‹ De l'exégèse et de la correction des textes avestiquesChapitre 20 sur 54 · Trisata est trente. Cfr. VII · texte numérisé non relu

Trisata est trente. Cfr. VII

60. Niuruzddtema. Le pehlevi rend le locatif par pavan; que ces mots désignent des lieux dont il n'est pas question, c'est bien improbable.

87. Hâvdya dashinaca ne peut signifier que « du droit et du gauche ». Bazvd est un ablatif pour un instrument; cas fréquent.

94. Tarasca cbhhând « en passant devant ta bouche d n'est pas admissible, éhhdnd devrait être en ce cas un accusatif et signifier bouche; or, bouche est éhh^ âs^ os.

Pour les §§ 100, 101, 110, voir plus loin. Queperet'en doive se lire pered^en et signifie <c pètent », c'est ce que nous ne discuterons pas. Ce suprême effort, ou ce mal suprême des dévas est trop singulier. On n'a jamais rien mis de plus mauvais goût dans TAvesta.

120. VaèsM, est bien plus naturellement une altération de dvaèshô, Cfr. vaya.

142. Bandemy maladie, est bien peu probable; lien du péché, est plus naturel et seul rentre dans le sens général du morceau. Spayèiti est c€ jette à bas, fait tomber » et non « efface, tilgt ».

FARGARD V.

18. Nasum avatarshefUi ne peut être « ils enterrent un cadavre de chien etc.»; car la réponse d'Ahura M. n'aurait plus de sens

Ce sont les chiens etc. qui tirent, amènent un cadavre. Les mots çpanemca sont à Taccusatif par abus.

39. BaVta nVjasaiti ne peut être « il reçoit son destin », ce serait baVtem^ et nijas n*est point « arriver h, recevoir ». Ahhaieya est bien « non présent, visible ».

76. C'est surtout à ce paragraphe que les nouveaux efforts échouent. Pour la traduction traditionnelle rien de si simple et de plus concordant.

La purification est pour Thomme la chose la meilleure pour son existence (litt. naissance). La purification (la purtficatti(^) c^est la loi mazdéenne; (on Ta) quand on purifie son âme par d^ pensées, des paroles et des actions saintes.

Il n'y a, au contraire, rien de plus singulier que ceci.

— Prépare pour Thomme une progéniture, les meilleures, hà purification est la loi mazdéenne. —

Aussi Ton est obligé de dire que ce passage est une collection de non-sens. Et puis yaozhdcb a prépare » comme aipizàt^m « progéniture » c'est assez difficile à admettre ; en outre ce pluriel, vahis'ta, n'est vraiment pas concevable.

Au lieu d'une pensée belle et profonde, on a des non-sens. Hais du moins on s'est moqué de Tindocte tradition ; cela console et suffit.

En ceci consistent toutes les innovations; on voit qu'elles sont loin d'améliorer l'exégèse et de démontrer l'inutilité de l'étude de la tradition. Rien au contraire ne peut mieux en faire apprécier la valeur, puisque toutes lui sont inférieures.

Passons donc à l'autre livre de l'Avesta traduit en pehievi et choisissons au hasard deux chapitres, l'un du Vispered, l'autre du Yaçna.

VISP;EJIED VIII.

A. (1) Verba verè dicta veneramur.

P. id. id.

A. (i) Sraosbem sanctum Y.

P. ii. id.

A. (3) Asbim bonam Y. Nairyôçaùhem (hominis precem) Y.

P. id. id. id.

A. (4) Aktini victricem Yen.

P. id. id.

A. (5) Impertubatam et firmam (du.).

P. id. firmitatemi

A. (6) Fidelium fravashes Y.

P. id. id.

A. (7) Ginual pontem Y. — Garônmftnem Y.

P. id. id.

A. (8) Optimum mundum fidelium Y. splendidum omni-bono pne-

P. id. id. id. id.

A. ditum.

A. (9) Optimi roundi optimam viam (4) Y.

P. id. id.

A. (10) Arstàtem Y.

P. id.

A. (11) Bonam, bona-mundi augentem bonis -mnndi incrementum

P. id. id. id. id.

A. afferentem, prosperitatem mundi scilicet legem maz-

P. id. id. (facientem) id. id, id.

A. dayasnam Y.

P. id.

A. (13) Rashnum reclissimum Y. — Milhrem yaatis campis pra-

P. id. id. id. id. id.

A. ditam Y.

P. id.

A. (13; Divitem (i) Parendim Y. — divitem divitie verborum

P. id. id. id. id.

A. divitem divitie ci^itatuum, divitem divitie operum qu» corpus

P. id. id. id. id. quœ corpus

A. agile facit.

P. id. (s)

A. (14) Yirilem fortitudinem Y. viris faventem (?) viri intelligen-

A. ti» faventem, quae veloci velocior (est)9que prompto promptior.

P. id. id. id.

(1) LiU. VMé^ ractd daller.

(2) Litt. large, ample.

(Zj Ce qui rend agile.

A. (IS) Quse illnm adit qui a deo bonis cumulatas est, quse viroram

P. id, id, id. id. (estj

A. susceptrîx corporis liberatorem (?) dat.

P. id. coiyori liberationem id.

A. (16) Somaum ab Ahura-Mazda crealum Y. gaadium pecadun

P. id. id. id. id.

A. el homioum.

P. id

A. (17) nias creaturas Sancti V. quse sont prias créât», prias

P. id. id. id. id. id.

ks formatae.

P. id.

A. (18) (Prias quam) cœlum, aqua, terra, plantée, bosque benè P. id. id. id.

A. creatas (bonorum dator).

P. id.

A. (19) Mare Voarakashem V.

k. (SO) Ventum violeatum A. Mazda creatum V. cœlum splendi-

P. id. id. id. id id. bo-

A. dum (?) V. primùm creatum, primum formatum, mundanum

P. num id. id. huicmundo

A. creationis mundanae,

P. id. horum mundorum

A. (SI) Te Igoem A. M. filium sanctuin, Banctitatts caput V.

P. id. id. id. id.

A. (22) Aquae sanctae unitum, cingulo uoitum; hoc baresman

P. id. id. id. id.

A. juita ritum formatum, sanctum. sanctitatis caput V.

P. id. id. id. id.

A. (t3) Aquarum nepotem Y.

P- id.

La version est encore Adèle, les seules divergences sont les termes baoKlar (15), $hdittm (16) expliqués par « libération d, (€ ij» gaudium creatum » et (20) gaèfyA, rendu par le génitif plurielt c'est à dire par une péi*ipbrase. Nous ne parlons pas du terme obscur hvahvat; en tout cas il ne peut avoir aucun rapport avec sana, perpétuel, constant. Ajoutons toutefois que ranjayèiti (13) traduit comme un substantif en ofo', doit être un verbe. Mais

c'est là aussi une tournure pehlevie, qui remplace un participe. Au § 5 les participes équivalent réellement à des noms.

YASNA XL

A. (1) Très maniiestè (verè?) sanctî voli verba-habentes increpant,

P. id. quicumvoti vet^bo invehurUui\

A. (3) Bosque, equusque, Homaque.

P. id. id. id.

A. (3) Bos zotarero increpat.

P. id. id. invehitur.

A. (4) Ita sis sine-progenie ita malam famam assecutus.

P. id. id. id. malâ cum famâ sis.

A. (8) Qui mihi bona (alimenta)? non impertiris,

P. id. id. id. non impendis.

A. (6) Ast me tu pinguefacis uxori filiove propriove ventrî.

P. id. id. id, id. id.

A. (7) Equus sessorem increpat.

P. id. id. id.

A. (8) Ne sis strenuos (equos) jungens, ne strenuorum sessor,

P. id. valens sis id. jungens id. strenuis insedens^

A. ne strenuorum domitor.

P. id. id. (domiri)

A. (9) Qui mihi vigorem (velocitatem?) non deprecaris,

P. id. id. id.

A. (10) In numeroso cœtu frequentis certaminis.

P. Quando multi veniunt cœtu in muliorum certamine.

A. (11) Homa libantem increpat...

P. id. id. invehitur...

A. (13) Quimedistillatum impedis veluti latronem peshosdrem.

P. id. a id. ('ix>ne) id. id.

A. (14) Ast non sum latro p. qui sum Homa sanctus mortem-

P. id. id. id. id. id.

A. semotam-tenens.

P. id.

A. (16) Hihi pater Homae drônam tribuit Ahura-Mazda sanctus

P. id. id. id. id. id.

A. maxillas cum linguà laevumque oculum.

P. id. id. id.

A. (17) Qui mihi hoc drônam crédit ve, l<edit ve, aufert ve,

P. id. id. id. id. id.

A. (18) Ne in illa domo nascatur sacerdos, vel miles» vel pastor.

P. id. id. id. id. id. id.

A. (19) Ast in illa domo nascantur malefici (?) destructores

P. id. id. id. cantemptores id.

A. mulla diversa patrantes,

A. (30) Citô bovis partem secate prompto Homae oblatio-

P. id. id. cum prompUtudine id. id.

A. nem ne le Homa vinciat sicut scelestum vinxit turanium Fran-

P. id. id. id. id. id.

A. syanero in medio tertio hujus terrse.

P. id. id. id. id.

Il n'est pas besoin de faire remarquer que si le id. n'est pas ici continuel, la version pehievie n'en est pas moins exacte, car la différence des expressions est nulle en soi et n'est en général causée que par l'absence de termes correspondants en pehievi. Ainsi dus^sravob hacimnô est rendu par « avec mauvaise réputation »9 ce qui est bien le sens ; hac^ dans cette acception était impossible en médio-persan. II est partout rendu par levatman « avec ». Seul tancistâi (20) datif d'un adjectif est rendu erronément par un substantif. Mais pour juger justement de la version il faudrait savoir ce que portait le texte dont se sont servi les traducteurs. Nous ne parlerons point de peshosâra ni de dahaka, trop obscurs pour que nous puissions porter un jugement sur les termes correspondants de la version. Au § 13 la version est exacte; dâray n'est pas « garder », a conserver » le jus, mais (€ arrêter, empêcher la distillation, le jus distillé ». Au § 16 je lis darûn comme l'exige le sens.

Ainsi dans tant de versets de l'Avesta nous n'avons pu trouver que quelques mots dont la traduction pehievie soit fautive ou contestable. Certes, c'est là un résultat qui ne tourne guère au déshonneur de la tradition et n'est point fait pour la discréditer.

Voyons maintenant celui que nous donnera l'analyse de quatre strophes des Gftthfts.

Ici naturellement nous trouverons plus de défisiuts. Les Gâthâs ont été composés vraisemblablement six siècles et plus avant

qu'ils aient été traduits» et le pays de ces chants sacrés n'était pas bien probablement celui de leurs traducteurs.

Le sens d'un certain nombre de mots propres aux Gâthâs devait naturellement s'être plus ou moins obscurci ou perdu; les formes propres à ce dialecte ne pouvaient plus guère être connues. Il y avait, d'ailleurs, une autre source de diGBcultés particulières à la fois et à l'idiome du texte et à celui de la version.

D'un côté la concision de langage que les auteurs des Gâthâs recherchent généralement, les fréquentes ellipses dont ils usent, rendent souvent très difficile la détermination des rapports entre les membres d'une même phrase et le sens général des propositions, l'identité de certaines formes grammaticales ne permet pas toujours de reconnaître avec certitude le cas, le nombre, le temps, le mode, etc. des mots. Ainsi, par exemple, ashâ (Y. XXYIII, 1. b.) peut être un adjectif ou un substantif, un instrumental du singulier ou un nominatif-accusatif pluriel ou neutre.

D'autre part, l'imperfection de la grammaire et de l'alphabet pehlevis ne permettaient pas aux traducteurs de déterminer nettement leur pensée, ni à nous de la comprendre toujours sûrement. Ainsi le premier mot des Gâthâs ahyâ, hujus, ne pouvait être rendu que par la forme invariable zak, (hô) qui ne nous laisse point deviner quel cas le traducteur a vu dans ce mot. — En outre, le système, suivi alors dans tout l'orient, de traduire littéralement et chaque mot isolé, plutôt que les phrases dans leur ensemble, fait que la version pehlevie est parfois dépourvue de sens bien qu'on ne puisse accuser, sans hésitation, ses auteurs d'avoir mal compris le texte. Enfin pour juger avec certitude de la version, il nous faudrait avoir du pehlevi une connaissance parfaite, ce que nous sommes loin de posséder.

Ces réserves étaient nécessaires pour prévenir toute appréciation fausse ou injuste. Voici, autant qu'on peut le déterminer, le sens du texte du I Gâthâ (Y. XXVIII), str. 1 à 4 et de la version.

GATHA I, YASNA XXVIII.

A. (a) Hujus appeto cum devotione sursinn-extensis-manibus

P. id. id. id. id. id.

A. satisfactioni (i),

P. id.

A. {b) Spiritûs Hazdae primo taventis sanctos omnes actus

P. Spiritualitatis id, id. sanctitatem omnes actus

P. juxta.

A. (c) Boni intellectoi spiritûs qui satisfacientes bovisque anirnse.

P. Illius . spiriiûs satisfactione id. animae.

A. Qui voft, Mazdâ Ahura! adeo bona mente.

P. Quum voSy id. id. cum boniiate essentiali.

A. Hihi dari (detis) 2 mundorum corporei illiusque qui spiritûs

P. Mihi detis id. id. id.

A. bona e sanctitate (provenientia) quibus satisfacientes firmet in

P. id. id. quœ satisfacienti firmatho-

A. bono.

P. num.

A. Qui voSy Asha ! Vohumanumque primo.

P. Quum vestrum Asha pi^oprius fio Vohumanique id.

A. Ahura Mazdamque quibus Potestatemque indefectibilem

P. id. quœ illorum Potestatem id.

A. crescere faciens (est) Aramaiti ; ad, mei laetificationi, invoca-

P. id. id. id. id.

A. tiones venite.

P. id. id.

La comparaison de ces deux versions souffre certaines difficultés, attendu que le texte avestique n'est pas toujours clairet peut parfois s'interpréter de diverses manières ; nous devrons bien tenir compte de ces obscurités dans l'analyse qui suit.

(1) Befriedigung .

I. a) Le premier vers est absolument semblable dans les deui^ textes, la seule différence est que Spititus précède lœtationi, ad lœialionem^ dans le pehlevi : mtnishnîc pacan râmishn. Comnoie l'exige la construction. ^ Le sens de i< attachement... visite » donné à rafd'ra ne s'appuie sur rien et ôte souvent toute valeur à l'expression au lieu de Taméliorer. V. plus loin.

b) SpefUa a développant, faisant croître » , est rendu par afzâyînishn^ nom verbal, désignant ce qui développe, Tait croître. €*est une particularité de la langue medio-persane ou pehlevie de rendre les noms d'agents et les verbes mêmes par ces noms verbaux ou participes en ishn. Ashd vtspéng s^kyaot'nâ signifia toutes les actions saintes (si la forme éng peut être neutre) ou, tous en vertu de l'acte saint, ou selon la sainteté. Le peblevi rend le sens de chaque mot et le sens général de l'expression mais traduit ashd comme si c'était ashem.

c) Yd Vshnuishd est obscur, la forme est incertaine. Est-ce «par quoi je satisfasse », ou a qui sont satisfaisant » ou « par quoi les choses qui satisfont »? On ne peut le dire. Le çehlevi shnâyishn nom verbal a satisfoisant, satisfaisant » ou <c chose qui satisfait » JdBi peut-être très exact. Quant aux premiers mots il semble que les traducteurs aient eu un autre texte sous les yeux. On ne peut suproser qu'ils aient pris Vtatûm et manahhô comme deux mots parallèles et rendu l'un par esprit d'Ahura Mazda et l'autre, manahhô^ par esprit inné, intérieur de l'homme.

li. a) Yè « qui o est pris comme conjonction « si quando ». Ce n'est pas que ^e traducteur ne connût pas le vrai sens du moi car il le traduit ailleurs très exactement, par exemple XXXIIL

6, a) YéZaotd » mono zôt^ et même* dans ce chant str. IV, 1 init. manOy yè (vid. infra). C'est donc qu'il estimait qu'un yè avait le sens adverbial et en cela il pouvait avoir raison. Bonitas essentialis est une explication intentionnée du terme bien compris vohu mono.

Le reste est bien traduit. Dans c) le commencement l'est aussi. De la fin le sens est donné exactement mais les rapports des mots sont changés. Est-ce par ignorance de la valeur des

formes ou par changement de tournure, traduction plus libre, nous ne saurions le dire. Quoiqu'il en soit de la cause, le résultat est en soi le même pour Tinterprëte de TAvesta. Toutefois, la question de principe et de système exige que nous examinions la chose de plus près.

Si la version pehlevie était toujours d'un littéral absolu, si elle ne s'écartait pas parfois du texte, de façon toutefois que la forme de la phrase pehlevie indique clairement que le texte ^ été bien compris, on devrait affirmer qu'il y a ici erreur et ignorance ; mais, sans aller plus loin que la strophe suivante (4), nous trouverons la preuve que les traducteurs, tout en comprenant le texte, ne le suivaient pas de verbo ad verbum^ mais ajoutaient même parfois des termes explicatifs qui ne peuvent constituer des gloses (voy. 4 b. plus loin). Nous ne pouvons donc accuser les traducteurs de méprise.

III. b) Wfyàni le sens est absolument inconnu ; on peut faire des conjectures, mais rien dire de positif. On ne peut donc juger de la traduction.

Dans le reste de la strophe il n'y a que yâk (quibus) qui soii rendu peut être par une autre forme.

A. (a) Qui animam (méfigairtm) bonâ constitui cum mente. P. Qui animam in garosmâno id. id. auxilio Vohu-

[mam.

A. (b) Mercedesque actuum noscens,

P. Mercedemque (ex illo) pfv opei'antibtis noscens est secun- A. Ahura-mazdœ.

P. dum iUa quœ sunt Ahura-mazdœ.

A. (c) Quantum cupiam valeamque tantùm (Vsdi) in desi- P. id. cupiensy valensque sim id. doceam desi-

A. derio sanctitatis.

P. deriumsanctitaUs.

a) Méàgaitim est obscur et ne peut être traduit que conjecturalement, nous ne pouvons donc juger sûrement de la version dadœ que j'ai traduit par a constitui » peut être aussi la 3* pers.

du singulier, d'ailleurs le pehlevi emploie la 3« pers. dans ces phrases relatives et TAvestique le fait quelquefois aussi. Il n'y a donc pas de faute.

Vohûmanahhâ, bonfl mente, est séparé dans le texte et réuni dans la tradiction. Est-ce le génie ou la simple disposition interne? le second est plus probable. On voit que le traducteur n'a pas tenu au littéral. Quand à hat'râ il peut très bien signifier « auxilio » pris comme adverbe.

b) Skyaotna acte, est rendu par le nom d'agent et cela à dessein car ailleurs ce mot est traduit exactement : <c acte » kûnishn. (Voy. Y. XXVIII, 0. et ailleurs) — « Hercedem » est au singulier selon l'usage. La relation entre Mazdéb et Skgaotna est développée volontairement, on ne peut en douter. C'est donc exact.

e) Le commencement est rendu périphrastiquement mais exactement, preuve en plus de la non-servilité de la traduction.

A Ksâi aèshœ dont le premier est obscur et le second est « désir », un nom au locatif, correspondent d mukhtam khvdhishn a j'enseigne le désir d. De Vsâi nous ne pouvons rien dire de certain, quant à aèshœ il y a erreur de cas ou changement de tournure. Lequel des deux? nous ne le savons pas exactement; notons seulement qu'en beaucoup d'endroits le locatif en œ (des noms en a) est rendu correctement, ex. Y. XI, 21, suprà — maid!yœ trishvœ = pavan miyân srishûtak dans le moyeu tiers.

Voici donc le résultat de cette seconde analyse :

Si nous mettons à part trois termes obscurs dont nous ne pouvons rien dire de certain {ufyèni^ méngairtm et Vsâij^ il est incontestable que la version pehlevie rend exactement le sens de chaque mot et celui des phrases prises dans leur ensemble ; mais que dans six expressions elle change la tournure, en sorte que les rôles des mots dans la proposition et par conséquent les cas ne correspondent plus ; deux fois aussi elle ajoute une explication.

Il se peut qu'il y ait méprise en quelques cas, mais dans un nombre notable de ces changements il y a évidemment intention formelle d'un traducteur appréciant justement la nature des mots du texte.

Terminons ces comparaisons par un morceau de la dernière époque; on y verra qu'au moyen-âge même on comprenait encore TAveslique, et ajoutons-y le Yesht XXII.

YESHT I. ORMAZD YESHT.

A. (1) Rogavit Zarathuster Ahuram Hazdam : Ahura Mazda...

P. id. id. id. id.

A. Quid est legis sanctae fortissimum, quid maxime victoriosuai?

P. id. id. id.

A. Quid splendidissimum, quid efficacissimum, quid maxime

P. id. id. id.

A. victoriosè feriens? quid maxime salutare, quid maxime noxam

P. id. id, id.

A. devincens demonum hominumque, quid totius mundi corporei

P. id. id. id. id.

A. me (?) optimè consequens, quid totius mundi corporei

P. spirilu(i) id. id. id.

A. naturam maxime purificans?

P. id.

A. (3) At dixit Ahura Mazda : nostrum nomen Sanctissime Zara-

P. id. id. id.

A. thuster quod immortalium sanctorum. Hoc est legis sanct»

P. id. id. id.

A. fortissimum hoc maxime victor, hoc splendidissimum, hoc

P. id. id. id. id.

A. maxime eflScax, hoc maxime victoriosè feriens, hoc maxime

A. salutarè (saoans) hoc maxime odii-exitiosum, demonum ho-

P. id. id. id.

A. minumque, hoc totius mundi corporei me optimè consequens»

P. id. id. id.

A. hoc totius mundi corporei aptissimum animas purificande.

P. id. id. id.

A. (8) Ast dixit Zarathuster : eia mihi hoc nomeo priedica Saocte

P. id. id. id.

A. Ahura Mazda qnod tibi est maximum optimumque, pulcheri-

P. id. id. id. id.

A. mumque eflScacissimumque maximèque hostium destructor

P. id. id. id id.

A. salutareque odiique exitiosum...

P. id. id.

A. (6) Ut ego feriam omnes dernooes homiDesque; ut ego ferîam

P. id. id. id. id.

A. omnes Yatus, Parikasque, neque me quisquam feriat neque

P. id. id. id. id.

A. démon, neque homo, neque Yatus, neque Parikae.

A. (7) Ast dixit Ahura Mazda : Inlerrogandus nomine sum S.Zara-

P. id. id. id. (2) id-

A. thuster; secundo, gregarius; tertio, potens; quarto, sanctitas per-

P. id. id. id. W.

A. fecta; quinto, omne bonum Mazda creatum a sanctitate origi-

P. id. id. id. id.

A. nem-ducens; sexto, quod sum intellectus ; septimo, intellectu

P. id. id. id. intellecUis

A. prseditus; octavo, quod sum intelligentia; nono intelligentia

P. mensura (s) id. td. intelligentiœ

A. pra^ditus; lO^, quod sum augmentum; H<», augens; 12*, domi-

A. auxilium(z) id. id. id.

A. nus; 13^ maxime favens; 14% mali expers; 15% inconcussus;

P. id. id. id. id.

A. 16% entium (4) memor; 18% omnia dirigens(?) (5); 18% sanans;

P. evidenter id. speculans id.

A. 19*, quod sum creator; 20°, quod sum sapiens nomine.

P. id. id. id.

A. (9) Honora me Zarathuster per diem, per noctem allatîs (6)

P. td. id. id. id. alferendoadvedi$

A. Zaotbris; venlam tuî auxilio, gaudioque ego qui Ahura-Mazda,

A. veniet tui auxilio, gaudioque qui bonus Sraoshus sanclus; ve-

P. id. id. id. id.

A. nient tui auxilio gaudioque, quœ aquae et qu» plantae, quae

P. id. id. id. id.

A. justorum Fravasbes.

P. id.

A. (10) Quando velis Zarathuster, illa mala destrue demonum ho-

P. td. td. id. id.

A. minumque, Yatuum Pairikarumque, Scelestiumque bipedum

P. td. id. id. id. id.

A. Hereticoromque bipedum, luporumque quadrupedum,

P. td. id. id.

A. (H) Excercitûsque fronte-Iat», latis vexiilis, alta vexilla,

P. id. id. id. id. id.

A. cruenta vexilla gerentis. Ast illa nomina recHa (ndo) pro- P. id. id. id. id.

A. nuntia omnes dies noctesque.

P. id. id. id. id.

En comparaisant les deux versions latines on voit que le^ différences se réduisent presque à rien. Examinons chaque point :

1) Mana est très obscur, les traducteurs ont lu manas tu (cfr. manasti, W. 3, L. 18) et traduit en conséquence.

2) FraUshya est rendu exactement par pwrsishnVi ce qui est un adjectif et non le substantif « interrogation », comme on Ta dit. Ce dernier Q^ipûrsishn.

3) KJratumw et Mtivô sont expliqués d'une manière qui prouve la connaissance de la langue, mais des idées erronées en fait d'étymologie. La traduction pehlevie repose en effet sur une étymologie prétentieuse et fausse semblable à celle de puira dans les lois de Manou.

Les suffixes mô et vô sont pris comme dérivés de ma mesu* rer et van « aimer » ou avd « secours ».

4) Hâta est incertain, c'est probablement Taccus. n, du pluriel de haht ; il est pris comme le sanscrit sat a vrai » ou comme équivalent de haifya (satya) vrai.

5) Bishas est obscur et Ton ne peut en rien dire de certain.

6) EnSn Yasobereta est expliqué par mat (yekavtmunlt) pavan barishn « venu par apport, apporté ». Ce qui parait exact. Yaso serait dérivé de yas « venir ». — Notons qu'on a jusqu'ici en expliquant cette traduction* oublié les mots pavan barishn et cru que yasobereta était rendu par mat yekavimij^nU seul ; ce qui est inexact.

YESHT XXII.

Il serait superflu de donner ici dans toute leur étendue le double texte et la double traduction de ce Yesht. Tout le monde peut user du livre publié par Haug et West et constater par soimême, qu'en dehors des termes obscurs, le texte est toujours

bien rendu en pehlevi. Je ne m'arrêterai donc qu'aux difficultés et me bornerai aux remarques comparatives nécessaires pour Taire apprécier la valeur de la tradition.

Traoslta (§ 7) est rendu exactement par roèshman a point extrême» fin » ; (litt. écoulement, achèvement) ; Viywsàn Test de même par « à l'aurore », comme aussi bereVd'a par « élevée, de grande valeur », (ûrjânik) et vardxhintem par « faisant ».

Kudadhaèm est bien analysé par kudat^ aèm séparés.

Dans yum les traducteurs ont su voir le vocatif de yuvan jeune homme, (ytulân) et dans cakana un parfait de verbe signifiant « désirer, faire par son désirer » (min kâmak kart).

Fravaft, qui rend frWa^ signifie aussi « honorée, préférée » ; c'est donc exact. (V. le glossaire de West-Haug, p. 101) tout comme la traduction de aiVwafU » sahmgûn « redoutable, d'un;tstrem = rèshman (confr. Yt. VIII, 23) et aiwitem = yâtûnt <c arrivé à ».

Restent les quatre termes saocayô^ baosavà^ âiVa et urvaràstraya dont on ne peut juger parce qu'ils sont trop obscurs, mais dont la version explique les trois premiers d'une manière raisonnable. Par conséquent, en dehors de ces mots, la version pehievie ne prête point matière à critique, tout y est exact excepté que le cas de raod!aèshva n'est pas rendu (huràdishn).

Ce n'est donc point là l'œuvre de commentateurs ignares.

Ainsi presque toutes les difficultés que présentent ce morceau pourraient être résolues, si l'on se bornait même à en suivre la version pehievie, l'une des plus récentes cependant de tout le Zand.

On gagnerait bien du temps et l'on s'épargnerait bien des méprises ou des variations regrettables si l'on se mettait en état de profiter des connaissances que possédaient encore les docteurs mazdéens des premiers siècles de notre ère et si on les étudiait à la lumière d'une critique sérieuse et impartiale*

En résumé; pour 38 pages de TAvesta nous n'avons pu trouver qu*un nombre insignifiant de fautes. Dans les Gathfts même on a pu cooatater une connaissance assez exacte des mots et du

sens, à côté de quelques erreurs grammaticales dont plusieurs même sont encore très contestables.

Ce résultat étonnera plus d*un savant habitué à entendre dire que la version pehlevie est une chose absolument mauvaise et dont on ne peut tirer aucun parti. Ils comprendront ce que je disais en commençant, que les plus ardents détracteurs de la tradition parse sont précisément ceux qui la connaissent le moins et que d'autres persistent, malgré les preuves données, à confondre la version et les gloses tandis que les secondes sont postérieures de plusieurs siècles à la première.

Ce qui a surtout contribué à discréditer les monuments mazdéens c'est que, pour justifier un dédain intéressé, certains éranisles font valoir uniquement les quelques erreurs qu'ils y rencontrent, et disent en les signalant à leurs lecteurs : a Voilà la ti'adition, voilà comment Tintelligence de TAvesta s'était conservée. » Hais ils se taisent complètement sur cette masse de cas où les mazdéens ont traduit très exactement, beaucoup mieux même que les éranistes modernes, et fait preuve de connaissances sérieuses. Ils agissent comme le philologue qui, sans apprendre le grec, voudrait refaire à lui seul l'interprétation de niiade, sans consulter en rien ce que grecs et modernes ont écrit sur le poème homérique, sous prétexte qu'il s'y trouve des erreurs.

II est donc incontestable que les traducteurs de l'Avesta en comprenaient encore assez bien la langue et n'étaient point réduits, comme les Brahmanes» à interprêter leur livre sacré à coup de conjectures et d'inductions philologiques. Leur témoignage est donc d*un poids considérable, malgré ses déraillances.

Il s'ensuit évidemment que la tradition parse et spécialement la version pehlevie sont d'un secours précieux pour l'interprète de l'AvesTa et qu'on ne peut les négliger sans s'exposer à bien des erreurs et se mettre dans le cas de devoir recourir, faute des renseignements nécessaires, à des conjectui*es aussi fausses qu'inutiles dont la nouvelle école nous prodigue les exemples.

Tout ce que j'ai dit jusqu'ici se rapporte à la version pehlevie.

Elle n'est pas le seul monument du mazdéisme post-avestique, ni le seul document qui mérite confiance. La littérature zoroastrienne compte beaucoup d'autres ouvrages et de traités spé* ciaux écrits en pehlevi ou en persan. Comme je Tai dit précédemment plusieurs d'entre eux représentent assez fidèlement les idées avestiques et forment pour une grande partie un commentaire de TAvesta. Le fond en est généralement conforme aux conceptions antiques; ce ne sont guère que les ajoutés et les développements qui peuvent être l'objet de la défiance. Encore cette défiance doit-elle être raisonnée et justifiée. Nous ne possédons pas tout l'Avesta; bien des choses que nous croyons nouvelles pouvaient se trouver dans les fragments perdus; d'autres pouvaient être l'objet de l'enseignement oral.

Le Boundehesh nous fournit une preuve frappante de la justesse de ces suppositions.

Tout le commencement de ce livre semble nouveau et spécialement ce qui y est dit de la création primitive, de cette première constitution de tous les êtres â l'état spirituel. L*Avesta, dira-t-on, ne parle pas de cela, et ceux qui passent à côté de la tradition ne seront jamais en état de traiter cette question d'une manière vraie et scientifique. Uue dénégation complète, appuyée d'un motif tiré de la mythologie védique» sera nécessairement toute leur réponse. Réponse erronée cependant, car les gloses peblevies nous ont conservé une phrase avestique qui prouve jusqu'à l'évidence l'existence de ce système au temps de l'Avesta. Nous y trouvons en effet cette question qui indique une citation par le commencement du passage cité :

ff Combien de temps dura la création spirituelle? » (Vd. Il,

41 glose).

Le système du Boundehesh relativement à l'origine des êtres

vivants, l'histoire du premier homme Oayomaretan et du premier taureau, tout cela est conforme non seulement à l'Avesta mais même aux Gâthàs. (V. Y. XXIX, plaintes de Gôshûrûn). Le livre pehlevi contient même des indications qui se réfèrent à la mythologie ante-zoroastrienne, aryaque et dont l'Avesta ne

parle pas. Telle est Fhistoire de Khumbya^ enfermé dans une cruche par crainte d*Aeshma, comme le Trita védique dans le nuage, ou celle de Yima et Yimâ, sa sœur, qui rappellent Yama et Yamt. Tant il est vrai que la tradition zoroastrienne est pleine de renseignements précieux.

La littérature plus tardive, le Shàhnâmeh lui-même peut-être ici d'un grand secours car le souvenir de plusieurs mythes et légendes, autrement perdues, y a été fidèlement conservé. Qu*il nous suffise de citer les deux femmes d'Azhi Dahâka retrouvées dans le Shàhnâmeh par M. Darmesteter et dont TAvesta fait mention au Yt. Y. 34, sans que personne Feût jamais soupçonné.

Il n'y a donc rien à négliger dans la littérature traditionnelle des zoroastriens, pas mêmes dans les œuvres philologiques du milieu du moyen-âge telles que le Farhang-zend-peblevi.

Ce Farhang étant un vrai lexique de TAvesta et donnant la juste mesure de la science des mazdéens du VII* au x^ siècle, c'est à dire de ce que Ton peut appeler vraiment « la tradition » il doit nécessairement nous arrêter quelques instants. Après l'avoir examiné nous pourrons juger selon toute justice et vérité ce qu'était la science avestique sept à neuf siècles auparavant.

Or ce glossaire contient à peu près 900 mots et un asse2 grand nombre de phrases ou membres de phrases. Les mots y sont divisés par catégories dont l'ordre et la disposition indiquent une certaine science de la grammaire. Cela commence parles noms de nombre, puis viennent le genre dans les noms et les pronoms avec une excursion sur les mots nâ^ vî et apa, le nombre des noms, les qualificatifs distinctifs des femmes, les parties du corps et les mots se rapportant à la parole, les pronoms relatifs et mots commençant en Y. A cela succède une liste de mots rangés dans l'ordre des initiales, à savoir : mots en k, k'sh, sh, — ma — a, ft, an, ai, — v, u, p, m, s, f, d, j, b, r, t, c, z, g, gh, th, h. Enfin les termes désignant des fautes, et des mesures.

Dans ce long vocabulaire, dans la traduction de tant de mots

et de phrases, il n'y a guère à relever qu'un petit nombre d'erreurs. Encore une bonne partie de celles que l'on y signalerait sont, non point dans l'original, mais dans la version de Haug.« En voici quelques exemples. Ils pourront servir à une nouvelle édition de ce livre.

Au chap. IV; p. 14 fin, nous lisons yavala gaya javaiti avec une traduction zande que Haug traduit « may they live for ever »; ce qui est évidemment fautircar le Zand ne dit pas du tout cela; il est ainsi conçu : hamâ vad hamcU pavan khaydzivît ce qui veut dire : a aussi longtemps que vitâ vivii », traduction exacte de l'avestique.

Deux lignes plus loin se trouve yo0^a fraézaitê traduit : « ayojishnak frâzzâêt >^ unione (coitione) nascitur. Et Haug remarque qu'il y a là erreur, qu'il faut traduire « est honoré » frayazaitê. L'erreur est que Haug a mal corrigé; il fallait {^ao^'d'a frazayèitê[\).

(1) Âa chap. IV, 1, Haug traduit xxxèéPâ «« may know » tandis que le pehlevi porte dânand «< savent « (parcequ'il y a deux sujets nà, nâirika), PaUyahmi traduit par paHrak est certainement altéré (IV, 21). A p. 14 yàméhg est rendu par hamà râs, chemin, et non par Tiamà seul.

Astryèhé p. 15, c. f., doit être corrigé en astaryèité et aèsTiehtem en yaèsheniem comme le précédent yaèsherità.

Zaèmanô est rendu par zînax>ai%d » vigilant *• et non zioanand •* vivant «• et yaètus « agile » par mad,

Hat zàk mat yekavimûntt qui rend yèdH tce yaètatare ne signifie pas «* if it is procurable «*. Mais •« s'ils sont venus » selon la syntaxe pehlevie qui emploie le singulier pour le pluriel.

Dans vastrâ^ vaca ka$hâ> c'est hashA qui est rendu par korda «« petit •* et non vaca qui n'est pas traduit. On doit se rappeler que vastràff est employé au Fargard IX comme un accusatif pluriel. Le mot correspond à karshôràzàm est kêsh-oar-viràz (ou râi) et le rend exactement. Là le traducteur considère & tort comme identique kèshvar et késh.

Mahdarûnyên rendant visé se dit aussi bien du singulier que du pluriel; verenvati =" apbs n'est pas «« délivrance prématurée •* mais « grosse «• litt. couvrant. Yctslrem (p. 63) doit être lu vâsirem de vandtrem, ou vinstrem.

P4t va saryà qui. traduit pi^um ne signifie pas « père » et « mauvais «*. Mais c'est l'équivalent du persan j)M, béd^ bàd « mauvais, inutile «.

Sfiekbahûnét qui rend saiié signifie « glt » et non « désiré ». Sazishn = sahUi est « passage, éloignemint *• et non « deciying, ending ».

D*autres ne sont qu'apparentes. Pour les unes le texte a été altéré par les copistes, il suffit de le rétablir pour faire disparaître les tâches. Quelques autres ont pour source le premier état des manuscrits. Ce Farhang a d*abord été écrit en carac* tères pehlevis; celase montre évidemment en plusieurs endroits. Ainsi nâ est donné comme signifiant « homme » et « non d, et vt comme signifiant « vous » et « séparément ». Or cette explication ne peut s'expliquer elle-même que si Ton suppose les mots écrits primitivement en pehlevi; alors nâ et vâ^ vî et vê se confondent. Nous voyons de même que A<)ra doit être corrigé en avara, apvatiè en apavatayœ; maitê en maiti, ainsi que beaucoup de mots 0(1 le 3 pehlevi se lit également i et ê.

On voudra peut-être aussi chercher une preuve d'ignorance dans ce fait que les noms et les verbes sont souvent donnés à une autre forme que le nominatif ou la I'* pers. du présent. Mais ce serait à tort, car les glossateurs prouvent en plusieurs endroits qu'ils connaissaient la valeur de ces formes. Ainsi ils . ont bien reconnu des instrumentaux dans amavata^ berezatavaea^ gaya jivaiti^ vaVs-beredibyà vartrag'nibyd^ un génitif dans yoozftéanahê dâra etc. , etc.

Si donc ils ne donnent pas cette forme c'est que d'abord ils ne croyaient pas comme nous devoir s'en servir uniquement et

MehimmâfiU => sadayaf> est « s'avance «>.

P. 27, il &ut lire daésaya^ et daresai^ et non daétaya^^ dareva^.

Janaf> est le participe présent de jan et signifie réellement « tuant, frappant •. — Caètenti p. 29, peut être un participe prés. fém. * se manifestant •• ; de 1& le pehlevi pétakSh « manifestation <>. — Zaènahha (p. 30) peut être aussi bien un nominatif plur. (cfr. ao$ha^hâ>) q\i*nxi instrumental.

Zcrburdari fihvâstak = bien qui apporte de la force, et non • un homme qui a force et argent. » — Gàsân (p. 31) est le pluriel de gâs (gàtu), non de gàs = gàCâ.

Pafraèta XXVII C. 3, est rendu en pehlevi par « sàtùnd vakhs yehevùnet *• arriverait À son terme, À sa plénitude et le zandiste explique que cela se dit d*une dette i avâm ou du corps d'un homme « tani shaplr i'aijunlk, men fravarishn » par Téducation et la nounitore.

Tàca XVIII» 1» est traduit jrctkci « et ceux U *• Le singulier* remplace ordinairement le pluriel en pehlevi, etc., etc.

perpétuellement et qu'en outre ils avaient en vue non pas la langue en elle-même mais un livre où ils puisaient les mots du lexique. Gela se prouve facilement par les fragments de phrase qu'ils citent tout en les traduisant en entier.

Mais entrons dans quelques détails.

Le cbap. I contient 20 noms de nombres traduits sans faute.

Le chap. II (genre) commence par celte note : Les mots suivants de TAvesta sont masculins, féminins, au singulier» au pluriel, indiquant des qualités (bonnes et mauvaises), les degrés infimes, moyens et supérieurs, positifs, comparatifs et superlatifs; selon la terminaison qui s'y ajoute et selon les mots auxquels ils sont joints et la qualité qui s'y applique. Leur sens doit être apprécié d'après ce qui est dit dans la Dln, et il y a autant de sens différents qu'il y en a dans TAvesta (totquot in avesta separatim eorum sensus).

On voit que les docteurs parses même ne procédaient ni sans logique, ni sans critique.

Après cela suit la distinction des genres de dva (m.), vayœ (f.), vaibyo (com.) et celte indication que vaibya^ vayd, vayô^ s'applique dans l'Avesta à deux objets unis par un certain rapport, les bons et les méchants, les deux mondes, (ubdibya également); et que vâca est c< ou bien ».

Ensuite l'auteur distingue les nombres des formes cikayat^^ (sg.), cikayatd (du.), eikaèn^ (pi.); yavdkem (du.), yùshmâkem, (pL); Vwàm, vO; aperenàyu^ etc., nars^ et nàirika^ vantât les formes gâlhiques n^, vé qu'il sépare de nd, va communs, ainsi que les différentes acceptions de apa^ — eau (instr.), recul et éloignement. — Tout cela est exempt d'erreur aussi bien que les noms propres aux femmes dont la liste suit ; on doit mettre à part le composé hafsndi-afsnô'khavô encore obscur et qui y est donné comme signifiant « époux qui a deux femmes ». Notons toutefois que mâff est confondu avec mat^^ et nâ avec va par suite de rimperfection de l'alphabet, et que demdndpat^ni est distingué

arbilrairement de nmdnàpat'ni (i).

(1) Confr. toatefois heur et heure séparés aassi arbitrairementrfar Tusage; etUkr et intègre^ etc., etc.

Le chap. III, traitant des parties du corps, est aussi digoe d'atteotioD. Géaéraleokent exact au point de vue de la traduction (i), il contient des explications qui montrent de Tesprit et de la justesse d'observation.

Ainsi hutâshtà, huraotVb^ hukerefs^ sont distingués comaie se rapportant le premier à la structure du squelette, (pavan astj le second à la forme des chairs et la carnation (pavan bisrydK le troisième à la disposition et proportion des membres (pasizagthâ i andàm). Toutes les phrases qui y figurent sont également bien traduites et littéralement; de même dans le paragraphe suivant renfermant les mots relatifs au parler. Remarquons entr'autres ces deux phrases : uVd/em srtrem pairUtem avastaiem dei'etô'Si'ooshem, le parler (doit être) bon, choisi, bien disposé, observant Tobéissanco (dâshtâr-t-srôsh) et ce dernier terme est expliqué par pavan dastobdr kard yekavtmûnît ce qui est fait conformément à l'enseignement du destour», ce qui prouve quMl n'y a pas simplement translation des mots. Puis cette snxiveuVd'ashna mashyà vahhœ yatha dahhrd uVd^âvacô. Celui qui a la scienc*} des mots est meilleur que le poète qui les débite. « Zak i melyâ shnàs martum shaptrctgôn zak dànâk i melyà yamlûn ». Suit une distinction exacte du présent mraot^, du subjonctif mrat^o^ et di' l'impératif mrû,

Chap. IV, relatifs. Il y a peu de choses à reprocher à la traduction des mots et des phrases. Paityahmi n'est pas rendu ; la phrase est coupée. Le sens est évident. Nitem doit être lu nitemem » nitûm.

L'auteur distingue le yè des Gâthâs du yd commun en rappelant qulls ont le même sens, que yà s'emploie aussi pour le pluriel et yd pour le duel et le féminin et il donne des exemples.

Ce qui suit est également correct, si Ton observe certaines corrections nécessaires et évidentes, yavata en yavaca^ yâtem en

(1) Quelques mots obscurs doivent nécessairement être laissés de côté. D*autres sont mal écrits. Ex* erectaèm p. zaredaèm. Pour la phrase finale voir plus loin.

yHutemj astryèhê en asfy'yèUl, Yashtd monta (IV fin) ne paraît pas correct non plus que Va^râ^ vaca^ etc. (chap. V, voyez toutefois plus haut). Mais le texte est altéré en plusieurs endroits, par ex. yok% PwaVshUA, huois'td paitishâtrd. Il faut huyàis^td (cfr. yàis'td Fryànô et ydiPwan. (R. yait.). — Le sens serait : Celui qui a un exercice ordinaire est obligé de se donner beaucoup de peine pour les autres, rtiomme très actif, très exercé est maître. ~- De même, yukUa cat^ware aspahê^ le mot correspond à yazaèsha etc.

Yaos^'dni (1. cina) sûrahê, le bonheur du héros, — comme porte la traduction.

Dans le chapitre V nous remarquons les inexactitudes suivantes : karshd »» karshvar^ fshu^ avant, fshyd, après.

VI contient 6 mots : nous remarquons mayat, destruction ou détruisant (i), qui est douteux et un article sur mai, mesure» inintelligible par suite d'une lacune.

VII, 53 mots. Ainitois doit être corrigé en ainishtoU et amhâi en amâiy amâvandih qui le traduit, doit se rendre par « force » et non « victoire ». Il n'y a donc là aucune faute.

Avare et a pris comme signifiant « poussière et « celui » sont des mots sémitiques.

Awrô, mttarg est obscur et atha-umnô dans « athaurunô = aitun rôbâk » est probablement le résultat d'une erreur de copiste. Avaya(> doit être lu avaff (?).

VIII, 59 mots. Sont inconnus ou mal écrits vaâkray vakâuvar0x8\ vanare^ vareka^ vareina, voitwa, vaiiœ; vasmi «je désire» et vâstrayahhoa « cultive », sont rendus comme des noms « désir » « agriculture » (i). Tout le reste est exact, si l'on corrige con* venablement le texte.

Dans tout ce qui suit jusqu'à la fin, c'est à dire en 300 mots nous trouvons, outre quelques fautes à corriger, quelques lacunes à remplir, — ex. tûm à insérer après utâ (p 63), ou bien perenâi^ pairiéle^ paUiètè^ écrits à la manière peblevie pour

(1) Les noms en ishn sont souvent employés comme formes verbales et môme comme impératiCs.

perenây pairyèili (64); vavacata p. vavarzata (65); — un nombre très restreint d'inexactitudes et de méprises.

Ainsi taremanb ne paraît pas pouvoir signifler « fort » ni ta rad!âia « destructeur », ni hik'sha^ « il se lève ». Mais parmi elles il faut encore distinguer celles qui sont Teffet des fautes de copistes et n'ont par conséquent rien que Tapparence. Ainsi gaté'ê = mat « venu » doit être corrigé en gatô ou gâté (loc.) et haita en haitya^ etc.

Quelques autres, cinq ou six peut-être, consistent en formes verbales mal appréciées, bien que le sens du verbe soit bien donné. C'est là tout.

Donnons, avant de terminer ce point, quelques exemples des explications du Farbang. Quand la version pehlevie sera entièrement semblable au texte, il suffira d'ajouter la traduction commune après la version.

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