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point parmi vous beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup dhommes puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi ce qui est insensé selon le monde, pour confondre les sages; et il a choisi ce qui est bas et méprisable, et même ce qui n'est pas, pour détruire ce qui est, afin que nulle chair ne se glorifie devant lui. Qu'on ne nous vante donc plus ni une sagesse convaincue de folie ni une puissance fragile et empruntée : qu'on ne nous parle plus que d'une foiblesse simple et humble, qui peut tout en Dieu seul ; qu'on ne nous parle plus que de la folie de la croix. La jalousie de Dieu alloit jusqu'à sembler exclure de l'Église, pendant ces siècles d'épreuve, tout ce qui auroit paru un secours humain : Dieu, impénétrable dans ses conseils, vouloit renverser tout ordre naturel. De là vient que Tertullien a paru douter si les Césars pouvoient devenir chrétiens 1 . Combien coûta-t-il de sang et de tourments aux fidèles, pour montrer que l'Église ne tient à rien ici-bas ! « Elle ne possède pour ellemême, dit saint Ambroise *, que sa seule foi. » C'est cette foi qui vainquit le monde.
Après ce spectacle de trois cents ans, Dieu se souvint enfin de ses anciennes promesses; il daigna faire aux maîtres du monde la grâce de les admettre aux pieds de son Épouse. Ils en devinrent les nourriciers, et il leur fut donné de baiser la poussière de ses pieds 1 . Fut-ce un secours qui vint à propos pour soutenir l'Église ébranlée? Non : celui qui l'avoit soutenue pendant trois siècles, malgré les hommes, n'avoit pas besoin de la foiblesse des hommes , déjà vaincus par elle, pour la soutenir. Mais ce fut un triomphe que l'Époux voulut donner à l'Épouse après tant de victoires; ce fut, non une ressource pour l'Église, mais une grâce et une miséricorde pour les empereurs. « Qu'y « a-t-il, disait saint Ambroise *, de plus glorieux pour Tempe - « reur, que d'être nommé le fils de l'Église. »