‹ De l'exégèse et de la correction des textes avestiquesChapitre 37 sur 54 · Peresa^ ZaraSusHrà ahurem Mazdàm... ashdum puis vient · texte numérisé non relu

Peresa^ ZaraSusHrà ahurem Mazdàm... ashdum puis vient

Kva asti veref rag'nahô Ahurad'âtahô

nâmaazbâitis', kva upastûitis', kva nistûitis'

fia^ mrao^ Ahurè 'M.&zddf XLIV, 1. ya^ spâd'a hanjas^l^té^ spitama Zaratùstra,

rastem rasma katarasci^

yis't^^hô ahmja noi^ Y&nydbnié

jatâfhhb ahmja noi^ ianjébntê XLIV, 5. Cata^^ro pern^ vld'arayèis'

avi pafâm katarasci^

yatârô pourvè Mjazaité

amè hutas'tè huraod'5

yert'rag'nô aharad'âtè 10. atàrb yeretfra hacaitô.

Suit un passage rhythmé, ce me semble» mais qui n'a pas de rapport avec celui qui nous occupe (i).

Celui-ci l'est-il également? et s'il Test, comment le ramener au rhythme. A la première phrase, interrogation de Zoroastre, il faut trop retrancher, trop changer pour qu'on puisse tenir le mètre comme probable.

La réponse, contenue dans les §§ 43 et 44, se compose de deux parties, semble-t-il. Les vers 1, 2, 7-10 forment le pendant du Yt. X, 9 et une pensée complète. Les vers 3-6 paraissent former une phrase à part et ne rentrent que difficilement dans le cadre et la construction du tout, dans la question posée. Il y est donné un moyen magique d'empêcher les guerriers de s'entretuer. Il est à croire qu'il a été ajouté après coup, qu'il provient d'une seconde rédaction. C'est ce que M. Hubschmann a reconnu avec perspicacité; aussi laisse-t-il ces vers sans traduction. M. Geldner rejette le vers 4 comme une répétition du y. 3 qu'il garde. Cette raison n'est certainement pas suffisante. Les répétitions sont fréquentes dans TÂvesta ; d'ailleurs ici ce n'est pas une vraie tautologie; il s'agit d'abord des coups» puis de la mort (on verra plus loin l'explication de ce passage). Les vers 3-6 sont du véritable avestique ; ils appartiennent à ses monuments, s'ils ne font pas partie de ce passage ; et les laisser se perdre c'est diminuer d'autant le vocabulaire de l'Avesta et la connaissance des mœurs érano-avestiques. Mais je les distinguerais du reste.

Vient ensuite la question du mètre. Ces deux parties sontelles rhythmées? Pour la première (1, 5, 6) cela ne parait pas douteux. Les mots» spitama Zarat'uâ'tra» ont été introduits avec la formule initiale.

(1) amemca yerefrag'anemca

afrinâmi dva pâtâra (dva)nipâtâra, (dvajnis'hartâra) dya ad'waozhen dva Tld'waozhen dva frad'waozhen, dva âmerezen dva vlmarezen» dva framarezen

Le vers 7 seul a une irrégularité» il compte 9 syllabes. En supposant qu'il n'en faille que 8, que faut-il corriger?

Remplacer paurvd par hd n*est point justifié; la faute ne s'explique point. D'ailleurs patir*t;d est nécessaire, c'est l'idée essentielle du morceau ; c'est en prévenant son adversaire que Ton s'assure la victoire. Sans paurvd, la phrase voudrait dire que si toutes deux honorent Yerethraghna , elles seront également victorieuses. — Ce mot, d'ailleurs» est aussi au Yt. X, 9.

Mais on peut retrancher frâ sans difficulté. Son insertion inutile s'explique très-bien par l'habitude d'employer ce composé. En l'effaçant nous ne dérogeons en rien aux principes.

La seconde partie, v. 3-6, était -elle véritablement rhythmée? Gela est plus douteux. Le ton est poétique» la symétrie des phrases indique également le mètre; mais les trois premiers vers ont neuf syllabes. Remplacer ahmya par ya^ n'est-ce pas créer le mètre et non le rétablir? — Je ne vois pas du reste pourquoi l'Âvesta n'aurait point eu des vers de neuf syllabes.

Voici donc ce que je ferais de ce texte :

y&ff dva spâda hanjas^^tô rastem rasma katarasci^ [visU^hô ahmya noil^ vanyc^até (1).

jatc&nhô ahmya noi^ jany^ntô catasrè perencd vld'arayôis' avi pat'âm katarasci^j (2) yatârb paurvè (frà) yazaltô amè hutastè huraod'5 veret'rag'nè ahurad'àtè atàrè vertra hacaité.

Le sens serait : lorsque deux armées se rencontrent, en rangs bien formés, l'une et l'autre,

[Pour que ceux qui y seraient frappés ne le soient pas; pour que ceux qui y seraient tués ne le soient pas, étends quatre

(1) Ou vastâ>hhà,,. txuytîmié. Voy. plus loin,

(2) katarascip doit rester; comp. macCemày nitemà adverbes.

plumes sur le chemin des deux côtés] là oii Verelhraghna est honoré en premier lieu, là vient la victoire.

19. Au Yt. V, 6 en parlant de la source Ardvtsûra venant du ciel, il est dit yàm azem ydAhurd Mazdéb huxvarena bairê f^adafâi nmânahéf vUasca etc.

M. Geldner retranche yàm comme un non-sens, et change huzvarena, comme Unding. en uz vdrem. « Moi Ahura Mazda Rapporte la pluie ». Là dessus il fonde une théorie sur les h initiaux introduits abusivement. Mais ce sens est déjà suspect par lui-même. Avant et après (S et 7) il s'agit uniquement de la source céleste; la pluie vient là tout hors de propos, et coupe la pensée. Il doit être question d'A. Ç. ici comme dans tout le reste. Gela étant reconnu, yàm est, non seulement explicable, mais nécessaire ; il fait rapporter Ardvîsûra à bairé. Huzuarena loin d'être un Unding s'explique très bien ; il dérive de hu et zvar=jval jaillir avec force et éclat. Une autre leçon hazavarena donnerait le sens de « avec force». Le texte dit donc : « Elle purifie les germes, Ardvtsûra « que j'amène avec un jaillissement puissant (brillant) pour la prospérité des maisons etc. »

Les corrections de M. Geldner ne sont donc pas heureuses, et les réflexions sur le h apoci^yphe, sans raison d'être.

Donc le texte ancien est préférable aux corrections qu'on lui impose sans motif.

20. L'Aogemadaèca § 83 contient la sentence suivante : Ayare amifnaiti juyê tanu8\ frayaré ayàn bavaiti hubadfrdf

hupaitianatà ; afa aparê ayàn duzhât'rem.

Le sens est assez simple : « L'être corporel en vie, l'être vivant attend le jour (se disant :) demain il sera heureux et honoré; et le lendemain vient le malheur ». G'est le tableau de l'attente, des espérances déçues.

M. Geldner cherche autre chose. Il veut d'abord avoir un quatrain. Pour cela il retranche tanus' à titre de glose iejuyé et le f^ ayàn comme superflu ; puis il change anatd en antd dont il fait le participe do an respirer, c'est celui « qui respire bien contre », (hu paitiantd) qui est à l'aise.

Par quoi justifle-t-il ces changements et suppressions? Par rien, il ne l'essaie pas même. Il a formé un quatrain ; cela suffit. Il ne se demande pas si ce quatrain n'est pas son œuvre exclusive (i). Pour celui qui suit des principes scientifiques, cela est certainement sans valeur. Si ce passage se trouvait au milieu d'un morceau rhythmé, on serait autorisé à croire qu'il n'était pas seul d'une autre nature. Il en serait de même si tous les textes avestiques étaient mesurés ; or ces deux conditions font défaut. Hais ce quatrain ne surgit-il pas d'une manière si naturelle qu'il saute aux yeux? Nullement; c'est le contraire qui est vrai. Tanus^ corps (nomin.) ne peut être une glose de juyé (loc). Mettons cela en latin : dies venit viventi (glose : corpus). Cela ne se conçoit pas; l'impossibilité saute aux yeux. Si encore la glose était mashyâka homme, mais tanus\ que peut-il faire là? On devrait au moins nous montrer quelque part un emploi analogue de ce mot.

En outre le sens de la première phrase serait « le jour arrive dans le vivant » ce qui est une construction assez bizarre.

Puis an n'a pas de participe passé, pas même en sanscrit, et et ce participe passé, s'il existait, signifierait non pas « respirant » mais a respiré, souff:é », ce serait « bien soufflé contre » pour dire heureux !

Mit^na ne signifie pas simplement <^ arriver » mais marque «contact, séjour, union, choc, etc. », de là mitwara couple miVna demeure etc. et le locatif juj/^ convient très mal ici.

H. Geldner s'appuie sur le sens de ce verbe, et se refuse à croire qu'il puisse passer du sens de « aller contre, rencontrer i> à celui de « penser ». Hais il ne s'agit pas de cela ; j'ai traduit « attendre, espérer, se porter vers par la pensée». C'est le sens naturel du verbe au figuré. De plus, il oublie qu'il a traduit précédemment paitimitnaiti par « se repent » ou « confesse ». Certes nous voilà bien loin de « arriver ». Notons aussi que le français attendre est le pendant exact de a miVna.

(1) Voyez les quatrains de Boesuet, p. 21.

* Enfin aparêayàn n'est pas « Taprës midi » (qui se dit uzayare), mais « le lendemain » — On a vu que les divisions du temps et leurs noms étaient tout autres en Eran que dans Tlnde. D'ailleurs ce n'est pas aparâhna «après-midi» qui correspond à aparé ayàn^ mais aparêdyus « le lendemain »; la forme seule le prouverait. Aparâhna est indivisible.

M. Geidner, si sévère en fait d'exactitude, ne s'arrête à aucune de ces nombreuses inexactitudes. Mais du moins le sens y gagne-t- il? Nullement, au contraire. Celui que donne M. Geldner revient à ceci : t Le jour se lève pour Tétre vivant; le matin il est heureux et l'après-midi malheureux » . La première partie est assez inutile et la seconde revient à notre traduction sauf qu'elle a perdu tout ce qu'il y avait de sentiment et de morale. L'âme avec ses espérances et ses déceptions en a disparu ainsi que l'opposition entre cette vie et l'autre, qui est l'objet de tout Vaogemadaèca. Il n'y a plus que le fait brutal.

21. Voici encore un exemple. Le Yt. XVII, 80 porte ; donne moi oArdvtsûra

yafa azâni peshanê (non peshana) mairyèhé hyaanahê ArjaffOspahê yata azâni peshanê Darshinïkahê daèvayasnahê que j'ai rendu : « que je (chasse) vainque dans le combat le méchant heyaonien A. 0. adorateur des Dévas ».

H. Bartholomse trouve cette traduction unbrauchbar. Pour lui il change peshanê en peshanem et supprime hyaonem.-

Il est évident qu'en traduisant de la sorte j*ai corrigé le texte

et remplacé les génitifs Arjat>aspahê etc. par des accusatifs.

Avais-je des motifs? Tout juge impartial devrait le supposer; et

il ne se tromperait pas. En effet l"" le mètre indique qu'il faut

lire

yat'a azftni peshanê

mairtm hyaonem arja^aspem

yat'a azâni peshanê

Darshinikem daèvayasnem

2<> A ta phrase précédente et toute semblable, l'accusatif se trouve régulièrement

ava^ àyaptem dazdi mô Ashi va^hvi yat'a azâni peshanê asta-aurvantô

3*» par cette correction le sens, autrement imparfait et forcé devient clair et naturel ; les fautes contre le rhythme disparaissent et Ton n'est pas obligé de supprimer hyaonem.

Dire « que je livre un combat à A. ou D. » ce n'est rien dire. Ce n'est pas la simple lutte que les héros demandent mais la victoire. On voit que ma traduction, loin d'être unbrauchba^\ se justifie de toute manière.

Il en est de même de tous les cas semblables où ma traduction ne concorde pas avec le texte altéré de nos manuscrits. Je n'ai pu tout dire dans mes notes, mais ma traduction est à elle seule le commentaire, et je ne puis croire à la bonne volonté de ceux qui veulent y voir de l'inexactitude, parce que telle explication qui saute aux yeux de tous n'est pas donnée d'une manière

formelle.

Le commencement du Farg. XVII porte d'après le texte traditionnel

hem aojisUa mahrka mashyâka

daèvà (aoshè) yazaitê

ce qui signifierait : «Comment par la plus puissante mort (faute mortelle) ces hommes honorent-ils la destruction des dévas? (que les Dévas causent) » ou bien c honorent-ils les dévas pour la destruction?

Si nous consultons le texte canonique, celui de la version pehlevie et les besoins du mètre qui existait ici certainement, nous aurons :

kâ aojis^tem mahrka mashya

daèvà aoshahhâ (ou hé) yazaitê c*e8t-à-dire

par quelle faute mortelle les hommes honorent-ils le plus puis* samment les dévas pour la perte (du monde)?

Cette phrase est des plus simples, si ce n'est peut-être cette expression « honorer les dévas » en parlant de péchés. Mais

— zSSd —

c^est là une expression avestique. Au Farg VIII il est dit que le sodomiite, en cammettant sa faute , est un Daèvoyâxd^ qu'il ^end un culte aux Oévas. Pécher, selon TÂvesta, c'est rendre un culte aux Dévas. Donc au point de vue de TÂvesta tout y est simple et parfaitement en ordre.

Hais cela ne peut satisfaire M. Geldner parce que, pas plus «que nous naturellement, il ne s'exprimerait pas de la sorte. D'abord il se heurte au mot kem qui, d'après lui, ne peut être employé adverbialement. — S'il avait consulté la version peblevie il aurait vu qu'il faut lire kâ. — Il oublie d'ailleurs qu'il fait de (unim (Vd. XVIII, 3) un simple adverbe. Kem peut donc l'être. Il change ensuite mashyâka en mashtmy fait de aoshd un nom propre de dëva et transforme yazaiU en nioazaiiu II obtient ainsi : « Quel est l'homme que le Déva Âosha enlève par la plus violente mort » ?

Sur quoi se fondent ces modifications du texte? Sur rien, on fie peut pas même invoquer le moindre indice justificatif.

Clertes cela suffirait à faire suspecter les corrections. Mais il flous sera facile de démontrer qu'en procédant de la sorte on fl'arrive pas même à un sens satisfaisant en soi.

De quoi s'agit-il en effet? Quelle est la conséquence du péché -en question? Est-ce la mort de celui qui l'a commis? En aucune façon. — Quand on commet ces fautes, les dévas se rassemblent à l'endroit oii elles ont été faites, la vermine s y multiplie (voy. 1 6) et c'est tout.

Donc la demande, telle que la formule M. Geldner, n'a pas de sens en cet endroit; elle n'est point possible. Celle, au contraire, qu'indique le texte canonique est parflaitement en place. Par cette faute on honore, on flstvorise les dévas ; ils envahissent les demeures coupables.

A cette raison principale et péremptoire on pourrait en ajouter plusieurs autres secondaires, mais non moins importantes. En voici quelques-unes :

Le Déva Aosha est absolument inconnu dans l'Avesta; bien plus, il n'y a point de place. Le Déva du trépas est Astùviàlôtus

IS

ou Vtzaresha. En outre uwaz^ dans le sens d'enlever par la mort, faire mourir, n'appartient pas au dictionnaire éranien ; acjis^ta est le plus fortr le plus puissant et non le plus violent.

La seule raison spécieuse qu'apporte H. Geldner, c'est que la forme de la réponse : hâu yà demande que kem soit le pronom « quem ». Mais en réalité ce n'en est point une. Entre les questions et leurs solutions il y a le plus souvent, dans l'Avesta, une anacoluthe complète. D'ailleurs nous devons lire kd.

Et par conséquent le texte canonique reste le meilleur jusqu'ici.

24. Arrêtons-nous enfin à un fragment très court, mais d'une haute importance, parce qu'il sert à déterminer l'époque extrême d'une partie de l'Avesta. (Vest le Vend. IV, 149 ashemao^ ghem ahuharesdstem peshanaiH. M. Geldner l'efface en disant qu'il est incompréhensible, échappant ainsi aux conséquences qui en découlent. On comprend aisément que cette atéthèse n'aboutit à rien, car elle ne détruit pas un passage très simple et très clair — comme l'ont également trouvé les traducteurs pehlevis — et qui ne se prête nullement à se laisser effacer, mais termine et complète une suite de sentences formant un ensemble bien ordonné et d'une importance incontestable. Le docte interprète ne l'a point aperçu parce qu'il n'a pas bien saisi le sens de certains termes. Voici l'ensemble du passage.

Ahura Mazda proclame lui-même de sa bouche infaillible que cde mariage, la possession d'une famille et de biens, le bon soin, la bonne nourriture du corps (i) sont plus agréables au ciel et de beaucoup supérieurs à la continence, au renoncement, à l'abstinence et la mortification ».

L'homme marié, riche, mangeant bien, résiste mieux au démon de la mort, de la maladie (?), de l'hiver (s), et déjoue les

(1) Offu^ est ici «• la viande, la chair » comme au Gâth& X; les traducteurs pehlevis le savaient encore.

(2) Asiovidôtuï^ zemakà occupent dans la phrase la môme place que sàt» târem, ctshemaoghem; ils sont au nominatif parce que les noms des dévaa Bt se déclinent pas.

complots de l'inûdële qui proche Tabstinence et le jeûne. Pour ce dernier il n'y a pas assez de supplices ».

Le but et le sens de ce passage sont assez clairs. Ces sentences sont évidemment prononcées contre une religion qui prêchait le contraire, c'est-à-dire contre le bouddhisme triomphant en Bactriane, ou quelque autre doctrine plus récente.

Tout est donc ici bien ordonné et combiné et a sa raison d'être bien évidente. Dans l'explication de H. Geidner et par la suppression qu'il opère, tout ce passage devient incohérent et inintelligible, comme il le reconnaît lui-même.

Il cherche du reste à établir, entre la partie principale du Fargard (4-137) et les dix-neuf derniers paragraphes concernant le faux témoignage, une relation qui n'est pas possible et qui donnerait à la législation avestique une couleur bien singulière. D'horribles supplices seraient prononcés contre ceux qui voudraient prouver leur innocence par une épreuve judiciaire ; ce n'est pas admissible. D'ailleurs les derniers paragraphes traitent évidemment de deux sujets différents, puisque l'un prononce la peine de la torture et de la mort et l'autre, celle de sept cents coups des instruments ordinaires.

Les SS 150-163 se rapportent à l'ashemaogha du § 149 commele texte l'indique; les derniers traitent du faux serment et n'ont aucun rapport avec le sujet des §§4-137; pas plus que les- S§là3.

Ce Fargard IV comprend six parties indépendantes : 1-3 refus^ du ntmd. — 4-53, des contrats et de leur violation. — 54-125,. voies de fait et leur châtiment. — 125-137, exécution de certains engagements, manière d'étudier la loi sainte. — 138-163, anathèmes contre la continence, le jeûne, l'abstinence et le Bouddhisme (?). — 164-168 , faux serment. Entre ces parties il n'y a pas de liaison sérieusement soutenable, pas un mot,, pas un sous-entendu n'en indique le moindre. Donc le paragraphe 149 doit rester avec sa signification incontestable.

Mais en voilà assez de cette matière ; je passe à l'explicatioD des Yeshts XII et XVI.

YESHTS XTI ET XVI.

J'ai choisi ces deux morceaux parce que» comme je Tai dit plus haut, ils peuvent servir d'exemples d'une reconstitution faite sans violence.

J'avais encore un autre motif. Le premier n'avait encore été traité par personne ; le second, au contraire, Ta été par M. Geldner qui n'a rétabli le rhythme que partiellement et d'une manière inégale, comme dans les quelques vers du Yt XII, dont il s'est occupé.

On pourra facilement ainsi comparer les deux manières et les deux résultats.

YESHT XII.

Ce Yesht se compose de deux parties principales; l'une, la seconde, correspond au titre du chant; elle est consacrée à la louange et au culte de Rashnu. La première (t4) n'a avec lui aucune espèce de rapport. Elle n'a été introduite là qu'à cause de l'identité des finales (comp. § 4 et § 8).

La première partie même n'est pas d'un seul jet ; elle se subdivise en deux sections indépendantes. La première (S§ 1 et 2), n'a de commun avec le Yesht que le mot Rashnya (§ 1) venant de la même racine que Rashnu.

On peut aussi diviser la seconde partie, le Yesht proprement dit, en deux prières distinctes, l'un allant de § 8 à 8, l'autre de S 9 à la fin.

D'autres peut-être voudraient rayer du Yesht le commencement étranger au sujet principal du morceau. A mes yeux, il y aurait en cela erreur et confusion. Le Yesht de Rashnu n'existe que depuis la réunion de ces parties indépendantes. Avant cela il y avait un chant en l'honneur de Rashnu et des fragments détachés, mais il n'y avait pas de Yesht.

Le^ Yesht, comme son nom l'indique, est une création postavestique. Les Mazdéens médio-persans ont formé ce composé

d'éléments bétérogèoes et ont donné un titre commun à Tensemble, tout comme à certains Fargards du Vendidàd. C'est ainsi que le Yesht XIX tire son nom des sept premiers versets. (Voir plus loin. Notes complémentaires YI, Yesht I).

S'il n'y a point d'erreur dans les deux premiers paragraphes, il y a certainement une idée peu^sensée. Le Màthra Spenta est ce qu'il y a de meilleur dans le Màthra spenta. Peut-être mSthra est-il pris dans le sercond, comme formule cotguraUnre.

Voici donc ce texte constitué métriquement.

Je donne cette restitution pour ce qu'elle vaut et sans prétendre que le mètre y était partout régulier.

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