. Au contraire, lorsque l'intestin est serré au niveau de la déchirure musculaire, sa réintégration dans l’abdomen peut présenter de réelles difficultés. Parfois un massage méthodique et prolongé permet d’évacuer peu à peu les gaz et les matières contenues dans l'anse herniée et celle-ci pourra être rentrée grâce à sa diminution de volume. Souvent, surtout s’il yaun certain degré d’étranglement, ce procédé sera insuf- fisant. ‘On pourrait être alors tenté de faire le taxis par la voie interne. De fait, des cas ont été rapportés dans lesquels on a fait des tractions sur l'intestin après avoir engagé la main dans la voie rectale — ou même à la faveur d'une ponction vaginale (A. Bar-

È a) L'anesthésie générale faciliterait certainement l'intervention, mais elle nécessite un aide: aussi n'est-elle presque jamais utilisée en pratique courante,

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