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I. A l’étude des réactions psycho-motrices de l’individu

IT. A l’étude des réactions psycho-émotives ;

TT. A l'établissement des tests reproduisant, imitant ou décomposant les opérations professionnelles fondamentales demandées à un individu ;

IV. À ordonner les résultats de chaque test par les méthodes employées dans la statistique mathématique.

Dès lors, recourir aux seuls services de la psychologie et de la mathématique, c’est nécessairement ou abandonner toute recherche psycho-motrice (IE) ou les laisser au seul médecin ; laisser au seul psychologue l’étude des

réactions psycho-émotives (II) et l’établissement des tests (III) et méconnaître de la sorte l'indispensable apport de la médecine ou de la psychiâtrie.

Nous le répétons : Etudier le comportement humain dans la fatigue ou dans l'effort, en dehors des données biologiques, c’est faire œuvre dangereusement stérile. Nous ne pouvons mieux faire que citer à ce sujet quelques passages du rapport que le Docteur Toulouse présentait au IVe Congrès de Psychotechnique qu’il présidait :

« Comme toute science nouvelle la psycho technique ne possède pas un champ d’action limité, un personnel homogène ni même un nom qui réponde bien à son objet ».

« Le but de la psychotechnique est d’abord de déterminer la valeur biologique de l’individu.…. Or cette valeur biologique dépend de facteurs multiples. La psychotechnique à elle seule est incapable de la déterminer. elle doit s’appuyer sur la psychiâtrie et sur les disciplines biologiques, et cela non seulement en théorie mais en pratique ».

« Le postulat sur lequel repose toute la méthode des tests psychotechniques est celui-ci : le rendement que le sujet fournit au laboratoire dans une épreuve de courte haleine permet de prévoir sa conduite et son rendement social … Dans quelle mesure ce postulat est-il légitime ? En fait il ne l’est qu’en partie. Le rendement que l’individu fournit au laboratoire dans une épreuve de. courte haleine montre les possibilités dont peut disposer le sujet examiné ; mais il ne permet pas de conclure à une

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réalisation effective de ces possibilités. Les aptiudes tant qu’elles restent virtuelles, n’ont pas d'importance sociale réelle et peu d’intérêt pratique. Ce qui importe c’est leur réalisation, leur actualisation, le passage de l'énergie potentielle à l’énergie cinétique... Or les aptitudes qui ont servi jusqu'ici de bases aux diagnostics psychotechniques, ce sont les aptitudes mentales et psycho-motrices. Pour qu’elles s’exercent, pour qu’un certain fonctionnement cérébral ait lieu, il ne suffit pas que les dispositions virtuelles existent, il faut encore que soient réalisées certaines conditions en dehors des aptitudes elles-mêmes.

Le postulat fondamental de la psychotechnique, l’équivalence entre le rendement possible et le rendement réalisé, n’est vrai que si certaines conditions d’équilibre affectif sont réalisées ».

Et le Docteur Toulouse démontre que seul le psychiâtre pourra établir par l’étude de la personnalité si les possibilités virtuelles entrevues au laboratoire pourront s’actualiser et devenir réelles.

De même, il affirme que « comme la psychiâtrie, la physiologie doit être aussi une base de la pratique psychotechnique ».

Comment appliquer par exemple, en orientation professionnelle la notion très intéressante de « l’âge mental », si elle n’est pas complétée par la notion de « l’âge physique » (Laugier) ? Un retard mental, n’a de signification précise que s’il peut être interprété à la lumière des notions biologiques. S'il s'accompagne par exemple d’un retard de l’évolution pubérale, le pronostic

est réservé, le retard mental pouvant être regagné dès que l’évolution pubérale s'effectue soit spontanément soit sous l’action d’un traitement approprié. Il en sera autrement si le développement pubéral est achevé et si l'enfant ne présente pas de signes d’une insuffisance physiologique améliorable.

En somme, « les centres d’orientation professionnelle devront s'organiser avec un personnel que l’on recrutera au mieux. Et dès maintenant on peut concevoir des organisations formées avec des psychologues expérimentés, des physiologistes et des psychiâtres » (Toulouse).

Comment d’ailleurs mieux adapter le travail au besoin psycho-physiologique du travailleur — ce qui constitue un des principaux objets de la psycho-technique — sinon en recourant aux connaissances du médecin ou du physiologiste ? Chaque fois qu’il y aura un nouveau genre de fabrication à monter et pour lequel plusieurs procédés sont préconisés, l'étude du métabolisme basal permettra — au seul médecin — de découvrir quel est celui qui, à rendement égal, est le moins fatiguant, ou à fatigue égale, le plus avantageux.

D'ailleurs en devenant psychotechnicien, le médecin sort-il tellement du cadre de ses connaissances médicales? Comme le dit excellemment le Professeur Sollier du fait des connaissances qu’il possède en biologie, en physiologie, en pathologie le médecin n'est-il pas tout préparé à acquérir ce qui lui manque pour faire de la psychotechnique, à savoir la psychologie physiologique, expérimentale — qu'il ne faut pas confondre avec la psychologie des philosophes, des métaphysiciens, des spiritualistes.

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Cette psychologie expérimentale relève, en effet, autant de la physiologie que de la psychologie proprement dite, et ce n’est pas pour rien qu’elle s’appelle : psychophysiologie. Elle est tellement du domaine des sciences médicales que la plupart de ses chapitres figurent dans les traités de physiologie en usage dans les facultés de médecine, et que nombre de psychologues sont obligés aujourd’hui de faire leur médecine pour pouvoir se livrer en psychologie à autre chose qu’à des exercices littéraires. Psychophysiologie du mouvement, des sensations, de l’attention, sont du domaine de la physiologie médicale : la mémoire, l’association des idées, reposent sur des données physiques anatomiques et physiologiques dont elles ne sont que l’expression psychologique ; le caractère est lié à l’émotivité, à l’aïfectivité, dépendant elle-mêmes du sympathique et des glandes endocrines, c’est-à-dire de processus nerveux et chimiques ; il ne reste plus guère que le jugement, le raisonnement et la conscience à rester dans le domaine de la psychologie pure, et probablement pour un temps seulement encore.

La psycho technique est une jeune science qui cherche encore sa voie. De nombreux chercheurs sont venus de partout apporter des éléments parfois disparates dans son domaine si vaste — trop vaste peut-être. Aussi ne faudrait-il pas, pour des raisons de culture, d’école ou autres — que ceux qui en ont le soin se tiennent systématiquement en dehors des disciplines biologiques.

Sans l'indispensable collaboration du psychotech-

nicien avec le psychiâtre et le physiologiste, cette science ne peut que s'engager dans une voie sans issue. et décourager peut-être ceux qui, dans la grande industrie, aident dans leurs efforts, les chercheurs de la psychotechnique.

Bzowski 10

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