‹ De L'Exagération Des Réflexes Tendineux Dans L'HystérieChapitre 39 sur 50 · LA · texte numérisé non relu

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étudie ensuite chez le lapin les caractères du clonus fonctionnel qu'il obtient:

1° Soit par le procédé des vibrations imprimées au membre (vibrateur électrique) ;

20 Soit par immobilisalion prolongée de l'animal et tension prolongée de ses muscles ;

30 Soit par des commotions légères de la moelle épinière. Suivant la technique de Senmaus on tient l'animal en l'air, on applique une planche en bois sur la partie dorsale de la colonne vertébrale et l’on frappe de légers coups de marteau sur la planche. On peut voir survenir, quelques ‘ours après, une exagération des réflexes tendineux, du elonus du genou, alors que l’état général est satisfaisant et qu'il n'y a pas de lésion médullaire.

Ces trois sortes de clonus d'ordre fonctionnel présentent des tracés analogues : ces tracés se caractérisent : par la fréquence des vibrations toujours à peu près la même, 13 à 14 par seconde ; la grande irrégularité du tracé : les amplitudes des secousses ne sont pas égales entre elles et les intervalles entre les diverses ondes peuvent changer ; le trait de plume

lui-même est ondulé; sa variabilité et son polymorphisme,

c'est ainsi qu'il peut se rapprocher du tracé régulier, mais uniquement d’une façon épisodique.

Chez les mêmes animaux, Stcherbak étudie les caractères du clonus organ'que, lié à une lésion médullaire (écrasement de la moelle dorsale par des coups de marteau violents appliqués sur une planchetle entre deux apophyses épineuses des vertèbres dorsales). Les caractéristiques de ce

elonus sont: une fréquence moindre, 5 à 6 vibrations à la se-

conde, un tracé régulier (égalité des amplitudes, égalité des intervalles), son uniformité.

Ilya donc chez lesanimaux la même différence entre le elonus vibratoire (clonus fonctionnel) et le clonus organique,

que celle qui a été constatée chez l'homme par Claude et Rose entre la névrose et les lésions du système nerveux. On trouve dans le clonus fonctionnel de l’homme et de l'animal le même polymorphisme et cette possibilité de rappeler à certains moment le clonus organique.

L'influence psychique ne pouvant être invoquée pour ces pseudo-clonus, c’est l’exagération du tonus par la contraction volontaire ou involontaire des muscles qu'il faut admettre d’après Stcherbak, comme cause de ces clonus. Ce facteur, des plus inconstants, expliquerait, d'après Stcherbak, la variabilité et le polymorphisme du clonus fonctionnel. Mais, dans une communication ultérieure, Stcherbak' déclare obtenir par la vibration chez l’homme l’exagéralion des réflexes et même jusqu'à certains réflexes anormaux (signe de Babinski).

En attendant que des recherches ultérieures viennent confirmer ouimfirmer les précédentes,il est intéressant denoter que Stcherbak, pas plus que Claude et Rose, n'établit de démarcation absolumentindiscutable entre les deux sortes de clonus Pour terminer ce chapitre du clonus, nous citerons l'opinion de J. Roux, qui s’est beaucoup occupé de trépidation épileptoïde du pied dans les névroses. Dans un article récent?, il passe en revue les divers moyens de différencier clonus névrosique et clonus organique. Il avait autrefois, en 1896, avec Devic*, établi une différeace suivant la modification du elonus, quand on venait à fléchir le gros orteil: le clonus fonctionnel cessait toujours ; le clonus organique ne cessait que si les réflexes cutanés étaient normaux et s’exagérail dans le cas contraire ; il ne tarda pas à constater que ce phénomène était tout à fait irrégulier.

Il a recherché si la perception de la contraction volontaire

pourrail aider au diagnostic. Mais celte contraction est bien difficile à apprécier. Est-ce à l'inégalité du rythme et de l'amplitude des secousses, comme le veulent Craune et Rose ? Ici, encore, cette irrégularité est inconstante, le malade s'éduque et son rythme devient normal. Roux croit qu'un des meilleurs signes, c'est l'existence, dans la fausse trépidation, de la contraction des muscles autres que le triceps, de la trépidation de tout le membre. Toutefois, Roux termine : «Il faut avouer cependant que, malgré tous les caractères distinctifs, il est parfois impossible de distinguer la fausse trépidation de la vraie».

Un dernier argument invoqué par Babinski contre l'exagération des réflexes dans l'hystérie est tiré de l'influence nulle de la suggestion sur les réflexes tendineux. La suggestion n'a pas réussi à augmenter les réflexes, à déterminer le clonus du pied, dit-il. Il a paru loutefois, à M. Rimbaud, avoir déterminé chez notre petite choréique, un clonus transitoire sous l'influence de la suggestion.

Mais la suggestion n’eut-elle aucune influence sur les réflexes, cela ne signifie point que l’hystérie ne puisse agir sur eux, la suggestion ne résumant probablement pas toute l'hystérie.

En résumé, les réflexes peuvent être exagérés dans l'hystérie pure, sans association névroso-organique, en dehors de toute autre cause d’exagéralion. Ce sont, le plus souvent, des réflexes tendineux légitimes; il ne s’agit pas toujours, comme le veut Babimski, de réflexes illégitimes.

Le clonus vrai peut se rencontrer dans la névrose, avec tous les caractères qu'il présente dans les lésions organiques. À côté de ce clonus assez exceptionnel, on peut constater un faux clonus, sorte de tremblement névrosique à forme de trépidalon, où ce que Babinski appelle l’épilepsie spinale fruste, c’est-à-dire une sorte de clonus lié à la contracture volontaire du triceps. |

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