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CHAPITRE PREMIER

l’instinct et la méthode

Les jeux et les exercices qui en dérivent sont basés sur les manifëstations spontanées de l’instinct. - La gymnastique est basee sur des notions anatomiques. — Tendance des jeux à généraliser le travail dans tout le système musculaire: cette tendance se retrouve dans tous les actes instinctifs. — Les synergies. — La gymnastique localise systématiquement le travail dans des groupes musculaires déterminés. — Distinction entre le « travail s et l'« effort ». - Effets locaux et effets généraux de 1 exercice. — Les premiers s’obtiennent surtout par la gymnastique; les autres surtout par les jeux.

lotîtes les formes de l’exercice physique peuvent se résumer à deux.

Dans l’une, l’individu n’est astreint qu’à des règles très larges traçant les lignes générales de 1 exercice, et indiquant son but final. Beaucoup de latitude est laissée à l’initiative personnelle dans l’exécution des mouvements dont chacun peut, à son gré, et suivant ses dispositions physiques, faire varier l’énergie, la vitesse, et, jusqu’à

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un certain point, la forme. C’est le mode d’exercice qui se rapproche le plus de l’exercice spontané et naturel, tel que le prend tout être vivant, quand il est sollicité par l’instinct à faire agir ses muscles. C’est le jeu, avec les exercices « libres » qui en dérivent. •

Dans l’autre méthode, les mouvements sont réglés d’avance et rangés par catégories ; leur énergie, leur durée, leur fréquence et leur forme sont déterminées par une technique rigoureuse, ou même par le commandement du maître. C’est à ce mode systématique de l’exercice qu’on donne plus particulièrement le nom de gymnastique.

Si l’on veut avoir le tableau complet des moyens dont peut disposer l’homme pour obtenir les effets de l’exercice musculaire, il faut citer, à côté de la gymnastique et des jeux, les différents travaux professionnels ou domestiques. Ces travaux ne sont pas cà proprement parler des exercices, et ils ne sont pas conçus dans un but hygiénique, mais ils ont une grande influence dans l’hygiène de l’homme, et peuvent tenir leur place dans les prescriptions des médecins.

Les jeux offrent de grandes différences dans le degré d’effort musculaire qu’ils nécessitent. Les uns sont avant tout amusants, et ne représentent qu’une faible dépense de force : ce sont les jeux récréatifs. Mais certains autres nécessitent des efforts musculaires d’une intensité suffisante pour qu’on puisse les assimiler, à ce point de vue, aux exercices du gymnase, et on les a appelés jeux gymnastiques. On a appelé, d’après une locution anglaise, jeux athlétiques certains jeux qui de-

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mandent un grand déploiement de force, tels que le cricket, le foot-ball, l’exercice de l’aviron. Et l’on donne enfin le nom d’exercices de sport à une catégorie d’exercices à forme mixte qui sont plus méthodiques et plus difficiles que les jeux, plus libres et plus spontanés que les exercices de la gymnastique. L’équitation, l’escrime sont des exercices de sport.

La classification des jeux n’a rien de scientifique ni même rien de précis, et cela précisément parce que la liberté de cette forme d’exercice a laissé beaucoup d’indépendance au choix des mots qui servent à les désigner. L’important est de préciser quel est, au point de vue pratique, l’esprit général des jeux, et quelle est la caractéristique de leurs effets physiologiques.

La forme d’exercice qui s’appelle « les jeux », s’inspire de l’instinct et demande à l’homme des exercices très analogues à ceux qu’il exécuterait spontanément s’il était livré à lui-même. Ainsi l’homme est naturellement porté à marcher, à sauter, à courir, à lancer des projectiles, et l’on a imaginé de lui faire exécuter tous ces actes, mais en leur donnant un but qui les rendit intéressants. C’est ainsi que la course est devenue la base de tous les jeux de poursuite, tels que les barres; la tendance à lancer des projectiles a donné naissance à tous les jeux de balle, de paume, de ballon.

L’autre méthode d’exercice, qui s’appelle la gymnastique, est plus savante, et surtout plus systématique et procède tout autrement. Cette méthode n’a pas pour point de départ l’observation des tendances instinctives de l’être humain, mais

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1 étude cle la conformation du corps. Cette méthode ne dit pas : l’homme est porté à marcher, sauter courir, gesticuler, donnons-lui l’occasion d’exécuter tous ces actes. Elle dit: le corps Lumain est divise en un tel nombre d’articulations, comprend un tel nombre de muscles; faisons mouvoir à tour de rôle chacune de ces articulations, mettons en action successivement chacun de ces muscles, afin que toutes les parties constituantes de la machine humaine reçoivent leur quote-part d’exercice.

La gymnastique proprement dite est basée sur la connaissance anatomique du corps humain, et tous ses procédés tendent à exercer méthodiquement les divers groupes musculaires de chaque région. Elle a des exercices pour les bras, pour les jambes, pour le tronc, pour le bassin; elle en a pour les muscles fléchisseurs, pour les muscles extenseurs, etc. f En résumé, de ces deux méthodes, l’une est basée sur les indications de l’instinct, l’autre sur les données delà science. L’une est instinctive, l’autre scientifique.

Les jeux, qui sont une sorte de réglementation du besoin naturel d’exercice, présentent un caractère commun à tous les actes instinctifs, c’est de mettre en action un grand nombre de muscles à la lois. Ils tendent à généraliser le travail. Mais, de plus, ils ne demandent d’ordinaire à aucun muscle un effort qui aille jusqu’à la limite de ses forces, et c’est encore là un caractère qui leur est commun avec les actes naturels et instinctifs.

1 outelois l’absence habituelle d’effort dans les jeux n implique pas nécessairement une très grande

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modération de l’exercice, car il ne faut pas confondre « effort » et « travail ï.

Supposez un travail bien déterminé, celui, par exemple, qui consiste à monter un fardeau du rezde-chaussée au premier étage, et supposez que vous n’ayez, pour exécuter ce travail, qu’un seul ouvrier. Si le fardeau est très lourd, l’ouvrier lera son travail avec grand effort. Si quatre ouvriers au lieu d’un sont employés à transporter le même fardeau, le travail exécuté restera le même, mais il demandera à chaque ouvrier quatre fois moins d’effort. Or nous avons dans notre corps une multitude d’ouvriers qui s’appellent les muscles, et l’on comprend que si nous en employons un grand nombre à exécuter un travail quel qu’il soit, ce travail se fera avec moins d’effort que s’il était exécuté avec un très petit nombre de muscles.

Dans tous les mouvements naturels, nous utilisons un grand nombre de muscles à la fois, et nous en mettons quelquefois en action qui sont très éloignés du point où semble se localiser le travail (1). Cette association d’un groupe de muscles éloignés du point où semble se localiser le travail à l’action du groupe principal, s’appelle en physiologie une synergie. La nature procède toujours par synergie, et la preuve s’en voit quand nous souffrons de quelque point du corps où les mouvements d’un membre éloigné viennent retentir. Si les reins sont endoloris par un lumbago, U nous arrive de ne pouvoir soulever un fardeau avec les mains sans réveiller la souffrance, bien que les

(1) Voy. Physiologie des exercices du corps • les Mouvements.

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reins ne semblent pas prendre part au travail du bras. Et si notre mouvement a provoqué une douleur dans les muscles des reins, c’est que ceuxci, conformément à la tendance instinctive, sont venus s’y associer malgré nous.

Les jeux tendent toujours à la « division du travail » entre un très grand nombre de muscles, et c’est la conséquence de leur caractère même d’exercices naturels. Étant copiés sur les actes instinctifs dont ils ne sont que la réglementation méthodique, ils présentent tous ce caractère important à signaler, de faire exécuter à la machine humaine beaucoup de travail sans lui demander beaucoup d efforts. Cette vérité deviendra plus claire quand nous exposerons en détail le mode d exécution d un jeu-type, tel que le jeu de paume.

Il en est tout autrement des mouvements adoptés par la gymnastique proprement dite. Celle-ci ne tend pas, en général, à rechercher ces associations de muscles que nous avons appelées des «synergies », mais plutôt à les éviter. L’homme qui grimpe à la corde, à la force des poignets, n’associe pas ses jambes à l’effort des bras, comme la nature le porterait à le faire; il supprime cette « synergie » et augmente ainsi son effort, sans augmenter, remarquons-le, son travail, car le travail, c’est le produit du poids du corps multiplié par la hauteur à laquelle il a grimpé.

Le propre des jeux, c’est donc de faire produire au corps humain beaucoup de travail sans grand effort. Or, ce qui est hygiénique dans l’exercice, ce n’est pas l’effort, mais bien le travail. Plus nous faisons de travail, plus nous activons les grandes

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fonctions vitales et notamment la respiration et la circulation du sang; mais, si' le travail rend ces deux grandes fonctions plus actives, l’effort, au contraire, les entrave. Par un mécanisme que nous avons étudié ailleurs, tout effort intense vient se répercuter sur le poumon, sur le cœur et sur les gros vaisseaux sanguins. Faisons effort pour soulever un fardeau pesant, pour briser entre nos mains un bâton qui résiste, et nous sentons les muscles de la poitrine et du ventre se raidir et comprimer violemment le poumon, ainsi que les gros vaisseaux sanguins. La respiration se suspend, le sang reflue vers les veines qu’on voit se gonfler sur le cou et le front. Cette pression violente n’est pas toujours sans danger quand les artères sont devenues fragiles, comme chez les vieillards.

Les jeux, n’ayant pas été conçus dans un esprit systématique, ne tendent pas à exercer spécialement tel ou tel groupe de muscles, telle ou telle partie du corps. Leur effet local est d’ordinaire peu accentué, tandis que leurs effets généraux sont toujours intenses. Ils agissent sur l’ensemble de l’organisme par la quantité de travail total qu’ils exigent, et auquel le corps et les membres sont habituellement associés à la fois.

La gymnastique substitue à l’impulsion de l’in- . stinctla direction d’un maître. Ses procédés d’exercice diffèrent absolument des procédés instinctifs, et tendent h localiser le travail dans un groupe dé muscles déterminé; c’est par une série de localisations successives du travail que toutes les parties du corps finissent par avoir chacune leur part

Lagrange. — Les Adultes. 1Pl 1

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d’exercice sans avoir été mises en action simultanément.

La localisation méthodique du travail dans telle ou telle région du corps permet à la gymnastique proprement dite de rendre l’effort musculaire plus intense que dans les exercices naturels. Dans les exercices naturels et dans les jeux qui en sont pour ainsi dire l’image, plusieurs membres concourent à la fois à l’exécution des mouvements, et l aide que tous se prêtent mutuellement diminue le travail de chacun. Dans la gymnastique, tel ou tel membre peut être systématiquement exclu d’un exercice, pour augmenter l’effort de ceux auxquels il prête d’ordinaire son concours. C’est ainsi, par exemple, qu’on supprime l’aide des jambes dans l’acte de « grimper » ; en élevant le corps à l’aide des mains seules, on demande aux bras un effort plus grand que ne l’exige le grimper naturel. Par contre, en isolant un groupe musculaire des autres groupes, et en le détournant, pour ainsi dire, de sa destination naturelle, on peut lui faire exécuter un mouvement qui demandera moins d effort que ceux qu’il a l’habitude d’accomplir. C’est ainsi que, dans le système d’exercice appelé gymnastique suédoise, on fait souvent travailler les jambes à l’aide d’exercices exigeant moins d’effort que leur exercice naturel qui est la marche.

Les jeux et la gymnastique sont deux méthodes dont chacun présente ses avantages hygiéniques et ses inconvénients ou ses desiderata. La gymnastique méthodique ayant pour règle de concentrer l’effort du sujet sur un groupe de muscles lo-

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calisé, est plus propre que les jeux à produire les effets locaux de l’exercice, en demandant un effort partiel qui permet aux muscles visés de donner toule leur force. Dans les jeux, en raison même de la généralisation de l’effort musculaire qui s’étend à un grand nombre de muscles à la fois, on ne peut pas demander à chaque muscle toute la force dont il est capable, sous peine d’arriver à une somme de travail qui retentirait trop violemment sur les grandes fonctions. Par exemple, dans l’exercice de l’aviron qui est le type des jeux dits « athlétiques » et où tous les muscles du corps entrent en action à la fois, si l’homme utilisait ces muscles avec toute la force dont chacun d’eux est capable, le travail total deviendrait énorme. Un auteur américain a fait le calcul suivant : un rameur de bonne force, quand il donne tout l’effort dont il est capable, exécute une quantité de travail mécanique égale à celle que produiraient dans le même temps sept ouvriers terrassiers déplaçant du sable à la pelle pour en charger un wagon. Aussi l’effort total du rameur est forcément de courte durée, et ne peut se prolonger au delà de ce que les canotiers appellent un temps d’« enlevage », c’est-àdire au delà de deux ou trois minutes.

En général, dans les diverses formes des jeux, on peut, grâce à la participation d’un grand nombre de muscles à l’exercice, obtenir, sans effort d’aucun d’eux, une somme de travail considérable. Or l’intensité des effets généraux de l’exercice est en proportion de la somme de travail effectué, tandis que l’inlensité des effets locaux est en proportion de l’effort développé par le muscle qui travaille.

LE CHOIX D’UN EXERCICE

Les jeux même les plus violents ne nécessitent pas, en général, des efforts allant jusqu’à la limite des forces du sujet, ou du moins ces efforts excessifs sont pour ainsi dire facultatifs, c’est-à-dire laissés à l’initiative du joueur. Lesujet, par exemple, peut courir ou ramer avec toute la vitesse dont ses jambes et ses bras sont capables, mais l’acte de courir aussi bien que l’acte de ramer n’exigent pas nécessairement par eux-mêmes un effort considérable, puisqu’ils admettent des degrés d’intensité très différents. Au contraire certains mouvements de la gymnastique aux appareils nécessitent la mise en jeu totale de la force de certains muscles, et même une force supérieure, dans certains cas, à celle dont sont doués naturellement ces muscles, puisqu’il faut s'exercer pendant un certain nombre de jours ou de semaines pour devenir capable d’exécuter certains mouvements de bras, tels que les rétablissements, les culbutes, etc.

Les jeux tendent à provoquer des mouvements qui se généralisent à tout le corps et actionnent un grand nombre de muscles non pas successivement, comme la gymnastique, mais simultanément. De là généralisation de l’exercice et association d’un grand nombre de muscles en travail; de là aussi division du travail, et, par conséquent, diminution de l’effort imposé à chacun des muscles qui y prennent part; de là, comme nous le disions tout à l’heure, beaucoup de travail et peu d’efforts, ce qui se traduit, au point de vue de l’effet physiologique, par des effets généraux très accentués et des effets locaux très modérés.

Mais il importe, avant d’aborder l’étude des

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détails de l’exercice, de bien préciser la nature des deux catégories de résultats dont nous avons parlé, et de distinguer en quoi consistent les effets locaux de l’exercice et ses effets généraux.

Les effets locaux de l’exercice se manifestent sur la région même qui a travaillé: sur les bras, par exemple, dans l’exercice des haltères. Ses effets généraux retentissent bien au delà du point où s’est localisé l’effort principal, et atteignent l’organisme tout entier. C’est ainsi que la course, exercice de jambes, produit des effets très violents sur le cœur et sur le poumon, et amène, du même vcoup, la transpiration et réchauffement de tout le corps.

Les effets dits « généraux » de l’exercice sont très justement qualifiés ainsi, car ils atteignent tous les organes sans exception, activent toutes les fonctions, et se font sentir même aux actes les plus intimes de la nutrition. Ils sont le résultat d’une sorte de mise en branle de la machine humaine dont toutes les pièces vibrent, pour ainsi dire, à l’unisson, dès que l’une d’elles reçoit par le fait du travail des muscles un choc intense ou prolongé.

En cherchant à obtenir les effets généraux de l’exercice, on est donc sûr d’en faire bénéficier tous les organes, sans avoir besoin de viser plus spécialement l’un d’eux. En utilisant ses effets locaux, on peut, au contraire, dans certains cas, agir directement sur une région circonscrite du corps, ou sur un organe déterminé, sans faire subir à l’ensemble de l’organisme une perturbation qu’il importe parfois d’éviter.

Grâce à un choix rationnel entre les exercices qui

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localisent les effets du travail et ceux qui le généralisent, on peut : soit ménager l’ensemble de l’organisme en isolant, pour ainsi dire, un organe des autres, soit atteindre un organe sans le viser directement et en agissant sur l’ensemble de l’organisme. En utilisant les effets généraux de la marche, par exemple, le médecin obtient de merveilleux résultats dans le traitement des affections des voies digestives; mais inversement, chez les sujets affaiblis par des troubles digestifs, au point de ne pouvoir supporter de longues promenades, il peut relever les forces de tout l’organisme, en agissant directement sur les intestins et l’estomac. Par exemple, à l’aide des exercices locaux si ingénieux imaginés par l'es gymnastes suédois, pour mettre en jeu les muscles de l’abdomen, il peut exercer sur l’appareil digestif une influence telle que, la. digestion se régularisant, le sang redevienne plus riche et porte à tout l’organisme une nouvelle provision d’énergie.

Les exercices qui généralisent l’effet de l’exercice peuvent, à l’occasion, avoir le même résultat }iie ceux qui le localisent, mais chacune de ces catégories d’exercice a ses indications et ses contreindications spéciales qui ressortiront de la suite de cette étude.

En résumé, si l’on veut obtenir les effets locaux de l’exercice, il faudra les demander d’ordinaire cà un des exercices de la gymnastique méthodique. Si l’on veut, au contraire, obtenir des effets généraux, on devra s’adresser aux jeux et aux exercices qui en dérivent.

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Cette distinction ne doit pas être prise au pied de la lettre, quoiqu’elle soit vraie dans son sens général. Il est beaucoup de jeux qui, tout en sollicitant l’action de tout le corps dans son ensemble, exigent cependant un effort plus spécial de tel ou tel groupe musculaire. Ces jeux peuvent dès lors être utilisés même quand on recherche un effet local, si l’effet cherché se trouve d’accord avec celui qu’ils provoquent. De même, certains exercices de la gymnastique méthodique localisent leur effet sur des régions musculaires tellement vastes qu’ils peuvent représenter une somme de travail suffisante pour faire sentir ses effets à tout l’organisme et produire des effets généraux. Il faut dire de plus que beaucoup d’exercices analogues aux jeux, et même beaucoup d’exercices naturels ont été introduits dans nos gymnases à côté des mouvements méthodiques qui constituent la majorité des exercices gymnastiques proprement dits. Ceux-là, tels, par exemple, que la course et la bo-xe, produiront tout naturellement les mêmes effets que les jeux, puisqu’ils ont été empruntés à leur catalogue.

Ces vérités paraîtront plus claires au lecteur à mesure que nous entrerons dans le détail des jeux.

LES JEUX

Un jeu-lype : la longue-paume. — Analyse physiologique d’un coup de raquette. — Le « rachat » de la balle; changements d’altitude qu’il provoque. — Les déplacements du corps. — Comment on court au-devant de la balle. — La vitesse acquise et le temps d’arrêt. — Généralisation et fractionnement du travail. — Effets locaux de la longue-paume. — Son utilité pour les dyspeptiques. — La courle-paume. — Le law-lennis. — Utilité de ce jeu pour la femme. — Les jeux de crosse. — Les jeux de balles. — Les jeux de ballon. — Le foot-ball.

Les jeux ne demandent pas en général de grands efforts musculaires. On peut dire même qu’au premier abord ils semblent, en comparaison de la gymnastique, ne représenter parfois qu une somme insuffisante d’exercice. Pour avoir une idée de leurs effets physiologiques, il faut les étudier de près et analyser attentivement leur mode d’exécution.

Nous prendrons pour type, dans cette etude, un jeu très français, très anciennement connu, et auquel se rattachent, par leur esprit, par leur mode d’execution et parleur effet physiologique, un très grand nombre de jeux de tout pays. Nous voulons parler du jeu de longue-paume.

LES JEUX

Quand on sort de quelque gymnase où l’on a vu de jeunes athlètes manœuvrer des haltères de 40 kilogrammes, le jeu de la longue-paume ne fait pas l’effet d’un exercice « sérieux ». Et l’on est tenté de sourire, en comparant l’effort athlétique des gymnastes avec celui de ces joueurs qui se renvoient une petite pelote du poids de 20 grammes.

Mais, si l’on veut prendre soi-même une raquette et se mêler à la partie, l’impression se modifiera bien vile. A peine, en effet, a-t-on passé quelques minutes à chasser et à « rechasser » ce minuscule projectile appelé la « paume », que le corps s’échauffe et la respiration s’embarrasse; si l’on apporte quelque ardeur au jeu, et que l’on ne soit pas bien « entraîné», on ne pourra jouer plus d’un quart d’heure sans éprouver le besoin de s’arrêter pour souffler et pour s’essuyer le front qui ruisselle.

Il faut en avoir fait soi-même l’épreuve, pour juger la dépense de force qu’occasionne cet exercice où l’effort est si peu apparent.

Dans l’exercice de la longue-paume, le travail ne se borne pas, tant s’en faut, au mouvement du bras qui fouette la balle. Un coup de raquette bien appliqué exige la mise en action du corps tout entier. — « Appuyez-vous sur la balle! » répètent les vieux joueurs aux débutants; et cette expression est aussi juste qu’imagée. Il faut, pour donner un bon coup de raquette, que, des pieds à la tète,

LE CHOIX D’UN EXERCICE

tous nos muscles s’unissent dans un commun effort, dans une synergie qui semble détacher le corps du sol, et le jeter sur le projectile qu’on veut chasser. Le coup de raquette est une résultante, ou, si l’on veut, un effort final composé d’une foule d’efforts partiels qui se développent à la fois dans presque tous les muscles du corps, mais qui viennent aboutir et se totaliser, si l’on peut s’exprimer ainsi, dans le bras qui tient l’instrument. Et la meilleure preuve, c’est qu’une souffrance quelconque localisée dans une région éloignée rend le joueur de paume incapable de donner « toute sa force ». Eûton la liberté complète des muscles de l’épaule et du bras, si l’on souffre des reins, du genou, du pied même, le coup de raquette, donné suivant les règles, viendrait retentir douloureusement dans la région malade, parce que les muscles de cette région seraient obligés de s’associer au mouvement du bras.

Pour juger d’une manière très sûre quels muscles un exercice met en action, il suffit de s’y livrer avec ardeur sans aucun entraînement préalable et de s’observer soi-même le lendemain. La courbature qui résulte de ce travail fait sans préparation, aura mis hors de service, pour un ou deux jours, tous les muscles qui avaient pris part à l’exercice, et l’on pourra de cette façon les distinguer aussi nettement que par la dissection la plus minutieuse. Si donc on veut étudier sur soi-même les effets du coup de raquette, il suffira de passer une demi-heure à lancer des balles, sans changer de place. On constatera le lendemain que cet exercice aura courbaturé non seulement les muscles de

LES JEUX

l’épaule et du bras, mais aussi ceux des reins, des cuisses et des jambes : preuve que tous ces muscles ont été vigoureusement associés au travail.

Mais le coup de raquette, en lui-même, ne représente pas toute la dépense de force occasionnée par le jeu de paume : il faut y joindre les mouvements qui le précèdent et le préparent, c’est-à-dire les changements d’attitude et les changements de place du joueur.

Les changements d’atlilude doivent se faire avec une promptitude qui augmente notablement la dépense de force. On ne peut pas, quand on attend la paume, préparer à loisir la position dans laquelle on la recevra. Tout dépend de l’inspiration et des nécessités du moment; tout se décide à l’instant même où le projectile est en l’air. C’est en moins d’un dixième de seconde qu’il faut faire face en avant, la tète haute, pour recevoir la paume « de volée», ou se courber pour la prendre « au bond », ou bien se pencher de côté, pour la cingler d’un coup de « revers ».

Dans ces rapides changements d’attitude, le centre de gravité se trouve brusquement déplacé, et l’équilibre ne peut être gardé sans l’entrée en jeu énergique d’un grand nombre de muscles. Les muscles du thorax, des reins, du bassin, se contractent, pour assujettir fermement les unes sur les autres les différentes pièces osseuses qui forment la charpente du corps. Les membres inférieurs, sans quitter le sol, fournissent aussi un travail musculaire considérable, qui a pour but d’assurer au corps une assiette solide, une stabilité indispensable à l’énergie du coup de raquette. Les pieds

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même, disent certains joueurs, semblent se cramponner au sol cà l’aide des orteils.

A ces brusques changements d’attitude sur place, il faut joindre un autre travail : c’est le déplacement continuel du corps, auquel le joueur est obligé, par la tactique de ses adversaires. Le tireur, pour rendre plus difficile le « rachat » de la balle, s’efforce de la faire arriver sur un point du jeu où elle n’est pas attendue, ou de provoquer par un certain coup de raquette divers « effets » qui impriment au bond un écart trompeur. Il faut donc courir pour la recevoir; mais il n’est pas toujours facile, au départ du projectile, de juger le point précis où il doit tomber. Aussi, tout en se portant rapidement dans la direction présumée, faut-il que le joueur soit toujours prêt à reculer vivement s’il a dépassé la paume, à se jeter de côté si elle dévie, à s’arrêter net quand elle est enfin à portée de raquette. Il doit courir, mais d’une allure toute particulière, en se déplaçant par une série de petits pas rapides et serrés. La dépense de force, à cette allure, ne se mesure pas, comme dans ia course ordinaire, par le chemin parcouru, mais plutôt par cette sorte de concentration de l’effort, qui permet de passer sans transition de l’immobilité au mouvement le plus rapide, puis de supprimer brusquement la vitesse acquise pour obtenir l’arrêt instantané.

C’est ainsi que se peut décomposer le travail musculaire qui accompagne, précède ou prépare chaque coup de raquette d’une partie de paume.

On comprend que la somme de ce travail, se multipliant par la répétition des coups, puisse devenir

LES JEUX

considérable quand la partie se prolonge une heure ou deux.

Et voilà comment un exercice si modéré dans ses mouvements élémentaires peut exiger une grande dépense de force et prendre rang dans les exercices violents. Toutefois la violence du jeu de paume est, pour ainsi dire, facultative, puisqu’elle est mesurée par la durée de la partie et non par l’intensité des efforts.

La caractéristique du jeu de paume est de gênéraliser le travail et de le fractionner. Le travail y est « généralisé », parce que chaque muscle en a sapait, il y est « fractionné », parce que la part de chaque muscle est trop modérée pour occasionner un effort pénible. Beaucoup de travail et peu d'efforts, telle serait, en résumé, la formule physiologique de ce jeu. C’est celle de tous les jeux parce que c’est celle des mouvements naturels et instinctifs dont les jeux sont une sorte de réglementation qui les utilise sans en changer la forme et la tendance. On peut donc trouver dans le jeu de ongue-paume tous les bénéfices de l’exercice violent sans avoir a redouter ses dangers.

Aussi la longue-paume convient-elle à tous les Ages. Le septuagénaire et le jeune garçon peuvent

aussi bien que l’homme adulte, y trouver plaisir et santé.

- Outre ses effets généraux sur la circulation du sang, la respiration, la calorification, etc. la ongue-paume produit encore des effets locaux dont c médecin peut, dans bien des cas, tirer parti

Lacrance. - Les Adultes. J

LE CHOIX D’UN EXERCICE

L’exercice, en effet, met énergiquement en action sous les muscles de l’abdomen.

Si l’on regarde attentivement un joueur de paume au moment où il donne son coup de raquette, on voit que le tronc accompagne toujours les mouvements des bras. Que le coup soit donné « de volée », ou bien qu’on prenne la balle « au bond », le corps se fléchit toujours avec énergie pour appuyer l’effort du bras, au moment où la raquette vient frapper le projectile.

Outre ce mouvement de flexion, il s’en produit simultanément un autre de rotation sur l’axe. La colonne vertébrale pivote sur elle-même de droite à gauche dans les coups dits d’ « avant-main » (le tireur étant supposé droitier) et de gauche à droite dans les coups dits d’ « arrière-main » ou de revers.

Pour ces raisons, le jeu de paume peut rendre de grands services aux dyspeptiques, car ces divers mouvements du tronc mettent en action les muscles psoas-iliaques, droits antérieurs, obliques et transverses, tous les grands muscles, en un mot, qui entourent la masse intestinale et ont un rôle si important dans la digestion.

La courte-paume était le jeu de la vieille aristocratie française. Il ne diffère de la longue-paume que par son installation. La courte-paume exige une salle close et couverte, au lieu que la longuepaume se joue en plein air. La courte-paume a été imaginée, en principe, pour suppléer la longue-

LES JEUX

paume les jours de pluie. Mais le changement d’installation lui a fait subir des modifications qui en augmentent la difficulté et aussi la violence.

Dans la longue-paume, le projectile arrive directement d’un camp à l’autre; dans la courte-paume, il se heurte d’un mur à l’autre de la salle, et rebondit sur une sorte de plan incliné en forme de toit. De Là des « effets » qui rappellent ceux des bandes de billard, et donnent beaucoup plus d’imprévu à la direction finale du projectile, ouvrent aussi plusdechampaux combinaisons du joueurqui « sert la balle ». La difficulté est encore augmentée par un filet d’un mètre de haut, placé de champ entre les deux camps, et au-dessus duquel doit passer la paume pour n’être pas arrêtée dans son trajet. Enfin des « guichets » pratiqués sur certains points des murs de la salle augmentent encore la difficulté en obligeant l’un des joueurs cà en détourner la balle, pendant que l’autre joueur cherche à l’y loger.

Le jeu de courte-paume est, en somme, un jeu assez compliqué, jeu exigeant de la tactique, du calcul dans l’attaque, de la promptitude et de la décision dans la riposte, sans compter qu’il met en œuvre toutes les aptitudes physiques du joueur : l’adresse, le coup d’œil, la souplesse, la vigueur. La courte-paume est un exercice difficile, et trois ou quatre ans sont nécessaires pour former un bon joueur. Ce jeu peut se comparer à l’escrime au point de vue de sa difficulté de l’intensité d’atlenlion qu’il nécessite et de la soudaineté des mouvements qu’il provoque. On disait, au reste au beau temps de la courte-paume, qu’un homme

LE CHOIX D’UN EXEIICICE

d’épée doit être rompu à ce jeu, qui est un complément du jeu des armes.

Outre la grande somme de travail « nerveux » que représente la courte-paume par suite de sa difficulté, ce jeu exige une grande somme de travail musculaire. C’est un exercice plus violent que la longue-paume, en ce qu’il fournit l’occasion d’un plus grand nombre de coups de raquette. Dans la longue-paume, ce sont d’ordinaire deux équipes de cinq ou sept joueurs qui luttent l’une contre l’autre, et chacun des sept peut avoir l’occasion de « rechasser » la balle envoyée par les tireurs du camp adversaire, tandis que la courte-paume se joue, le plus souvent, un contre un. Les hommes d’âge mûr et même les hommes âgés peuvent jouer à la longue-paume, en choisissant une place où ils ont moins fréquemment l’occasion de se dépenser en efforts violents, en tenant, par exemple, l’emploi des « cordiers » qui attendent la balle au passage, sans se déplacer pour la recevoir.

Pour jouer à la courte-paume, il faut être jeune, ou du moins ne pas avoir dépassé la limite de l’âge mûr. Ajoutons qu’il faut, de plus, être riche, car ce jeu exige une installation coûteuse et un entretien journalier qui met la partie à un prix trop élevé pour les bourses modestes.

Au point de vue hygiénique, la courte-paume présente cet inconvénient d’être pratiquée dans un local clos, au lieu que la longue-paume ne peut se jouer qu’en plein air. Il faut dire toutefois qu’il est facile d’aérer la salle, et que celle-ci étant très vaste, et n’admettant guère plus de deux ou trois

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joueurs à la fois, ne peut jamais présenter les inconvénients de l’air confiné, qui se présentent dans les salles d’armes trop petites et dans les gymnases trop encombrés.

L elawn-tennis ou paume au filet ressemble au premier abord à la courte-paume, mais en diffère en ce qu il se joue en plein air. La suppression des murs, des toits de rebondissement, des guichets, etc., en fait un exercice beaucoup plus facile et beaucoup moins violent que la courte-paume et même que la longue-paume. C’est en quelque sorte un diminutif de ces deux jeux. Sa facilité relative et la modération de ses mouvements en font un exeicice qui ne fatigue à l’excès ni le cerveau, ni les muscles. C est un excellent délassement pour les travailleurs de l’esprit, en même temps que le meilleur de tous les exercices pour la femme.

; femme, pour laquelle nous avons si peu d exeicices rationnels, peut trouver dans le lawntenms de précieux bénéfices hygiéniques. Ce jeu, comme tous les jeux de raquette, a pour effet de mettre en action — ainsi que nous l’avons expliqué pour la longue-paume — tous les muscles fléchisseurs et rotateurs du tronc, c’est-à-dire tous les muscles de la paroi antérieure, postérieure et latérale de l’abdomen. Le lawn-tennis répond donc par cela même, à une indication très formelle chez la femme : celle de fortifier les plans musculaires qui entourent les viscères contenus dans l’abdomen les maintiennent à leur place, et leur font subir un certain degré de pression nécessaire à la régularité de leur fonctionnement. Chez la femme "la fré-

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quence et la duree de la position assise sont déjà une cause de relâchement et de faiblesse des muscles abdominaux ; mais la grossesse a souvent pour résultat de distendre ces muscles au point de leur faire perdre tout leur ressort. Fréquemment, par exemple après des grossesses très rapprochées, ou bien même après une seule grossesse dans laquelle la « poche des eaux » était très volumineuse, on voit la paroi abdominale rester flasque, incapable de lutter contre la pression des gaz qui distendent les intestins; et c’est ainsi que beaucoup de jeunes femmes conservent un « gros ventre » à la suite de leurs couches.

Outre qu’elles perdent leur « taille » par affaiblissement des muscles abdominaux, les jeunes mères perdent souvent aussi leur santé, et deviennent dyspeptiques par dilatation soit de l’estomac, soit eu gros intestin, ou bien par défaut de fixation des viscères de l’abdomen, qui, n’étant plus suffisamment pressés, ballottent, tiraillent leurs ligaments suspenseurs, se déplacent et s’abaissent en donnant lieu à tous les troubles digestifs de 1’ « entéroptose ». Divers moyens mécaniques, bandages et ceintures, soulagent les souffrances qui en résultent; mais ce ne sont là que des palliatifs. Pour guérir ces infirmités, il faut « refaire une paroi abdominale ». Le lawn-tennis est un des exercices les mieux choisis pour obtenir ce résultat. Et l’on voit, par les bienfaits qu’on peut en attendre, que ce jeu, excellent pour les jeunes filles, est encore plus spécialement recommandable pour les mères de famille.

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Les jeux de crosse ne sont que des jeux de paume où la raquette est remplacée par un bâton recourbé, et où le projectile rase la terre au lieu de traverser l’air.

Les jeux de balle, avec toutes leurs variantes, balle au mur, paume basque, paume au tambourin, etc., ne différent nullement, au point de vue de leurs effets hygiéniques, de la longue et de la courte-paume. Au point de vue physiologique, leur effet est le même que celui des jeux pris pour type de notre description. Ils nous offrent toujours cette caractéristique d’exiger une grande somme de travail musculaire sans nécessiter des efforts locaux très intenses. Au point de vue du mécanisme de leur mouvement fondamental, ils tendent tous à provoquer un même effet local très utile au point de vue de l’hygiène, c’est la flexion active du tronc qui s’abaisse vivement pour seconder l’effort des bras, et subit aussi, suivant la direction du coup, des mouvements de rotation, soit de droite à gauche, soit de gauche à droite. Ces mouvements font de tous les jeux où un projectile est lancé ou chassé par les membres supérieurs, une véritable gymnastique abdominale, puisque ce sont les muscles droits, transverses et obliques de l’abdomen et les muscles psoas qui provoquent la flexion et la rotation du bassin. Et nous avons dit et répété combien il importe, au point de vue des fonctions digestives, de tenir ces muscles en état d’exercice régulier.

A côté des jeux de balle, il faut placer les jeux

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de ballon qui en diffèrent par le volume du projectile, parla manière dont ce projectile est lancé, et aussi, dans certains cas, par des mouvements accessoires qui donnent au jeu une physionomie très différente de celle des jeux de balle et de paume.

Il y a des exercices de ballon absolument identiques, comme réglé de jeu, à la longuepaume, par exemple, le ballon français ou ballon picaid, mais le ballon, étant incomparablement plus lourd que la balle, exige toujours un effort local plus accentué, quand il se lance avec le poing.

Le foot-ball est un jeu anglais fort à la mode depuis quelques années dans notre pays, où il existait, du reste, autrefois sous le nom de burette, et où il se joue même, dans certains cantons delà Normandie et de la Bretagne, sous le nom de soûle.

Le foot-ball se joue d’ordinaire, ainsi que son nom l’indique, avec le pied, mais il comporte diverses variétés de règles, dont l’une, dite la règle de « Rugby », autorise les joueurs à saisir le ballon, à s’en emparer, et à l’emporter près du but, pendant que les adversaires s’efforcent de le leur prendre. Delà des poursuites, des luttes corps à corps, qui font de ce jeu un exercice des plus violents. Le foot-ball n’est pas seulement un jeu d’enfants. En Angleterre, les étudiants d’Oxford et de Cambridge qui ont dépassé la vingtième année s’y livrent avec passion. A Londres on voit des parties de foot-ball organisées par les soldats dans la cour de leurs casernes, ou par les ouvriers dans certains

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points des squares. Ce jeu peut dégénérer, entre adversaires peu courtois, en exercice d’une violence excessive et causer nombre de contusions, d’entorses et de fractures; on dit môme que, dans le nord de l’Angleterre, les mineurs le jouent avec tant de brutalité que chaque année se produisent des accidents mortels.

Ce n’est pas au jeu lui-même qu’il faut en faire le reproche, mais aux joueurs. Le foot-ball, en s en tenant à ses règles strictes, n’est pas plus dangereux que tout autre jeu. Mais il est toujours un exercice violent qui ne peut être pratiqué que par des hommes encore jeunes, et auquel on n’a guère d’aptitude après quarante ans.

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