‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 119 sur 165 · S. Aug., Ep. cil, ad Honorât., n. 45, tom. I, pag · texte numérisé non relu

S. Aug., Ep. cil, ad Honorât., n. 45, tom. I, pag

Pour Jésus-Christ, son règne est au dedans de l'homme parce qu'il veut l'amour. Aussi n'a-t-il rien fait par violence, mais tout par persuasion, comme dit saint Augustin i : Nihil egit vi, sed omnia suadendo. L'amour n'entre point dans le cœur par contrainte : chacun n'aime qu'autant qu'il lui plaît d'aimer. Il est plus facile de reprendre que de persuader ; il est plus court de menacer que d'instruire; il est plus commode à la hauteur et à i'impatience humaine de frapper sur ceux qui résistent que de les édifier, que de s'humilier, que de prier, que de mourir à soi, pour leur apprendre à mourir à eux-mêmes. Dès qu'on trouve quelque mécompte dans les cœurs, chacun est tenté de dire à Jésus-Christ : Voulez-vous que nous disions au feu de descendre du ciel pour consumer ces pécheurs indociles? Mais Jésus-Christ répond : Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes 2 ; il réprime ce zèle indiscret.

La correction ressemble à certains remèdes que l'on compose de quelque poison : il ne faut s'en servir qu'à l'extrémité, et qu'en les tempérant avec beaucoup de précaution. La correction révolte secrètement jusqu'aux derniers restes de l'orgueil; elle laisse au cœur une plaie secrète qui s'envenime facilement. Le bon pasteur préfère autant qu'il le peut une douce insinuation; il y ajoute l'exemple, la patience, la prière, les soins paternels '. Ces remèdes sont moins prompts, il est vrai, mais ils sont d'un meilleur usage. Le grand art, dans la conduite des âmes, est de vous faire aimer pour faire aimer Dieu, et de gagner la confiance pour parvenir à la persuasion. L'Apôtre veut-il attendrir tous les cœurs, en sorte qu'on ne puisse lui résister : Je vous conjure, dit-il aux fidèles *, par la douceur et par la modestie de Jésus- Christ.

Le pasteur expérimenté dans les voies de la grâce n'entreprend que les biens pour lesquels il voit que les volontés sont

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