Voir Curiosités musicales^ pages 189 et
iS DE L'EXÉCUTION D'ENSEMBLE.
«ées par la jeune génération pour se livrer à une exécution de fantaisie, de virtuose, où les coups d'archet, les doigtés, sont ôi peu en rapport avec Tobligation vis-à-vis de laquelle se trouve placé l'exécutant à Torchcstre.
Un aulre exemple do môme nature mais d'un caractère opposé, c'est le larghetto de la symphonie en ré de Beethoven, dont nous avons déjà parlé.
Méconnaître le tiré de l'archet pour le début d'une phrase aussi mélodique que distincte dans l'ensemble, c'est méconnaître le caractère propre affecté à la mesure du morceau. Car si l'auteur avait construit sa phrase avec un sentiment de temps levé correspondant au poussé de l'archet, il eût bien certainement donné au morceau un tout autre caractère en lui affectant la mesure à 6/8. Alors le poussé s'expliquerait par la nature même de la mesure et par son commencement au temps faible. Tandis qu'au contraire le maître a précisé, par l'adoption do la mesure à 3/8, un sentiment de temps fort pour chaque mesure, lequel est contraire au poussé de l'archet, comme au sens vrai de la phrase, quant à son début.
Et ce contresens est-il le fait d'une fausse interprétation de la part de l'exécution? Non! disons-le hautement à la louange des exécutants. C'est, tout simplement, comme pour EuryanthCy une question d'interprétation scrupuleuse de coups d'archet et de liaisons exprimés. En effet, le poussé se trouve d'accord avec les coups d'archet comme avec les liaisons, d'un côté comme de l'autre. Mais le contresens n'en est pas moins la conséquence.
S'il s'agissait, au lieu d'un ensemble, d'un solo de violon, par exemple, il est certain que nul soliste devant inter-
prêter ces deux thèmes, Tun comme allegro^ l'autre comme andmite de concerto, ne prendrait Tinîtiative de ces deux débuts autrement qu'en tirant l'archet. La tenue que doit avoir l'artiste vis-à-vis du public; sa mission de rendre vraie la pensée de Fauteur; l'intuition du sentiment qu'il a en soi, eu égard au tiré et au poussé dont il est constamment l'arbitre, lui en font un devoir, comme le respect qu'on se doit, à soi-même, de sa valeur personnelle.
Eh bien, l'exécution d'ensemble ne différa de celle du soliste, nous l'avons dit, qu'en une modification de son, en une restriction du jeu naturel, en un mot, en une fraction au lieu d'une unité.
Maintenant, disons-le, c'est porter atteinte à la dignité d'artiste, qu'invoquer des considérations de la nature do celles de se trouver en tirant à l'expiration d\m crescendo^ comme de terminer une phrase en poussant.
Au reste ce n'est pas conclure que de poser un instant sur la tonique !
Là, où il y a conclusion, comment le piano subit après le
forte des deux mesures suivantes ^^'i — f I f f f "^ *
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est-il obtenu? en tirant.
11 faut donc rejeter ces considérations par trop puériles. Mais revenons à Eiiryanthe.
Après le début, con faocoy les deux temps isolés marqués ff (l'accord suivi de la fondamentale 5/1^ grave) se font en tirant et du talon de l'archet. Puis, la progression ascendante qui suit commençant au temps levé, en poussant,