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L'opinion publique

Pendant les premières années de son activité et même jusqu’en 1938, la Chambre syndicale a dû défendre les banques populaires contre des attaques nombreuses,

injustes et répétées, émanant de concurrents mécontents, d’administrateurs ou de directeurs révoqués, de journalistes suspects, etc.

Ces attaques colportées par des articles de presse, des conversations insidieuses, ont donné lieu plusieurs fois à des actions en justice. La politique s’en mêlant, alors que la Chambre syndicale rattachée d’ailleurs à un ministère technique, s’en est toujours soigneusement écartée, on voyait les démarcheurs des grands établissements de crédit insinuer, profitant de la similitude de leurs adresses, que le journal lHumanilé et la Chambre syndicale des banques populaires avaient, rue Montmartre, le même siège social. D’autres effrayèrent la clientèle, rurale notamment, facile à circonvenir, en lui disant : «C’est les banques à Blum ! » (sic). L'inanité de ces propos n’avait d’égale que leur malfaisance, car les foules sont toujours prêtes à s’émouvoir. Aussi l’assemblée générale du Crédit populaire réunie le 25 juin 1935 :

« Considérant qu'une campagne systématique de dénigrement est menée par des banques concurrentes utilisant, dans la presse, des documents d’ordre administratif et particulièrement un rapport de la Cour des comptes, rédigé par cette dernière en 1928;

« Considérant que ce rapport, et ceux rédigés par le même organisme pour les exercices suivants, ne se trouvent pas dans le commerce, mais peuvent être consultés à Paris à la Bibliothèque nationale, ainsi qu'aux bibliothèques de l’Arsenal et Sainte-Geneviève, ainsi qu'il résulte de communications officielles du ministère des Finances;

« Considérant, en outre, que divers journaux ont récemment assimilé les banques populaires à la Banque des coopératives, actuellement en liquidation judiciaire;

« Considérant que les établissements de crédit laissent leurs démarcheurs publier divers renseignements tendancieux, affirmant notamment que la Chambre syndicale des banques populaires a son siège rue Montmartre, dans les locaux d’un journal communiste; que le conseil d’administration de la Caisse centrale et de la Chambre syndicale sont affiliés à un parti politique, etc. ;

« Considérant, en outre, que le silence observé par les administrations de l'Etat, par la Chambre syndicale et par la Caisse centrale des banques populaires est nuisible au développement de l'institution du crédit populaire et que ce silence est interprété par les concurrents malveillants comme un aveu ;

« Considérant qu’une publicité contrôlée et bien rédigée pourrait, sans soulever aucune polémique, rendre les plus grands services à l'institution;

«Considérant, enfin, que les banques populaires, au lieu de disperser leurs efforts de publicité dans des journaux locaux, pourraient participer à un fonds commun que la Chambre syndicale utiliserait au mieux pour l'information de tous les grands journaux français ;

« Emettent le vœu qu’une publicité rédactionnelle soit effectuée par la Chambre syndicale au nom de toutes les banques populaires, précisant ce que sont les banques populaires, comment elles fonctionnent, qu’elles sont politiquement indépendantes, et que leur gestion peut donner confiance aux déposants. »

Aussi, dès cette époque, la Chambre syndicale, en vue de donner la réplique, de faire mieux connaître le crédit populaire et de mettre en évidence les avantages incontestables qu’il présente, organisa à Paris et en province de nombreuses conférences. La Confédération générale des classes moyennes du commerce et l’industrie a, de son côté, diffusé par la voie de la presse, toute une série de publications et d’exposés. En 1938 une vingtaine de radio-diffusions ont permis de souligner les résultats obtenus par le Crédit populaire.

Toucher directement l'opinion publique est devenu actuellement une nécessité d’autant plus impérieuse que le régime représentatif a disparu. La Chambre syndicale continue à s’y employer activement par tous les moyens qui sont en son pouvoir.

Sauty de Chalon (e

Section III. —— Les résultats obtenus.

On peut les résumer ainsi : sécurité et rendement. La sécurité repose, tant sur les textes législatifs que sur le contrôle exercé sur les banques populaires dont la Chambre syndicale a en outre assuré, par son impulsion, le développement.

$ 1. Les réglementations légales.

De nombreux textes législatifs limitent l’activité des banques populaires ainsi que la rémunération de leurs capitaux, et organisent leur contrôle par les pouvoirs

publics.

19 Il leur est interdit d’effectuer aucune opération de

bourse à terme tant pour leur compte que pour celui de tiers, de participer à un syndicat d'émission, de faire des opérations sur titres avec une clientèle autre que celle de leurs déposants.

Leur capital représenté par des parts nominatives et non par des actions ne doit pas recevoir un intérêt supérieur à 6%. Chaque banque populaire doit prélever le vingtième de ses bénéfices nets en faveur du fonds collectif de garantie géré par la Chambre syndicale. Le solde des bénéfices doit être réparti entre les clients sous forme de ristourne suivant les principes coopératifs.

29 Le ministre des Finances est représenté en permanence auprès de la Chambre syndicale par un commissaire du gouvernement assisté d’un commissaire-adjoint. Tous les documents concernant l’activité des banques populaires sont communiqués à ce haut fonctionnaire qui peut prescrire de faire procéder à toutes les vérifications par lui jugées utiles. Il assiste à toutes les réunions des assemblées des banques populaires de la région parisienne, ainsi que des organismes centraux et peut se faire représenter par les trésoriers payeurs généraux auprès des banques populaires de province.

Son approbation rend exécutoires toutes les décisions du

Conseil central de crédit qui concernent les crédits consentis aux administrateurs et la disposition du fonds collectif de garantie.

Les inspecteurs de la Chambre syndicale, recrutés par vole de concours, ne peuvent être révoqués sans son assentiment.

Les frais résultant de ce contrôle ne sont pas supportés par l’Etat, mais par la Chambre syndicale, qui paie les traitements des fonctionnaires affectés à la surveillance du Crédit populaire.

39° Depuis la loi du 24 juillet 1929, l'inspection générale des finances exerce sur le Crédit populaire un contrôle périodique dont l’action permet de maintenir les banques populaires dans le cadre tracé par le législateur.

$S2. Aclion des organismes centraux.

Grâce à leur intervention financière, la liquidité de l’ensemble des banques populaires peut être évaluée à 95%.

Cette politique a permis de répondre, sans recourir à la mobilisation des découverts en cours, aux retraits considérables qui furent effectués en septembre 1938, lors de la première menace de conflit armé.

Ces retraits atteignèrent quatre cent millions, mais la reconstitution rapide des comptes créditeurs, dès le mois suivant, montra que la confiance de la clientèle ne s’était pas démentie.

En outre la constitution d’un fonds collectif de garantie constitué à la Caisse centrale et dont seul le Conseil central de crédit peut dispenser, permet de parer aux aléas toujours possibles; cependant, alimenté seulement par un prélèvement de 5% sur les bénéfices nets des banques populaires, il ne pourra intervenir utilement qu’au bout de plusieurs années.

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