‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 105 sur 165 · Ep. xxi in Serm. cont. Auxent., n. 36, tom. II, pag · texte numérisé non relu

Ep. xxi in Serm. cont. Auxent., n. 36, tom. II, pag

En vain quelqu'un dira que l'Église est dans l'État. L'Église, il est vrai, est dans l'État pour obéir au prince dans tout ce qui est temporel; mais quoiqu'elle se trouve dans l'État, elle n'en dépend jamais pour aucune fonction spirituelle. Elle est en ce monde, mais c'est pour le convertir ; elle est en ce monde, mais c'est pour le gouverner par rapport au salut. Elle use de ce monde en passant, comme n'en usant pas ; elle y est comme Israël fut étranger et voyageur au milieu du désert : elle est déjà d'un autre monde, qui est au-dessus de celui-ci. Le monde, en se soumettant à l'Église, n'a point acquis le droit de l'assujettir; les princes, en devenant les enfants de l'Église, ne sont point devenus ses maîtres: ils doivent la servir, et non la dominer; baiser la poussière de ses pieds, et non lui imposer le joug. « L'empereur, disait saint Ambroise *, est au dedans de l'Église, « mais il n'est pas au-dessus d'elle. Le bon empereur cherche « le secours de l'Église, et ne le rejette point. » L'Église demeura sous les empereurs convertis aussi libre qu'elle l'avait été sous les empereurs idolâtres et persécuteurs. Elle continuera de dire, au milieu de la plus profonde paix , ce que Tertullien disait pour elle pendant les persécutions : Non te terremus, qui nec timemus * : « Nous ne sommes point à craindre pour vous, et a nous ne vous craignons point. Mais prenez garde, ajoute-t-il, a de ne combattre pas contre Dieu. » En effet, qu'y a-t-il de plus funeste à une puissance humaine, qui n'est que foiblesse, que d'attaquer le Tout-Puissant ? Celui sur qui cette pierre tombe sera écrasé ; et celui qui tombe sur elle se brisera 8 .

S'agit-il de l'ordre civil et politique, l'Église n'a garde d'ébranler les royaumes de la terre, elle qui tient dans ses mains les clefs du royaume du ciel. Elle ne désire rien de tout ce qui peut être vu ; elle n'aspire qu'au royaume de son Époux, qui est le sien. Elle est pauvre et jalouse du trésor de sa pauvreté; elle est paisible, et c'est elle qui donne, au nom de l'Époux,

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