‹ De l'exégèse et de la correction des textes avestiquesChapitre 32 sur 54 · C. Philologie éranienne · texte numérisé non relu

C. Philologie éranienne

Si c*est la lexiologie éranienne qui fournit seule un terme équivalent au mot avestique étudié, on pourra certainement s*y rapporter à la double condition que Ton observe strictement les lois phonétiques de transformation et de passage des mots et formes, et que rien de sérieux ne vienne à rencontre.

J'avais rapproché aidyu du persan adyâv. M. Geldner y avait ajouté l'assimilation de daid'ika et du persan dad, bête sauvage. M. Hùbschmann a fait justement observer que les lois phonétiques s'opposent à ces identifications et qu'en outre daid'ika. rendu par ce bête sauvage » fait dans les textes un trop singulier effet pour y être maintenu.

En outre, aidyu^ au Y. XXXIX, 4, qualifie les hommes, les fidèles; et passer du sens de c< bête courant» à celui de <c homme nomade » c'est faire un saut impossible; la construction de la phrase ne permet pas d'ailleurs de traduire de la sorte. C'est, en efiet, « donne-nous des hommes purs, désireux de la sainteté, aidyus, cultivateurs. On ne peut traduire : « rends les fidèles désireux de la sainteté et rends les nomades pasteurs ». La tradition nous apprend, comme on l'a vu plus haut, que aidyu signifie « forts, vigoureux, puissants » ou plutôt « bienveillants, disposés à aider, ii secourir » ou simplement « donnant aides secours ». Ces deux sens conviennent partout. — Quant à daid'ika, le sens reste incertain.

Un des plus curieux exemples de l'abus du dictionnaire persan nous est fourni par M. Geldner dans l'assimilation de l'avestique ydiem avec le p. yâd, mémoire.

Nous avons ainsi à l'Afrigân I, le Ratus qui bannit le délinquant de la mémoire des hommes (yâtem gaèfanâm), et au Vend. XIX, 96, l'âme du défunt qui est interrogée sur la mémoire des hommes. Certes, voilà une peine et un interrogatoire d'un genre tout nouveau. Heureusement pour le bon sens de l'Avesta, la chose ne se peut. GaèHa ne signifie jamais « homme » et yâtem ne peut être ? la mémoire ». En outre, le mot traduit par M. Geldner, est interrogée, paitijaid'yaitiy n'a rien de ce sens. Jaid'ya est « implorer, demander y>\ paitijaiJ/ya ne peut être que « solliciter, chercher ». L'âme ne demande pas la mémoire des hommes, mais le terme, la part des choses du monde qui lui j

est échue. La resvsemblance des mots ne suffit donc point.

Ou voit d'ici les conséquences de l'absence de principe fixe. Tantôt les mots gêhân, gêti, dérivés certainement de gaèt^a, gaètyay ne donnaient point le sens de ces mots. Maintenant ce yâd, dont les rapports supposés avec y&tem sont invraisemblables» détermine la traduction.

Nous ne nous arrêterons point à l'étymologie et à la lexiologîe comparée, devant y revenir plus loin.

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