CHAPITRE IV
L’Enseignement (1).
Un des moyens les plus pratiques d’assurer notre conquête est, sans contredit, l'Enseignement. Ce facteur important de la civilisation a déjà reçu en Indo- Chine un incomparable développement. Il ne s’agit plus aujourd’hui de créer ou d’entamer une œuvre, mais simplement de poursuivre et de perfectionner celle qui existe déjà.
Il faut distinguer en Indo-Chine trois sortes d’enseignement : l’enseignement français, l’enseignement indigène traditionnel et l’enseignement franco-indigène, auxquels correspondent des programmes, des sanctions et des personnels différents.
L'enseignement français est destiné, en principe, aux enfants français ou assimilés. Il comporte, à la base, des écoles mixtes primaires européennes, sous la direction d’une institutrice dans les postes où la population d’âge scolaire est assez nombreuse pour admettre leur installation; des écoles primaires de filles et de garçons, à Hanoï, Haïphon et Saïgon; des écoles primaires supérieures de filles, à Hanoi (213 élèves) et à Saïgon (155 élèves), avec cours normaux préparant aux brevets de capacité; des écoles primaires supérieures de garçons dans les mêmes villes. L'enseignement secondaire dispensé jusqu’en 1912 pour le premier cycle seulement au collège Paul- Bert, à Hanoï, comporte depuis 1912 le second cycle.
L'enseignement secondaire complet fonctionne depuis le 1” janvier 1914 et le collège d’Hanoï com-
(1) M. Henri BRENIER, Atlas statistique de l’Indo-Chine.
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prend plus de 170 élèves. En 1913, la population scolaire totale française était de 1.193 élèves.
Les écoles primaires supérieures ont été ouvertes sous certaines conditions d'aptitude et dans certaines limites à l'élite indigène.
Au point de vue des sanctions, les certificats d’études primaire, élémentaire et supérieur; le brevet élémentaire et le brevet supérieur, le baccalauréat peuvent être délivrés dans la colonie et sont considérés comme valables en France.
Pour l’enseignement traditionnel indigène, il faut distinguer les pays annamites (Tonkin, Annam, Cochinchine) avec leurs écoles confucianistes, des pays du Cambodge et du Laos avec leur enseignement boudhiste dans les pagodes. En ce qui concerne les premiers, une distinction s'impose, en outre, suivant qu’il s’agit de la Cochinchine ou bien de l’Annam et du Tonkin.
En Cochinchine, les anciennes écoles de village ont été transformées en écoles communales publiques. L'enseignement y est donc exclusivement en annamite, et, en 1913, il était dispensé à 22.152 élèves dans 493 écoles. |
Au Tonkin, l’administration française s’est abstenue de toute immixtion dans l’enseignement proprement indigène jusqu’en 1906. Les communes choisissaient librement leur maître d’école (Tuong-Su). L’enseignement était donné exclusivement en caractères et s’inspirait des livres et des méthodes chinoises. C'était un acheminement aux concours littéraires solennels pour le recrutement des mandarins.
A partir de 1906, sous l'influence du Conseil de perfectionnement de l’enseignement indigène, créé par le gouverneur général Paul Beau, on a transformé progressivement, d'accord avec le Gouvernement annamite, les anciens programmes et les méthodes. On a
introduit l’étude de la langue annamite, sous forme de la transcription en Quoc-Ngu (1) et quelques notions élémentaires d'histoire, de géographie et de sciences, enfin, aux degrés les plus élevés, des notions de français. On s’est occupé aussi, — tâche délicate, — de former des professeurs pour le recrutement desquels des cours normaux ont été fondés. Il y a actuellement, au Tonkin, plus de 1.200 écoles officielles dites du premier degré, recevant environ 22.000 élèves. Cette modernisation de l’enseignement traditionnel s’es: continuée par la réforme des concours littéraires et du recrutement des mandarins.
En Annam, la réforme s’est opérée dans le même sens, mais avec plus de lenteur, ce qui se comprend, à la fois par suite de notre action directe moindre et par la plus grande force de la tradition dans ce pays, de ce fait même. Les écoles élémentaires indigènes (enseignement traditionnel du premier degré) comptent environ 18.000 élèves inscrits pour 1.700 écoles entretenues par les particuliers ou à la charge des cantons. En 1913, l’enseignement traditionnel des 2° et 3° degrés était représenté par 77 écoles du 2° degré (6.413 élèves inscrits) et 15 écoles du 3° degré (1.546 élèves). Des cours de français sont professés au chef-lieu de chaque province. Il y a à Hué une école spéciale pour les fils de mandarins et une école d’apprentis madarins (Hau Bo) qui comprenait, en 1913, 28 élèves. Quant aux sanctions de cet enseignement traditionnei annamite, elles consistent en examens divers dont certains donnent accès à l’enseignement franco-annamite.
Au Cambodge et au Laos, c’est-à-dire dans la partie boudhiste de l’Indo-Chine, un enseignement rudimen-
(1) Le Quoc Ngu est la transcription de la langue annamite en caractères latins.
taire de lecture et d'écriture avec celui de quelques formules religieuses se donnait traditionnellement par les bonzes dans les pagodes. Il a été réglementé au Laos en 1911 et une école nouvelle de bonzes fonctionne à Vien-Tiane. Au Cambodge, des mesures plus complètes ont été prises. Des manuels d’arithmétique et de leçons de choses élémentaires ont été distribués dans plus de 2.000 pagodes, et un certificat d’études indigènes a été créé en 1912.
L'enseignement franco-indigène, déjà ancien en Cochinchine où il a été créé en 1879, n’a été organisé au Tonkin qu'en 1904, au Cambodge en 1905, en Annam et au Laos en 1906. La caractéristique essentielle est que la langue française y sert pour l’enseignement, mais les langues indigènes y sont également étudiées et servent pour certaines matières et dans les débuts. A la base, ou, plus exactement peut-être, comme transition entre l’étude indigène et l’école franco-indigène, se trouve l’école préparatoire, dont le développement est sensible en Cochinchine. Dans ce pays, les écoles cantonales qui le dispensent, au nombre de 181, comptent 19.000 élèves. L'enseignement y est donné en langue indigène avec des notions de français usuel. |
Les écoles primaires franco-indigènes comportent, suivant les pays, de 3 à 4 années d’études. En pays annamite, l’enseignement a lieu, la première année, en Quôc Ngu et comprend : l'instruction morale tirée des auteurs français et indigènes, la lecture et l’écriture, l’arithmétique, des notions de géométrie pratique et d’arpentage, la comptabilité, des éléments d'histoire générale, la géographie de l’Indo-Chine, des éléments de dessin, des notions, sous forme de lectures, sur les sciences physiques et naturelles et leurs principales applications à l’agriculture, à l'hygiène et aux arts industriels. Au Tonkin et en Annam, s’y joignait
l'étude des caractères chinois, qui a été supprimée en 1913. Les études primaires sont couronnées par un certificat d’études de l’enseignement primaire francoannamite, décerné après un examen public.
Le troisième degré de l’enseignement franco-indigene (enseignement dit complémentaire) est constitué par des collèges situé dans les capitales de l'Union quartier indigène du collège Chasseloup-Laubat de Saigon, collège du Protectorat à Hanoï (grand collège), collège dit du Quoc-Hoc à Hué, collège Sisowath à Pnom-Penh. Ces collèges préparent surtout des candidats aux emplois administratifs, et un diplôme d’études complémentaires franco-indigènes est décerné en fin d’études aux élèves qui l’ont mérité.
L'enseignement professionnel n’a peut-être pas encore pris en Indo-Chine le développement qui s’impose, mais il y a lieu de reconnaître le côté pratique général de l’enseignement. Celui-ci comporte des écoles d'ordre assez différent : des sortes d’écoles d'arts et métiers, d’autres de caractère plus artistique: école des arts indigènes de Thudaumot (sculpture et broderie), de Bien Hoa (cuivre), de Sadec (bijouterie), de céramique à Hanoï. A l’école de Hanoï, sous l’impulsion de la Chambre de commerce dont elle dépend, fonctionnent des cours spéciaux pour les industries nouvelles en voie de création. La population scolaire des écoles techniques atteint environ un millier d'élèves.
Ces diverses institutions d'enseignement pouvaient paraître, à première vue suffisantes pour étancher « la soif d'apprendre » qui se manifeste de plus en plus impérieuse chez les Annamites. Mais, ce n’était pas assez de préparer l’indigène à remplir dans l’ordre administratif son rôle d’associé à l’œuvre française : il fallait aussi lui donner les moyens de jouer un rôle dans la vie industrielle, commerciale et artistique du
pays. Le gouverneur général A. Sarraut a satisfait à cette nécessité en inaugurant le 28 avril 1918, en présence de l'Empereur d’Annam, l'Université indo-chinoise à Hanoï.
Jusqu’alors, l’organisation d'enseignement en Indo- Chine s’arrêtait à une limite de connaissances qui obligeait les jeunes indigènes, aussi bien d’ailleurs que les jeunes Français de la colonie, désireux d'accroître leur bagage scientifique, à aller se perfectionner, soit en France, soit plus encore au Japon dans les universités nippones. Le seul établissement indo-chinois, auquel pouvait convenir dans une certaine mesure, la qualification d'établissement d’enseignement supérieur, était l’école de Médecine de Hanoï.
Il y avait donc nécessité d’instituer un enseignement supérieur couronnant l'édifice des institutions d'enseignement secondaire, franco-indigène et professionnel et offrant à une élite soigneusement sélectionnée les moyens d'acquérir des connaissances capables de lui permettre une collaboration plus large et plus féconde à l’œuvre de civilisation et de création de richesses entreprise par la France en Indo-Chine.
Par un arrêté du 8 juillet 1917, M. le gouverneur général A. Sarraut instituait une direction de l’Enseignement supérieur chargée de préparer la création des écoles supérieures, dont l’ensemble constituerai l’'Enseignement supérieur indo-chinois.
Ces écoles ont été conçues dans un esprit essentiellement pratique et démocratique, conforme d’ailleurs à la tradition annamite. Elles sont ouvertes aux jeunes gens provenant de l’enseignement complémentaire franco-indigène, ou de l’enseignement secondaire, ou encore de l’enseignement professionnel. Elles réalisent enfin l’unité d’enseignement vers lequel tendent, en Indo-Chine, tous les esprits éclairés.
Mais ce couronnement supérieur du régime de l’Insai
truction publique indo-chinoise n’a été possible qu'après l’accomplissement d’une œuvre d’affermissement des assises fondamentales des enseignements de base, dont il est le prolongement. Il a fallu assurer, à travers ses applications variées, l’unité directrice d’une politique d’instruction générale, et adapter les formes et les moyens d'enseignement à la diversité de milieux et de races des cinq pays, dont l’ensemble compose l’Union Indo-Chinoise.
Cette œuvre de conciliation, d'harmonie et de clarté a trouvé son expression dans la réglementation générale, véritable code de l’Instruction publique, qui a déterminé le domaine des divers enseignements, primaire, complémentaire, secondaire et supérieur. (Voir le Règlement général d’Instruction publique. Arrêté du 21 décembre 1917, Hanoï. Haïphong, imprimerie d'Extrême-Orient, 1918.)
L'enseignement primaire prend l’enfant dès son début, le conduit après un cycle de cinq années d’études, jusqu’au certificat d’études primaires. A cet enseignement, ouvert à la masse du peuple des villes et des campagnes, sont donnés des programmes uniformes et une sanction identique dans toute l’Indo- Chine.
Aux élèves de ce premier cycle, désireux d’accroitre leurs connaissances générales, l’enseignement complémentaire offre, nous l’avons vu, l'hospitalité des grandes écoles installées dans les capitales : on y prépare à la conquête du diplôme de fin d’études complémentaires, talisman nécessaire à quiconque veut accéder à l’enseignement supérieur sous ses modalités diverses qui correspondent à la multiplicité des carrières où s’exercera l’activité de nos protégés. L’institution d’un cycle spécial d’études secondaires, aboutissant à un baccalauréat local, perfectionne en deux ans les meilleurs diplômés des écoles complémentaires
et leur permet de fixer plus nettement leur vocation vers la carrière de leur choix.
L'enseignement supérieur n’a pas seulement donné plus de force aux enseignements primaire et secondaire, en attirant dans les collèges et les écoles un nombre plus considérable d'élèves tentés par le prestige d’une plus haute culture et les situations enviables qu'il leur est permis d’espérer ; il a, en outre, imposé une orientation précise aux enseignements purement locaux qui convergent vers lui et dont il est le couronnement naturel.
Le 28 avril 1918, en présence de Sa Majesté, Khaï Dinh, empereur d’Annam, M. le gouverneur général Sarraut inaugurait l’Université indo-chinoïise à Hanoï.
L'Université indo-chinoise est constituée actuellement par l'Ecole de Médecine et de Pharmacie, l'Ecole Vétérinaire, l'Ecole de Droit et d'Administration, l'Ecole de Pédagogie, l'Ecole d'Agriculture et de Sylviculture, l'Ecole des Travaux publics auxquelles viendront s’ajouter bientôt les Ecoles de Commerce, d’Electricité, de Sciences appliquées, de Pêche et de Navigation.
Lors de l'inauguration de l’Université indochinoise, l'utilité et le rôle de cette institution ont été très nettement définis, par M. A. Sarraut, gouverneur général et le docteur Cognacq, directeur de l'Enseignement supérieur. S’adressant au chef de la colonie, le docteur Cognacq s’exprime très heureusement en ces termes :
« C’est bien ici et l'instant et le lieu, pour ériger dans sa pleine clarté l'aspect propre et original de la réforme actuellement réalisée, de remémorer brièvement les tâtonnements d’abord, les vouloirs nettement formulés dans la suite, par lesquels vos illustres devanciers ont abordé l’œuvre trop souvent interrompue de la régénération scolaire de l’Indo-Chine. Si déjà Jules Ferry s’était révélé à la tribune de la Chambre, dès la
première heure de notre politique tonkinoise, l’apôtre fervent de la colonisation par l’école, si Paul Bert, pendant les quelques mois qu’il présida àl’organisation du pays dans l’effervescence d’une incomplète parcification avait manifesté ses ardentes préoccupations d’une politique scolaire, dans des proclamations et des circulaires à jamais célèbres, il était réservé à M. Paul Doumer, après le retour des sécurités nécessaires, de jeter les premières assises de la première école spéciale indo-chinoise en 1902. Maïs, c’est à son successeur, M. Beau, que revient l’impérissable honneur d’avoir fondé, par la longue suite des arrêtés de 1904, à côté des écoles traditionnelles surannées, l’organisation d’un enseignement moderne, vivant, occidental. Créateur du Conseil de perfectionnement de l’enseignement indigène, M. Beau croyait encore sans doute à la possibilité d’une évolution des anciennes disciplines chinoises, mais déjà, par ses projets d’une future université qu’une conception trop hâtive devait condamner à une fin prématurée, il ouvrait aux aspirations de l'élite les plus consolantes perspectives. Déjà il ébauchait l’esquisse d’un enseignement supérieur et c'était l’objet de ses entretiens avec un de ses plus dévoués collaborateurs, M. Henri Gourdon, dont la place serait ici, au milieu de nous, si de terribles et glorieuses infirmités ne devaient le retenir sur le sol de la mère-patrie. Mais depuis le jour où M. Beau ouvrait solennellement la première séance du Conseil de perfectionnement de l’enseignement indigène, un évolution profonde, irrésistible, entraîne l’Indo-Chine vers un avenir plus nettement aperçu de progrès intellectuel.
« Ce n’est pas impunément que depuis plus de dix années la France jette sur le sol d’Indo-Chine les semences de l'instruction et de la science. Parcimonieusement distribué d’abord dans les grands centres, l’enseignement occidental par son invincible attrac-
tion a rompu l'enceinte étroite où nos timidités premières prétendaient l’enclore. Tandis que dans les capitales, les anciens bâtiments se révèlent chaque jour trop exigus pour contenir l’affluence croissante des écoliers, le peuple des campagnes et des provinces réclame avec instance une participation plus large aux libérales effusions de nos bienfaits. C’est pour satisfaire à ces appétits de savoir, c’est pour répondre à cette impatience dont l’ardeur a dérouté le plus clairvoyant d’entre nous, que sur tout le territoire d’Indo- Chine, vos générosités largement répandues, M. le gouverneur, ont fait surgir de vastes bâtiments nouveaux. Lycée indo-chinois à Hanoï, collège de jeunes filles à Hué, école de Kromokars et école des Arts indigènes au Cambodge, enfin des bords du Fleuve Rouge aux rives du Mékong, toute cette puissante floraison des écoles supérieures qui promettent à l’Indo-Chine de demain les plus magnifiques moissons.
» Mais en même temps que vous organisiez le plan de campagne des constructions scolaires dont le développement progressif s’échelonne sur plusieurs années budgétaires, vous réalisiez, d’un seul coup, dans une claire intuition des nécessités de l’heure présente et des exigences impératives d’un avenir imminent, l’œuvre parallèle d'extension et de synthèse de nos programmes scolaires. Si l’Indo-Chine, loyale et consciente, mène aux côté de la France le gigantesque combat de la civilisation contre la barbarie destructive de toute beauté et de tout idéal, si, par ses enfants, par son argent, par l’infinie diversité de ses ressources, elle favorise, elle accélère la victoire certaine du progrès humain, n’est-ce pas pour nous le plus précieux des devoirs que de l’initier, sans réserves, sans réticences, aux joies de la conquête scientifique ? et si, dès aujourd’hui, nous voulons préparer les lendemains d’intense production, ouvrir les vastes chantiers où le travail
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indo-chinois forgera les richesses de l’avenir pour la métropole, nos obligations de tuteur, aussi bien que le plus pur patriotisme nous imposent la formation immédiate, par une éducation scientifique et technique bien dispensée d’une abondante pépinière de collaborateurs dont l'indispensable concours se multipliera dans tous les domaines de notre activité réparatrice » (1).
La création de l’Université indo-chinoise a été accueillie avec faveur en Indo-Chine et aussi dans tout l'Extrême-Orient. Non seulement elle apparut comme une manifestation décisive de notre volonté de dispenser aux indigènes toute l’instruction qu'ils sont susceptibles de recevoir, mais elle permit d'établir vis-àvis des étrangers qui suspectaient notre bonne foi, la sincérité de nos intentions à cet égard. Et c’est à bon droit que M. Pierre Pasquier a pu écrire dans la Revue Indo-Chinoise :
« Ainsi tous les Etats de l’Extrême-Orient sont entrés dans la voie de la réforme de l'instruction publique. L’Asie, berceau de la civilisation du monde antique, s’est ouverte, après de longs siècles de recueillement, à la pensée venue de l’ouest. Un long frisson a parcouru le vieux Continent. Le monde jaune s’est réveillé au grand soufflle des idées de notre XVIIIe siècle, et, de leur propre force, sont nées ces alliances qui se sont groupées autour de nous pour la suprême lutte de la liberté des nations, hier encore hors du concert européen. En parachevant l’œuvre de ses prédécesseurs, en ouvrant une Université, M. Sarraut a tressé un nouveau feston à la couronne de ces institutions libérales que la France offre à tous ceux qu’abritent les plis de son drapeau. L’enseignement qu’on y
(1) La Dépêche coloniale illustrée,
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donne est semblable à celui que dispensent nos Universités métropolitaines. Aucune restriction, aucune censure n’en entrave la libre distribution. La parole qui tombe du haut d'une chaire française, quelle que soit la composition de l'auditoire qui la reçoit, n’est
jamais serve ni jJugulée.… » (1).
() M. Pierre Pasquier, Revue Indo-Chinoïse.
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