‹ De L'examen des selles des nourrissons: Réaction du sublimé acétique: Méthode de Schmidt-TribouletChapitre 7 sur 21 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les pigments biliaires dans les selles La Stercobiline

On peut trouver dans les selles, soit les pigments biliaires normaux, soit, plus fréquemment, leurs produits de transformation, l'hydrobilirubine et la cholécyanine.

40 DÉFINITION DES PIGMENTS NORMAUX (1). — La bile normale renferme deux pigments principaux, la bilirubine et la biliverdine, qui ne diffèrent l’un de l’autre que par une molécule d'oxygène, la biliverdine étant une bilirubine oxydée.

La bilirubig peut être obtenue sous forme d’une poudre jaune orangé; elle existe normalement à l’état de uissolution ou de combinaison alcaline, en particulier, dans la bile de beaucoup d'animaux et dans celle de l’homme. Sa formule chimique est C22H%647Z106.

La biliverdine peut être obtenue sous forme d’une poudre vert foncé; elle existe normalement dans

(A) Ricuer, — Dictionnaire de Physiologie. Article Bile (Pastre).

la bile des animaux à sang froid et des herbivores ; sa formule chimique est C*? H3% Azt OS.

On voit de là les rapports qui existent entre les deux pigments :

Bilirubine + O? — Biliverdine

Ce sont ces pigments qui donnent aux selles des nourrissons et des enfants nouveau-nés leur coloration caractéristique jaune ou verte.

20 DÉFINITION DES PIGMENTS MODIFIÉS : STERCOBI- LINE. — La stercobiline, ou urobiline fécale ou hydrobilirubine est un pigment renfermé dans les selles normales, soit à l'état pur, soit sous forme d'un chromogène, le stercobilinogène. Sa formule chimique est C2 H4 A7: 07; elle ne diffère des! pigments biliaires normaux que par un processus de réduction :

C32 186 Az4 O6 H20 + H2 — C#? HW Az# O7 Bilirubine Stercobiline

Elle se caractérise par la fluorescence verte qu’elle donne lorsqu'on traite sa solution ammoniacale par le chlorure de zinc. De plus, elle donne à l'examen spectroscopique une bande d'absorption aux limites du vert et du bleu, entre les lignes b et F; la bande est plus nette lorsqu'on ajoute une goutte d'acide chlorhydrique; elle présente encore une bande accessoire près de la raie D.

Ce n'est probablement pas la stercobiline qui donne aux selles leur coloration, puisque dans les cas d'alimentation purement lactée, alors que le foie fonctionne normalement, elles sont presque

incolores (Gilbert et Herscher); d’ailleurs, des ma- 2h

CSrOoR— tières absolument incolores peuvent renfermer de la bile (Von Jacks).

Toutefois, il existe des cas dans lesquels labondance de bile coïncide avec la coloration intense des matières ; il faut les expliquer de la façon suivante : l'augmentation de la quantité de bile entraîne la réduction d’une seule partie des pigments; le reste se retrouve dans les selles sous forme de bilirubine, et c’est elle qui leur donne leur intensité de coloration.

30 HISTORIQUE DE LA STERCOBILINE (1). — Van Lair et Masius (1871), traitant les matières fécales par un mélange d’alcool (17 parties) et d'acide sulfurique (3 parties), et agitant l'extrait avec du chloroforme, obtinrent une matière colorante qu’ils dénomméèrent stercobiline ; elle donnait les réactions de l'urobiline, notamment la fluorescence caractéristique avec le chlorure de zinc ammoniacal; aussi la rapprocha-t-on aussitôt de ce pigment découvert trois ans auparavant par dJaffé; mais le spectroscope décelait outre la bande d'absorption, entre le bleu et le vert, d'autres bandes plas petites dans l'orangé, et un obscurcissement aux deux extrémités du spectre. Mac Munn les avait déjà rencontrées dans l’urine des fiévreux et les assignait comme caractéristiques de l’urobiline fébrile : on admit donc pendant un certain temps, avec Mac Munn, Hénocque, Méhu, l'identité de la stercobiline et de lurobiline fébrile.

(4) LemaiRE (de Dunkerque), — Æ£cho Médical du Nord, 10 janvier 1909.

Bientôt, cependant, on reconnut que cette derniére n'était pas un composé défini, mais un mélange d'urobiline et d'autres produits de transformation incomplète de la bilirubine. Beck, le premier, soutint que la stercobiline pure n'était que de l’urobiline; Garned et Hopkir, Kiener et Engel, Hayem reconnurent l'exactitude de cette observation.

Plus récemment Steensma, Supino, Giovanni Marini montrérent qu’en reprenant plusieurs fois dans des dissolvants appropriés les solutions de stercobiline, on arrivait à obtenir un produit ne donnant plus quela bande d'absorption de la stercobiline. Il est donc bien prouvé aujourd'hui, qu'il y a identité entre l’urobiline urinaire de Jaffé et la stercobiline de Van Lair et Masius.

Par commodité on peut conserver les deux termes d'urobiline et de stercobiline qui indiquent les

deux origines différentes dans l’organisme de ce composé.

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