DU TEXTE DE L'AVESTA
Je m'étais proposé de donner à cette partie de mon étude une étendue beaucoup plus considérable, mais depuis que le manuscrit en est préparé Spiegel a traité la question avec certains détails dans la Zeitschr. D. G. H.
Je puis donc supprimer une partie de mon écrit et me borner à la dicussion des principes généraux, en y joignant quelques exemples des cas d'application. Je n'ai point, du reste, l'intention de m'arréter aux points où la correction du texte intéresse la grammaire seule et nullement l'interprétation.
i. Pour traiter une question méthodiquement et solidement, bien que d'une manière sommaire, on doit d'abord la délimiter avec précision et en déterminer l'objet.
Nous avons donc à nous demander en premier lieu s'il y a lieu de corriger le texte de l'Avesta, pour quelle cause ou dans quel but et dans quelle mesure cela doit se faire, quels en sont les moyens ?
La première question se résout d'elle-même. Personne ne pense à nier que le texte de l'Avesta n'ait subi des altérations. La multiplicité des variantes suffirait seule à le prouver. Mais, comme l'a très bien remarqué Spiegel, ces variantes n'affectent généralement que les formes accidentelles des mots et ne présentent, que dans des cas assez rares, des différences de termes
et ces variantes sont le plus souvent le fruit non point de Tignorance des copistes et de la corruption des formes, mais de particularités ou de vices d'orthographe. L'écriture primitive qui omettait les voyelles brèves et confondait les longues d, è^ 6, û avec les semi-voyelles, et n avec v, «, %h avec;, etc. est encore une autre source d'imperfections et d'erreurs dans la transcription.
Le premier travail à faire est donc de recueillir et de collationner toutes les variantes en traitant chacune selon les règles d'une critique sérieuse et objective. On devra distinguer celles qui sont absolument mauvaises et ne peuvent être que rejetées, celles que l'on peut tenir pour douteuses, celles enfin qui présentent tous les caractères de la certitude.
Comme l'a très justement remarqué Spiegel, plusieurs variantes peuvent parfois être également admissibles et constituer deux textes difTérents mais également bons. Spiegel cite le cas de peshdtanuyê^peshdtanvi ; nous en verrons un exemple beaucoup plus frappant encore au Yt XIV, S2 (2) (vars^ta vanayœhtê).
On ne doit point non plus oublier que la leçon la plus mauvaise» eu égard à l'endroit où elle se trouve, peut avoir de l'importance au point de vue de la langue en général, parce qu'il peut s'y trouver une forme, autrement perdue ou rare, qu'il est utile de recueillir même dans le mauvais emploi qui en est fait.
L'éraniste qui voudra procéder à une nouvelle édition de l'Avesla devra donc tenir coâipte de toutes les variantes ; et s'il est bien forcé de faire un choix pour former le texte principal, il ne peut supprimer aucune leçon, il doit les donner toutes en général ; car elles peuvent souvent ofTrir toutes quelque utilité et d'ailleurs, il ne lui est point permis d'oublier que son jugement peut être erroné, que d'autres peuvent apprécier les choses autrement que lui et qu'en conséquence il doit fournir à ses lecteurs, à ses critiques et à ses successeurs tous les éléments possibles d'appréciation. Il est tel, il est vrai, qui prend tout ce qu'il donne au public pour la vérité même et ne permet pas de penser autrement que lui ; mais les exemples que nous venons de donner ne justifient guère ces prétentions.
Le premier devoir du critique, comme de i*inierprète, — on ae peut être Tun sans l'autre — est donc de collationner les manuscrits dont il peut disposer et leurs variantes et de constituer un texte en s'appuyant avant tout sur le témoignage écrit.
On objecte» il est vrai, que nos manuscrits, même les meilleurs, ne remontent pas au delà du xiii'' siècle. Rien de plus réel sans contredit. Toutefois nous possédons un moyen de reconstituer les textes avestiques tels qu'ils étaient au premier siècle de notre ère, ou peu s'en faut.
Certes si la philologie classique possédait un instrument de ce genre, elle lui attribuerait la plus haute valeur. N'est-il pas bien regrettable que certains éranistes, par habitude et aussi pour leur facilité, dédaignent un semblable moyen de critique, sous prétexte que c'est de la tradition? Il est cependant à la portée de tous dans la traduction pehlevie. Qu'est-ce d'autre en effet qu'une sorte de calque des manuscrits existant au commencement de notre ère? Le sens attribué par ses auteurs aux mots de l'Àvesta, leurs fautes mêmes peuvent très souvent servir à retrouver la leçon qu'ils avaient sous les yeux, et si cette leçon est confirmée par une autre preuve, ou un autre indice sérieux, elle acquiert tous les caractères de la certitude.
Il faut donc des motifs sérieux pour rejeter le texte que les zoroastriens avaient en main à une époque où leur religion était encore pratiquée sur leur sol, ob la langue de l'Avesta venait à peine de tomber hors d'usage. Le goût personnel et même un sens meilleur ne suffisent certainement point pour cela. Le fondement de toute correction sérieuse comme de toute interprétation sera donc l'autorité des manuscrits et spécialement de ceux que [les docteurs mazdéens du ii« siècle avaient entre les mains. Par les courts extraits que j'en ai déjà donnés plus haut on a pu déjà apprécier les services qu'ils peuvent rendre; on veri*a encore plus loin bien des cas du même genre.
2. La première tâche du critique est donc de reconstruire le texte avestique d'après les meilleurs manuscrits et principalement ceux qui ont servi aux traducteurs mazdéens. Mais son
œuvre serait-elle alors achevée et n'a-t-il rien à faire au-delà de la collation des codicesl La réponse n'est pas douteuse; nos meilleurs manuscrits ne sont pas exempts d'erreurs; la version pehlevie n'est pas toujours littérale, parfois elle est ou inexacte ou obscure. En outre, on ne peut le contester, l'Avesta contient un grand nombre de morceaux rythmés à l'origine, puis Tondus dans un vaste ensemble prosaïque. Quelle est par rapport à ce genre d'altération ou de modification la seconde tftche du critique? Quel procédé doit-il suivre?
Ici les avis se partagent et la plus vive opposition s'élève entre les méthodes. Les jeunes éranistes visant d'emblée au terme final et n'envisageant que la fin de l'œuvre, regardent comme non avenue la rédaction de l'Avesta que nous ont transmis les Parses, et ne tenant compte que des morceaux les plus anciens dans-leur forme primitive, déchiquettent, émiettent pour ainsi dire le texte, en rejettent tout ce qui ne leur paraît pas originaire, et ne conservent que ce qui leur semble avoir constitué dès le principe un morceau complet et indépendant. C'est ainsi que H. Bartholomse a traité, dans ses Arische Forschungen, les Yeshts I et XIX.
D'autres se montrent plus modérés dans la mutilation du texte, tout en visant exclusivement à rétablir sa forme originaire. Certes on ne peut nier que ce soit là un travail qui peut tenter beaucoup d'esprits et auquel on devra arriver en fin de compte. Mais est-ce bien le premier et le principal? est-ce surtout celui qui doit présider à Texplication du texte? Pour répondre à cette question il faut se faire une idée exacte de la. nature de notre Avesta et de la manière dont il s'est formé. Je dois donc rappder et compléter ce que j'ai déjà dit de ce double sujet.
3. L'Avesta est le livre liturgique des Zoroastriens, celui qu'ils employaient dans leurs sacrifices et pour leurs prières publiques avant même que la traduction pehlevie eût été faite, c'est-à-dire au premier siècle de notre ère. C'était donc dès lors un livre ayant son existence propre et indépendante, fait à des-
sein tel que nous le voyons, et non un ramassis inintelligent ou Torcé de toutes les épaves échappées au naufrage de la littérature zoroastrienne. La preuve de ce fait est facile à fournir. Les autres livres zends existaient encore, puisque les monuments de la littérature pehlevie, gloses, Nirangistftn, Dtnkart, etc. en contiennent de nombreux fragments. Si donc ils ne sont point entrés dans la composition de TAvesta, c'est qu'on y a introduit, à dessein et par choix libre, les morceaux qu'il contient à l'exclusion de tous les autres. Si les autres traités avestiques se sopt perdus, c'est après l'époque sassanide, puisque les docteurs de ces temps les connaissaient encore et les citaient fréquemment. Cet état de trouble, cette éclipse que la religion zoroastrienne aurait subie après la conquête macédonienne, suivant quelques éranistes, n'a donc jamais existé.
L'Avesta qui a fait l'objet des travaux de Burnouf, de Spiegel et de leurs successeurs jusqu'à ces derniers temps, est donc un livre indépendant (selbstàndig), composé à dessein tel qu'il est pour le besoin du culte.
Nous le demandons maintenant à tout lecteur impartial et non prévenu, un semblable livre ne doit-il pas être pris en considération par les exégètes sérieux? N'est-ce pas une pièce historique que l'on doit étudier et expliquer telle qu'elle est? Et cette explication qui envisage le tout et chaque partie sans en rien exclure n'est-elle pas le premier devoir, la première tâche de l'interprète? Ne doit-elle pas être accomplie avant que l'on procède à la dislocation de ses parties? Parce que dans un livre, d'un contenu nécessairement complexe, il se trouve des fragments de différents âges, ira-t-on dépecer cet ouvrage, taire tomber sous les ciseaux tout ce qui ne date pas de l'époque la plus ancienne, pour n'en conserver que le premier noyau?
J'abandonne au bon sens de mes lecteurs le soin de répondre à ces questions. Pour moi je n'y répondrai que par cette autre. Celui qui se donnerait la mission de traduire le rituel d'une église quelconque, ne le prendrait-il pas tel qu'il est et ne l'expliquerait-il pas dans son ensemble avec tous ses morceaux
d*âge divers, ses ajoutés» ses retouches, les interpolations faites de la sorte par les liturgues, à des hymnes, prières ou récits provenant d'auteurs plus anciens? Oui, sans aucun doute. Les premiers qui eurent à interpréter le Mahâbhârata — formé à peu près comme l'Avesta — n'ont-ils point dû l'expliquer en entier avant d'y rechercher les morceaux détachés qui y sont introduits, le noyau originaire, les ligatures, les interpolations, etc.? Oui encore certainement (i). Il en est de même de Tlliade. Pourquoi traiterait-on l'Avesta d'une autre manière.Qu'on veuille bien ne pas l'oublier, l'Avesta c'est le livre du Parse; avant lui il pouvait y avoir des hymnes, des sentences, des règles zoroastriennes et nord-éraniennes, mais il n'y avait pas d'Avesta.
Je le répète donc, l'Avesta est un livre indépendant; le traduire dans son intégrité et l'expliquer ainsi sans rien exclure de ce qui fait réellement partie de sa rédaction, c'est le premier devoir du critique et de l'exégète.
Que dire en conséquence de ceux qui traitent d'ignorante (unwissenschafllich) cette œuvre nécessaire et bien plus difficile que celle de leur prédilection? Disons simplement qu'ils confondent deux choses très différentes, Texplication d'un texte et la recherche de ses éléments constitutifs.
4. Mais pour mieux comprendre la justesse de cette distinction, examinons le contenu des divers chapitres de l'Avesta : quelques-uns ont été formés d'un seul jet et ont un objet unique. Tels sont les Farg. IX-XII, XIV, XVII, les kardés du Vispered en général, les premiers Hâs du Yasna, les Yeshts VI, VII, IX, Xllf, XIV, XV, XX, XXII.
D'autres ont également une origine unique bien que leur sujet soit varié. Les prières secondaires du Yasna, celles du Khordah Avesta, les Gâthâs etc. sont dans ce cas. Signalons spécialement les Farg. XX-XXII d'un caractère athravanique; on y dis-
(1) Il n'y a aucune similitude sous ce rapport entre l'Avesta et les Védas. Aux Védas les hymnes sont restées détachées et sans lien; les interpolations n'y ont aucune raison d'être. Dans l'Avesta c'est tout le contraire, en général.
liBgue deux parties; le récit et les formules de conjuration entremêlés. (Voy. mon âvesta traduit hoc loco).
D'autres encore, bien que traitant un même sujet d'un bout à Fautre, sont ou du moins paraissent être formés de fragments originairement indépendants. Ce sont, par exemple, le Yt. X, où certaines parties semblent môme se contredire (cfr. mes Etudes avestiques^ c. fin.), le Y. IX etc., ou avoir reçu quelque ajouté d'une seconde main ; par ex., les Fg. I et II, dont le commencement pour le premier et la fin pour le second, ne semblent pas composés en même temps que le reste.
Il en est enfin un certain nombre qui sont évidemment composés de morceaux disparates quels que soient d'ailleurs leurs rapports chronologiques. Dans cette dernière catégorie nous leroRS rentrer les Fargards 111- V, VII, VIII, XIII, XV, XVIII, XIX, les Yeshts MV, XII etc. dont les éléments sont tantôt entièrement indépendants et d'une égale valeur, bien que d'une étendue très différente, tantôt constituent un sujet principal et une ou plusieurs interpolations. Les éléments des Farg. III à V, par exemple, appartiennent aux premières. Le Yesht XIX nous offre les deux espèces de matériaux réunis. Consacré au Hvarend royal, il commence par une énumération des montagnes § 1-7. En plein milieu et par suite de la mention d'Apàmnapâ^^ vient, à Timproviste, un fragment d'hymne à ce génie. Le Yesht XII consacré à Rashnu s'ouvre par deux courts fragments sans aucun rapport avec le génie de la justice, mais terminés l'un et l'autre par un passage qui se retrouve dans l'hymne à Rashnu, et de là leur insertion à cet endroit.
On a voulu expliquer cet état fragmentaire par l'antiquité de l'Avesta dont il ne resterait plus que des débris. Mais on n'a jamais pu justifier cette explication ni prouver l'existence du monument auquel ces ruines auraient appartenu. Tout fait augurer au contraire que nous avons devant nous une collection de morceaux détachés, isolés dès leur origine, et non des ruines échappées à la destruction totale.
Il semble donc certain que les textes avestiques étaient com-
posés à rorigiae de 'koyia, comme disaient très justement les Grecs, et de chants isolés dont le nombre s'est successsivemeni accru, en même temps quMIs subissaient des altérations ou des ajoutés jusqu'à ce que Ton réunit tout ce que la mémoire des Âthravans en' avait conservé, pour en faire le code et le rituel écrit du zoroastrisme.
Indiquons seulement deux indices : a) nulle part on ne trouve mention de plus que de sept gâthâs; b) aucune disposition du Vendidâd ne se réfère à un texte perdu, il n'en est aucune qui fasse allusion même implicitement à un livre perdu dont elle aurait fait partie jadis.
Mais quelle que soit la cause à laquelle on attribuePétat actuel de TAvesta, il n'en est pas moins vrai que ce livre n'a point été composé d'un seul jet, et que Ton trouve réunis dans maintes de ses pages les sujets les plus disparates.
Maint Âtharvan ou Mage a voulu souvent faire du sien, et ajouter à tel ou tel endroit l'une ou l'autre sentence. Aussi les morceaux qui composent certains chapitres diffèrent souvent non seulement par le sujet, mais aussi par l'âge.
Les passages relatifs ft VAshemaogha, apôtre de l'abstinence et à la supériorité du mariage sur la continence, ne peuvent avoir été composés qu'à cause de la propagation d'une religion préchant ces vertus. Le commencement du Yesht I, comme Ta très bien vu M. Bartholomae, est très récent.
Les premiers versets du Yas. IX ont été composés pour rapporter à Zoroastre le culte antique du Hôma et expliquer pourquoi le prophète ne l'a point aboli. Le reste, qui s'adresse directement au génie et ne mentionne plus Zoroastre, pourrait être beaucoup plus ancien. La fin du Fargard II (§ 137-143) est aussi plus récente que tout ce qui précède. Elle a été ajoutée pour faire disparaître le mauvais effet que pouvait produire sur les ûdèles l'absence de toute influence du prophète sur le Vara de Yima. Elle a cela de bizarre que Zoroastre a l'air de ne pas soupçonner qu'il est le chef de ce Vara.
Le Fargard III se compose de deux chants relatifs à un même
sujet : les joies et les chagrins causés à la terre (1-43, 78-78, 116-121). Au beau milieu de cette matière uniforme se trouve une disposition pénale relative à l'homme qui porte seul un cadavre (44-74). Ni ces deux chants, ni cette sentence ne Taisaient partie d'un livre perdu. Ce sont des morceaux isolés.
La symétrie du second chant est troublée également par deux amplifications oratoires des idées qui y sont énoncées. Elles sont très probablement l'œuvre du rédacteur du Fargard et ne viennent certainement pas d'ailleurs. (Voy. $ 79-121). Bonheur de celui qui cultive la terre, sort malheureux de celui qui le néglige (79-96); la culture (97-121) fait fleurir la loi mazdéenne.
La dernière partie est occupée par l'énoncé des sentences portées contre ceux qui enterrent les chiens ou les hommes, et l'explication de la vertu purificatrice de la loi mazdéenne bien observée Les S§ 137-181 forment aussi une amplification amenée par ce qui précède et ces §{ 122-137 ne proviennent pas davantage d'un livre perdu, puisqu'il s'en trouve de toutes semblables dans plusieurs autres chapitres. S'il y en eut un consacré à cet objet tous ces fragments y auraient été réunis.
L'Âvesta dans son état actuel est donc un livre sui geneiis composé de morceaux indépendants, tous importants bien que d'inégale valeur, et formé de la sorte, expressément pour les besoins du culte, livre qui doit être étudié et interprété dans cette forme, dans Tétat où il était sous la main des docteurs mazdéens qui l'ont traduit en moyen-persan.
En outre, si la critique a ici un rôle dissolvant à jouer, avant qu'elle pût le remplir convenablement et scientifiquement, il fallait que l'on eût élucidé et traduit le texte entier, tel qu'il nous est parvenu, tout en corrigeant autant que possible les fautes des copistes. Gomment en effet eut-on pu en discerner et apprécier les différentes parties et séparer l'antique du plus moderne et l'ivraie du bon grain, si l'on eut d'abord acquis de Tensemble une connaissance aussi exacte que possible.
Voici donc l'état réel de la question. — Quand les docteurs zoroastriens ont codifié le rituel que nous possédons sous le
nom d'Avestay ils ont constitué un texte sui generis^ formé des logla et des chants détachés qui composaient en partie la littérature mazdéenne et de différents ajoutés qu'ils y firent ou qui s'y étaient introduits précédemment. Ils constituèrent ainsi un texte nouveau, secondaire, il est vrai, mais un véritable texte qui doit être pris pour lui-même, traduit et expliqué tel qu'ils l'ont fiiit, en le corrigeant uniquement de Taçon à le rendre à l'état oii ils l'avaient mis et en réparer les altérations ultérieures. Ce texte, nous ne l'appellerons pas <c traditionnel • mais « texte des rédacteurs de l'Avesta »; « texte canonique » c'est la seule expression exacte, car avant cela il n'y avait pas d'Avesta (i). Restituer et interpréter ce texte voilà le but que se sont proposé et que devaient se proposer les premiers interprètes du texte entier; il serait injuste de le méconnaître. Leur œuvre achevée, bien que laissant encore plus d'un point obscur, permet aux pionniers de la seconde heure d'en entreprendre une autre et de demander à la critique tous les services qu'elle peut rendre, de disséquer le texte, en distinguer et reconstituer les éléments Tormateurs, et se livrer à tels exercices que Ton voudra.