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nombre de cas que nous avons étudiés à ce point de vue spécial, nous n'avons pas vu les réflexes exagérés. Bien au contraire si, à la vérité, leur disparition complète nous a. paru rare, nous pouvons dire, par contre, que nous avons très souvent noté leur diminution d'intensité. » i
Gilles de la Tourette! déclare souvent difficile de se prononcer sur l’exagéraiion où l’affaiblissement des réflexes rotuliens, étant donné les différences individuelles physiologtques. Il conseille de comparer les réflexes du côté droit et du côté gauche; l’amyosthénie étant généralement unilatérale, la difficulté vient alors souvent de ce que l’amyosthénie, quoique plus particulièrement accentuée dans un membre, s’est généralisée en véritable diathèse et a modifié de la même façon tous les réflexes. s
Il signale ce fait bien curieux : « Nous avons vu des paralysies hystériques flasques avec. conservation, exaltation des réflexes et même trépidation spinale ; mais ce sont là des faits rares et dont la complexité peut être réelle. »
Pirres*, dans ses leçons cliniques sur l’hystérie,insiste peu sur les réflexes tendineux ; les réflexes rotuliens dans l’abasie sont normaux, à peu près complètement conservés dans la paralysie flasque, parfois un peu exagérés dans les monoplégies hystéro-traumatiques.Il rappelle toutefois le malade de Lecocq avec : hyperexcitabihté musculaire en dehors de l’état d'hypnotisme, s'accompagnant d'une exagération notable des réflexes. Après avoir étudié 1200 mdividus sains et 85 hystériques, Pitres conclut au peu de différence entre ces sujets au point de vue de lPabolition du réflexe rotulien.
LüwenreLr* ajoute une grande importance à cette conservalion du phénomène du genou, qui manque très rarement
ae 67, |" ARS dans l’hystérie et est en général le signe d’une affection organique. Il dit l’avoir vu souvent exagéré.
Parmi les auteurs étrangers de cette époque, Gowens! déclare : « Dans le domaine de l’anesthésie hystérique les réflexes ne sont pas changés » ; Srerxserc?, l’auteur d’une excellente monographie sur les réflexes, dit : « Dans la monoplégie ou l’hémiplégie hystérique on trouve fréquemment une différence entre les réflexes tendineux des deux côtés, comme Althaus l’a déjà soutenu. Le plus souvent du côté anesthésié et paralysé les réflexes tendineux sont exagérés, mais on trouve parfois de Ja diminution ».Sternberg cite des cas où 1l constaté le clonus.
CRAMES, OPPEN&EIM, l’admettent eux aussi.
BecareRew* trouve parfois le clonus du pied, de la rotule, associés où seuls, dans quelques affeclions fonctionnelles du système nerveux avec hyperexcitabilité réflexe : hystérie, névrose traumatique ; son intensité symétrique, sa bilatéralité assu-ent alors le diagnostic de névrose, de maladie fonctionpelle.
Duriz* étudie la relation des réflexes, réflexes tendineux et surtout réflexes culanés avec les, anesthésies. « Contrairement à ce que l’on observe dans les cas d’anesthésie dépendant d’une lésion organique des voies conductrices, les anesthésies hystériques n’altèrent pas, ne suppriment pas les réflexes organiques. Le réflexe rotulien, le réflexe crémastérien, le réflexe abdominal de Rosenbach, les réflexes cardiaques et respiraloires, provoqués par certaines excitations cutanées sont parfaitement conservés, quels que soient l'étendue, et le degré d'intensité de l’anesthésie. I n'y à abolition que des réflexes cutanés (au chatouillement, réflexe nauséeux, réflexe palpébral) qui sont des actes réflexes compliqués, ne
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L'état de contracture, quoiqu'il fut déjà longuement connu à cette époque, ne semble pas avoir été, même après les travaux de Charcot et de Richer, très bien étudié au point de vue des réflexes ; nous trouvons dans les classiques d’alors des opinions assez opposées : « quand les contractures frappent les membres, elles s’accompagnent en général de trépidation épileptoïde, de ces phénomènes tendineux que nous avons décrits dans la sclérose latérale» (Grasset! et Rauzier).
Dans la contracture « les réflexes ne sont généralement pas modifiés ou bien leur exagération n'est qu'apparente : ‘elle est le fait d’un tremblement qui simule la trépidation spinale » (Dutil® ir traité Charcot-Bouchard). Un peu plus loin le même auteur écrit à propos de la diathèse de contracture: « elle s'accompagne quelquefois, mais non toujours, d’un certain degré d’exaltation des réflexes tendineux et bien exceplionnellement de trépidation épileptoïde (phénomène du pied) », et, ailleurs, à propos de la paralysie hystérique : «les réflexes tendineux sont normaux et semblent légèrement exaltés. »
Roux*, dans sa thèse sur les contractures hystériques, écrit : « L'exagération des réflexes tendineux n’est pas un symptôme constant ; elle est même rare ».
Tels étaient les avis des neurologistes sur les réflexes tendineux dans les diverses manifestations de l’hystérie, et parücuhèrement dans les contractures : la plupart admettaient la possibilité de l’exagération des réflexes dans certains troubles moteurs (paralysies spasliques ou contractures). Babinski, Bernheim en avaient publié des cas. Quelques-uns
admettaient bien quelques restrictions ; Charcot, Gilles de la Tourette, Dutil mettent en garde contre la confusion, dans ces cas, entre le tremblement hyslérique et l'épilepsie spinale. C’étaient ceux-là même qui avaient créé la diathèse de contracture avec son cortège d’exagération des réflexes et sa trépidation épileptoïde.
2° Période: de la communication de Babinski (1893) jusqu’à nos jours
C'est alors que Babinski s'élève dans une importante communication à la Société Médicale des hôpitaux (1893) contre la conception ancienne de la contracture hystérique et des réflexes dans l’hystérie.
Cet important mémoire mérite plus qu’une succincte analyse; nous en ferons donc tout d’abord l’étude etexposerons ensuite d’après ses travaux ultérieurs l'opinion de Babinski sur l'exagération des réflexes.
Après cet exposé, nous donnerons l'opinion desauteurs comtemporains, telle que nous l'avons trouvée dans leurs ouvrages ou les communications écrites qu'ils ont eu l’amabilité de nous adresser!. Pour plus de clarté, nous les avons classés en deux groupes, suivant qu'ils sont partisans ou adversaires de l’exagération.
(*) Nous remercions tout particulièrement MM. Ballet, Bénédikt, Béco (Liège), Brissaud, Crocq, Dubois (de Berne), Jendrassik, Guillain, Ladame, Lemoine (Lille), von Monakow, Romberg, Teissier (de Lyon), Westphall, d'avoir bien voulu nous indiquer leur opinion sur l'exagération des réflexes. Nous remercions aussi MM. les professeurs Erb, Régis, Sternberg de leur aimable réponse et regrettons qu'ils n'aient pu nous fournir des documents sur la question.
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