CHAPITRE YI
Malentendus qui existent en France au sujet de la gymnastique médicale. — Innocuité parfaite de la gymnastique des Suédois chez les malades les plus débilités. - Les procédés de dosage de l’exercice en Suède. — La gymnastique « a deux ». — 1 rocédés de localisation du travail musculaire. — Atténuation et suppression de l’effort musculaire. — La gymnastique passive et le massage. — La gymnastique avec les machines Zander Les applications de la gymnastique dite « medicale ». La gymnastique des vieillards.
Quand on cherche à introduire en France sinon la pratique, au moins la notion exacte de la gymnastique médicale, on se heurte à une premiète difficulté, celle de se faire comprendre. Dans notre pays, la g-ymnastique médicale n’existe pas, en dehors de certains cas très spéciaux et très peu nombreux. Nous avons bien l’idée qu’on peut, a l’aide de l’exercice musculaire, redresser certaines déviations de la taille, corriger certaines attitudes vicieuses; ou bien encore rétablir les Jonctions d’une articulation ankylosée, rendre leur force et leur volume à un groupe de muscles atrophies. Nous comprenons, en un mot, qu’on puisse traiter par le mouvement certaines maladies localisées dans les organes moteurs eux-mêmes, les os, les muscles, les articulations ; ce sont les organes es
plus solides et les plus grossiers de la machine humaine, et nous ne craignons pas trop pour eux ce « remède violent » qui s’appelle la gymnastique.
Mais notre confiance ne va pas au delà, et les médecins français ne voient plus aucune indication de l’exercice, dès qu’il s’agit des affections médicales proprement dites, des maladies des organes internes. Ils pensent que, dans ce domaine, l’exercice est un agent préventif, grâce auquel certains troubles de la santé peuvent être évités, mais non un remède applicable aux maladies déclarées. Il est trop tard, disent tous nos praticiens, pour avoir recours à l’exercice, quand la maladie s’est nettement caractérisée, et surtout quand une lésion s’est produite dans quelque organe.
Cette manière étroite de comprendre l’application de l’exercice vient de la conception que nous avons de ses effets, et se lie intimement à la tendance de notre système d’éducation physique, dont nous avons fait ressortir le caractère essentiellement athlétique. Notre gymnastique est trop brutale pour se prêter aux délicatesses d’application que réclameraient des organes malades. Elle s’attache à augmenter la force des muscles et la résistance du corps. Et, dans cet esprit, les exercices qu’elle applique ont pour caractère d’être plus difficiles et plus fatigants que les mouvements de la vie ordinaire. Comment, dès lors, songer à les appliquer aux malades, dont les organes se fatiguent et subissent des perturbations graves sous l'influence des actes les plus usuels de la vie?
La gymnastique médicale suédoise permet, justement, de donner aux malades les bénéfices de
LE CHOIX D’UN EXERCICE
l’exercice, sans les exposer aux perturbations générales qu’il produit sur l’organisme. Elle connaît des moyens que la nôtre ignore, pour administrer l’exercice à très petites doses; aussi permet-elle de l’appliquer même à des malades incapables de marcher, parce qu’elle a, dans son catalogue, nombre d’exercices moins violents que la marche.
11 est intéressant de remarquer que la gymnastique suédoise se déclare impuissante là où nous avons des résultats, tandis que nous renonçons à appliquer le remède dans les cas justement où elle obtient ses plus beaux succès. Les troubles généraux de la nutrition, tels que le diabète, l’obésité et la goutte, sont les affections contre lesquelles nous luttons le plus avantageusement par l’exercice, et leur traitement n’est justement pas du ressort de la gymnastique médicale suédoise. C’est que l’esprit de la gymnastique médicale suédoise est de rechercher surtout les effets « mécaniques » de l’exercice, tandis que chez nous le médecin recherche plutôt ses effets « chimiques ». Aussi, pendant que nous attachons plus d’importance dans la thérapeutique par l’exercice à la quantité de travail effectué, les Suédois en attachent davantage à la forme du mouvement.
Le médecin français qui va, ainsi que nous l’avons fait, étudier à Stockholm la gymnastique médicale, se trouve en présence de choses tellement
La GYMNASTIQUE MÉDICALE SUÉDOISE
neuves pour lui, qu’il a peine, au premier abord, à se reconnaître au milieu des mouvements si variés qu’il voit exécuter dans les « Instituts » publics ou privés. Mais peu à peu la lumière se fait dans son esprit; il finit par classer tous ces ingénieux procédés, et à voir qu ils visent, en résumé, à deux résultats : doser l’exercice et le localiser.
Doser l’exercice, c’est en mesurer l’intensité avec assez de précision pour ne pas dépasser l’eflet utile; le localiser, c’est limiter son effet à une région déterminée, de façon à éviter son retentissement sur des organes qu’il importe de ménager.
Pour doser l’exercice, les Suédois emploient un procédé qui s’écarte absolument de tous ceux de nos gymnases français, et qu’on pourrait appeler l’exercice « à deux ». — Qu’on se représente deux gymnastes, dont l’un cherche à étendre le bras pendant que l’autre, lui tenant la main, lutte contre ce mouvement et lui oppose une résistance plus ou moins grande, sans toutefois paralyser complètement son effort. Le mouvement exécuté par le premier exigera un déploiement de force d’autant plus grand que la résistance du second sera plus considérable. Le second gymnaste, s’il sait bien calculer sa résistance, pourra donc augmenter ou diminuer à volonté la dépense de force du premier. Tel est le principe. On peut en varier à l’infini les applications. Ce que fait le gymnaste opposant pour le bras, il le fera pour les jambes, pour les épaules, les hanches, la tète, etc. On comprend que chaque groupe de muscles pourra, suivant les
LE CHOIX D’UN EXERCICE
besoins du traitement, être mis en jeu avec le degré de force voulue.
Le rôle de l’aide dans la pratique de la gymnastique médicale est d’une très grande importance» C’est à son tact, à sa connaissance parfaite des mouvements et de leur effet, qu’est subordonné le succès de la cure. Les auteurs suédois donnent à cet aide le nom de « gymnaste », désignation qui déroute un peu le lecteur français, car, chez nous, la qualification de gymnaste s’applique à ceux qui exécutent les mouvements gymnastiques, plutôt qu’à ceux qui surveillent et dirigent ces mouvements.
Pour graduer l’effort musculaire demandé au patient, le « gymnaste » a plus d’une ressource à sa disposition. La plus élémentaire consiste à lui opposer un effort d’intensité croissante. Mais cette méthode pourrait être mise en défaut quand il s’agit des masses musculaires très puissantes auxquelles ne pourrait faire équilibre la force d’un bras, et même des deux bras du gymnaste opposant. Admettons, par exemple, qu’il s’agisse d’exercer les muscles qui redressent la colonne vertébrale et supposons que le patient soit assis, le tronc fléchi en avant, et fasse effort pour se redresser pendant que le gymnaste opposant lutte contre cet effort. Si l’opposition se fait simplement en appliquant la main dans le dos et en luttant, par une poussée en avant, contre l’effort qui reporte le corps en arrière, la résistance de l’opposant sera nécessairement très faible; car la force des bras d un homme très vigoureux est inférieure à la force des reins d’un homme de vigueur moyenne. Dans ce
mode d’exécution, tout l’avantage sera du côté de l’homme qui exécute le mouvement; il vaincra aisément la résistance de l’opposant, sans avoir besoin de faire appel à tonte la force des muscles mis en jeu : le mouvement sera « taible ».
Veut-on solliciter dans les mêmes musc es un effort considérable : les gymnastes changent alors d’attitude. L’un d’eux, celui que nous appellerons, pour la clarté de l’exposition, le gymnaste agissant, se tient debout derrière une barre de bots placée à la hauteur des hanches, pendant que gymnaste opposant s’assied de l’autre cote de la barre, sur laquelle il arc-boute le pied. Si, gardant leur attitude respective, les deux gymnastes se saisissent par la main, et que le gymnaste résistant, après s’être laissé attirer en avant jusqu a flexion du tronc à angle droit, cherche ensuite a se redresser en portant le corps en arrière, on cornprend combien les conditions dans lesquelles la résistance lui sera faite diffèrent de celles de tout à l’heure. Le gymnaste résistant, solidement aicbouté sur la barre où il appuie le pied, agit dans des conditions plus favorables que son antagoniste et peut lutter avantageusement contre lui, lut-il notablement moins vigoureux; il peut lui imposer un effort, allant, s’il le juge utile, jusqu’au bout des forces du groupe musculaire mis en action :
le mouvement sera « très fort ».
En veut-on un plus fort encore, un dans lequel le groupe musculaire que nous supposons mis en jeu^devra faire un effort considérable pour vaincre une opposition des plus iaibles : le patient se couche à plat ventre sur une banquette horizontale,
1E CHOIX D’UN EXERCICE
dans une position telle que le bord de cette banquette ne dépasse pas la crête de ses hanches. Un aide fixe les jambes, de façon à empêcher la chute en ayant, et le tronc, s’abandonnant à la pesanteur, se fléchit vers le sol. Si a ce moment les muscles dorsaux sont vigoureusement mis en action, le corps se redressera et pourra se replacer dans la position horizontale; mais on comprend au prix de quel effort, puisqu’il faudra lutter, dans une attitude très défavorable, contre la pesanteur qui le sollicite à retomber dans la flexion vers le sol. Il suffira, dans cette attitude, de la plus petite résistance, exercee soit sur la tête, soit sur les reins, pour obliger le patient qui se relève à un effort véritablement athlétique.
Une loule de procédés aussi simples qu’ingénieux, et conçus dans le même esprit, ont été imaginés par les gymnastes suédois. Ils ont pour chaque exercice plusieurs modes d’exécution, plusieurs « variantes », dans lesquelles l’effort musculaire croît ou décroît progressivement d’intensité. L’ensemble de leurs mouvements représente ainsi comme une gamme très étendue, dans laquelle il est toujours possible de trouver la note qui s’harmonise exactement avec la résistance du malade.
Dans certains cas, la gymnastique suédoise pousse l’atténuation de l’exercice jusqu’à supprimer complètement l’effort; le sujet n’exécute plus l’exercice, mais il le subit. Le gymnaste est alors chargé, non plus de résister à des mouvements voulus, mais seulement d’imprimer au corps ou aux membres, des déplacements dans divers sens, pour
lesquels le patient ne fournit ni aide ni résistance. Ce sont les mouvements passifs.
Les mouvements passifs agissent sur les articulations, dont ils entretiennent la mobilité; sur les muscles, dont ils augmentent la souplesse et dont ils activent la nutrition. Ils ont une action très remarquable sur la circulation du sang, qu’ils facilitent à l’cgal des mouvements actifs, et sur les fonctions du système nerveux, où ils semblent produire un effet sédatif et calmant.
Les mouvements passifs ne sont pas encore le dernier degré d’atténuation de la cure « mécanique ». Les gymnastes suédois ont, dans leur catalogue, des procédés plus doux encore. Sans déplacer le corps ou les membres, ils font subir aux tissus vivants des attouchements, des manipulations plus ou moins énergiques, qui produisent tantôt sur la peau, tantôt sur les muscles, tantôt sur les organes profonds, des effets divers, tels que frictions, malaxations, percussions. C’est le massage.
Le massage n’est pas séparé, dans l’enseignement de Stockholm, de la gymnastique médicale, dont il est considéré comme une forme atténuée. Dans toute ordonnance des médecins gymnastes, on le voit indiqué à côté des divers mouvements qui composent la cure.
Nous venons de voir avec quelle sûreté de méthode les Suédois savent doser l’exercice : nous dirons en deux mots comment ils s’y prennent pour le localiser dans la région voulue.
LE CHOIX D’UN EXERCICE
La localisation du travail s’obtient au moyen d’attitudes diverses et de différents moyens de fixation du corps pour lesquels des appareils spéciaux sont nécessaires. On sait qu’aucun mouvement naturel ne s’exécute dans une partie du corps même limitée, sans qu’un ou plusieurs groupes de muscles éloignés s’associent indirectement aux muscles directement mis en jeu. L’acte de soulever un haltère, par exemple, ne met pas seulement en action les muscles du bras, mais ceux de l’épaule, des reins et même des cuisses et des jambes. Celte association des divers groupes musculaires peut passer inaperçue quand l’effort est faible, elle devient très apparente quand l’acte exécuté demande une grande dépense de force. Les nèouvements associés ne peuvent, dans les actes ordinaires, être évités que par une attention minutieuse, ou même quelquefois par une longue accoutumance ; mais il existe, dans la gymnastique suédoise, des procédés pour supprimer les mouvements associés, ou, comme disent les physiologistes, les synergies.
La gymnastique suédoise emploie divers appareils qui localisent le mouvement dans la région voulue en donnant au patient diverses attitudes qui suppriment certaines synergies et immobilisent, en les fixant de diverses manières, les par lies du corps qui ne doivent pas participer au mouvement : — une barre transversale assez large, en bois capitonné, pouvant s’élever ou s’abaisser à volonté, et où le patient debout vient appuyer les hanches, les reins ou les membres ; des banquettes où il est tantôt étendu, tantôt assis à califour-
chon; des fauteuils à dossier mobile, qui permettent de faire varier à volonté l’inclinaison du tronc; quelques barres de trapèze pour se suspendre par les bras, et enfin Y espalier déjà décrit à propos de la gymnastique pédagogique.
Tel est l’outiVlage de la gymnastique médicale manuelle. Il ne faut pas confondre ces appareils très simples avec les machines beaucoup plus compliquées de la gymnastique mécanique dont il nous reste à parler.
Si l’on a bien compris le rôle que joue, dans la gymnastique médicale, l’aide ou, comme disent les Suédois, le « gymnaste », il sera facile de concevoir que cet aide puisse être remplacé par un moteur mécanique. C’est, en effet, ce qui a lieu dans un système de gymnastique inventé par un médecin suédois.
Le docteur Zander, de Stockholm, a imaginé deux ordres de machines : les unes sont destinées à exercer activement les muscles, les autres à imprimer des mouvements variés au corps qui les subit passivement. Ces machines sont généralement assez compliquées, mais le principe en est simple.
Les machines avec lesquelles on fait de la gymnastique active consistent essentiellement dans un contrepoids pouvant se déplacer sur la longueur d’un levier, etauquelon imprime un mouvement de soulèvement à l’aide d’une poignée, d’une pédale, d’un dossier, etc., suivant la partie du corps qui
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doil, être soumise à l’exercice. On peut «doser» l’effort imposé au malade, en déplaçant le contrepoids le long d’une règle graduée, et en augmentant ou diminuant à volonté le bras de levier que forme celte règle. Quant à la « localisation » du travail dans tel ou tel groupe de muscles, elle s’obtient aisément en donnant au corps l’attitude voulue, et en appliquant la force du contrepoids à telle ou telle partie du corps ou des membres qu’il s'agit d’exercer. Pour mettre enjeu ces machines, il faut être tantôt debout, tantôt assis, tantôt couché; des courroies qu’on boucle sur telle ou telle partie du corps, des mortaises dans lesquelles on engage tel ou tel segment d’un membre, permettent d’assurer 1 immobilité des régions qui ne doivent pas être associées au travail. Tout est calculé enfin de façon que 1 effort auquel le contrepoids fait résistance, soit bien limité au groupe de muscles voulu, et toute « synergie » supprimée.
Les machines destinées à produire des mouvements passifs ne sont pas actionnées par le malade lui-même; ce sont elles, au contraire, qui, mues par la vapeur , communiquent au corps ou aux membres du malade diverses formes de mouvements. Étant données les ressources infinies de la mécanique, on comprend qu’un inventeur ingénieux, doublé d’un anatomiste instruit, ait trouvé moyen de faire jouer dans tous les sens toutes les articulations du corps, à l’aide de ces machines. Et en effet, les machines du docteur Zander produisent tous les mouvements qu’un aide intelligent saurait imprimer aux diverses parties du corps des malades, et même quelques mouve-
menls spéciaux que l’aide ne pourrait provoquer.
Nous avons vu comment on obtient avec les machines des mouvements actifs et passifs. On obtient de même, avec elles, les effets du massage. A 1 aide de marteaux capitonnés, semblables, sauf le volume, à ceux que mettent en mouvement les louches d’un piano, on obtient les eftets de la forme de massage appelée tapotement. Une autre forme, le pétrissage des muscles, est obtenue à l’aide du frôlement de deux épaisses courroies de cuir, rapprochée l’une de l’autre, et entre lesquelles on passe le bras ou la jambe. On produit le massage par effleurage à l’aide d’un large tampon qui se déplace lentement dans le sens de la surface du corps, comme ferait la main posée à pial.
La gymnastique mécanique permet donc d’obtenir tous les effets de la gymnastique « à deux ». Elle ne constitue pas, ainsi qu’on le voit, un système à part, mais simplement un autre moyen d’application des procédés classiques de la gymnastique suédoise. Nombre d’auteurs français font pourtant d’incroyables confusions, considérant, par exemple, la gymnastique mécanique comme « plus violente que la gymnastique suédoise », et condamnent l’une pendant qu’ils conseillent l’autre. D’autres attribuent le traitement mécanique de certaines maladies aux Allemands, parce que les appareils du docteur Zander sont très en faveur dans les grandes villes de l’Allemagne, et y sont dirigés naturellement par des médecins allemands. En réalité, le mérite de la conception et la priorité de
LE CHOIX D’UN EXERCICE
1 application du traitement gymnastique des maladies revient aux Suédois, même quand ce traitement est institué à Bade ou à Munich.
Le rôle des machines est donc simplement de remplacer l’aide, le « gymnaste ». Valent-elles mieux ou moins que l’aide? C’est une question que les intéressés voudraient résoudre chacun dans un sens différent. Un aide très expérimenté et doué de beaucoup de tact, vaut mieux, sans doute, que la machine la mieux réglée, pour cette simple raison qu’il est une machine intelligente. Mais, par contre, une machine bien réglée vaut mieux qu’un mauvais aide. Or n’oublions pas que nous n’avons pas d’aides gymnastes en France, et qu’il nous faudra bien du temps avant d’en avoir formé de bons. N’oublions pas non plus que nous n’avons rien qui ressemble à une école de gymnastes médicaux, et nous conclurons sans doute, en attendant, dans le sens de l’adoption des machines.
La gymnastique « médicale » suédoise ne convient pas seulement aux malades et aux infirmes. Elle constitue un système conçu dans le même esprit que la gymnastique des bien portants, dont elle représente une forme adoucie. L’atténuation progressive de l’effort met cette forme de l’exercice à la portée des tempéraments les plus délicats et des muscles les plus débilités.
Les deux premiers degrés de la gymnastique médicale suédoise, c’est-à-dire le massage et les mouvements passifs, constituent de précieux moyens de préparation aux exercices actifs toutes les fois qu’il s’agit de sujets dont les conditions de
santé ou le tempérament exigent une progression extrêmement prudente dans l’entraînement. Pour certains convalescents, certains anémiques, certains obèses, il serait quelquefois impossible d’aborder d’emblée un exercice actif meme très modéré. Le massage et les mouvements passifs sont toujours applicables sans danger, et produisent, grâce à l’analogie de leurs effets avec ceux du travail musculaire, un premier degré d’accoutumance qui permet d’aborder ensuite des exercices plus fatigants.
Les vieillards trouvent dans l’ensemble des pratiques de la gymnastique médicale suédoise une méthode d’exercice admirablement adaptée aux exigences de leur âge. Quand on visite les instituts gymnastiques de Stockholm, on est frappé de voir un grand nombre de septuagénaires et même d’octogénaires venir se retremper dans cette fontaine de Jouvence qui s’appelle l’exercice du corps. On est frappé surtout de voir combien ces vieillards gardent jusqu’à l’âge le plus avancé une admirable santé, jointe à une vigueur et une souplesse vraiment juvéniles.