‹ De L'Exagération Des Réflexes Tendineux Dans L'HystérieChapitre 14 sur 50 · C. AUTEURS ADMETTANT L'EXAGÉRATION · texte numérisé non relu

C. AUTEURS ADMETTANT L'EXAGÉRATION

C’est au Congrès international de médecine de 1900 que nous trouvons. exprimées, par des voix retentissantes, quelques objections, quelques restrictions aux doctrines un peu exclusives de Babinski, qu’une sorte de réaction se fait, dans les rapports mêmes de Ferrier et de Roth sur le diagnostic de l’hémiplégie.

Ferrier? se range à l'avis de Babinski en ce qui concerne certaines différences entre le clonus fonctionnel et le clonus organique, mais il lui semble que dans quelques cas exceptionnels, à la vérité, il est impossible de les différencier d'une façon absolue.

« Le meilleur signe diagnostique que nous ayons de l’hémiplégie organique ou hystérique est probablement le caractère

Vhe des réflexes superficiels ou profonds, spécialement de ceuxci. Pour les réflexes appelés profonds ou tendineux, on peut dire que l'hémiplégie hystérique ne les modifie ni d’une manière constante, ni d'une manière uniforme. Ils ne sont pas nécessairement exagérés quelque temps qu’ait duré la paralvsie. Ils peuvent être exagérés, ou normaux ou même diminués ; le vrai clonus du pied est rare, si même il se produit, ce qui est douteux. Un faux elonus n'est pas rare, mais la trépidation régulière à 360 oscillations par minute, caractérisque de la sclérose latérale,est d’une existence contestable. Mon expérience, toutefois, ne me permet pas de nier l'eristence occasionnelle d'un clonus qu'on ne puisse distinquer de celui d'une affection organique. Le plus souvent, l’oscillation du clonus fonctionnel est irrégulière et peut être arrêtée par une flexion plus forte du pied. »

Rorat s'exprime en ces termes sur le elonus : « Le vrai clonus du pied est d’une grande rareté dans l'hémiplégie hystérique, mas ils’y observe cependant, d’après mes propres observations, celle de Bechterew et autres, tandis que dans l’hémiplégie organique même le clonus de la rotule et celui du poignet ne sont pas rares. »

Toujours au mème Congrès, Supnick? qui distingue dans les aflections cérébro-spinales trois types différents de réflexes rotuliens (cérébral, cérébro-spinal, spinal), les a tous les trois, mais avec une fréquence mégale, constatés dans l'hystérie. Le type spinal avec clonus est exceptionnel, mais Sudnick l’a rencontré au moins une fois dans la névrose pure.

Souques*, dans son article du Manuel de Médecine, considère l’exaltation des réflexes comme accompagnant d'habitude la diathèse de contracture, mais il semble douter de la constataüon de la trépidation spinale, à en juger par le point d’inter-

rogation dont il fait suivre ce mot. Il devient plus explicite, quand il constate, à propos de la contracture hystérique, que l'exagération des réflexes tendineux y est plutôt rare et qu'on a pris le plus souvent pour de la trépidation spinale, ce qui n’était qu’une espèce de tremblement hystérique.

Bruxs', dans sa belle monographie sur les névroses traumatiques où névroses d'accidents (hystéro-traumatisme, neurasthénie, hypochondrie, psychoses, formes polymorphes), consacre incidemment quelques mots aux réflexes, lorsqu'au chapitre des paralysies, il étudie les paralvsies hystériques : paralysie flasque, réflexes normaux ou exagérés, Jamais absents ; paralysie avec contracture, réflexes tendineux augmentés, mais moins fréquemment que dans la lésion organique ; réflexes souvent bilatéralement augmentés dans les cas de contracture unilatérale. Après avoir expliqué divers troubles somatiques (troubles psychiques, sommeil, vertiges, crampes, troubles de la sensibilité, troubles moteurs), il consacre tout un chapitre spécial à l'étude des réflexes cutanés et tendineux dans la névrose traumatique. Voici l’opinion de Bruns, basée sur de nombreuses observations éparses dans son ouvrage ; elles ne s'appliquent pas uniquement à l’hystérie, mais il s’agit toutefois de névroses pures, sans associalion organique : « Les réflexes tendineux, particulièrement le réflexe patellaire, sont très fréquemment exagérés dans les névroses neurasthéniques. Il 2st un fait bien connu, c’est que, dans toute neurasthénie simple, peut survenir une forte exagéralion du réflexe rotulien et un véritable clonus du tendon d'Achille ; il est tout à fait faux de penser toujours à une lésion organique quand ils surviennent. Dans presque toutes les névroses d'accident, il y à quelques éléments de neurasthénie ; dans des cas plus rares,

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il s’agit ‘de neurasthénie pure, aussi est-1l facile de comprendre qu’on y observe une exagération des réflexes tendineux. D'autre part, toute excitation psychique peut, elle aussi, amener une exagération des réflexes tendineux; cette excitation est loin de manquer dans toute névrose d'accident, particulièrement au cours de l'examen du médecin.

» Dans l'hystérie d'accident, les réflexes tendineux peuvent être exagérés de la même façon que dans la neurasthénie. J'ai déjà signalé dans la paralysie d’un membre inférieur avec contracture, des réflexes tendineux plus vifs qu’à l’état normal, et plus souvent encore l’exagération des réflexes tendineux aux deux membres. Souvent, dans ces cas, l’exagération des réflexes tendineux augmente dans l’hystérie, bien au-delà de ce qu'on peut le rencontrer dans la neurasthénie. Si l’on percute le tendon rotulien, c’est non seulement le membre percuté, mais le membre du côlé opposé et même le tronc et les bras qui trépident. Renouvelle-t-on les percussions, rapidement, les unes à la suite des autres, alors s'installe un tremblement convulsif des membres inférieurs et parfois, comme je l’ai moi-même constaté, une grande attaque d'hystérie typique. Il n’est pas rare dans l’hystérie de voir une contraction du membre inférieur, (qui n’est pas toujours une contraclion du quadriceps), survenir avant que le marteau ait atteint le tendon rotulien. Ce fait a souvent suffi pour faire croire à la simulation. Il s'explique très facilement: le choc rotulien qui amène une trémulation générale de l’organisme est très désagréable: aussi le malade contracte-t-1l son tendon, par peur, avant le choc.

» Le clonus du pied se rencontre souvent dans l’hystérie et avec des caractères différents de celui de la neurasthénie et des affections organiques: les contractions isolées sont de force différente: elles se suivent à intervalles peu réguliers, en sorle.qu'on à souvent l’impression de mouvements volon-

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taires; mais je l’ai observé dans des cas tout à fait indubitables. Plus rarement on trouve au bras le tendon du triceps ou du long supinateur exagéré: les réflexes du membre supérieur ne sont-ils pas moins constants que ceux des membres inférieurs, même chez l'homme normal?

» L’abolition du réflexe rotulien ne se rencontre pas dans les névroses non compliquées. »

En 1901, Guircan! présente, à la Société de neurologie, une belle observation d'hémiplégie hystérique droite avec aphasie et exagération unilatérale de tous les réflexes. Depuis, nous écrit-il: « Je n'ai pas retrouvé dans ces dernières années de malades semblables, à Bicètre ou à la Salpêtrière, et je crois que l’exagéralion accentuée des réflexes tendineux est bien rare dans l’hystérie, sans toutefois être aussi radical que M. Babinski sur ce sujet. »

Dès 1901, dans sa Sémiologie du système nerveux, DéJerixe* s'élève avec beaucoup de vigueur contre l’exelusivisme trop absolu de M. Babinski. Il pose d'abord en loi, que, si les réflexes tendineux et cutanés sont très variables, ils ne sont jamais abolis dans la névrose.

« On peut, dans les paralvsies hystériques, observer une exagération plus ou moins considérable des réflexes tendineux, mais peut-on y observer le clonus du pied ?...»

Après avoir rapporté l'opinion de Bechterew, Oppenheim, Sternberg qui l’admettent, il discute la doctrine de Gowers, Mills, Babinski qui le rejettent :

« Pour ma part, je ne puis souscrire à cette manière de voir. Que le clonus du pied se rencontre assez rarement dans les paralysies hystériques, la chose est certaine, mais 1l n’est pas moins certain qu'on peut l’y observer. Pour ma part, j'en ai constaté quelquefois l'existence dans la paraplégie et

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l'hémiplégie bystérique, et, dans ces cas, il était accompagné d'exagération des réflexes tendineux. Dans les cas que j'ai observés, le clonus du pied était absolument le même que dans les paralysies spasmodiques de cause organique, médullaire et cérébrale, et, dans ces cas, enfin, la guérison des accidents fut obtenue par des moyens d'ordre purement suggestif.

Le diagnostic entre les paralysies hystériques et les paralysies dues à des lésions matérielles du névraxe ne me paraît pas pouvoir être basé uniquement sur l’état des réflexes tendineux ou cutanés dans ces paralysies. »

Et ailleurs, à propos de l'hémiplégie hystérique :

« Les réflexes tendineux ne sont pas exagérés, au moins dans la plupart des cas ; toutefois, celte proposition n’est pas absolue et on a cité des observations d'hémiplégie hystérique avec exagéralion des réflexes patellaires et clonus du pied. Pour ma part, il m'a été donné d'observer ces phénomènes, dans deux cas d'hémiplégie hystérique, chez lesquels la guérison a été obtenue par l’isolement et la suggestion à l’état de veille. Par contre, le phénomène des orteils de Babinski n'a pas encore élé rencontré dans l'hémiplégie hystérique. »

Déjerine affirme à nouveau son opinion à la Société de Neurologie (1903) et (1906)' ; il présente avec Norero une hyslérique anorexique avec épilepsie spinale vraie et clonus de la rotule unilatéraux. |

OPpexnerM® admet le clonus du pied dans l'hystérie et ne croit pas qu'on puisse loujours le différencier du clonus organique.

SrEeiNER" cile une observation d'hystérie où les réflexes tendineux sont modifiés d’une façon curieuse : tout d’abord,

sou unilatéralement exagérés avec clonus léger du pied, ils sont abolis ensuite au niveau de la rotule.

« En règle générale, au cours des anesthésies hystériques, les réflexes tendineux sont conservés, les réflexes cutanés abolis ou diminués. »

Steiner a vu toutefois un cas d'hystérie grave chez une Jeune fille, avec anesthésie complète des membres inférieurs, abolition du réflexe plantaire, des réflexes rotuliens. D'une façon tout à fait exceptionnelle, labolition du réflexe rotulien peut ne pas faire rejeter le diagnostic d'hystérie, si le réflexe crémastérien est conservé. i

WesrPHaLL', dont nous avons déjà signalé les cas de pseudo-sclérose cérébro-spinale avec trépidation, a bien voulu nous envoyer quelques observations récentes, où il a signalé le clonus du pied.

« Nous avons eu, ces dernières années, l’attention particulièrement attirée par ce fait que non seulement dans l'hystérie, mais aussidans diverses psychoses aiquës nous avons pu observer un clonus du pied quin'avait pas le caractère de la trépidation s'épuisant facilement, paraissant produite par le malade, comme on l'a souvent décrite dans les maladies fonctionnelles du système nerveur, mais présentait le type d'un clonus violent, rythmique, non épuisable. Dans tous ces cas apparaissait, lors d'examens répétés, le caractère variable de ce clonus qui, tantôt se montrait d'une façon exquise, tantôt disparaissail complétement, tantôt avec la forme d’une trépidation faible de courte durée. Il nous est arrivé dans ces cas, lorsque la trépidation était absente, de lobtenir en faisant marcher un certain temps les malades. »

Acæioré? (de Constantinople) présente au Congrès de Madrid (1903), deux ‘névrosiques (neurasthénique et hysté-

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rique) avec clonus du pied ayant disparu avec l'amélioration de la maladie.

Raymoxo’, lors de la discussion de la Société de neurologie sur le cas de clonus chez un neurasthénique présenté par Gilbert Ballet (février 1903), prend nettement parti pour l'existence du clonus fonclionnel et en résume trois cas.

« J'ai eu l’occasion d'observer « l’épilepsie spinale vraie », et non un symptôme la simulant, dans quelques cas où il m'a semblé qu’il n'existait aucune affection organique du système nerveux. Par ce mot organique, je veux simplement dire une affection dans laquelle on ne trouve rien comme substratum anatomique avec nos moyens actuels d'investigation... »

«Ces quelques exceptions à une règle très générale ne nous paraissent changer en rien les conclusions si justes et si cliniques de M. Babinski sur la valeur sémiologique de la trépidation spinale. Pourtant 11 me semble que son réflexe de l’orteil a encore plus de portée que la trépidation spinale, car, pour ma part, jen'ai pas vu d'exception à la règle qu'il a établie relativement à la signification de celui-ci ».

En 1906, encore à la Société de Neurologie, à la suite de la communication de Déjerine et Norero, Raymond? rapporte lui aussi un cas du clonus du pied dans une hémiplégie hystérique qui lui paraît pure. Deux de ses élèves, Claude et Rose‘ essaient bien de différencier .dans des graphiques,clonus organique et clonus hyslérique, mais l'observation du malade présenté, il y a six mois, à la Société de Neurologie, avec un clonus du pied de type un peu spécial, montre qu'il jeur esthien difficile d’en lirer un diagnostic ferme et des conclusions absolues. Plus récemment encore, Raymond*, à la Société de Neurologie, voudrait voir la discussion sur la définition de lhystérie s'engager à propos de la malade, qu’il pré-

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sente en état de contracture si intense qu’il ne peut être queslion d’y rechercher les réflexes ; cel état de contracture n’estil pas un phénomène bien voisin, sinon corrélatif de l'hyperréflectivité tendineuse ?

Van Gexucurex! vient enfin ces deux dernières annés d’apporter deux cas démonstratifs de elonus du pied dans l’hysthérie.

« Nous avons partagé pendant quelques temps cette opinion absolue de Babinski, non pas en ce qui concerne une simple exagération des réflexes tendineux consistant dans l'exagération du réflexe rotulien, du réflexe achilléen, du réflexe. tricipital et l'apparition des réflexes tendimeux du biceps fémoral, du demi-membraneux et des réflexes tendineux et osseux du poignet, quinous paraît fréquente dans l’'hystérie, mais en ce qui concerne tout particulièrement le clonus du pied. Nous avons eu cependant, 1l y a quelques mois, l’occasion d'observer une malade chez laquelle nous avions porté le diagnostic d'affection organique de la moelle épinière ennous basant tout particulièrement sur l'examen des réflexes et chez laquelle tous les symplômes ont disparu comme par enchantement sans laisser de trace, et celà en quelques jours de telle ‘sorte que les faits mêmes sont venus nous démontrer l'erreur de diagnostic que nous avions commise ».

Sozuier ? admet depuis longtemps l’exagération des réflexes tendineux. Il le confirme dans un article récent : « Le signe de l'orteil ne s'y rencontre jamais, mais la simple exagération des réflexes tendineux ou plantaires est, au contraire, très fréquente et s'accompagne souvent d'une trépidation distincte du vrai clonus sans doute, comme viennent de l’étudier MM. Claude et Rose, mais qui n'indique pas moins l'excès

NES de la réflectivité qu'on voit d’ailleurs disparaître avec la

guérison du sujet ».

INGEGNIEROS , à l’occasion d'un malade atteint d’hémiplégie

avec exagéralion des réflexes tendineux, véritable trépida-

tion épileptoïde, signe de Babinski, discute ce qu’il appelle «les prétendus symptômes de l'hémiplégie hystérique », en admet, malgré cette exagéralion des réflexes, la nature hystérique : l’évolution ultérieure parut lui donner raison.

Decger et Veau * admeltent l’exagération des réflexes avec parfois trépidation épileptoïde dans les contractures hystérotraumatiques.

Von Moxakow nous répond affirmativement à la question, que nous lui avions posée sur le clonus du pied dans l'hystérie. « J'ai observé à plusieurs reprises un véritable elonus du pied chez des hystériques, des épileptiques, toujours après des attaques, une fois même dans un cas d'hystéro-traumatisme.

La caractéristique du elonus du pied dans la névrose est sa-

nature {emporaire ; 1l est facilité par le diaschisis, 5] peut exister pendant des heures, des jours entiers, des semaines, mais ensuite 1l disparaît ».

Bexenikr nous déclare que, dans l’hystérie traumatique, -

« les réflexes tendineux sont en général augmentés », et il ajoute que «l’hystérie, modèle de la pure névrose, est si protéique qu'il n°y à pas un symptôme ou un syndrome qui ne soit imité par cette maladie » ; il nous cite comme exemple les paralysies oculaires.

RomuserG (communication écrile) a vu souvent dans l'hystérie un léger clonus : sur les 100 derniers cas de sa elinique, qu'il a fait examiner à ce sujet, il était quatre fois nettement marqué el une fois ébauché. Mais il ne se rappelle

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pas l’avoir observé avec l'intensité qu'il a dans les lésions organiques de la moelle,

Suivent quelques auteurs qui ont constaté l'exagératon des réflexes lendineux, non point d'une façon exceptionnelle, mais fréquemment dans l'hystérie.

Coco‘, dans son rapport sur le tonus et les réflexes, au Congrès de Limoges (1901), signale l’exagération fréquente des réflexes tendineux dans l'hystérie. Il insiste davantage dans son « Etude de la réflectivité dans l’hystérie »! {Revue neurologique, 1904), basée sur 100 cas d'hystérie. Il étudie ce qu'il appelle le phénomène plantaire combiné, c'est-à-dire l'abolition simultanée du réflexe plantaire cortical ou réflexe en flexion et du réflexe plantaire médullaire réflexe du fascia lala de Brissaud ; il l'oppose à l’exagération des réflexes tendineux dans er « L'exagération des reflexes tendineux (79 0/0), plus fréquente que l'abolition du réflexe pharyngien (73 0/0), constitue un signe au moins aussi précieux que ce dernier pour établir le diagnostic... Son existence, dans un grand nombre d’affections toxiques el infectieuses, et même à l’état normal, ne lui permet pas cependant d’avoir une valeur pathognomonique .

.. «Le clonus du pied n'est pas très rare dans lhystlérie 10 0/0 ; celui de la rotule moins fréquent, (5 0/0) ; celui du poignet n’a jamais existé dans nos cas. »

Crocq est un des rares à défendre l’exagération des réflexes, à la Société de neurologie, lors de la discussion sur Phystérie*:

«M. Babinski pense que la suggestion ne peut avoir aucune influence sur des réflexes, tant tendineux que culanés. J'ai pu cependant, par suggestion, faire disparaître le réflexe plan-

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taire en flexion, des réflexes pharyngien et cornéen. Mais Je n'ai pas pu modifier le réflexe rotulien, ni l’achilléen, ni le crémastérien, ni celui du fascia lala. Ceux que l’on parvient à modifier par la suggestion sont des réflexes défensifs corticaux. .

» Au cours de cette longue discussion, aucun orateur n’a pensé à parler des symptômes objectifs de lhystérie ; personne n’a songé à parler des troubles des réflexes qui sont cependant très intéressants : on oublie l'abolition du réflexe pharyngien, on ne tient pas compte de l’exagération des réflexes tendineux ni de l'abolition des réflexes plantaires : on passe sous silence le phénomène plantaire combiné ou l'abolition simultanée des deux réflexes plantaires (flexion et fascia lata), phénomène qui m'a permis cependant de faire le diagnostic différentiel dans des cas difficiles, notamment dans des cas de névrose traumatique. »

M. le professeur Lemoxe! (Lille), fait soutenir, en 1902, par son élève Roucne?, une importante thèse sur les réflexes dans l’hystérie. Sur 132 cas de sa pratique personnelle, il constate le réflexe rotulien exagéré 88 fois, la trépidation du pied 37 fois. Il a depuis persisté complètement dans cette opinion (communication écrite) :

« L'existence des réflexes rolulien et plantaire exagérés et de trépidation épileptoïde chez les hystériques est un phénomème d'une fréquence très remarquable. Je le rencontre d'une façon presque constante au cours des expertises médicolégales chez les ouvriers atteints d'hystéro-traumatisme. J’ai pu observer nombre de blessés ayant présenté de l’hystérotraumatisme avec exagération de ces réflexes et trépidation du pied, 1l y à quelques années, el qui aujourd’hui guéris de leur hystéro-traumatisme ne présentent plus ces phéno-

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mènes. On peut donc affirmer que chez eux il n’y a jamais eu de lésion organique.

, » J'ai rencontré ces mêmes réflexes exagérés dans des cas de paraplégie hystérique que j'ai guéris par des moyens suggestifs et chez lesquels ces symptômes disparaissaient après la guérison.

» Je me réserve d'attirer plus tard à nouveau l’altention sur l'association de l'hystérie avec l'exagération des réflexes tendineux et publier les observations très concluantes que j'ai recueillies à ce sujet depuis la publication de la thèse de mon élève Rouche ».

Le professeur Teissiër‘ (de Lyon), a observé, depuis très longtemps, l’exagération des réflexes tendineux associée à la diminution ou à l'abolition des réflexes cutanés, sur laquelle Crocq atbre l'attention dans son article de la ÆARevue newrologique (1904). Cette doctrine avait déjà été enregistrée dans le livre de son élève Roux?. Ce n’est qu'en 1905 qu'il fait sur ce sujet une communication à la Société de médecine de Lyon; l’année suivante la thèse de Fayer* soutient les mêmes idées. Pour Teissier, l’exagération des réflexes (indépendamment de toute anesthésie plantaire) est très commune dans l’hystérie, constituant un véritable stigmate.

La dissociation des réflexes plantaire et patellaire est «un stigmate, nous écrit-il (car 1l en existe encore, bien qu'on puisse dire), d’une très réelle valeur, qui dans bien des circonstances m'a permis de poser un diagnostic intéressant. C’est ainsi que, il n'y a pas longlemps, dans une experlise délicate, j'ai pu, grâce à la constatalion très nelle de cette dissociatioa, chez un homme victime d’un traumatisme de chemin de fer, affirmer l'existence de phénomènes hysté-

riques consécutifs.

(t) HAT. — (?) 102. — (*) 42.

» Du reste, celte exagération des réflexes dans l’hystérie est quasi constante (je dis quasi car il n’est pas de règle sans exception), et j'ai le souvenir très nel d'avoir signalé à P’hôpital, à plusieurs reprises, le clonus du pied comme signe de manifestation névropathique. Mais à celle époque, nous ne connaissions pas le signe de Babinski et nous ne pouvions l'appeler à notre aide pour infirmer ou confirmer notre opinion. Je ne crois pas trop m'avancer pourtant, en affirmant que j'ai vu le clonus du pied avec le réflexe des orteils en flexion ; j'ai noté le cas dans quelques observations de ma pratique privée et à l'hôpital.

» Il y a plus de trente ans, à l’époque où j'avais l'honneur de suivre le service du regretté Vulpian, à la Charité, je fus frappé par une jeune malade présentée par le maitre comme une hystérique avérée et qui ne pouvait se mettre debout sur ses jambes sans avoir une trépidation épileptoïde caractéristique, qui ne cessait qu'une fois la malade couchée ; elle présentait en même temps des troubles vasomoteurs très prononcés, une véritable asphvxie des extrémités. »

Parfois on constate, ajoute Teissier dans sa communicalion de 1905, ‘« une déséquilibration exagérée de la réflecuivité » (abolition du réflexe plantaire superficiel et persistance du réflexe plantaire profond, du réflexe plantaire obtenu par une excitation profonde); enfin et plus rarement, on pourrait constater une allénuation considérable ou une très grande atténuation du réflexe rotulien coïncidant avec une exagéralion du réflexe plantaire; mais ceci est tout à fait exceptionnel. Celle dissociation des réflexes rotuliens et plantaires peut se rencontrer dans des hysléries sans stigmates et être utilisée pour le diagnostic de cas difficiles : chorée hystérique, hystéro-épilepsie. Ce n’est point toutefois un signe absolu et Teissier l’a vu en défaut, au moins dans un cas de paraplégie spasmodique, où la présence de ce signe lui

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avait fait porter le diagnostic d’hystérie,et où l'évolution ultérieure se fit vers la méningo-myélite.

Pic, Charrier, Chavigny, à la Société de médecine de Lyon, approuvent la communication de Teissier et déclarent faire, eux-aussi, de cette dissociation, un stigmate de la névrose.

Un des élèves du professeur Teissier, Roux', à étudié, lui aussi, à plusieurs reprises, les réflexes dans l’hystérie et particulièrement la trépidation épileptoïde; il essaie, comme Babinski, d'établir une distinction entre le clonus des organiques et le clonus des hystériques. « Il faut avouer, cependant que, malgré lous les caractères distinctifs, il est parfois impossible de distinguer la fausse trépidation de la vraie?. »

Bixswancer*,dans son récent ouvrage sur l’hystérie,conslate, même dans la paralysie flasque, une légère exagération des réflexes. D’autre part, dans l’hyslérie en général, « les réflexes tendineux sont très souvent exagérés, surtout dans les cas de contracture... L’exagération des réflexes rotulien et achilléen est fréquente ; le clonus de la rotule rare, mais le clonus du pied se rencontre dans 20 0/0 des cas. Il faut toutefois une certaine habitude, pour distinguer la vraie trépidalion du pied de la fausse, qu'on peut observer aussi bien dans la paralysie flasque que dans la paralysie spasmodique. Le vrai clonus, obtenu par choc sur le tendon rotulien ou par extension brusque et passive du pied, se compose d’une série de mouvements de flexion et d'extension rythmée : on ne sent dans le faux clonus que des contractions irrégulières présentant le caractère du mouvement imtentionnel ». Binswanger, d'autre part réfute la théorie de l'abolition des réflexes dans certains cas d'hystérie.

Parkes Weser*, dans un article {out récent, admet l’exa-

AApoE gération du réflexe rotulien et la trépidation épileptoïde d'origine fonctionnelle. Pour lui c’est à tort qu'on à considéré tout syphilitique avec exagération des réflexes comme frappé d’un début de lésion médullaire : examens pour assurances sur la vie et examens médicaux ordinaires ont montré que cette exagéralion survient fréquemment chez des individus normaux, chez des débiles à excitabilité nerveuse facile, chez des neurasthéniques, chez les « malingres nerveux ». Mais ce qui distingue l'opinion tout-à-fait particulière de Parkes Weber, c’est que pour lui, à l'encontre de l'opinion des auteurs, l’extrème exagération du réflexe rotulien avec clonus de la rotule est un signe, non de lésion organique, mais de trouble fonctionnel ; dans certains cas même de lésion organique, Parkes Weber admet, lorqu'on constate à la fois le elonus du pied et le clonus de la rotule, qu'il s’agit de phénomènes fonctionnels surajoutés. La preuve, c'est que ce clonus peut disparaître, alors que persiste la lésion. Parkes Weber signale à lappui de sa théorie une trépidation épileploïde du pied, rythmée et très nette, dans un membre atteint de spasticité et de troubles trophiques', qui disparut alors que les lésions du pied ne se modifièrent pas : fait à noter, ce clonus était en partie dépendant de la volonté de la malade.

Le clonus fonctionnel est souvent impossible à différencier d'avec le clonus organique ; 1l s'accompagne parfois d’abolition du réflexe plantaire.

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