‹ De l'Évolution et du Développement des Institutions annamites et cambodgiennes sous l'influence françaiseChapitre 10 sur 37 · DIE · texte numérisé non relu

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respect. Dans ce pays, où le principe de la séparation des pouvoirs est parfaitement inconnu, ils réunissent entre leurs mains tous les pouvoirs. L'administration, l'exécution et la répression ne font qu’un et leur appartiennent. |

Ils sont recrutés exclusivement parmi les lettrés qui ont subi avec succès les épreuves du concours. C’est d’ailleurs là ce que nous certifie M. de Lanessan, dans La Colonisation française en Indo-Chine: « En Annam, comme au Fonkin, les mandarins sortent du peuple par une sélection incessante des individus les plus intelligents, les plus laborieux, les plus zélés, les plus instruits, les plus habiles dans l’art d’administrer et de gouverner, sans distinction d’origine ; les plus capables peuvent s'élever graduellement jusqu'aux plus hautes dignités gouvernementales.

» Le peuple tout entier est Ia source à laquelle s’alimente le mandarinat. Aussi est-il tout naturel que le peuple ait pour ses mandarins le plus grand respect. »

La loi elle-même consacre ce respect. La personne du mandarin est inviolable : le simple fait de préméditer le meurtre d’un mandarin dans l’exercice de ses fonctions est une crime puni de l'exil; les coups et les blessures entraînent la peine de la strangulation; le meurtre, celle de la décapitation.

Le signe extérieur du pouvoir dont sont investis les mandarins réside dans la possession du cachet (Dau). L'ordre donné ne vaudra que par son apposition sur l’acte.

Mais le mandarin doit, par contre, remplir certaines obligations. Il doit résider dans le bâtiment officiel qui lui est affecté. Défense lui est faite de sortir, sans autorisation, de sa circonscription, d’y épouser une femme, ou d’y acquérir des terres.

La loi annamite est rigoureuse pour le mandarin

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