‹ De l'évolution des calculs abandonnés dans l'uretère après néphrectomieChapitre 11 sur 31 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Dans les années qui ont précédé 1900, avant l'ère de la radiographie, et avant la mise au point par Albarran du cathétérisme urétéral en 1898, les observations de calculs laissés dans l’uretère après néphrectomie n’existaient pas.

C’est qu’en effet, avant ces deux grandes découvertes, il était fort difficile de faire cliniquement le diagnostic des calculs de l’uretère, petites pierres perdues dans ce conduit profond et presque inaccessible à la palpation. Celles-ci n’étaient le plus souvent que trouvaille d’autop-

sie ou découverte opératoire.

Cependant, les chirurgiens d'avant 1900 avaient bien

remarqué qu'après les néphrectomies faites pour pyonéphrose calculeuse, la guérison parfaite n’était pas toujours obtenue. Elle était parfois longtemps retardée par des accidents variés, qu’avec raison ils attribuaient à des lésions d’urétérite.

A ce sujet, Rousseau écrit dans sa thèse en 1893 : « Si nous étudions les observations de néphrectomies. pour pylonéphrites calculeuses, nous trouvons fré-

quemment la persistance de fistules et de douleurs sur

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le trajet de l’uretère ». Il relate des observations de Mac CELLAND, de GEORGES FELDEL, de TH. BRODEUR et une en particulier de LUGAS-CHAMPIONNIÈRE.

Cette dernière mérite d’être retenue : c’est l’histoire d’une malade opérée par lui en mai 1886 d’une pylonéphrite calculeuse suppurée du rein gauche; elle quitta l'hôpital, apparemment guérie, le 30 juin 1886. Mais dans l’année qui suivit, elle revint fréquemment pour des douleurs dans la région lombaire gauche ; Lucas- CHAMPIONNIÈRE conclut ainsi : « Ces douleurs sont-elles dues au tissu cicatriciel de la plaie, aux fils de soie posés sur le hile ou bien plutôt à des crises d’urétérite » ?

ROUSSEAU, dans les dernières pages de sa thèse, écrit : « La guérison complète et définitive est loin d’être toujours obtenue après les néphrectomies pour pyonéphroses calculeuses. Il reste tantôt des douleurs sur le trajet de l’uretère, tantôt une fistule qui guérit après plusieurs mois ou qui persiste toujours, tantôt enfin du pus dans l’urine. Quelle part faut-il faire à l’urétérite ? Probablement très grande. Aussi devra-t-on, quand il s’agira d’intervenir, se préoccuper beaucoup plus de l’uretère et d’enlever aussi loin que possible, surtout dans les cas d’urétérite avec dilatation. Ce ne sera pas une grosse complication opératoire et l’on aura une plus grande chance de succès définitif ».

Tel était le langage tenu en 1893 par LÉON ROUSSEAU,

ancien interne des Hôpitaux de Paris.

Il faut dire qu’un an auparavant, en 1892, REYNIER avait pratiqué la première urétérectomie (vingt-deux ans après la première néphrectomie, faite par Simon de HEIDELBERG, 1870 ; et dix ans après la première urétérotomie, faite par BARDENHEUER, 1882).

TUFFIER, au Congrès de Chirurgie de 1893, se montrait partisan de l’ablation la plus large possible de l’uretère en même temps que celle du rein atteint de pyonéphrose. Ce grand chirurgien avait montré cinq ans auparavant, par de très belles recherches expérimentales, que l’on pouvait inciser longitudinalement l’uretère, le suturer et obtenir sa cicatrisation sans le rétrécir et sans troubler le fonctionnement du rein correspondant : c’est bien lui le père de la chirurgie urétérale.

Jusqu'à l’an 1898, on retrouve de ci, de là, quelques observations d’urétérectomie après néphrectomie, mais il est assez difficile de faire la part de celles pratiquées pour urétérite tuberculeuse, de celles qui le sont pour urétérite calculeuse.

Cependant, c’est bien pour une pyonéphrose calculeuse qu'HARTMANN pratiqua en 1897 une néphrectomie, suivie un mois plus tard d’une urétérectomie totale.

En 1899, ALBARRAN écrivait, dans le Traité de Le Dentu et Delbet, « Les fistules urétérales qui succèdent à la néphrectomie donnent lieu à des considérations thérapeutiques spéciales. Leur traitement rationnel est

l’urétérectomie aussi complète que possible ».

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