Jac, m
« lité, notre humanité. Je souhaite que tous rentrent dans « l'Église... Je pardonne toutes choses; j'en dissimule beau- « coup, par le désir et par zèle de rassembler nos frères. Je « n'examine pas même par le plein jugement de la religion les « fautes commises contre Dieu. Je pèche presque en remettant « plus qu'il ne faut les péchés d' autrui; j'embrasse avec promp- « titude et tendresse ceux qui reviennent en se repentant et « en confessant leur péché avec une satisfaction humble et « simple ' . »
Hélas ! quelque soin que vous preniez de vous faire aimer et d'adoucir le joug, quelles contradictions ne trouverez-vous pas dans votre travail I Veut-on faire le mal, ou du moins laisser tomber le bien par mollesse, on flatte les passions de la multitude, et on est applaudi; on se fait des amis aux dépens des règ'es. Mais veut-on faire le bien et réprimer le mal, il faut refuser, contredire, attaquer les passions des hommes, se roidir contre le torrent; tout se réunit contre vous. « Quiconque, dit saint « Cyprien *, n'imite pas les méchants, les offense. Les lois « mêmes cèdent pour flatter le péché; et le désordre, à forcé « d'être public, commence à paroi tre permis. » Les abus sont nommés des coutumes; les peuples en sont jaloux comme d'un droit acquis par la possession : on se récrie contre la réforme, comme contre un changement indiscret. Lors même que le pasteur use des plus sages adoucissements, la réforme, qui édiue par une utilité réelle, trouble les esprits par une nouveauté apparente 3 ; l'Église gémit, sentant ses mains liées, et voyant le malade repousser le remède préparé pour sa guérison.
Plus vous êtes élevé, plus vous serez exposé à cette contradiction; plus le troupeau sera grand, plus le pasteur aura à souffrir. Il vous est dit, comme à saint Paul : Je vous montrerai