‹ De l'exentération complète sous-périostée de l'orbiteChapitre 13 sur 24 · LOS · texte numérisé non relu

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tie (1) étant une opération dont les résultats sont souvent peu brillants même entre les mains des plus habiles, il n’y a lieu d’y recourir que lorsque le malade doit en retirer un véritable avantage ; de plus, elle exige de longues incisions, une dissection minutieuse de grandes surfaces, l'application de beaucoup de sutures; elle est très fréquemment suivie d’érysipèles et a plus d’une fois compromis la vie des malades, circonstances qui, certes, ne doivent point empêcher le chirurgien de la pratiquer, mais qui lui imposent le devoir d’en réserver l’application aux seuls cas où elle est rigoureusement indiquée... »

La question n’a plus à l’heure actuelle cette gravité qui était due au manque d’antisepsie, et nous ne craignons ni de provoquer l’érysipèle ni de compromettre la vie des malades. |

D'autre part, devant l’importante mutilation qui résulte d’une exentération dans laquelle les paupières ont dû être sacrifiées, la blépharoplastie doit moins être recherchée dans un but esthétique, tou- Jours extrêmement difficile à atteindre dans les grands délabrements, que dans le but d’aider et de rendre plus rapide la tendance naturelle à la cicatrisation, et d'élever plus tôt, contre l'infection toujours possible, une barrière plus résistante.

La blépharoplastie n'utilise point pour la reconstitution des paupières le tissu de cicatrice ; elle s'adresse à des destructions beaucoup plus graves, comme dans le cas qui nous occupe, après exentéra-

(1) Desmarres, Traité théorique et pratique des maladies des yeux, t. IL, p. 526.

tion avec ablation des paupières. Il faut alors emprunter du tégument sain, soit sur l'individu luimême — autoplastie — en utilisant les parties voisines de la face, ou même éloignées du reste du COTrps, soit sur un sujet étranger —- hétéroplastie — homme ou animal (lapin, cobaye, grenouille...).

Nous ne faisons que citer lhétéroplastie, très rarement employée en chirurgie oculaire.

Quant à l’autoplastie, elle peut être extrêmement variée, mais tous les procédés employés peuvent se ramener à l’une des méthodes suivantes :

1° Méthode des greffes;

2° Méthode italienne, par lambeau pédiculé à distance;

3° Méthode indienne par pivotement.

4° Méthode française par glissement.

Toutes ces méthodes sont exposées dans les divers traités de chirurgie oculaire. Nous ne parlerons que de la dernière, et d’un procédé qui en dérive, employé depuis plusieurs années par le professeur Rollet pour la restauration des paupières après ablation d’une tumeur maligne.

Méthode française par glissement. — Dieffenbach réparait la perte de substance de sa paupière par un lambeau cutané trapézoïde taillé du côté externe; la partie restée à découvert est elle-même réparée par des greffes de lambeaux dermo-épidermiques pris sur un membre ou livrée à la cicatrisation par bourgeonnement.

Szymanowski avec un lambeau plus grand rhom-

boïdal, Arlt avec un lambeau carré, Burrow (1856) avec son lambeau de même forme que la perte de substance, ne font que s'inspirer de la méthode de Dieffenbach. | Serre (1), en 1842, cherche à utiliser pour la restauration de la paupière supérieure la paupière inférieure : il taille dans celle-ci un lambeau qu'il fait glisser directement en haut pour le fixer à la perte de substance de la paupière supérieure. Suture. Après cicatrisation, section du lambeau à sa base.

Blépharoplastie à tiroir : procédé de M. Rollet. — «Ce procédé (2) consiste à substituer au glissement latéral de la méthode française le glissement vertical. On dissèque un lambeau qui est tiré de façon à venir reconstituer la paupière enlevée; si les deux paupières sont à réparer, on libère deux lambeaux... »

Dans les cas où l’épithélioma s’étend à la paupière inférieure, il faut :

1° Sectionner toute la paupière aux ciseaux droits et au bistouri sur la plaque de Pellier métallique;

2° Prolonger verticalement en bas les incisions d’ablation du néoplasme; bien libérer ce lambeau; faire l’hémostase..; en définitive, la ligne horizontale qui constituera le nouveau bord palpébral coupe les deux lignes verticales à l’union de leur tiers supérieur avec leurs deux-tiers inférieurs;

3° Pour reconstituer le bord ciliaire, élever le

(1) Serre, Traité de l'Art de restäurer les difformités dela face, 1842. (2) Rollet, Traitement de l’Epithélioma palpébral. La Blépharoplastie à tiroir in Revue générale d'Ophtalmologie, février 1906.

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