‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 120 sur 165 · II Cor., x. l · texte numérisé non relu

II Cor., x. l

déjà préparées par le Seigneur. Il sonde les cœurs : il n'oseroit faire deux pas à la fois; et, s'il le faut, il n'a point de honte de reculer : il dit, comme Jésus-Christ : Taurois beaucoup de choses à vous proposer ; mais vous ne pouvez pas les porter maintenant *. Pour le mal, il se ressouvient de ces belles paroles de saint Augustin * : « Les pasteurs conduisent non des hommes « guéris, mais des hommes qui ont besoin de guérison. Il faut « souffrir les défauts de la multitude pour les guérir, et il faut « tolérer la contagion avant que de la faire cesser. Il est très- « difficile de trouver le juste milieu dans ce travail, pour y « conserver un esprit paisible et tranquille. » Gardez-vous donc bien d'entreprendre d'arracher d'abord tout le mauvais grain. Laissez-le croître jusqu'à la moisson 8 , de peur que vous n'arrachiez le bon avec le mauvais. Toutes les fois que vous sentirez votre cœur ému contre quelque pécheur indocile, rappelez ces aimables paroles de Jésus-Christ : Ce sont les malades, et non pas les hommes en santé, qui ont besoin de médecin. Allez, et apprenez ce que signifient ces paroles : Je veux la miséricorde, et non le sacrifice; car je suis venu appeler non des justes, mais des pécheurs *. Toute indignation, toute impatience, toute hauteur contraire à cette douceur du Dieu de patience et de consolation, est une rigueur de pharisien. Ne craignez point de tomber dans le relâchement en imitant Dieu même , en qui la miséricorde s'élève au-dessus du jugement 5 . Parlez comme saint Cyprien, cet intrépide défenseur de la plus pure discipline : « Qu'ils viennent, disait-il de ceux qui avaient péché, s'ils veu- « lent faire une expérience de notre jugement... Ici l'Église « n'est fermée à personne, et il n'y a aucun homme à qui l'é- « vêque se refuse. Nous sommes sans cesse tout prêts à faire « sentir à tous ceux qui viennent, notre patience, notre faci-

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