‹ De l'Évolution et du Développement des Institutions annamites et cambodgiennes sous l'influence françaiseChapitre 15 sur 37 · OS · texte numérisé non relu

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Pendant plusieurs années encore, le gendre habite près des parents, protecteurs naturels de leur fille, qui ne les quitte qu'après la naissance de plusieurs enfants.

La femme est subordonnée au mari, qui la traite cependant avec beaucoup d’égards. Il est tenu de l'assister devant les tribunaux. Elle peut porter plainte contre lui, avec le secours d’un parent, et même demander le divorce. Les veuves peuvent se remarier à leur gré.

Les enfants sont animés d’un grand respect pour leurs parents. La puissance paternelle, tempérée par les mœurs, est restée très grande, en principe : le père maitre de ses biens jusqu’à sa mort, peut vendre ses enfants en bas âge. La loi punit du fouet les fils portant plainte contre leur père. Tous les membres de la famille doivent grand respect aux parents aînés, oncles et tantes, et s'exposeraient à une sévère répression en cas de blessures ou d'injures. L'adoption, facile et reconnue par la loi, résulte du fait d'élever un enfant, ou bien d’une déclaration publique suivie d'un festin ou d’une invocation aux ancêtres.

Le régime des biens des époux, même directement établi par le Code, les distingue en biens propres, apportés en dot, qui leur restent particuliers, qu’ils reprennent simplement à la dissolution de l’union et en acquêts comprenant tous les biens acquis pendant l'union tant par donation ou succession que par gain ou bénéfice, ces acquêts sont en principe attribués à l’homme pour deux parts et à la femme pour une. Les dettes sont partagées dans la même proportion.

Les questions relatives au divorce sont soigneusement réglés : partage des biens, des enfants, cas de divorce, tels que consentement mutuel, absence prolongée du mari, violences non justifiées, etc. Le divorce est constatée par une lettre, que vise un magistrat. La femme divorcée retombe sous la puissance

paternelle, si elle va vivre dans la maison de son père.

Le régime des successions est lui aussi assez intéressant à étudier. En cas de monogamie, l'époux survivant, tuteur légal des enfants et usufruitier des biens, en conserve l’administration. Les enfants héritent, sans distinction de sexe. La loi, consacrant la coutume antique, accorde seulement double part à l’aîné, qui a dû « porter tous ses cadets » et au plus jeune, qui a dû être « le vrai bâton de vieillesse de ses parents ». Souvent les vieillards opèrent de leur vivant et sur ces bases le partage de leurs biens. Les enfants sont tenus de payer les dettes de leurs parents, mais seulemnt dans la limite de leurs moyens. En cas de polygamie, la succession est divisée selon le rang des mères, et les enfants de la première femme ont la majeure partie de la succession pour eux seuls.

Mais quel est le régime de la propriété? D’après l'antique constitution du Royaume, le Souverain au Cambodge, « maître de la terre, de l’eau, des biens et des vies », est évidemment le propriétaire éminent de tout le pays. Plusieurs conséquences pratiques découlent de ce droit régulier et le sanctionnent, entre autres, celles-ci : le Roi hérite des biens tombés en déshérence par manque d’héritiers directs; l'abandon de la terre pendant un certain temps, trois ans généralement, rend caduc tout droit de propriété; il n’existe pas d’indemnité pour cause d’expropriation publique ou royale : le maître reprenant son bien n’indemnise, s’il le veut bien, que par pitié ou commisération.

On peut facilement diviser les terres du Cambodge en quatre catégories de propriétés, qui sont : le domaine public, le domaine royal, les biens de mainmorte et les propriétés individuelles.

Le domaine public comprend toutes les terres inoccupées, soit plus des quatre-cinquièmes du Royaume.

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