‹ De l'exercice chez les adultesChapitre 19 sur 40 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Inaptitude de l’obcse au travail musculaire. — Causes de l’exagération de la fatigue. — Tendance à l’essoufllement. — Prédisposition aux courbatures. — Nécessité d’une forte dose d’exercice. — Effet paradoxal d’un exercice modéré. — Utilité de la fatigue chez l’obèse. — Rôle hygiénique des exercices « difficiles ». — Nécessité de persister dans l’exercice. — Rôle de la respiration dans la cure de l’obésité. — Le cas du docteur Peyraud. — De l’entrainement chez l’obèse. — La méthode d'Œrlcl. — De la gradation dans le travail. — Les adjuvants de l’exercice. — Danger du « surentraînement » chez les obèses.

Personne n’aurait plus besoin que l’obèse de prendre l’exercice à hautes doses, et personne n est plus vulnérable quelui àla fatigue. Il faudraitbeaucoup de travail pour brûler et désassimiler les tissus inutiles qui surchargent la machine humaine; mais la machine fonctionne avec la plus grande difficulté, en raison de cette surcharge même et de l’engorgement de ses rouages les plus délicats.

Tel obèse porte jusqu’à cent livres de « poids mort », c’est-à-dire de matière inutile jouant le rôle d’un corps inerte surajouté à ses organes comme un fardeau. Avec une charge pareille, tout déplacement du corps même sur une surlace plane, devient un pénible travail ; tout mouvement

par lequel le corps s’élève demande un effort en quelque sorte athlétique. Pour se représenter le travail qu’effectue un homme atteint d’obésité en montant un escalier, par exemple, il faudrait imaginer, en regard, un homme de corpulence moyenne faisant la même ascension en portant sur ses épaules un fardeau égal à la différence des deux masses, c’est-à-dire souvent un poids de 50 ou 60 kilogrammes. Et ce poids, qui finirait par essouffler le plus vigoureux portefaix, l’obèse le traîne partout avec lui, comme un forçat son boulet.

Aussi tous les exercices de «locomotion» sont-ils des plus difficiles pour l’obèse. Et l’on ne remarque pas, quand on lui reproche sa tendance à la « paresse », le surcroît d’effort qu’exige de lui le moindre déplacement du corps.

En même temps qu’il est astreint à ce surcroît de travail musculaire, l’homme atteint d’obésité se irouve dans les plus mauvaises conditions possibles pour travailler de ses muscles. Au point de vue du « rendement » mécanique du travail, mille obstacles viennent enrayer son effort : la graisse noie les muscles, engorge leurs fibres, et augmente le travail perdu en multipliant les frottements. Le poumon, comme le muscle, est entravé dans ses mouvements par les masses graisseuses qui s’accumulent sous la plèvre, dans les médiastins, dans l’abdomen. Enfin le cœur est gêné par la graisse qui vient s’accoler à ses parois extérieures, et surtout par celle dont ses fibres mêmes sont infiltrées.

L infiltration graisseuse du muscle cardiaque constitue un véritable état morbide, capable d’entraîner des troubles de la circulation sanguine, au

même litre qu’une véritable affection de cœur, en rendant insuffisante la poussée de l’organe central de la circulation.

Telles sont, au point de vue mécanique, les conditions dans lesquelles s’effectue l’exercice de l’obèse : augmentation considérable de l’effort pour tout exercice de déplacement; gène de tous les mouvements par augmentation des frottements musculaires, et diminution d’énergie et de résistance des parois du cœur sur lequel retentit si violemment le moindre mouvement de locomotion.

A ces causes d’exagération de la fatigue, il faut ajouter un élément particulier de malaise qui rend à l’obèse le travail très difficile, c’est l’exagération de la chaleur. L’obèse s’échauffe au moindre mouvement, non seulement parce que réchauffement du corps est proportionné au surcroît de travail que nécessite chaque déplacement d’une masse plus lourde, mais surtout parce que la chaleur produite en excès rayonne difficilement à l’extérieur, retenue qu’elle est dans le corps par l’épaisse couche graisseuse qui en revêt toute la surface. Le tissu graisseux est mauvais conducteu r du calorique, et l’obèse conserve la chaleur dégagée par le travail, comme s’il était emprisonné dans un vêtement matelassé. De là cet irrésistible besoin si frappant chez l’obèse, de chercher « le frais » après le moindre exercice.

A côté de ces éléments de fatigue, l’obésité en crée d’autres qui ne sont plus mécaniques ou physiques, mais de nature physiologique.

Chez l’obèse, l’exercice musculaire donne nais-

sance avec exagération aux produits de combustion. La graisse est un tissu peu stable, qui résiste moins que les autres tissus au mouvement de désassimilation, et chaque déplacement de l’obèse représentant, ainsi que nous l’avons montré, un travail considérable, les tissus graisseux se désassimilent en masse, à propos du moindre exercice. Mais les produits de désassimilation se trouvent en présence d’une quantité d’oxygène insuffisante, car nous savons combien le jeu du soufflet pulmonaire est gêné par la surcharge graisseuse de la cage thoracique et de l’abdomen. Il se forme alors des produits de combustion incomplète, des acides gras volatils, et d’autres composés gazeux que la chimie ne connaît pas encore, mais dont le corps humain témoin plus sûr que les réactifs chimiques — 1 subit l’influence toxique. Ces produits, qui s’éliminent par les voies respiratoires, unissent leur effet à celui de l’acide carbonique, produit normal des combustions de la graisse, pour provoquer les malaises multiples d’un empoisonnement passager du sang, malaises qui aboutissent, en résumé, à l’angoisse respiratoire et à l’essoufflement. f k essoufflement est la plus terrible épreuve de 1 exercice musculaire pour l’obèse. C’est, pour lui, la forme type de la fatigue. Il ne faut jamais perdre de vue dans la cure d’entraînement la facilité avec laquelle l’obèse s’essouffle, et les dangers que présente pour lui l essoufflement. Et pour lui éviter ces dangers, il faut, dans les débuts de la cure n exiger de lui aucun exercice qui représente des doses massives de travail.

Les exercices dans lesquels l’exercice produit en

peu de temps de fortes « doses » de travail mécanique sont les exercices de force et les exercices de vitesse. Or étant donné le poids du corps d’un obèse, on peut dire que tout mouvement d’ascension est un exercice de force pour lui. Le simple mouvement de translation sur une surface plane, la marche, est même, pour l’homme d’un poids très lourd, un exercice qui sort de la classe des exercices modérés et tend à passer dans celle des exercices violents. A plus forte raison la course dans laquelle le travail de vitesse se doublerait chez l’obèse d’un travail de force, doit lui être soigneusement évitée sous peine d’accidents graves.

Voici un fait dont nous avons été témoin : Une dame obèse, mais bien portante, se croyant suivie dans la rue par un malfaiteur, presse le pas, puis se met à courir. En dépit de l’essoufflement qui la gagne, elle s’efforce de courir plus vite pour échapper au danger, d’ailleurs imaginaire, dont elle se croit menacée ; mais au bout d’une minute elle s’affaisse et tombe. On la relève cà demi suffoquée par une congestion pulmonaire. Elle est restée alitée une semaine entière et, pendant plusieurs mois consécutifs, elle a présenté tous les troubles de circulation sanguine connus sous le nom d accidents du « cœur forcé ».

D’après le tableau que nous venons d’esquisser, on voit qu’en résumé trois éléments concourent à produire l’essoufflement chez l’homme chargé d’embonpoint : la gêne des mouvements du poumon, la dégénérescence, ou tout au moins la sur-

chage graisseuse du cœur, et enfin la production exagérée des résidus gazeux de la combustion incomplète des graisses. L’essouffiement est la véritable pierre d'achoppement du traitement de l’obésité par l’entraînement. Et les efforts du médecin n’aboutiront qu’à un échec s’il ne sait pas recourir à des procédés d’exercice qui permettent de tourner la difficulté au lieu de l’aborder de front.

; Il est une autre forme de la fatigue à laquelle l’obèse est sujet, c’est la fatigue générale consécutive, la courbature. Nous avons exposé, dans la Physiologie des exercices du corps, le mécanisme de cette forme de la fatigue, qui consiste dans un malaise général, quelquefois dans un état fébrile, et qui se déclare un certain nombre d’heures après que le travail musculaire a cessé. Le travail musculaire augmente dans des proportions considérables les produits de combustion incomplète ,

parmi lesquels dominent l’acide urique et les acides

organiques. Or l’obèse, par tempérament et môme en dehors de 1 état de travail, porte déjà dans son organisme une dose excessive de produits de combustion incomplètement brûlés. On en a la preuve par l’analyse des urines, qui sont souvent troubles et chargées d urates, et qui renferment des quantités anormales d’acides organiques. La formule de la nutrition, chez l’obèse, c’est Yhypèracidité. bon sang et ses humeurs tendent à la réaction acide, au lieu de la réaction alcaline ou neutre qui est normale. 1

L exercice musculaire ayant pour premier effet

de saturer momentanément l’organisme des produits de combustion incomplète, et notamment de composés acides, on conçoit que la dose de ces produits va devenir excessive chez l’obèse à la suite du travail, et que cette sorte d’auto-intoxication par les déchets de la nutrition qui est cause des malaises de la fatigue consécutive, sera beaucoup plus marquée, en raison de la surabondance des composés anormaux qui la provoquent.

La tendance des tempéraments obèses à présenter avec exagération les phénomènes généraux de la fatigue consécutive s’explique donc, en résumé, par leur disposition à produire des combustions incomplètes. Mais nous savons que l’accoutumance à l’exercice amène graduellement la tendance inverse, et que, chez l’homme entraîné, les combustions vitales sont complètes et ne laissent plus que très peu de résidus anormaux. C’est donc en persislant dans la pratique de l’exercice que l’obèse triomphera de sa prédisposition à la courbature, — à la condition toutefois de suivre dans le dosage du travail une progression prudente et de ne pas s’écarter des précautions que nous allons indiquer tout à l’heure.

Nous venons de voir combien l’obésité rend pénible le travail corporel. Et pourtant de singuliers mécomptes attendraient l’obèse s’il entreprenait la cure par l’exercice, en se tenant toujours à des doses modérées de travail.

Une dame de trente-cinq ans, affligée d’un

embonpoint excessif, était en même temps dyspeptique : Je pins léger repas causait des pesanteurs, des flatulences, ainsi que des somnolences irrésistibles. iNous lui conseillâmes de rompre avec ses habitudes d’inaction. Elle ne sortait qu’en voiture, marchait à. peine dans son appartement, se laissait même habiller des pieds à la tête par sa femme de chambre. Une vie plus active fut adoptée; on se décida, quoiqu il en coûtât beaucoup, à supprimer l’aide de la femme de chambre et à sortir tous les jours à pied. Bientôt les malaises digestifs disparurent; l’accablement, les lourdeurs de tête firent place à un sentiment de bien-être, de force et de « légèreté ». L’excès d’embonpoint était un sujet de préoccupation plus pénible encore que tous les autres malaises; aussi la balance fut-elle consultée au bout d’un mois, avec la conviction qu’une notable diminution de poids allait être la récompense du surcroît d’exercice auquel on s’était soumis. Mais la balance accusa une augmentation de cinq livres !

Rien de plus rationnel que ce résultat si paradoxal en apparence. L’exercice avait été juste Suffisant pour brûler les matériaux organiques qui encombraient les voies d’absorption et désobstruer la route que suivent les produits de la digestion pour pénétrer du tube digestif dans la profondeur des tissus vivants où ils se fixent. La malade, en un mot, avait fait juste assez d’exercice pour régulariser les digestions, et, par conséquent, rendre plus active Y assimilation des aliments; elle en avait fait trop peu pour brûleries tissus déjà formes et pour augmenter la désassimilation. '

Tel sera toujours le résultat de l’exercice dans l’obésité s’il est pris à doses trop modérées. Nous venons de dire combien la fatigue se fait sentir promptement chez l’obèse, et combien ses manifestations sont pénibles. L’obèse « craint la fatigue », et risque toujours, s’il s’en rapporte à ses sensations, de rester au-dessous de la dose de travail qui lui est nécessaire. Il devra, s’il veut retirer un réel bénéfice de la cure par l’exercice, pousser le travail jusqu’à la sensation de fatigue et même aller au delà.

Bien plus, à mesure que le corps s’habituera au travail, il faudra que la dose d’exercice suive une progression croissante, et soit augmentée chaque jour à proportion que diminue la tendance à ressentir la fatigue.

Il semble que la sensation même de fatigue et le malaise nerveux qui en résulte soient des éléments physiologiques nécessaires pour augmenter le mouvement de désassimilation et la « déperdition » que l’obèse demande à l’exercice physique.

Et Ton peut voir le même sujet, qui maigrissait chaque jour en pratiquant un exercice nouveau pour lui, reprendre son embonpoint aussitôt qu’il est arrivé à l’c accoutumance », c’est-à-dire dès que l’exercice qui le fatiguait dans le début a pu être supporté par lui sans fatigue.

Voici , à ce sujet , une observation des plus instructives. — Un jeune homme, obèse par hérédité, fut pris par les conseils de révision et versé dans le train des équipages. Les débuts du service militaire furent pour lui l’occasion d’une fatigue

extrême et d’un amaigrissement rapide. Ses vêlements, devenus trop larges, durent être retouchés dès le quinzième jour après son arrivée au corps, puis rétrécis de nouveau un mois plus tard. Après trois mois de service, il était descendu de 210 livres a 150, et cette diminution de poids se maintint pendant dix-huit mois. Au bout de ce temps, le jeune soldat était arrivé à faire son service sans plus de fatigue que ses camarades; mais dès ce moment, malgré la continuation des mêmes exercices, malgré les grandes manœuvres auxquelles il dut assister, il sentit revenir son embonpoint. On dut élargir de nouveau les vêtements d’ordonnance, et quand il rentra dans sa famille, après son ser\ice terminé, il était redevenu obèse comme au départ.

La fatigue semble être — plus encore que le travail — la condition de l'amaigrissement par 1 exercice. On croirait, au premier abord, que ces deux facteurs : travail et fatigue, sont liés par un rapport nécessaire et constant. En pratique, on voit qu’il n’en est rien, et que l’intensité de la fatigue ressentie n’est pas toujours en proportion de la quantité de travail effectué. La quantité de lavail restant la même, l’intensité de la fatio-ue ressentie sera en raison inverse de l’état d’entraînement du sujet et aussi en raison inverse de son habileté dans 1 exercice pratiqué.

L’état d’entraînement n’est que l’accoutumance parfaite des organes au travail; l’habileté dans la pratique d un exercice est autre chose : c’est l’a daptation du corps à une forme particulière de exeicice. On peut être très endurci aux travaux

Lagrange. — Les Adultes.

qui demandent des efforts intenses ou prolongés, et être malhabile à certains exercices qui exigent une coordination particulière des mouvements. Tel qui marchera quatre heures sans fatigue, sera fatigué pour s’être appliqué vingt minutes à apprendre

la manœuvre de l’aviron.

Quand un exercice est devenu « automatique » par l’habitude, il provoque, à travail égal, ainsi que chacun a pu l’observer sur soi-même, beaucoup moins de « tension nerveuse », beaucoup moins d’elfort de volonté que lorsqu’il est encore nouveau pour celui qui le pratique.

Or l’observation des faits nous montre que la désassimilation des tissus vivants est d’autant plus rapide, au cours de l’exercice, que le travail des muscles est accompagné d’une plus grande dépense d’influx nerveux. — Nous avons, pour notre part, obtenu d’excellents résultats chez les obeses, en exigeant qu’on changeât souvent la forme du travail musculaire, en substituant un exercice nouveau à celui dont l’apprentissage était achevé.

Les exercices « difficiles », en raison de l’eflort au’ils demandent aux centres nerveux, sont les meilleurs de tous pour les obèses. Le travail nerveux qu’ils exigent est un utile complément du travail musculaire. On sait combien 1 obese supporte difficilement des doses massives de travail . les exercices de force, aussi bien que les exercices de vitesse, mettent l’appareil de la circulation a une trop rude épreuve pour qu on puisse le» i commander aux sujets dont le cœur est surcharge de graisse Mais on peut, sans aucun dangei, un-

poser à l’obèse un travail de coordination dont e 01 *■ P®r^e sue les centres nerveux. U v a même avantage à exciter chez lui la torpeur des cellules nerveuses dont le fonctionnement tend à se ralentir. Ce travail de coordination, bien qu’il ne soit pas précisément un « travail », dans le sens mécanique du mot, n'en produit pas moins, au point de vue des combustions vitales, des effets analogues au travail proprement dit. La tension nerveuse qu exige un exercice difficile provoque dans les

■ u SZZan Un m0UVeme,U ^ désassimilation,

' mune titie que toute autre dépense <i’influ\

SJ f li"’e. Par exemple, qu’un travail intellectuel intense. - Et l’on maigrit par

grinU en6" aPPrenant ]'escrime> tomme on maig , , 1 n Préparant un examen ou un concours

L escrime est, de tous les exercices usités, le plus difficile; elle est plus propre que tout autre à rendre service aux obcses, et nous n’en connais-

expi^ou’il me‘lleU'' ‘T’' e“’ à la condition

bien dirigés. C’est la leçon

saut» Pas’ , u V‘e" aux obèses’ et ■>»'> l’«aset DonsLse h ema”de lrop de travail mécanique

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dans celui des “mbes * qUe de vi,esse

tempéraments et diathèses.

Toute perte de poids provoquée par des moyens hygiéniques, chez l’homme en santé, tend a se réparer avec une extrême rapidité. Dans une observation faite sur nous-même, à Vichy, nous avons vu notre poids rester le même apres neui bains thermo-résineux, pris par séries de trois chaque semaine. Et pourtant chaque seance a 1 ctuve nous faisait perdre de 800 à 1200 grammes; de sorte nue si aucune réparation ne s était faite dans 1 tervalle, la diminution de poids eut ete de 18 livres environ. Pendant les deux jours de repos intercalés entre les séances à l'étuve, la substance vivante perdue avait eu le temps de se reparer. ^

Nous avons pu constater par une expérience pe sonneue que les pertes subies sous l’mfluence , du travail musculaire se réparaient avec la meme ranidité Deux jours de repos ont suffi poui nous rendre 3 livres 'de notre poids que nous avait fait

nprdre un exercice forcé à l’aviron. .

P I a persistance et l’assiduité dans 1 exercice sont

don? les conditions essentielles de son «e

rhpy l’obèse. U ne s’agit pas chez lui de mulet u

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Voihitudes vicieuses de la nutrition en en créant de habitudes vicie habituer son orga-

au fourneau vital plus d'oxygene. - H y rivera par 1 •entrainement. . nt consiste dans

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de l’exercice méthodiquement appliqué, et continué pendant un temps suffisamment prolongé. Parmi ces modifications, il en est une qui prime toutes les autres : c’est l’augmentation de l’aptitude respiratoire. Des observations curieuses ont été faites par M. Marey sur les jeunes gymnastes de Joinville. L’éminent professeur du Collège de France a constaté qu’après quelques mois d’exercices physiques, la puissance respiratoire avait augmenté chez tous les gymnastes dans des proportions telles que, même à Vêlai de repos, ils introduisaient dans la poitrine, en un temps donné, une quantité d’air presque double de celle qui y Pénétr ait avant qu ils eussent modifié par l’exercice leurs fonctions de respiration.

On comprend quelles modifications peutapporter dans la nutrition un pareil surcroît d’oxygène. Les combustions vitales s’activeront chez l’obèse, aussitôt que son aptitude respiratoire aura augmenté; les tissus graisseux tendront à se brûler et à disparaître, comme les combustibles d’un foyer quand on augmente le « tirage », c’est-à-dire quand on lait passer sur les matières en combustion une plus grande quantité d’air.

. ne sont Pas 'à des déductions purement théoriques. De nombreuses observations démontrent la réalité de ce fait, que l’activité plus grande de la respiration a pour résultat, chez l’homme obèse une diminution de poids. Et ce résultat peut même se produire en dehors de l’exercice. — Un de nos amis et de nos plus distingués confrères à Vichv e docteur Peyraud, a bien voulu nous faire part de observation suivante prise sur lui-mèmc. Ayant

déjà quelque tendance à un excès d’embonpoint, il vit, tout d’un coup, l’obésité prendre des proportions considérables en même temps que se produisait une hypertrophie des amygdales, hypertrophie exagérée au point que la respiration était insuffisante. La colonne d’air qui pénétrait dans lesvoies respiratoires était tellement réduite, qu un état d’asphyxie lente était imminent. Déjà des symptômes inquiétants se produisaient, tels que la teinte violacée de la face et la tendance irrésistible au sommeil. Il fallut obéir à une indication urgente, et les amygdales hypertrophiées lurent, enlevées. Aussitôt disparurent tous les accidents d’asphyxie. Mais, à mesure que la respiration recouvrait sa liberté complète et faisait pénétrer dans le sang la dose normale d’oxygène, on vit 1 obésité diminue! avec une incroyable rapidité. En moins de tiois semaines, notre confrère avait perdu 40 livres, de son poids, sans que ce résultat pût être attribué à d’autres causes qu’à la rentrée en possession de son

activité respiratoire. - .

L’augmentation de l’aptitude respiratoire doit donc être l’objectif du traitement de l’obésite, et nous savons que l’entraînement est le meilleur moyen de l’obtenir. L’entraînement, en eüet, ne perfectionne pas seulement le fonctionnement du poumon, mais augmente aussi 1 aptitude respira toire de la peau et le volume des muscles, qui sont,, ainsi que nous l’avons exposé précédemment, des organes de respiration aussi bien que la peau. Mais l'état d’entraînement est, pour l’obèse, une conquête difficile, en raison des souffrances sans nombre que représente pour lui le travail musculaire.

Ce n’est qu’au prix d’une gradation extrêmement lente dans l’effort de chaque jour qu’on arrivera sans accident à modifier peu à peu la structure de tous les organes en brûlant graduellement .la graisse qui les surcharge, et à perfectionner toutes les fonctions.

Diverses méthodes ont été proposées pour régler la progression du travail musculaire dans le traitement de l’obésité. Une des plus récentes et des plus en vogue aujourd’hui est la méthode du docteur Œrtel, de Munich, connue sous le nom de « cure de terrains ».

L’obèse, dans la méthode d’Œrlel, est astreint chaque jour à faire un certain trajet à pied, et chaque jour il doit augmenter la longueur de ce trajet, et l’exécuter sur un terrain de plus en plus en pente; si bien qu’après avoir commencé à marcher sur une route parfaitement plane, il arrive à gravir des sentiers de montagne très escarpés. La cure de terrains est pratiquée depuis quelques années en France, et notamment aux eaux de Brides, où le docteur Philbert obtient d’aussi beaux résultats que le médecin allemand.

L’inconvénient de la « cure de terrains » est de demander, dès le début, un travail que beaucoup d’obèses trouvent excessif. On ne réfléchit pas, en effet, à la quantité de travail mécanique que représente pour un obèse l’ascension d’un chemin en pente, et 1 on oublie que, pour quelques-uns qui portent un poids énorme de tissu graisseux, la marche sur une route plane est déjà une cause d’essoufflement. Il ne faut aborder d’emblée la cure

de terrains, et, en général, tous les exercices dans lesquels le corps se déplace, qu’avec des sujets dont l’aptitude respiratoire n’est pas trop inférieure à la moyenne. Pour les obèses à « cœur gras », pour tous ceux dont la circulation sanguine est insuffisante, des exercices locaux devront précéder les exercices de marche.

Si l’obésité est portée à un degré extrême, on devra commencer la cure d’entraînement par des mouvements passifs et par le massage. Le massage, comme le travail musculaire, augmente la désassimilation, active le cours du sang, excite, par effet réflexe, l’activité des centres nerveux. Cette pratique, que les Suédois comprennent parmi les exercices gymnastiques, doit représenter le premier degré du traitement de l’obésité par l’exercice.

Viendront ensuite les mouvements « communiqués » ou passifs, qu’un aide fera exécuter au patient. On mettra successivement en jeu toutes les articulations des membres, et l’on imprimera surtout aux bras et aux jambes de grands mouvements de circumduction, avec lenteur au début, puis en augmentant de vitesse. Ces mouvements sont reconnus aider beaucoup la circulation, en augmentant l’impulsion centripète du cours du sang dans les veines.

Puis ce seront des mouvements actifs locaux, le malade étant assis ou même couché. Nous entrerons dans plus de détails au sujet de ces mouvements en parlant de la gymnastique suédoise. Nous nous bornerons à dire ici que les mouvements actifs des jambes, le malade étant couché, sont une utile préparation à la marche. Ils devront

être faits d’abord sans « résistance », l’obèse se contentant de déplacer méthodiquement en tous sens les membres inférieurs. Pour augmenter l’effort, on fera intervenir, au bout de quelques jours, un aide qui opposera à chaque mouvement une certaine résistance; ou bien on emploiera un contrepoids, une lanière élastique, etc., enfin une combinaison quelconque ayant pour effet d’augmenter l’eflort des jambes, sans aller jusqu’à une dépense de force égale à celle que nécessitent le soutien du corps et la marche.

Après un certain nombre de jours de cette gymnastique 4 préparatoire », l’obèse sera déjà plus apte à résisler à l’essoufflement, parce qu’on aura régularisé le cours du sang et soulagé le cœur, ainsi que nous l’expliquerons au chapitre des « cardiaques ». On pourra lui faire essayer la marche en plaine, en ayant soin de prolonger l’exercice plutôt que de V accélérer. Et ce n’est qu’après cette série d’exercices préliminaires, et en prenant toujours pour guide l’indication fournie par la tendance à s’essouffler, qu’on pourra arriver aux exercices de marche en montant.

La sudation dans l’étuve ou mieux dans le drap mouillé sera un utile adjuvant de l’exercice. Les déperditions de sueur allégeront rapidement le poids du corps et diminueront d’autant l’effort que demandent les mouvements de translation.

L hydrothérapie rend de grands services aux obèses parce qu’elle fait faire à la peau une gymnastique qui en active le fonctionnement et la rend plus apte à ses fonctions d’organes de respiration et d’élimination. De plus, l’hydrothérapie agit dans le

sens de l’exercice et aclive la désassimilation, en provoquant dans le réseau des vaisseaux capillaires un véritable travail mécanique qui se traduit par le resserrement, puis la dilatation de ces vaisseaux. Chaque douche froide provoque une « réaction », c’est-à-dire un dégagement de chaleur qui est l’indice de ce travail des muscles vaso-moteurs, et qui est aussi la preuve qu’une certaine quantité de tissus vivants a été brûlée.

Certaines observances du régime alimentaire, dont l’étude sort du cadre de cet ouvrage, devront être appliquées en même temps que tous les autres adjuvants de l’exercice dans les débuts du traitement.

Si l’on sait, avec soin et patience, graduer la série de ces divers moyens, on arrivera sans encombre à faire supporter à l’obèse des doses de plus en plus fortes de travail. Et si le coeur est indemne de toute lésion, si ses fibres musculaires, graduellement dégraissées par des combustions plus actives, n ont encore subi aucune dégénérescence, 1 obèse pouna être admis à pratiquer des exercices violents tels que l’escrime et la gymnastique. Mais il laut se 1 appeler que le grand air est le milieu le plus lavorable pour activer les combustions vitales, et les exercices dits « jeux de plein air » lui conviendront merveilleusement. La longue-paume, l’exercice de l’aviron , le vélocipède sont très recommandables pour l’obèse qui a franchi les difficultés du début, et qui tend à s’approcher de l’état d’entrainement.

Il est une troisième condition de l’exercice qui accentue sa tendance à faire prédominer les pei tes

sur les acquisitions, c’est la vitesse des mouvements. Nous avons déjà cité, dans un autre volume, ce fait observé sur des animaux, que le même trajet fait chaque jour, mais à une allure différente, par deux équipes de chevaux, avait amené l’amaigrissement de ceux qui le faisaient au trot, bien que ces derniers eussent à tirer un poids plus léger que les autres. C’est donc l’exercice de vitesse qu’on devrait choisir pour l’entraînement des obèses. Mais, rarement, l’homme chargé d’embonpoint pourra supporter d’emblée un travail auquel sa conformation le rend si peu apte, et ce ne sera qu’après l’avoir allégé par des exercices préalables et l’avoir aguerri contre l’essoufflement, qu’on pourra songer à lui appliquer la tonne d’exercice qui donne les meilleurs résultats.

Aucune indication ne doit être négligée dans l’application si difficile de l’exercice à la cure de l’obésité. Il en est une signalée sommairement par le professeur Bouchard, qui a son importance, c’est le choix du moment où devra se faire l’exercice. L’exercice « brûle » davantage les tissus de réserve quand il est pris le malin. El d’abord la chimie biologique nous enseigne ce fait que, le matin au réveil, tous les liquides de l’organisme sont plus alcalins que le soir. Or l’alcalinité des milieux organiques du corps est une condition qui favorise la combustion et la désassimilalion des tissus vivants.

De plus, quand le corps est à jeun, la déperdition occasionnée par le travail ne peut être supportée par les aliments, et ce sont les « réserves orca-

niques » qui la subissent. Aussi est-ce à jeun que l’obèse doit faire ses exercices, qui ont pour but de brûler la graisse. Pour lui, l’exercice à jeun comptera double.

Tous les hommes, en venant au monde, ne sont pas destinés à rester au même degré d’embonpoint. Il y a des obèses de naissance. Ceux-là, malgré l’entraînement, ne perdent jamais complètement leur excès de poids, car une forte dose de graisse entre dans la structure normale de leur type individuel. Chez eux, le poids fondamental du corps est plus élevé par rapport à la taille que celui de la moyenne des hommes. Cette forme de l’obésité dépend d’un vice héréditaire, et marque une disposition du tempérament qui n’a pas été contractée en quelques semaines, ni même, le plus habituellement, dans la durée d’une seule vie humaine, mais s’est affirmée définitivement durant plusieurs générations par la persistance des conditions qui lui avaient donné naissance. On ne peut donc espérer qu’une seule cure d’entraînement, c’est-à-dire une série d’exercices de quelques semaines de durée, puisse suffire pourcontre-balancer les effets d’une cause si persistante et si prolongée. Dans une famille où, de père en fils, depuis trois siècles, on est accoutumé à une vie inactive et à un régime alimentaire très riche, il naîtra des enfants dont le tempérament sera assez profondément modifié pour imprimer à la nutrition une direction

que les circonstances hygiéniques nouvelles seront impuissantes à modifier. C’est ainsi qu’on peut rencontrer, dans les classes laborieuses de la société, des individus qui portent les stigmates d’une vie oisive à laquelle ils n’ont pas participé. Si vous trouvez un paysan qui demeure obèse, tout en se livrant depuis son enfance aux mêmes travaux que ceux qui 1 entourent, vous pouvez prononcer hardiment qu il descend, par voie indirecte, d’une famille où l’on n’a pas toujours manié la bêche.

Cette distinction étiologique des troubles de la nutrition nous explique la variabilité des effets de 1 entraînement. Les insuccès de l’entraînement méthodique dans le traitement de l’obésité sont dus a une tendance héréditaire du tempérament qui lutte contre les effets de l’exercice. L’individu en venant au monde, apportait le germe de l’obés)te, comme d’autres apportent une tendance au emperament athlétique. L’exercice musculaire a bien pu pour un temps, faire disparaître le vice du au ralentissement des comhnsf.innc nüwü

üe la santé se trouve compromis dès qu’on

parvient à faire disparaître cette dernière dose de tissu graisseux qui fait partie intégrante de 1 économie du sujet. »

Pour diriger rationnellement une cure d entrainement chez un obèse, il ne faut pas se guider sur la quantité de graisse qui lui fait dépasser le poids moyen, mais plutôt sur celle qu’il doit conserver, et qui fait partie de sa constitution.

Le mot de surentraînement, créé par les hommes de sport, exprime l’état d’un homme dont 1 exercice a été poussé à un degré tel que son poids es descendu au-dessous de la normale. Or ^nen n est délicat comme l’appréciation du degre d entiaine ment applicable à chaque sujet pour développer tous ses moyens, sans risquer de le jeter dans surentraînement. Les uns doivent rester au-dessus de la moyenne du poids que semble compoitei leur taille, les autres peuvent sans danger descendre un peu au-dessous. Les entraîneurs de c vaux disent que certains animaux doivent. « s entraîner gras ». Cette vérité est, à plus forte raison,

aPPcleTtbunt"éqaemment commise, dans l'application de l’exercice à l'homme obèse que d’aller jusqu’au « surentraînement ». Les conso quences en sont généralement grave Jous ta médecins ont eu l’occasion de rencontrer cl hommes qui. grâce à «ne volonté W^nergtqu , étaient parvenus à maigrir per 1 exercice, , et ^a perdre définitivement leur surcroît d embonpo • On en voit même qui, par la persistance des . cices violents, arrivent à atteindre ce résultat cher “ton. le» Obèses, de tomber au-dessous du poids

normal des hommes de leur taille. Mais il faut se défier de ces cures trop complètes; la plupart du temps, le sujet qui a perdu brusquement sa disposition à l’obésité demeure dans un état d’épuisement, de « moindre résistance », qui le prédispose à tomber sous le coup d’une foule de maladies.

Fréquentant, depuis plus de vingt-cinq ans, tous les lieux où l’on fait de l’exercice, nous avons eu maintes occasions d’observer des hommes de tout âge faisant de l’exercice pour combattre l’obésité. Et souvent des observations commencées au gymnase ou à la salle d’armes ont été continuées dans le cabinet de consultation, ou complétées par les renseignements de nos confrères. Nous pourrions citer plusieurs cas où la cure trop radicale de l’obésité a abouti à la tuberculose pulmonaire.

Il faut bien activer les combustions vitales au point de brûler l’excès de graisse qui trouble l’équilibre de la nutrition, mais il ne faut pas brûler les tissus qui font partie intégrante delà structure des organes. Et chez l’homme qui est obèse par tempérament, il entre normalement — c’est, l’observation qui l’enseigne — une certaine quantité de graisse dans la constitution des tissus vivants.

Sans pouvoir donner des chiffres précis, nous pensons que, dans la cure par l’exercice, de l'obésité constitutionnelle, le sujet doit être laissé à un poids un peu supérieur au poids moyen d’un homme de sa taille et de son âge. En tous cas, il ne doit jamais descendre au-dessous.

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