IV. URVATO
Au Yesht XIV, 19, il est dit de Taigle qu'il est urvatô ad^ara naôma(>, peshaiô upara naêmâ^. J'ai traduit dubitativement la seconde partie : attaquant par la partie supérieure de son corps. M. Geldner me suit mais en affirmant que c'est la solution définitive. Mais que signifie urvatô? S'appuyant sur le passage où se trouvent les mots : varat'asca pars'tasca (la défense et l'attaque?) M. Geldner tiaduit aussi définitivement « se défendant par en bas >* et scoute que c'est là une peinture fidèle d'un combat d'oiseau de proie.
Tout le monde conviendra sans peine que le motif est insuffisant. Deux mots très différents peuvent se trouver unis à celui qui indique l'attaque; aussi M. Hûbschmann laisse ces termes sans traduction. Il faudrait au moins prouver que cette explication est possible. Or, il sera très facile de démontrer qu'elle ne l'est pas.
P Tout le monde a vu sans doute des combats d*oiseaux. Or, je le demande à tout spectateur de cette scène, a-t-il jamais vu un oiseau qui se défendait au moyen de sa queue ou de ce qui la précède, voire même de ses pattes. Quelques fois les combattants ailés 8*accrochent mutuellement par les pattes, mais c'est pour mieux se déchirer et non pour se défendre.
29 Urvatô ne peut venir de varatù. Urva ne provient que de vra ou var^ jamais de vara, Urvaiti = vrati; urvis (et dérivés) = varts ; urvatat = vratatt vartat; urvad 'a =» vrad 'a; urvâz, urvâk '«' = varli, varhs.
Urvat peut encore être = uruvat ou ruât (cp. urvaêna et urvan) mais pas autre chose.
80 V7*vat si même il venait de varat pourrait signifier - défendre » mais non « se défendre »• : pour cela il faudrait varemnd.
Qu'on veuille bien comparer le var sanscrit (P. W. B. hoc verbo).
L'explication urvat = varat « se défendant », se heurte donc contre une impossibilité et deux inexactitudes philologiques des plus graves.