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(628 cas), suivis par le foie (264 cas), puis les poumons (176 cas). Cette notion de la fréquence et de la propagation aux ganglions est admise par tous les auteurs. Il ne semble pas que Dormanns la fasse entrer dans le chiffre qu’il donne de métastases, car il spécifie bien « métastases éloignées ».
Suivant le siège cervical, thoracique ou abdominal, ce sont les ganglions carotidiens et sus-claviculaires, les ganglions médiastinaux postérieurs et péribronchiques ou les ganglions voisins du Cardia qui sont dégénérés.
Les principales causes de décès sont la broncho-pneumonie et l’abcès pulmonaire (respectivement 693 et 153 cas sur 1.282). La tuberculose intervient accessoirement dans 3,1 % des cas. |
Une conclusion s'impose : le dogme longtemps formel de la rareté des propagations à distance dans le cancer œsophagien est sans doute à abandonner. Ne nous faisons pas d’illusions; ce n’est, comme l'ont déjà noté Bérard et Sargnon, qu'un exitus précoce qui nous épargne souvent l'apparition de métastases. Il appartiendra à la chirurgie œsophagienne, avec les survies de plus en plus longues qu'elle nous apportera, de préciser cette notion. Est-ce à dire que cette chirurgie perdrait une de ses plus précieuses justifications ? Le cancer du rectum n'est-il pas considéré comme essentiellement chirurgical, alors que les interventions se pratiquent souvent sur des malades sans doute déjà porteurs de métastases hépatiques et qui en mourront un peu plus tard ? |
Or, le cancer de l’œsophage paraît tout de même loin de donner le même nombre de métastases que le cancer du rectum.
Pour Dormanns, la durée moyenne de survie depuis l’apparition des premiers symptômes jusqu à l’exitus se chiffre par mois entre 5,8 et 8,2; toutefois, dans 10 cas, dont 5 certains, que relate l’auteur, cette période à été de 5 à 20 ans.
Mais un laps de temps au moins aussi long sépare la petite lésion initiale uniquement muqueuse du stade où le cancer
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dépasse les tuniques de l’œsophage, et il n’est pas exceptionnel d'avoir à traiter un cancer ayant déjà manifesté sa présence par quelques signes cliniques ou radiographiques discrets confirmés par l’æsophagoscopie alors que l’histologie de la pièce de l’æsophagectomie montrera une musculeuse non encore traversée. On intervient alors dans les mêmes conditions que si l’œsophage était absolument sain, et les chances d'obtenir une guérison définitive sont beauco up plus grandes. Comme le signale Ballivet, il n’est pas exceptionnel de rencontrer de telles circonstances anatomo-pathologiques alors que les premiers signes fonctionnels sont relativement anciens. Il rapporte le cas de King, dont la malade présentait une dysphagie remontant à huit mois. Ceci l'amène à conclure, avec Grey Turner, aux grandes variations existant dans la durée d'évolution du cancer.
Dans le cas opéré par le docteur Laumonier, suivi de guérison opératoire, les premiers symptômes remontaient à deux ans.
Puisqu’il semble que les conditions anatomo-pathologiques ne soient pas particulièrement défavorables, trouvons-nous par ailleurs dans d'autres méthodes thérapeutiques des possibilités de guérir le cancer œsophagien ?
B. — Traitements en dehors de l'exérèse.
a) Traitements palliatifs.
LA GASTROSTOMIE.
La gastrostomie ne peut viser de toute façon qu'à des effets palliatifs. Elle présente au moins un avantage certain : l'effet psychique heureux qu'elle produit sur les malades comprenant trop souvent la gravité de leur cas. Mais, quand elle constitue le seul geste chirurgical, le cas du malade étant audessus des ressources d'une œsOphagectomie, les survies qu'elle accorde ne sont peut-être pas très supérieures à celles dont auraient bénéficié les cancéreux si on S'était abstenu de toute thérapeutique.