ANSE
où notre confrère Kalt lui fait une excision palpébrale et conjonctivale.
Lorsque le malade se présente à nous, il est en pleine récidive palpébro-oculaire d’épithélioma. Il est ‘en outre affecté depuis quelque temps de douleurs spontanées très violentes dans l'orbite et autour de l’orbite, empêchant le sommeil, ce qui surtout l’a engagé à venir nous demander conseil.
Etat actuel. — Lies paupières de l’œil droit offrent un aspect tout spécial. La paupière inférieure n'existe pas; à sa place on trouve une surface irrégulièrement bourgeonnante de couleur rouge jaune lardacée, recouverte par endroits de croûtes et en d’autres d’une sécrétion gris jaunâtre épaisse. Cette surface a environ 3 centimètres de lonoœueur. Elle se continue sur la tempe en dehors de l’angle externe par une ulcération verticale recouverte d’une croûte épaisse et sèche.
La paupière supérieure est attirée en bas et soudée par la moitié interne de son bord ciliaire avec la peau de la joue, la moitié externe est libre et porte quelques cils agglutinés.
Au-dessus du bord libre, on aperçoit le globe et sa conjonctive bulbaire. Le globe est absolument immobile, figé dans l’orbite et adhérent à la face postérieure de la paupière supérieure. La peau de la paupière supérieure est rosée et ridée. La peau de la joue est rosée et luisante, tendue et ramassée vers l’angle interne de l’œil. Cette peau est parcourue par de nombreuses veinosités. À gauche on ne note rien autre que l’ectropion de la paupière inférieure. Le globe oculaire est normal : are + 0,75 D. V — 5/15.
Il n’y a pas d’adénopathie préauriculaire ou sous-maxillaire. On pose le diagnostic d’épithéliome palpébro-oeulaire et on décide l’éviscération de l’orbite avec résection de toute la région envahie.
L'opération est faite le 31 octobre 1903, avec l’assistance du docteur Chaillous et de MM. Bial et Guénot, internes de service.
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On fait une incision supérieure partant de la base du nez et longeant le bord orbitaire supérieur, puis remontant sur la tempe pour circonscrire le prolongement temporal de la tumeur.
Une seconde incision part de la racine du nez et suit le bord orbitaire inférieur pour rejoindre l’incision supérieure. L’incision comprend la peau et les tissus profonds. Arrivé sur le rebord osseux, on décolle le périoste jusqu’au trou optique. On suture la plaie temporale et on fait une incision parallèle à la peau du sourcil pour permettre de rapprocher le tiers externe des lèvres de la plaie orbitaire. On place un gros drain dans l’entonnoir orbitaire.
5 novembre. — Premier pansement. Ablation des fils et
du drain. On les remplace par une mèche iodoformée. À partir de ce jour les pansements sont changés tous les trois ou quatre jours, et la plaie diminue rapidement de dimensions.
12 décembre. — TI] reste à peine une surface de un centimètre carré qui ne soit pas recouverte d’épithélium.
9 janvier 1964. — La guérison est complète.
20 janvier. — Je procède à la cure de l’ectropion de l’œil gauche par une excision losangique de la muqueuse.
Ceci fait, il s'agissait de parer à la mutilation résultant de la suppression du globe oculaire et des paupières. Nous avons pensé qu’un appareil caoutchouté pourrait, dans une certaine mesure, remplir ce but.
OBsERvATION IX (résumée et personnelle)
Epithélioma de la paupière inférieure et de l’angle interne. — Blépharoplastie par le procédé à tiroir (1).
B... Julie, trente-sept ans, ménagère, entre à la clinique ophtalmologique du professeur Rollet le 28 novembre 1905.
(4) Nous donnons ces deux dernières observations personnelles
comme exemples de blépharoplastie à double tiroir, suivant le procédé de M. Rollet.