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En effet, les chirurgiens de cette époque déjà lointaine, ont appris à aborder l’uretère non pas pour en retirer un calcul, mais pour le supprimer, tout ou partie, parce que dilaté, infecté, cause d’abcès multiples et de fistules intarissables.
Ce n'est qu'après 1900 qu’apparaissent les premières observations de calculs urétéraux diagnostiqués et enlevés en même temps que le rein correspondant.
Le 26 novembre 1902, M. LEGUEU présentait à la Société de Chirurgie un calcul de l’uretère pelvien enlevé délibérément après une néphrectomie faite quinze jours. auparavant.
C’est la première observation retrouvée par nous d’un calcul de l’uretère enlevé, de parti pris, après la néphrectomie. M. LEGUEU avait repéré le calcul, non pas par la radiographie, mais en explorant de haut en bas par la plaie lombaire, l’uretère épaissi et dilaté.
Cependant la radiographie rentrait peu à peu dans la pratique courante. En 1903, Bazy, présentant à la Société: de Chirurgie un calcul de l’uretère, pouvait dire encore : « Les radiographies de calcul du rein et de l’uretère ne sont pas si fréquentes que je n’aie cru utile de vous. présenter celles-ci qui font honneur à l’habileté de mon élève, le Docteur LEBRETON ».
Mais dans les années qui suivent, les observations: de calculs se multiplient. Celles qui concernent les calculs:
urétéraux enlevés en même temps que le rein ne sont pas
rares. Les chirurgiens, à cette époque, étaient, en effet, assez enclins à pratiquer leur ablation.
En 1909, JEANBRAU présente, au Congrès d’Urologie de Paris, un remarquable travail où il commente 239 observations réunies par lui de calculs de l’uretère. Cependant JEANBRAU rejette d’emblée les cas où le chirurgien a dû faire l’ablation du rein atrophié, hydro ou pyonéphrotique, parce que «ces observations n’ont qu’un intérêt anatomo-pathologique ; l’idéal du chirurgien consistant à enlever le calcul de bonne heure et à en: pratiquer l’extériorisation avant que le rein ne soit complètement détruit ».
En 1910, au Congrès d’Urologie de Paris, M. MARION disait : « Au cas de calcul siégeant dans l’uretère d’un rein que l’on doit enlever, il faut également enlever le calcul, si possible, en supprimant ou non l’uretère ».
C'était à cette époque, l’opinion de la majorité des
chirurgiens.
Mais déjà se faisait jour une tendance chirurgicale un peu différente. À ce même Congrès, M. MarION rapportait deux observations, dont l’une relatée dans notre avant-propos, de calculs urétéraux laissés par nécessité dans l’uretère après néphrectomie.
Malgré la présence de calculs, la cicatrisation de la
plaie lombaire s'était faite normalement et aucun accident n’était survenu. M. MaRION pouvait terminer sa communication-en déclarant : « L’ablation des calculs n’est pas indispensable. Dans les cas où elle compliquerait considérablement l'intervention, il serait indiqué d’attendre et de ne l’enlever que secondairement ».
Peu à peu, en effet, les chirurgiens admettaient qu’un calcul siégeant dans un uretère privé de son rein, était, en général, bien supporté.
En 1913, HENRI LoORIN, dans un mémoire intitulé : L'uretère après la néphrectomie, écrivait : « L’uretère malade tend après la néphrectomie à s’oblitérer en trois ans. La muqueuse disparaît. Il ne reste plus trace de la cavité. La guérison de l’uretère est la règle, la persistance de lésions, l’exception. Guéri, l’uretère devient un long cordon fibreux cicatriciel ».
Ainsi, dans les deux ou trois années qui ont immédiatement précédé la guerre, s’établit une règle, suivie par la plupart des urologues : les calculs abandonnés dans l’uretère après néphrectomie, sont en général bien supportés ; il n’est pas besoin d’en pratiquer l'ablation, sauf dans les cas où celle-ci s'avère comme devant étre particulièrement aisée.
Cette opinion a été, après la guerre, celle de presque
tous les chirurgiens.
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Quelques auteurs, cependant, se sont élevés contre cette tendance à l’abstention opératoire.
En mai 1921, dans le Journal d’Urologie, RAFIN écrit : « Etant donné un calcul de l’uretère infecté et un rein dont les lésions nécessitent l’ablation, le chirurgien ne se contentera pas de pratiquer la néphrectomie. Il devra, si cela est possible, enlever le calcul. Agir autrement exposerait à quelques mécomptes ».
Cet avis est également exprimé d’une façon formelle dans la thèse de CHABANOLLE, élève de Rafin, soutenue à Lyon en avril 1921 : « L'intervention ne devra pas se borner à enlever le rein, mais, malgré les difficultés qui peuvent se présenter, comprendre également l’ablation du calcul, de la portion de l’uretère entre celui-ci et le rein et plus extensivement encore, si cela est possible, de la totalité de l’uretère ».
La même année, au Congrès d’Urologie (Strasbourg), BRONGERSMA d'Amsterdam publie une très belle observation d’urétérite calculeuse après néphrectomie et attire l’attention sur les dangers qu’il y a de négliger les calculs urétéraux dans les cas où l’ablation du rein s'impose.
Quatre ans plus tard, en juillet 1924, ROBERT LÉvY
écrit dans le Journal d’Urologie : « Il apparaît que l’aban-
don après néphrectomie de la pierre dans l’uretère est une faute à éviter. Si, dans certains cas d’espèces, elle peu paraître justifiée, l’eblation du calcul devient indispensable après une néphrectomie pour infection rénale ».
En 1925, E. Josepx et H. JANKE (Berlin) signalent quelques accidents dus à la présence des calculs abandonnés dans l’uretère.
En mars 1930, dans les Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie de Marseille et en avril 1934 dans les Bulletins et Mémoires de la Société Française d’Urologie du Sud-Est, Dor publie deux belles observations de calculs laissés dans l’uretère après néphrectomie et ayant donné dans un cas une fistule avec crise de rétention fébrile, dans un autre des accidents infectieux graves.
Mais ce sont là des observations éparses et rares qui -émanent de chirurgiens ayant eu l’occasion d’observer des accidents dus à la présence de calculs laissés dans
l’uretère.
Il n’en reste pas moins vrai que la ligne de conduite généralement admise est celle que nous avons indiquée plus haut.
En août 1921, dans le Paris Médical, M. MaARION ex-
prime nettement cette opinion : « En cas de calcul compli-