‹ De l'exagération des réflexes tendineux du pied et du genouChapitre 4 sur 27 · PUIS NE · texte numérisé non relu

PUIS NE

Charcot ont achevé de faire la lumière sur les réflexes tendineux, et actuellement tout le monde est d'accord sur leur interprétation et leur signification.

Le phénomène du genou est un phénomène physiologique et se rencontre chez la plupart des individus sains. On l’obtient en frappant un coup sec sur ie tendon rotulien avec le bord cubital de la main ou avec le marteau de Skoda, les muscles de la cuisse se trouvant dans un état de relâchement complet. Pour cela le sujet s’asseoit sur le bord du lit, les jambes pendantes, ou bien croise l’une sur l’autre les jambes à äemi fiéchies, tout en restant dans la position du décubitus. Enfin l’opérateur peut placer une main sous l’articulation du genou, la jambe retombant inerte, et percuter le tendon avec l’autre main. Les deux premiers procédés sont de beaucoup les meilleurs, mais, chez les malades, il faut souvent se contenter du dernier.

Quoiqu'il existe en général chez tous les sujets, le phénomène du genou varie cependant dans d’assez grandes limites, à l’état normal. On le trouve tantôt fort, tantôt faible ; il peut même manquer totalement. O0. Berger, sur 1409 personnes saines, dont 900 soldats, qu'il a examinées, l’a trouvé absent 22 fois, sait dans une proportion de 1,56 0/0.

Contrairement au précédent, le phénomène du pied n'apparait que dans les cas pathologiques, Son existence coïncide alors fréquemment, mais non fatalement, avec une exagération du phénomène du genou. |

On le provoque très facilement chez le malade par le redressement brusque de la pointe du pied, la jambe étant très légèrement fléchie sur la cuisse. Il consiste en une série de trépidations plus ou moins nombreuses, parfois indéfinies et plus ou moins amples, qui cessent dès que Île pied a repris sa position normale.

Dans quelques cas, ce phénomène se produit même spontanément, le malade étant, par exemple, assis et appuyant sur le sol le bord externe de l’avant pied, le pied étant placé de préférence dans l’extension.

Les autres réflexes tendineux s’obtiennent de même en percutant des tendons déterminés, les muscles se trouvant dans un état de relâchement complet.

On provoque le réflexe au tendon d'Achille par la percussion de ce tendon, les genoux étant à moitié fléchis, le pied à angle droit aves la jambe, le malade couché sur le côté opposé à celui où l’on opère.

Le réflexe du triceps du bras s'obtient en frappant sur son tendon, contre l’olécrâäne, le bras à demi fléchi, l’avant bras intermédiaire entre la pronation et la supination.

Du côté du biceps on peut provoquer un phénomène réflexe, en percutant son tendon à deux ou trois centimètres du pli du coude.

Enfin, au poignet, on détermine une contraction réflexe, soit dans le sens de la flexion, soit dans celui de l’extension en percutant les tendons de l’une des deux faces du bras, antérieure ou postérieure, la main retombant inerte du côté opposé.

Néanmoins ces derniers phénomènes réflexes constituent des signes moins constants que ceux du genou et du pied, en ce. sens qu’iis nécessitent beaucozp plus de tâätonnements et s’obtiennent assez difficilement, de façon précise, chez des malades atteints de fièvre grave et plus ou moins maniables. Dans ces cas on n'obtient pas toujours, en effet, une résolution musculaire convenable.

Ce sont ces raisons qui nous ont déterminé à n'insister, dans nos observations, que sur les phénomènes du genou et du pied dans la recherche du degré de réaction de la moelle.

L'interprétation de ces actes réflexes a donné lieu à de nombreux travaux qui ont conduit leurs auteurs à des conclusions diverses. Le phénomène du genou en particulier a été l’objet de recherches expérimentales surtout de la part de MM. Erb et Westphal, Charcot, Joffroy, Schultze et Fürbringer, Tschiriew, Brissaud et François Franck, celles-ci relatées dans la thèse de Petitclerc et de la part de Prévost de Genève.

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Il en résulte que le phénomène du genou n’est point dû à une irritation mécanique et directe des muscles au moyen de leurs tendons, mais qu’il dépend d’une action réflexe. Celle-ci a son point de départ dans les filets nerveux intermédiaires au tendon rotulien et au muscle triceps, et son centre est situé dans la région lombaire de la moelle.

Quant au phénomène du pied, l’école française le fait résulter de l’antagonisme des muscles extenseurs et fléchisseurs de la jambe. Il consiste en des contractions plus ou moins fortes et alternatives de ces deux ordres de muscles, auxquelles il faut ajouter celles des abducteurs et des adducteurs. Cette théorie des antagonistes a été particulièrement bien établie par Lewinski (1).

Comme celui du genou, ce phénomène est dû à une action réflexe, dont le centre se trouve dans la région inférieure de la moelle. Cependant, contrairement à lui, il ne peut être provoqué chez l'individu sain.

Lewinski explique ce fait de la manière suivante : si on relève la pointe du pied brusquement, la secousse imprimée s’épuise dans les muscies de la jambe passivement distendus, grâce au mode d'insertion des fibres musculaires. Par suite on ne provoque pas l’irritation des nerfs centripètes du tendon et de l’aponévrose. Si au contraire, le membre présente une tendance à la contracture cette irritation pourra se produire. Or, la contracture est liée directement à l’hyperexcitabilité de la moelle dont, normalement, dépend la tonicité musculaire. Un état irritatif de la moelle seul permettra donc de provoquer le phénomène du pied.

Lewinski explique de la même manière l’existence du phénomène de la main à l’état pathologique.

En somme, «les phénomènes tendineux sont d’origine réflexe; ils ont pour origine les nerfs centripètes aponévrotiques placés entre le muscle et le tendon, nerfs qui se rendent, avec les racines

(4) Lewinski. — Archiv für Psychiatrie, 18TT.

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